L’aluminium et la maladie d’Alzheimer

Source : http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=19015

Le mois dernier, notre dossier sur la maladie d’Alzheimer évoquait un facteur étiologique possible : l’aluminium absorbé par l’organisme. Cet élément présent dans le sol, l’air, l’eau, les aliments, les ustensiles de cuisine, la pharmacopée serait – en atteignant le cerveau – capable de générer des démences préséniles. Vingt ans après les premiers indices, la fragilité des résultats conduit les scientifiques à évaluer avec précision leurs propres biais d’interprétation.

«Ma mère m’a recommandé de jeter toutes mes casseroles en alu. Je l’ai fait sans savoir vraiment pourquoi. » « Il paraît que l’alu des casseroles contamine les aliments et provoque des sénilités précoces. » « Vous savez, tous mes ustensiles de cuisine sont depuis longtemps en inox. » Les confidences glanées çà et là oscillent entre superstition et militantisme. Quand et comment est née la rumeur ? Difficile de dater un tel phénomène. Toujours est-il qu’au milieu des années 1980 un nombre important de casseroles était déjà passé à la poubelle.

Les médias seraient à l’origine de l’alerte ; ce sont eux qui auraient incité les ménagères à éliminer l’aluminium de la cuisson et de la conservation des aliments. Un conseil d’autant plus difficile à suivre que l’aluminium, abondant dans les sols, les argiles, les minéraux et les roches, a migré dans l’air, l’eau, enfin et surtout dans presque tous les aliments. Au début des années 1990, personne ne parlait plus de l’aluminium. Fin du premier acte.

Janvier 1997 : les médias s’intéressent de nouveau au sujet. L’émission vedette de la télévision belge Autant savoir inaugure l’année avec un reportage intitulé « Aluminium folie(1) ». Tous les éléments semblent réunis pour réanimer l’alerte : primo , une controverse scientifique autour d’un risque (l’aluminium provoque-t-il des lésions cérébrales ?), secundo , de nombreuses victimes potentielles, tertio, un responsable : l’industrie de l’aluminium. Deux scientifiques en blouse blanche nous racontent – rats, microscopes et ordinateurs à l’appui – comment l’aluminium pénètre dans le cerveau et comment on en meurt. Face à eux, le représentant de l’Association européenne des industriels de l’aluminium propose une autre version : « La majorité des chercheurs ne trouve aucun lien causal entre l’absorption d’aluminium et l’apparition de lésions cérébrales ». Moins préparé et donc moins persuasif, l’homme ignore sans doute qu’il s’est fait prendre au piège.

La façon dont le problème de l’aluminium est traité dans ce document destiné à un large public et diffusé à une heure de grande écoute est intéressante. L’objectif affiché est de relancer une alerte et éventuellement la faire basculer dans ce que les spécialistes du risque appellerait volontiers une affaire. Il s’agit avant tout de grossir le risque en évoquant son extension possible à tout un pan de la population (qui n’a jamais cuisiné dans de l’alu ?). Tout compte fait rien de bien original… si un élément supplémentaire n’avait pas retenu notre attention : à en croire le banc-titre, ce reportage a reçu le soutien de l’Union européenne. En 1997, les experts européens auraient-ils donc reconnu la toxicité du métal blanc ? Concernant sa présence dans l’eau de boisson, le discours officiel de la Commission se veut pourtant rassurant. « A la différence du plomb, l’aluminium n’est pas reconnu comme substance toxique, rapporte un agent de la DG XI* . Les ministres européens de l’Environnement se sont accordés récemment sur la valeur limite de 0,2 milligramme par litre sur la base des recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Mais il s’agit d’un paramètre indicateur. Autrement dit, il peut être dépassé . »

Remontons à la source de l’information. Sur le même sujet, la position de l’OMS est ambiguë. « Compte tenu de l’incertitude des résultats sur l’homme, compte tenu des limitations du modèle animal, la valeur guide pour la concentration de l’aluminium ne peut être encore à ce jour établie . » Publié en avril dernier, le rapport(2) est censé réactualiser le Guide de l’OMS sur la qualité de l’eau. Toutes les substances organiques et inorganiques présentes dans l’eau de boisson sont passées en revue. Surprise : l’aluminium est le seul élément inorganique qui ne se voit pas attribuer de valeur guide. Le boron, le cuivre, le nickel, les nitrates et les nitrites, même l’uranium en possède une. L’aluminium est-il toxique pour l’homme ? « Il y a un manque d’informations sur le sujet, reconnaît un des experts de l’OMS, c’est pour cela qu’aucune valeur guide n’a été définie ». « Nous n’avons pas de base scientifique prouvant la toxicité de ce métal. De toute façon au-delà d’une certaine valeur l’eau de distribution devient trouble et le consommateur n’en veut pas » constate Mme Galal-Gorchev, secrétaire de l’OMS à la division Santé publique et environnement.

Existe-t-il une controverse entre experts ? Impossible d’obtenir d’autres informations. Pour en savoir plus, il reste une solution : remonter la rumeur, autrement dit, retourner aux textes originaux, aux articles primaires des équipes travaillant sur le sujet depuis une vingtaine d’années. Fin du deuxième acte.

Dans cette histoire, il y a d’abord une accusation. En 1997, l’aluminium est bien soupçonné par certains scientifiques d’être – lorsqu’il est absorbé par l’organisme – un facteur de risque important des démences séniles et plus particulièrement de la maladie d’Alzheimer (voir l’encadré « Alzheimer : des symptômes aux facteurs de risques »). C’est au milieu des années 1970 qu’apparaît le premier indice. Cela se passe à Créteil au laboratoire de microanalyse de l’INSERM. Des chercheurs découvrent dans le cerveau d’un patient atteint d’une détérioration progressive de ses fonctions cérébrales et mentales de fines concrétions qui ressemblent à des calcifications. L’étude chimique révèle une forte concentration d’aluminium sous forme précipitée et associée à du phosphore(3,4). Le patient décédé à l’âge de 37 ans présente aussi un fort empoussiérage pulmonaire constitué essentiellement de poussière d’aluminium. En 1976, une publication dans le New England Journal of Medecine fait état de taux importants d’aluminium dans le cerveau de malades insuffisants rénaux traités par hémodialyse*.

Les malades présentaient tous avant leur décès des symptômes démentiels (troubles de l’élocution et de la personnalité, hallucinations visuelles et auditives, convulsions, etc.) ainsi que des lésions osseuses. Ces signes évoluaient ensuite vers la paralysie, le coma puis la mort par encéphalopathie. Les chercheurs démontrent à cette époque que l’aluminium soluble, présent en haute concentration dans les fluides servant à la dialyse et aussi dans les antiacides* est responsable de ces affections mortelles(5,6). Deux mesures de précaution sont aussitôt prises : la désionisation pour limiter la concentration en aluminium dans les dialysats* et le remplacement des antiacides par du carbonate de chaux.

Dans les années 1975-1990, les études sur la toxicité de l’aluminium se multiplient. Une découverte qui intrigue les scientifiques est l’apparition de dégéné- rescences neurofibrillaires dans le cerveau de lapins après l’injection intracérébrale de sels d’aluminium(7,8). Ces dégénérescences « provoquées » ressemblent à s’y méprendre à un type particulier de lésions cérébrales observées dans le tissu cérébral de patients décédés de la maladie d’Alzheimer. Quand, dans les années 1980, la présence du métal est détectée sur les plaques séniles de malades décédés d’Alzheimer(9,10), le lien entre Alzheimer et l’aluminium semble définitivement établi. Pourtant à la même époque d’autres équipes utilisant les mêmes techniques de détection (sonde électronique et microsonde laser) ne parviennent pas à détecter de concentrations anormales d’aluminium dans les cerveaux de malades(11,12,13). A la fin des années 1980, le débat entre experts aboutit à une véritable impasse. Pour les uns, la présence d’aluminium dans le cerveau et la maladie d’Alzheimer est clairement démontrée ; pour d’autres, les concentrations anormales d’aluminium dans le tissu cérébral – si elles existent – sont les effets d’une contamination extérieure. Car de l’aluminium, il y en a presque partout, à commencer dans l’air que nous respirons. Ce sont à 90 % des poussières submicroscopiques d’aluminosilicates. Pour Pierre Galle, professeur de biophysique à la faculté de Créteil, il n’y a aujourd’hui plus de doute possible : « Les gens détectaient sur les coupes de tissu cérébral un signal d’aluminium en utilisant une microsonde électronique sans prendre en compte le risque de contamination par l’air. S’ils avaient associé un microscope électronique à leur microsonde ils auraient reconnu les dépôts d’aluminosilicates… » Un avis que tout le monde ne partage pas. Plusieurs études ont en effet mis en évidence un phénomène particulier de concentration, l’aluminium n’étant présent qu’en certains « points chauds » seulement du cerveau. Or une contamination extérieure est difficilement sélective…

La controverse sur le rôle de l’aluminium dans la maladie d’Alzheimer a naturellement envahi le champ de l’épidémiologie. Des cohortes de plusieurs centaines de personnes ont été étudiées aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Quelle est la démarche de ces études ? Très schématiquement, elles visent à établir (ou à réfuter) une relation de cause à effet entre une maladie et une exposition, à quantifier un danger potentiel qui devient par là même un risque potentiel. Ces études concernent essentiellement quatre modes d’exposition : l’eau de boisson, l’air (exposition d’ordre professionnel), les médicaments et les déodorants.

En 1993, l’épidémiologiste Sir Richard Doll* montrait que sur la dizaine d’études épidémiologiques publiées visant à caractériser le lien entre l’aluminium de l’eau de boisson et la maladie d’Alzheimer, sept concluaient à l’existence d’un lien de causalité entre l’exposition et la maladie(14). Pour expliquer ce déséquilibre, Doll faisait remarquer – très justement – que les études montrant une association positive entre une maladie et une exposition donnaient plus souvent lieu à des publications que les études où l’association se révélait être négative. Un biais de publication qui toucherait davantage les disciplines associées à des protocoles lourds, comme l’épidémiologie. En effet, si les premiers résultats apparaissent négatifs, l’étude est très souvent abandonnée(15).

En 1997, quelle analyse peut-on faire des résultats épidémiologiques publiés ? Résumons-les tout d’abord rapidement. En France, au Canada, en Norvège et en Grande-Bretagne(16-23) plusieurs études portant sur l’exposition à l’aluminium via l’eau de boisson semblent indiquer une association positive entre cette exposition et la maladie d’Alzheimer (ou certains troubles cognitifs). Mais, dans les conclusions, la prudence est de mise même lorsque le lien de causalité est fort : « Nous ne pouvons exclure l’existence de facteurs de confusion (23) » , « La possibilité d’un biais de classification n’est pas écartée, en particulier concernant le diagnostic de la maladie sur les registres de décès(22) » ou encore « un risque accru de troubles cognitifs semble être associé aux régions caractérisées par une forte concentration en aluminium seulement lorsque le taux de silice dans l’eau est faible (18) » . Des associations négatives ont aussi été rapportées par un certain nombre d’auteurs(24-26). Qu’en est-il des autres modes d’exposition ? Il semble que les chercheurs se soient moins intéressés aux effets potentiels des aliments, des médicaments ou des déodorants, en dépit de leur concentration importante en aluminium. Par exemple, un comprimé antiacide peut contenir jusqu’à 400 mg d’hydroxyde d’aluminium, alors que les aliments et l’eau apportent environ 5-10 mg d’aluminium par jour (voir schéma ci-dessous).

Une association positive entre l’utilisation de déodorants à base d’aluminium et la maladie d’Alzheimer a été mise en évidence(27) mais les responsables de l’étude émettent quelques réserves quant au résultat. « Cette association positive est peut-être simplement l’effet du hasard. Il est en effet difficile d’obtenir des informations précises sur l’exposition lors d’interviews téléphoniques. » Dans cette même étude, l’effet des médicaments antiacides a été aussi exploré. Le résultat est surprenant : lorsque l’on prend tous les médicaments antiacides (y compris ceux qui ne contiennent pas d’hydroxide d’aluminium), l’association est nettement positive ; en revanche, le risque est diminué lorsque l’exposition ne concerne que les médicaments à base d’hydroxide d’aluminium. Pour expliquer ce résultat, les auteurs de l’étude ont proposé qu’un autre produit (le calcium ?) pourrait être un facteur de risque important vis-à-vis de la maladie d’Alzheimer. Deux autres équipes ont étudié le lien entre les antiacides et les démences du type Alzheimer et, là encore, les résultats semblent négatifs(28,29). La première de ces études correspond au suivi de 10 000 patients ayant subi un traitement antiacide pendant neuf ans. A la fin du suivi, 20 % des patients étaient décédés dont seulement un de la maladie d’Alzheimer. Trois patients encore vivants présentaient les symptômes de la maladie. Les auteurs concluèrent que l’absorption d’aluminium dans les médicaments antiacides n’élevait pas beaucoup le risque d’Alzheimer…

Et l’air ? De fortes expositions à l’aluminium peuvent être rencontrées en milieu professionnel, notamment dans l’industrie de l’aluminium. L’inhalation à hautes doses de poussière d’aluminium ne semble pas associée directement à la maladie d’Alzheimer.

Mais une fois encore, les auteurs de ces études sont prudents : « Nous n’avons pas pu accéder aux registres des retraités de l’usine. Nous avons exclu de notre étude les malades pour lesquels nous ne pouvions obtenir des informations complètes sur leur degré d’exposition dans l’usine.(30) » ou encore : « Nos résultats demandent à être confirmés par une étude de cohorte (31) ». D’autres travaux semblent en revanche établir un lien direct entre l’exposition à l’aluminium en milieu professionnel et l’apparition de troubles cognitifs (pertes de coordination et de mémoire)(32,33).

Il y a de toute évidence encore aujourd’hui une controverse scientifique sur le rôle de l’aluminium dans les démences séniles et la maladie d’Alzheimer. Mais la balle semble avoir changé de camp. On assiste en effet à une sorte de revirement après une quinzaine d’années – la période 1975-1990 – où l’aluminium fut plus systématiquement montré du doigt. Symbole de ce retour à la prudence : l’article de Martyn et ses collaborateurs publié en 1997 qui conclut sur des résultats négatifs alors que cette même équipe avait en 1989 publié un article dans le Lancet associant l’aluminium de l’eau de boisson à la maladie d’Alzheimer(23,26). En réalité, quel que soit le résultat obtenu, la circonspection est de mise dans les conclusions des articles, comme si cette science, l’épidémiologie, nécessitait d’autres outils, d’autres protocoles de mesure. « Nos résultats ont révélé une association significative entre le risque de démence et le taux d’aluminium dans l’eau [...], rapportait en octobre dernier l’équipe de Jean-François Dartigues de l’INSERM à Bordeaux, cependant il semblerait qu’une seule commune (sur les soixante et onze) de notre échantillon soit à l’origine de l’effet délétère de l’aluminium [...]. Ces résultats devront être confirmés sur un suivi à huit ans.(34) ». Concernant l’exposition via l’eau de boisson , une remarque fréquenteest que les résultats ne sont pas toujours comparables. La difficulté majeure vient du fait que les concentrations en aluminium de l’eau varient beaucoup d’une étude à l’autre. Ainsi, les habitants d’une région pourront être considérés dans une étude comme des sujets témoins (non-exposés) alors qu’ils auraient été, dans une autre enquête, les sujets exposés.

Un autre obstacle, inhérent aux études cas témoins*, est le choix arbitraire du nombre de cas et de témoins. Dans ce type d’étude, l’effectif des deux groupes (malades et témoins) est défini à l’avance, ce qui introduit un biais. Si les registres d’une usine d’aluminium ne sont pas tous accessibles, des cas d’Alzheimer (personnes exposées ou non exposées) pourront échapper aux enquêteurs… Or la plupart des études épidémiologiques sont des études cas témoins. Les études de cohorte où l’on suit l’évolution d’un groupe de personnes dans un environnement particulier pendant de nombreuses années sont beaucoup moins attirantes car plus chères et plus lourdes à gérer. Imaginez que l’absorption quotidienne de café soit associée à une incidence* de 0,1 % d’infarctus du myocarde dans les 20-40 ans : pour prouver statistiquement le lien de cause à effet, un chercheur devra engager une étude sur 10 000 buveurs de café (et autant de sujets témoins) pendant cinquante ans ! Autre source de difficulté : les facteurs de confusion. Certaines études sur l’eau de boisson ont mis en évidence le rôle protecteur de la silice vis-à-vis de l’aluminium. Cet effet protecteur n’est pas pris en compte par toutes les études épidémiologiques, la majorité d’entre elles ne faisant intervenir qu’un seul paramètre, la concentration en Al.

Une autre source d’erreur importante est le biais de classement. Deux catégories d’études sont en effet alors possibles :

1) les études concernent des malades encore vivants : dans ce cas le diagnostic est réalisé à l’aide de tests psychométriques ou d’imagerie médicale (tomographie scanner, résonance magnétique nucléaire). Le problème inhérent à ce type d’étude est principalement un biais de classement vis-à-vis de la maladie ; en effet ni les tests psychométriques ni l’imagerie médicale n’assurent un diagnostic fiable à 100 % ;

2) les études concernent des patients décédés : dans ce cas le cerveau peut être analysé directement. Le problème ici est davantage un biais de classement vis-à-vis de l’exposition car le passé des malades (quel était leur comportement alimentaire ?, quelle était la concentration en aluminium dans leur eau de boisson ?…) est difficile d’accès. A ces difficultés s’ajoutent les erreurs de méthodologie sur la mesure du taux d’aluminium dans l’eau. Enfin, un aspect important du problème peu abordé est le problème inverse : quel est l’effet de la maladie d’Alzheimer sur l’absorption d’aluminium par l’organisme ? Chez les sujets normaux, la quantité d’aluminium retenue par l’organisme est faible : environ 0,05 % de la quantité ingérée. Cette valeur est-elle modifiée chez les sujets atteints de démences séniles ? Y a-t-il chez ces malades un affaiblissement des barrières naturelles comme la barrière gastro- intestinale ou hémato-encéphalique ? La question est ouverte.

Et les casseroles, direz-vous ? Une récente étude montre que l’augmentation de la teneur en aluminium après contact cuisson dans des casseroles en aluminium ne dépasse pas 1 mg pour 100 g d’aliment et, à ce jour, aucune étude épidémiologique n’a encore mis en évidence de lien direct entre l’utilisation de casseroles en aluminium et la maladie d’Alzheimer(35). Le régime alimentaire ne semble pas non plus être un cofacteur de la maladie. En particulier, les études épidémiologiques sur des consommateurs de thé, produit riche en aluminium, n’ont pas montré d’association significativement positive.

Un certain nombre de scientifiques pensent malgré tout que l’aluminium contenu dans les aliments peut – d’une manière indirecte – devenir toxique. Une hypothèse a été proposée en 1989 par l’Anglais Birchall pour expliquer les résultats positifs de certaines études épidémiologiques sur l’eau. Le paramètre déterminant est, selon lui, la teneur en silice de l’eau de boisson et non l’aluminium(36). Le mélange entre cette silice et l’aluminium des aliments aboutit à la formation d’hydroxi-aluminosilicates difficilement absorbés par l’organisme. Une forte concentration en silice de l’eau faciliterait donc l’élimination de l’aluminium contenu dans les aliments après leur ingestion. Au contraire, si l’eau est pauvre en silice, l’aluminium se présente dans l’organisme sous la forme d’hydroxyde d’aluminium caractérisée par une grande biodisponibilité, autrement dit susceptible d’être absorbée facilement.

Ces recherches sont encore jeunes et l’on est loin d’une description parfaite des différents parcours de l’aluminium dans l’organisme après ingestion. Cela n’a pas empêché l’OMS de définir une limite tolérable d’ingestion à 7 mg d’aluminium par kilogramme de poids corporel et par semaine, soit 420 mg pour un adulte de 60 kg.

Sylvie Gruszow

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rss 1 réponse
  1. angela
    30 mai, 2011 | 9:32 | #1

    merci pour ces info vraiment très utiles

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