Pas un bouton de guêtre !

Paru dans le Canard Enchaîné, 01/09/2010

Alors, on ne se sentait pas fiers d’être français, de voir Sarko lancer à gros coups de menton que « notre sécurité en France repose aussi sur notre engagement là-bas. La France restera en Afghanistan aussi longtemps que nécessaire : » Ce qui ne va pas sans faire quelques victimes.

N’en sont pas surpris ceux qui ont regardé sur Canal Plus dimanche, à l’heure du déjeuner, le documentaire de Camille Le Pomellec : « Armée, où va l’argent ? ». On y découvrait une petite boutique de surplus militaires située vers le boulevard Pasteur quand vous sortez de la Gare Montparnasse, où beaucoup d’engagés pour l’Afghanistan vont faire leurs emplettes d’équipement avant leur départ. Car l’armée française fournit un matériel souvent rudimentaire. Par exemple ses gilets pare-balles possèdent une fente sur le côté qui laisse passer la mort. En outre, ils sont perméables aux munitions perce-blindage qu’utilisent les talibans. C’est de ces gilets qu’étaient équipés les 18 victimes qui ont laissé leur peau là-bas en août 2008.

On comprend que les candidats au casse-pipe prennent leurs précautions. Même si les différentes bricoles à se procurer coûtent pour un lot complet 3000 Euros par parachutiste. Cela ne remplacera pas les hélicoptères d’attaque ni les drones qui font défaut, mais c’est un minimum.

Nous avons bien nos propres drones. Mais ils font un tel bruit de tondeuse qu’on les repère facilement, contrairement aux 150 Predator américains. En plus, ils supportent mal la chaleur et ne sont utilisables qu’à l’aube et au crépuscule. Sans compter les accidents à l’atterrissage, tant ils sont fragiles, si bien qu’il a fallu en racheter aux canadiens. A 13,6 millions d’euros pièce, il existe bien un appareil plus performant mais nous n’avons pas les moyens de le mettre en service. Le GI dispose de 700 000 euros par tête. Un para français de 100 000.

Notre hélico de combat Tigre a fini par arriver avec quinze ans de retard, par la faute d’un micmac politico-financier. Pour les gros porteurs, l’armée US dispose de son Chinhook à 50 places. La France, queston d’indépendance, préfère son Cougar : il ne peut contenir que 10 paras armés. Un tiers de ces engins est en réparation. Dans les coups durs, foin de la doctrine, nous devons faire appel aux américains. Nos finances craquent. Il est vrai que nous avons beaucoup fait joujou avec notre invendable char Leclerc, qui nous coûte un bras. Il reste fragile de la tourelle, des freins, des chenilles, du canon, du viseur, et l’on dit qu’une vingtaine sert de cibles lors d’entraînement.

Sans parler du mythique Rafale à 235 millions d’euros l’unité sans armement ni options, dont même notre meilleur vendeur, Sarko, n’a toujours pas réussi à fourguer concrètement un exemplaire à ses chers amis chefs d’état. Et comme on ne peut pas lésiner sur le « Charles de Gaulle » trop voyant ou sur les sous-marins, on chipote sur les godasses, les gilets pare-balles, les bouchons protecteurs, les duvets ou les gants pour l’hiver.

Ce dont l’encore ministre Morin s’excuse en expliquant que le coût de maintenance a été multiplié par sept avec l’armement moderne. Cela fait une belle jambe aux troufions.

-jrdf
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