posts dans la catégorie 'La vie politique des socialistes (+190)'


ACTION !

  Ami lecteur,

  J’ai vécu ces dernières années à tes côtés, m’informant, recoupant, m’attristant et ouvrant ma grande gueule sur ces pages virtuelles.

  Cela ne me suffit plus, maintenant. Je ne veux plus me contenter de critiquer, je veux agir ! La famine frappe, les Etats se perdent dans la spirale de l’endettement, l’Union Européenne coupe ses aides aux démunis, et surtout, la monde connait actuellement un sursaut de liberté que je ne peux pas laisser passer.

  J’ai donc créé mon parti politique, l’Alliance Confortiste Française, afin de reprendre en main l’économie et la politique par la création d’entreprises éthiques (nous avons une Charte), puis par la promotion de nos idéaux à travers le processus démocratique. Afin que ce monde connaisse une hausse globale du niveau de vie. Afin que personne ne meure de faim. Afin de construire des logements pour tous. Entre autres choses.

  Voilà, trois semaines que le blog de l’ACF est lancé et déjà des retours positifs… c’est encourageant. Voici son URL : acf.revolublog.com

  Je compte y consacrer mon temps, et peut-être revenir sur ce blog lorsque le bébé pourra marcher tout seul. Quoiqu’il en soit, le JRDF reste en ligne. Merci, merci, merci encore pour ces centaines de milliers de connexions, ces milliers de commentaires, ces messages, merci, ami lecteur, d’exister et de nous avoir soutenu. Ce n’est pas un au revoir. C’est un appel ! L’heure est venue, pour nous, d’entrer dans le concret, et de montrer à ces saloperies de pillards et de mafieux qui dirigent maintenant la majorité de l’économie mondiale, et à leurs pions politiques, que le peuple peut penser et s’organiser. Oui, ça fait un peu anar, et alors, hein ? Plus sérieusement, l’ACF est proche du PS et on souhaite à Hollande – s’il se révèle intègre – tout le bonheur du monde dans ses projets présidentiels. Le règne de Sarkozy a encore fait monter la puissance des forces de l’argent.

  Eh bien, récupérons l’argent ! Récupérons le commerce ! Récupérons la politique ! Pour la démocratie, pour un meilleur partage des richesses, et pour un monde plus confortable !

  Salutations !

Nouvelle donne internationale et européenne: le texte adopté

Le mercredi 8 septembre s’est tenu à huis clos le conseil national du PS. Au programme, le vote du texte de la convention «La nouvelle donne internationale et européenne», qui a été adopté à l’unanimité par le Conseil national, et sera soumis à l’amendement et au vote des militants le 30 septembre.

Le texte adopté

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«Nous demandons la démission du président de l’Assemblée nationale»

«Nous demandons la démission du président de l’Assemblée nationale» dans La vie politique des socialistes (+190) nous-demandons-la-demission-du-president-de-l-assemblee-nationale 

Suite à l’inéquité dont il a fait preuve lors du débat sur les retraites, les députés de gauche demandent la démission du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, dans une tribune parue dans Le Monde.

Jean-Marc Ayrault (SRC), Yves Cochet, (Gauche démocrate et républicaine), Roland Muzeau, (communistes, républicains et citoyens), Gérard Charasse, (radicaux de gauche) Martine Billard (Parti de gauche) rappellent le devoir d’impartialité du président de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire de veiller au respect des droits de tous les députés, quelle que soit leur appartenance politique.

Devoir d’impartialité

Le mercredi 15 septembre, lors du débat sur les retraites à l’Assemblée, les députés de gauche considèrent que Bernard Accoyer «a failli à cet impératif» d’équité. «Sur les 64 heures réservées à ce texte, les députés socialistes se sont exprimés 20 heures», tandis que «les députés de la Gauche démocratique et républicaine n’ont disposé que de 8 heures et 35 minutes», rappellent les députés signataires de la démission de Bernard Accoyer.

Article 49.13

Les députés de gauche considèrent que certains points cruciaux de cette réforme n’ont jamais pu être abordés sérieusement, la retraite des femmes et le travail des seniors en tête, malgré l’enjeu d’un tel débat. Les députés de gauche ont alors demandé à bénéficier d’une explication de vote individuelle, prévue par l’article 49.13 du règlement et assorti d’aucune condition.

«En refusant ce droit aux parlementaires, Bernard Accoyer a pris la grave décision de violer le règlement de l’Assemblée qu’il préside» indiquent les députés. Devant les accusations d’obstruction proférées à leur encontre, les députés de gauche déclarent que «l’usage de l’article 49.13 aurait eu pour seul effet de repousser le vote de quelques heures».

Travail dans l’urgence

Les députés évoquent le travail du Parlement «de plus en plus dans l’urgence» avec un «usage quasi systématique de la procédure accélérée», soit «une seule lecture avant l’adoption définitive» d’un texte. Les députés signataires déplorent de ne plus pouvoir «débattre sereinement des sujets essentiels qui engagent l’avenir de la nation».

«En fin de compte, notre Assemblée est plus que jamais réduite à une Chambre d’enregistrement des exigences présidentielles» concluent les députés.

>> Lire la tribune

Ségolène Royal perd une bataille contre son ancien ami, Dominique Besnehard…

Source : Purepeople

Les syndicats encouragés par la mobilisation sur les retraites

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Les syndicats français ont estimé jeudi que la mobilisation contre la réforme des retraites était au moins aussi importante que lors de la précédente journée, ce qui obligera selon eux le gouvernement à reculer.

Mais le gouvernement affirme au contraire que les grèves et manifestations sont moins suivies qu’il y a 15 jours et se sent conforté dans ses choix, notamment sur le report de 60 à 62 ans de l’âge légal du départ à la retraite.

A la mi-journée, un peu moins de 410.000 personnes avaient manifesté, contre 450.000 le 7 septembre à la même heure, rapporte ainsi le ministère de l’Intérieur.

L’ambition des huit centrales syndicales qui ont appelé à cette mobilisation est de faire au moins aussi bien que le 7 septembre, quand elles avaient réussi à faire descendre dans la rue de 1,1 à 2,7 millions de personnes, selon les sources.

Pour le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, le pari de l’intersyndicale est tenu quelques jours avant le début, le 5 octobre, de l’examen au Sénat du projet de loi déjà adopté sans grand changement à l’Assemblée nationale.

« Ça veut dire que c’est du même niveau ou plus fort que le 7 septembre », a-t-il dit au début de la manifestation parisienne.

Son homologue de la CFDT, François Chérèque, a estimé qu’il y avait « plus de manifestants que les dernières fois » et Bernard Thibault, le dirigeant de la CGT, a parlé d’une mobilisation « dans les mêmes proportions » que celle du début du mois.

A Marseille, Toulouse ou Nice, villes où les cortèges ont été les premiers à s’ébranler, les Français semblent avoir été nombreux à répondre à l’appel des syndicats.

Début septembre, les organisateurs marseillais avaient fait état de 200.000 personnes dans les rues. La police avait de son côté dénombré 27.000 manifestants sur le Vieux port.

A Toulouse, les syndicats avancent le chiffre de 120.000 manifestants contre 110.000 il y a deux semaines mais la police parle d’une décrue, avec 25.000 personnes dans le cortège contre 32.000 le 7 septembre.

LE MOUVEMENT S’ESSOUFLE SELON LE GOUVERNEMENT

De nombreux arrêts de travail ont eu lieu, notamment à la SNCF et dans la fonction publique, mais dans une mesure légèrement moindre qu’en septembre.

Pour les syndicats, le message est clair.

« Si le gouvernement ne bouge pas, y compris après cette journée, il y aura des suites », a dit Jean-Claude Mailly, faisant allusion à la réunion de l’intersyndicale qui aura lieu vendredi pour débattre des suites à donner au mouvement.

Mais le gouvernement ne l’entend pas de la même oreille.

Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on estime que le nombre de manifestants et de grévistes est en baisse partout.

« Cette évolution se justifie soit parce que les gens considèrent que le sujet est déjà très engagé pour permettre une mobilisation plus grande, soit qu’ils adhèrent davantage au projet », a-t-on déclaré.

Le gouvernement table sur la lassitude des Français et sur une certaine division du front syndical sur la suite.

L’éventualité d’une grève reconductible est désormais brandie comme une menace par la CGT et FO, mais la CFDT refuse de radicaliser le mouvement au-delà d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations qui serait organisée en octobre.

« Ceux qui veulent radicaliser le mouvement, appeler à la grève générale, souvent veulent rentrer dans une démarche politique, d’opposition globale avec le gouvernement », a dit sur RMC le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque.

Le gouvernement ne semble pas prêt à reculer sur l’essentiel de sa réforme, les mesures d’âge qui prévoient le report de l’âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans et de 65 à 67 ans pour l’obtention d’une retraite à taux plein.

LES FRANÇAIS NE CROIENT PAS LE PS

Plusieurs ministres du gouvernement ont estimé que ces mesures, qui représentent 20 milliards d’euros de recettes supplémentaires en 2018, moins de la moitié du déficit prévisible du régime, ont fait leur chemin dans les esprits.

Selon deux sondages publiés mercredi, les Français disent en effet ne pas croire à la promesse du Parti socialiste de ramener l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans s’il revient au pouvoir, ce qui conforte le gouvernement.

Mais toutes les portes ne sont pas fermées et le Sénat garde des marges de manoeuvre sur des sujets comme la pénibilité des carrières ou l’égalité hommes-femmes.

La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde) a d’ailleurs annoncé avoir averti le gouvernement que le relèvement de l’âge de départ à taux plein de 65 à 67 ans était discriminatoire à l’égard des femmes.

Des voix se sont élevées au Sénat, dont celle de son président, Gérard Larcher, pour réclamer que soit préservé le droit à partir à la retraite à 65 ans sans décote pour les femmes ayant élevé au moins trois enfants.

Même si le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a dit qu’on ne bougerait pas sur ce point au nom de l’équilibre financier de la réforme, le Sénat, où l’UMP n’a pas la majorité à elle seule, pourrait amender le projet là-dessus.

La Fraternité en action

[NDLR : Bien foutu et riche en informations, historiques notamment, je te conseille, ami lecteur, d'y faire un tour !]

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  Chère amie, cher ami,

  En ce début d’année nous avons lancé une plate-forme solidaire, espace interactif  dédié à l’entraide et à la citoyenneté (www.lafraterniteenaction.org). Elle est une des chevilles ouvrières de notre mobilisation collective.

Par ses contenus et sa vocation solidaire, cette plate-forme est une expérience intéressante que je vous invite à rejoindre et enrichir, qu’il s’agisse des échanges de services, de la veille sociale et citoyenne, des parrainages ou des actions de solidarité envers tous les hommes et les femmes qui en ont besoin. Nous pouvons en être fiers car elle a été construite de manière participative par les adhérents de l’association ; le coût total de sa réalisation n’a d’ailleurs été que de 185€.

La Fraternité en action vous permet de mettre en lumière des faits de société, des textes et des vidéos qui font l’éloge de la fraternité. J’ai par exemple été particulièrement touchée par cette magnifique vidéo détaillant la déclaration universelle des droits de l’homme, connue à ce jour par seulement 5% de la population mondiale. Grâce à votre vigilance nous sommes régulièrement informés sur les différentes mobilisations relayées dans la rubrique de veille sociale et citoyenne.

Vous êtes déjà très nombreux à avoir publié des offres ou des demandes ponctuelles dans la rubrique des annonces. L’utilité de cet outil n’est plus à démontrer et c’est pour cela que vous pouvez dès à présent mettre également en partage vos expériences à travers la rubrique des savoir faire.

La fraternité et l’entraide sont des défis que nous devons accompagner dans un esprit gagnant-gagnant pour qu’ils puissent être compris et partagés. C’est pour cela que nous avons créé le réseau social des échanges solidaires. Toute personne fournissant un service à une autre (intervention informatique, covoiturage, aide aux courses …) gagne ainsi un droit au service qu’elle pourra utiliser à son tour quand elle le voudra.

Vous l’aurez bien compris, notre plate-forme solidaire est entièrement participative et conjugue le  respect de toutes  les différences,  la solidarité concrète  et l’action de proximité.

Parce que nous pensons que la transmission de savoirs doit être accompagnée d’une transmission d’expériences, l’association lance une vaste opération de parrainages et tutorats. Chaque jeune qui le souhaite pourra être mis en relation avec un tuteur qui va lui ouvrir les portes de son champ d’expériences, le mettre en relation avec son réseau, lui faire découvrir les coulisses du métier qu’il a choisi d’exercer. Je lancerai prochainement un appel pour recruter un grand nombre de tuteurs au sein de notre réseau.

Avec «La Fraternité en Action» l’ensemble du réseau Désirs d’Avenir met ainsi ses canaux d’informations, son formidable élan fraternel mais aussi ses relais politiques et citoyens à la disposition de toutes celles et tous ceux qui en ont besoin.

Je vous encourage également à continuer de vous mobiliser aux côtés des citoyens et des associations afin de proposer votre aide et concours. L’équipe de la plate-forme solidaire s’est d’ailleurs engagée avec les comités Désirs d’avenir 93 pour assister une association dans l’organisation d’un événement  à Villetaneuse en solidarité pour Haïti. Cette soirée a permis de récolter des fonds reversés à Médecins sans Frontières.

Toutes ces actions sont menées avec humilité, discrétion et hors de toute tentative de récupération politique.

Je compte sur vous comme vous pouvez compter sur moi pour faire vivre avec énergie notre plate-forme solidaire. Je compte particulièrement sur les animateurs des comités locaux pour mobiliser toutes les énergies en solidarité et fraternité.

 

 Amitiés fidèles,

Ségolène Royal Présidente de Désirs d’Avenir
(www.lafraterniteenaction.org)

Régionales IDF : le bilan socialiste (4)

Source : Tract de campagne

1998-2010 : UNE REGION INNOVANTE

  Nous avons accru le budget de la Recherche de 65 à 150 millions d’euros, financé 7 pôles de compétitivité et d’innovation, créé l’Institut du Cerveau et de la Moëlle (ICM), financé le Génopôle et le Canceropôle, créé 14 pôles de recherche (domaines d’intérêt majeurs, DIM), octroyé 1000 bourses doctorales et post-doctorales par an, acheté, 600 000 clés USB pour les lycéens, installé 1 ordinateur pour 3 élèves dans les lycées.

  * 1500 kilomètres de fibre optique.

  * Accès au haut débit dans tous les départements.

  * Soutien à l’industrie du jeu vidéo, 2500 emplois en Ile-de-France

  * Généralisation des espaces numériques de travail.

  * Construction de bibliothèques universitaires.

  * Financement de l’accueil de chercheurs étrangers.

  * Construction des maisons des étudiants.

  * 39 pépinières d’entreprises soutenues  par la Région.

  * Création du Centre Francilien pour l’innovation et du Lieu du Design.

  * L’Île-de-France  au 5ème rang mondial pour la recherche et le développement.

  * Mise en oeuvre des pôles de recherche et  d’enseignement supérieur.

  * 300 contrats régionaux pour l’acquisition des matériels des laboratoires.

  * Financement du SOLEIL, synchrotron de troisième génération.

  * 1 tableau numérique interactif par établissement.

  * 200 allocations de recherche par an pour des jeunes chercheurs.

  * Le chèque TranSport pour les jeunes sportifs.

  * Bourses pour les athlètes olympiques franciliens.

  * 40 millions d’euros pour la construction de piscines.

 

CULTURE

Cinéma :

0 euros en 1998, 14 millions d’euros par an aujourd’hui.  Le cinéma c’est 140 000 emplois  en Île-de-France.

90% des tournages de films français ont lieu aujourd’hui en Île-de-France. 60 films sont aidés chaque année.

 

Arts vivants :

0 euros en 1998, 14 millions d’euros par an aujourd’hui. 230 compagnies d’Île-de-France reçoivent une aide de la Région.

230 compagnies d’Île-de-France reçoivent une aide de la Région.

 

Livres :

0 euros en 1998, 4 millions par an 4 millions par an aujourd’hui.

Aides à toute la filière, libraires, éditeurs et auteurs.

360 projets littéraires ont été financés depuis 20  éditeurs d’être présents au Salon du Livre de Paris tous les ans.

La Région permet à   éditeurs d’être présents au Salon du Livre de Paris tous les ans. En six ans, la Région a consacré 415 millions d’euros à la culture.

Grâce à la Région, Rock en Seine et Solidays existent. Elle en est le premier financier institutionnel.

Régionales IDF : le bilan socialiste (3)

Source : Tract de campagne

1998-2010 : UNE REGION AMBITIEUSE

  Nous avons mobilisé 18 milliards d’euros pour les transport, rendu accessibles 500 millions d’euros de crédit pour les PME, lancé les tramways d’Ile-de-France, créé la carte Imagin’R et le Ticket plus, porté à 100 000 par an le nombre d’apprentis, créé 5000 emplois tremplins.

  * 4 lignes de tramways, la ligne 14, prolongement de lignes (lignes 12…).

  * 1,5 milliards d’euros par an pour les transports.

  * 120 millions d’euros par an de mesures tarifaires pour les usagers.

  * Dispositif PM’up pour les PME créatrices de valeur et d’emplois, 6200 nouveaux emplois attendus.

  * 50 millions d’euros, ces six dernières années, pour sécuriser les parcours professionnels des salariés.

  * 4000 PME soutenues par les plans filières, 24 millions d’euros d’aides.

  * Jusqu’à 300 000 euros d’aide régionale à la disposition des entreprises en difficulté.

  * 5 pactes pour l’emploi, la formation et le développemment économique, soit 180 millions d’euros d’aides.

  * 253 lycées construits ou rénovés.

  * Aide à l’équipement des lycéens professionnels.

  * Mobilité européenne des étudiants et des apprentis (25 000 étudiants et apprentis).

  * Bourse des Contrats d’Apprentissage.

  * Financement de projets franciliens par le Fonds Européen de développement régional.

  * 12 accords de coopération décentralisée  signés dans le monde entier.

  * 7 millions d’euros pour l’hôtellerie indépendante.

  * 1,3 millions de touristes conseillés dans les points d’accueil de la Région.

  * 130 millions d’euros pour le tourisme, 5% de l’emploi direct régional.

Régionales IDF : le bilan socialiste (2)

Source : Tract de campagne

1998-2010 : UNE REGION RESPONSABLE

  Nous avons fait des transports collectifs le premier budget de la Région, créé 10 réserves naturelles régionales et 4 parcs naturels régionaux, évité 172 000 tonnes de CO2 de rejets dans l’atmosphère, aidé l’agriculture bio ou respectueuse des ressources naturelles, dépollué dix usines d’incinération des ordures ménagères, financé les installations solaires des particuliers.

  * Mise en oeuvre de transports propres (tramways, bus verts…)

  * Financement du développement de la voiture électrique francilienne.

  * Protection et gestion directes d’un patrimoine naturel de plus de 12 000 hectares.

  * Soutien financier à la géothermie (160 000 logements chauffés).

  * Financement des politiques environnementales des communes.

  * Lancement du plan régional pour la qualité de l’air.

  * Adoption du plan régional de maîtrise de l’énergie.

  * Développement des réseaux verts et de l’éco-mobilité.

  * Aide aux communes qui luttent contre le bruit.

  * Prévention des crues.

  * Financement de l’agriculture bio.

  * Schéma environnemental des berges.

  * Soutien financier aux démarches innovantes de gestion des déchets.

  * Soutien à la réhabilitation des décharges.

  * Marchés régionaux soumis à des clauses d’éco-conditionnalité.

  * Démarche HQE dans les constructions de la région (lycées, centres de foration des apprentis…)

Régionales IDF : le bilan socialiste (1)

Source : Tract de campagne

1998-2010 : UNE REGION SOLIDAIRE

  Nous avons financé chaque jour 100 logements, instauré la gratuité dans les transports pour les chômeurs et les plus modestes, payé les livres scolaires des lycéens, créé 10 000 emplois dans les aides à la personne, financé 345 établissements pour personnes handicapées et 1000 emplois liés, construit ou réhabilité 45 000 places d’accueil pour les personnes âgées.

  * 240 000 logements créés ou réhabilités ces 6 dernières années.

  * 2400 places d’internat dans les lycées.

  * 20% des lycées accessibles aux personnes handicapées. [NDLR : Mieux... mais pas parfait !]

  * Plate-forme téléphonique « Jeunes Violence Ecoute ».

  * 1800 places d’accueil pour les femmes battues ou en précarité.

  * 4500 places pour les sans-abris.

  * 140 000 jeunes informés chaque année sur les Maladies Sexuellement Transmissibles par les Comité Régional d’Information et e Prévention sur le SIDA (CRIPS).

  * Dispositifs de lutte contre le décrochage scolaire, 4000 élèves chaque année.

  * 8000 places d’accueil pour les personnes handicapées.

  * 22 000 logements créés pour les étudiants et les jeunes travailleurs.

  * 22 000 copropriétaires aidés.

  * 5 millions d’euros par an pour les urgences hospitalières.

  * 2,5 millions d’euros par an pour les centres d’Interruption Volontaire de Grossesse, IVG.

  * 5400 nouvelles places en crèche.

Strauss-Kahn « inquiet » de l’augmentation du salaire minimum en Ukraine

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DSK semble s’être bien habitué à sa fonction… Bon, s’il est vrai que des paramètres économiques mal ou hâtivement gérés peuvent engendrer de l’inflation, voire de l’hyper-inflation, cela ne semble pas être précisément la question, sur ce sujet.

  Le FMI, ou l’art d’aider les pays qui sont dans la merde, en leur imposant des conditions encore plus défavorables… J’espère juste, ami lecteur, que Strauss-Kahn restera là où il est pour 2012, car je n’ai pas envie, après un dictateur, que la France se tape un escroc qui menace les pays pauvres de leur couper les vivres, s’ils osent vouloir élever la rémunération des travailleurs !

Source : Le Monde/AFP

Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn s’est dit vendredi 30 octobre dans un communiqué « inquiet » après la promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d’une loi augmentant le salaire minimum.

« Une mission récente du Fonds en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité » du pays, a indiqué M. Strauss-Kahn. « Donc, nous sommes inquiets de la promulgation de la loi », a-t-il ajouté, une critique rare de la part du plus haut dirigeant du FMI envers un pays auquel le Fonds prête de l’argent.

Cette loi prévoit d’augmenter le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. Le minimum vital doit quant à lui augmenter de 12 % au 1er novembre, puis encore de 18 % au 1er janvier. Le FMI a déjà fortement critiqué cette idée, laissant entendre qu’elle serait de nature à remettre en cause son aide au pays.

L’Ukraine, l’un des pays les plus durement atteints par la crise économique mondiale, a reçu en novembre 2008 un prêt du FMI de 16,4 milliards de dollars, dont elle a reçu jusqu’à présent un total de 10,6 milliards de dollars. Le déblocage d’une quatrième tranche, d’un montant de 3,8 milliards de dollars, est normalement prévu en novembre.

L’avenir de La poste

  Le samedi 3 octobre 2009, le « Comité national contre la privatisation de la Poste, pour un débat public et un référendum sur le service public postal » (un nom difficilement ambigu :-) ) inaugurait un nouveau mode d’action : la votation citoyenne.

  La droite, évidemment, n’a pu s’empêcher d’envoyer ses roquets pouffer sur les plateaux télé; reste qu’un peu plus de 2 millions de personnes se sont déplacées pour participer à cette consultation « populaire », et que le résultat est sans appel : plus de 90% des votants rejettent cette liquidation déguisée.

  Notez que « plus de 90% », (score donné sur le site du comité), ce n’est pas non plus extrêmement transparent et clair… mais bon, disons que c’est plutôt l’acte qui comptait, que le résultat exact. Même si, ami lecteur, ceci me fait un peu grincer des dents.

  Quoiqu’il en soit, votre serviteur est allé mener l’enquête…

  Il est intéressant d’observer comment une idée prend de l’ampleur. D’abord simple rumeur en section – « les postiers vont organiser une action contre la privatisation », puis examinée avec circonspection – « on va devoir se balader avec des urnes pour faire voter les gens ? », ce projet de votation, contre toute attente, a su trouver sa cible.

  Quid du modus operandi, donc ? Simple et efficace : les votants allaient voter devant, ou dans les bureaux de Poste, leur identité consignée scrupuleusement sur un registre d’émargement. Et, mis à part un adulte qui a fait voter son enfant, ami lecteur, je dois affirmer qu’à mon niveau, je n’ai pu constater de fraude.

  FRANC JEU

  Effectivement… il est amusant de comparer les dires des sbires de l’UMP – « Opération gauchiste, stalinienne, manipulée par les syndicats et l’extrême-gauche » – et la réalité, sur le terrain.

  Quelle est-elle ?

  Des postiers, des syndicalistes avec des t-shirts « CGT » (entre autres), des socialistes, des communistes (de toutes tendances), et des tracts unitaires se référant à « une cinquantaine d’oganisations » (62, in fine), parmi lesquelles… le PS, le PCF, la LCR, etc…

  Pour y voir quelque de « manipulé », il fallait donc être aveugle, ou ne pas savoir ce que « CGT » signifie.

  L’ambiance, ensuite… fut surprenante. Votre serviteur, occupé avec ses petits tracts, a enregistré un intérêt très fort de la population pour cette question. Si l’on tient compte du fait que le militantisme « de base » se heurte éternellement contre le « je-suis-trop-pressé-ou-ça-m’intéresse-pas », alors force est de constater que cette opération fut un succès, sur le plan de la participation. Les tracts ont tous été distribués, et les échanges avec les habitants furent nombreux. 

  La suite ? La bataille se poursuit au Sénat, actuellement, pour forcer le gouvernement à prendre en compte les résultats de ce vote – certes franchement minoritair, sur un total de 64,8 millions d’habitants, mais qui, tout de même, eut le mérite de se tenir. A comparer avec le « circulez, y’a rien à voir » des autorités ( qui ont d’ailleurs, parfois, empêché la tenue de ces votations citoyennes !)

  Je conclus, ami lecteur, sur certains des arguments avancés par par ce comité, afin de te laisser seul juge de l’utilité de ce combat :

 

  « Que le capital soit détenu à 100% par des capitaux publics ne change rien à l’affaire. Chaque fois que l’Etat a effectué ce type d’opération, il a fait entrer des capitaux privés dans la société anonyme – France Télécom, EDF, GDF… – avec des conséquences immédiates : réduction de la qualité du service, suppressions massives d’emploi, augmentations tarifaires, priorité à la satisfaction des actionnaires.

  La transformation en société anonyme constitue la première étape d’une privatisation programmée de La Poste.

  Gouvernements et direction de La Poste ont dégradé la qualité du service postal en limitant les investissements répondant à l’intérêt général. Depuis 2002, plus de 6000 bureaux de poste sur 17 000 ont été « transformés », et plus de 50 000 emplois supprimés.

  Cela se traduit par l’espacement des tournées, les délais croissants de livraison du courrier, les réductions d’horaires, l’allongement des files d’attente quand le bureau de poste n’a pas été carrément supprimé !

  Un comité national, regroupant plus de 50 organisations a été créé en septembre 2008, autour d’associations, de syndicats et de partis politiques. Il a demandé au président de la République d’organiser un référendum sur l’avenir de La Poste comme il en a la possibilité.

  Sans réponse, à ce jour… »

Référendum interne au PS – rien que de la joie…

  Un post méfiant, ami lecteur, émanant de ton serviteur; Malgré ma carte au PS, ce référendum, blindé pourtant de bonnes intentions, me laisse un goût amer en bouche.

  C’est une réflexion paradoxale, certes, s’agissant d’un référendum instituant la parité, des primaires élargies, et se voulant défenseur de nouvelles règles éthiques et démocratiques.

  Le problème étant, premièrement, que tout ceci, grosso modo, aurait déjà dû être fait; faux procès donc, forcément, puisque l’équipe Aubry vient tout juste de s’installer sur le fameux trône – bien qu’elle rassemble tous les courants du PS, et donc tous ceux qui, il y a vingt ans, étaient déjà là (traîtres à présent encartés UMP exceptés).

  C’est pourtant une réalité : la démocratie défendant la démocratie peut sentir l’odeur horripilante du foutage de gueule. L’avenir tranchera, comme d’habitude; et pour ne pas commettre les fautes que je dénonce, entrons dans le détail… car c’est bien là que le trouble me vient.

  Examinons les questions :

 

PRIMAIRES OUVERTES

•1.1 « Etes-vous favorables à la désignation du candidat(e) des socialistes par des primaires ouvertes aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012 et veulent participer à la victoire de la gauche? » POUR : 68,34 %  CONTRE : 25,62%  ABST : 6,04 %

 

•1-2 : Donnez vous mandat au Bureau National pour organiser ensemble avec les formations de gauche qui le souhaitent de telles primaires dans le cadre d’un rassemblement politique et sur la base d’une plate-forme commune ?

POUR : 70,02 %  CONTRE : 21.64 %  ABST : 8.34 %

 

Jusque là, cela ne pose, apparemment, pas trop de problèmes… On demande aux militants de valider, ou non, une procédure expérimentée dans d’autres pays (En Espagne, notamment…); Le résultat est presque sans appel, et positif. Restent que « l’organisation » de cette procédure n’est pas évoquée de manière précise. Enfin, pour pinailler encore un peu (mais cela viendra, j’en mets ma main à couper), le principe des primaires de ce style, indépendant de la volonté d’Aubry par ailleurs, induit le doute que l’ennemi politique ait pu favoriser le candidat le moins apte à remporter la victoire.

Passons au reste… qui se révèle bien plus croustillant : 

 

NON CUMUL DES MANDATS

•2-1 : Etes-vous favorables, comme étape vers le mandat parlementaire unique, à l’impossibilité de cumuler, sans attendre le vote d’une loi, dès les prochains renouvellements un mandat de parlementaire avec une présidence d’exécutif local ou la participation à un exécutif ?

POUR : 71,15 %  CONTRE : 21,29 %  ABST : 7,56 %

 

•2-2 : Êtes-vous favorables à limiter à trois les mandats successifs des présidents d’exécutifs locaux (Maires, Présidents de Conseil Général, de Conseil Régional, et d’Intercommunalité) ?

POUR : 74,90%  CONTRE : 18,94 %  ABST : 6.16 %

Sur ce point, à titre personnel, j’attends de voir, mais cela me semble effectivement une avancée démocratique. Les cas sont très variés (certains électeurs semblent vouloir garder leur politicien jusqu’à la mort)… Cependant, le non-cumul des mandats et le renouvellement induit par leur limitation, sont à mes yeux quelque chose dont tout socialiste peut se sentir fier; et qui disrtinguera le PS des autres partis, moins regardants sur ces questions.

Wait and see, donc…

 

LA PARITÉ, LES DIVERSITÉS, LES OUTREMERS ET LE RENOUVELLEMENT GÉNÉRATIONNEL


•3-1 : « Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité totale dans toutes les instances du Parti (locales et nationales) ? »

POUR : 71,31 %  CONTRE : 19,10 %  ABST : 9,59 %

 

•3-2 : Êtes-vous favorables à l’instauration de la parité dans les candidatures pour les élections législatives de 2012 ?

POUR : 71,99 %  CONTRE : 18,57 %  ABST : 9,44 %

 

•3-3 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour fixer, pour chaque élection, des objectifs de renouvellement contribuant à une meilleure représentation des diversités de la société française,
et pour cela, en réservant si nécessaire, des
circonscriptions électorales ?


POUR : 61,01 %  CONTRE : 26,48 %  ABST : 12,51 %

 

Cette partie-là du référendum est plus épineuse… sachant que la vieille tactique du PS Je-te-mets-un-Noir-dans-une-circonscription-ingagnable-histoire-de-faire-genre est devenue assez fameuse – n’y voyez pas tout de suite du racisme, dans le sens le plus admis du terme; il s’agit d’une forme de réalisme pratiqué par les décisionnaires… qui ne veulent pas risquer un siège pour faire « sympa ». Allez, pour une fois, je m’y mets, mais autant me mettre à leur niveau : J’ESPERE QUE LA VICTOIRE D’OBAMA LES FERA CHANGER D’AVIS !

Ce petit coup de gueule, je l’espère, est en passe de devenir obsolète. Mais le flou du dispositif, encore une fois, m’interroge. Pour la parité dans les instances, c’est déjà moyennement simple à concevoir (d’un point de vue strict). Pour celle des candidatures, cela l’est plus, si l’on excepte le syndrome du Je-te-mets-une-femme-dans-une-circonscription-ingagnable-parce-que-le-féminisme-c’est-cool.

En revanche (mode humour off), il est intéressant de constater que la question de la représentativité n’a été validée que par 61,01% des militants… et rejetée par plus du quart ! Alors qu’il s’agissait, apparemment, d’un point très consensuel, il semblerait que l’ombre de l’isoloir ait révélé quelques réticences, de ce côté-là… Surprenant, non ?

 Avançons…

 

DÉMOCRATIE INTERNE

•4-1: Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts des règles nouvelles permettant d’ouvrir largement notre parti aux hommes et aux femmes de gauche en réduisant les obstacles à leur adhésion (adhésion directe, adhésion à des sections thématiques, montant des cotisations, modalité d’accueil, adhésion sur Internet…)?

POUR : 73,38 %  CONTRE : 18,12 %  ABST : 8,50 %

 

•4-2 : Donnez-vous mandat au Bureau National pour proposer dans la réforme de nos statuts, des règles de démocratie interne permettant d’améliorer l’efficacité de nos Congrès et de choisir nos dirigeants en cohérence avec nos orientations politiques ?

POUR : 77,30 %  CONTRE : 13,60 %  ABST : 9,10 %

 

HSSSSS… Cette partie-là m’interloque, et celle qui suit davantage… je défie quiconque de trouver, là-dedans, hormis dans les termes « adhésion sur Internet » et « adhésion directe » (auprès d’une section, et déductible d’impôts… allez savoir pourquoi l’autre ne l’est pas…), quelque chose de précis là-dedans. Il s’agit d’une carte blanche offerte au Bureau National ! Et le meilleur est réservé pour la fin :

 

RÈGLES D’ÉTHIQUE
•5.1: Etes-vous favorables à la création dans notre parti d’une autorité indépendante et incontestée, chargée de faire respecter les règles d’éthique et de droit s’imposant à tous les adhérents du Parti Socialiste, disposant des moyens de les faire respecter et tranchant en dernier ressort toute question en rapport avec la violation de nos règles communes ?
POUR : 80.39 %  CONTRE : 10.37 %  ABST : 9.24 %

 

•5.2: Approuvez-vous la mise en œuvre dans les scrutins internes de notre parti, de nouveaux mécanismes, inspirés des règles et des moyens de la République, garantissant la sincérité et la fiabilité de nos votes ?
POUR : 86,39%  CONTRE : 5,80%  ABST : 7,81 %

 

…voilà. Pile ou face, ami lecteur ! Le PS sera gardé, dans ses principes éthiques, par un machin absolument indéfini chargé, par ailleurs, de veiller au respect de règles encore non-écrites. La dernière question, qui peut faire office de révolution, n’en reste pas moins grinçante – puisqu’elle sous-entend la généralisation des fraudes lors des scrutins. D’autant que la solution n’est pas évoquée ! La formulation de cette question peut s’entendre ainsi : « En 2009, le PS découvre les principes républicains, et décide que ses scrutins seront sincères et fiables ! »

C’est du délire ! Ce qui est terrible, est que cette question n’aurait jamais du être formulée… et qu’on ne peut pas blâmer l’équipe Aubry de s’y attaquer. Alors, que faire ?

Attendre, peut-être… mais le faible taux de participation (moins d’un adhérent sur deux) illustre la méfiance soulevée par ce référendum. Espérons que la confiance de ceux qui y croient encore (dont votre serviteur – on ne sait jamais…) ne sera pas trahie.

Déclaration de Ségolène Royal devant l’Internationale Socialiste à New York

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[NDLR : A mon humble avis, ami lecteur, il s'agit là d'un discours très fort. Applause !]

Voici le discours prononcé par Ségolène Royal à New York, devant l’Internationale Socialiste, réunie le 23 septembre 2009 dans l’enceinte des Nations Unies à New York.

 

Chers amis de l’Internationale Socialiste,

Je voudrais tout d’abord remercier Georges Papandréou, Président de l’Internationale socialiste et Président du PASOK de nous donner l’occasion de nous réunir ici, aux Nations-Unies, en ce lieu si symbolique. Cher Georges, nous espérons chaleureusement que le peuple de Grèce t’accordera sa confiance lors des élections générales qui se tiendront dans quelques jours.

Merci également à Ricardo Lagos, ancien Président du Chili, pour le remarquable rapport qu’il nous a remis, au nom de la Commission pour une société durable. Ricardo, tu me confirmes dans l’idée que nous aurons plus que jamais, nous socialistes de tous les pays, une voix puissante et originale à faire entendre à Copenhague.

Merci également à Jallal Talabani, Président de la République d’Irak d’être à nos côtés cet après-midi.

Comme vous tous ici, je voudrais que les mots que nous prononçons soient déjà des actes. Et que « dire » soit déjà « faire ».

J’étais à Rio en 1992 comme ministre de l’environnement de la France. Je suis à New-York en 2009.

17 ans.

17 longues années.

Et un sentiment qui gronde dans le cœur et l’âme des peuples du monde, un sentiment qui emporte tout, un sentiment que nous connaissons bien, nous, progressistes, parce qu’il est au principe de notre engagement : la colère.

Tout a déjà été dit. Depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Trop de mots. Trop de déclarations sans effets. La valeur des engagements s’est émoussée, la valeur des serments s’est érodée.

Les beaux discours sur les tribunes. Les effets de manche. « Notre planète brûle et nous la regardons brûler » ; « nous révolutionnerons le capitalisme financier ».

Et derrière, la petitesse et la rouerie, et tout le monde qui se regarde en chien de faïence, et tout le monde qui regarde son voisin pour savoir s’il ne sera pas mieux traité.

Le bal des hypocrites.

Le bal des cyniques.

Le bal de ceux qui ne comprennent pas que le temps est venu.

Le bal de ceux qui ne voient pas que les peuples sont fatigués des simagrées des puissants.

Alors j’aimerais devant vous ne prononcer qu’un verbe.

Un verbe venu du tréfonds de notre conscience. Un verbe élémentaire. Un verbe clair et sonore, ardent.

Un verbe pour redonner du courage aux millions de réfugiés climatiques.

Un verbe pour dire aux centaines de millions de victimes de la crise financière : « vos vies valent plus que leurs profits »

Ce verbe, c’est le verbe « agir ».

J’ai écouté le Président Obama ce matin devant la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies. J’ai entendu la force de mots sobres et efficaces. Les mots « actions » et « responsabilité ».

Il a énoncé des règles simples et courageuses. « Donner l’exemple ». « Conjuguer nos forces pour inventer un avenir meilleur ». « Agir sans attendre que d’autres aient fait le premier pas ».

Voilà ce que doit être une politique de générosité et de fraternité mondiale.

Il est des tournures d’esprit avec lesquelles nous devons impérativement rompre : les jeux tactiques sans retours, les stratégies à trois bandes, à cinq bandes, à milles bandes. « Si je fais un pas en avant, l’autre me suivra-t-il ? » ; « si je m’engage, moi, nation du Nord, dans une réduction de 80% de mes émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, les pays émergents n’en profiteront-ils pas ? » « Si je durcis les conditions de rémunération des traders, les autres places financières n’en tireront-elles pas un avantage à mon détriment ? »

Tout cela est fini. Les petits calculs de la realpolitik sont aussi dérisoires que vains lorsque ce qui est en jeu, c’est la survie de l’espèce elle même.

Que cela ne nous empêche pas de raisonner en termes d’intérêt bien compris. Bien sûr. Car loin de nous l’idée d’être des colombes naïves dans un univers d’acier. Mais je vous en conjure, regardons-le avec un peu de hauteur cet intérêt !

Car celui qui gagne, ce n’est pas celui qui ne lâche rien, c’est au contraire celui qui donne l’exemple et fait le premier pas.

Celui qui gagne dans le jeu international, c’est celui qui s’attire l’amitié des peuples, celui qui noue de nouvelles collaborations, celui qui respecte l’intérêt général.

Celui qui respecte contre celui qui méprise.

Celui qui est droit contre celui qui est tortueux et retors.

La nation la plus glorieuse aux yeux des générations futures, c’est celle qui, par la force contagieuse de sa vertu, aura su mettre en mouvement toutes les autres ; c’est celle qui, sans mots dire, par sa seule obstination à agir pour le mieux, aura contraint toutes les autres à se justifier. Et à agir à leur tour.

Regardez nos opinions publiques. Ne croyez-vous pas qu’elles demanderont des comptes à nos gouvernements si elles voient que d’autres vont plus loin, plus vite ?

La perception de notre commune humanité ne doit pas nous conduire à nier les concurrences, les intérêts divergents qui parfois nous opposent. Mais justement : retournons cette émulation, utilisons-la comme un levier d’Archimède, faisons en sorte qu’elle devienne une émulation pour le meilleur et non pour le pire.

***

Chers amis

Il est des moments de l’histoire où tout se cristallise, tout se dessine, tout se noue, tout se joue.

Nous vivons un tel moment.

Nous vivons une époque que les générations futures observeront en se disant : tout s’est décidé au cours de ces quelques mois de l’année 2009.

Tout, c’est d’abord les négociations sur le climat. Et je ne veux pas avoir à dire un jour à mes petits enfants : « Nous n’avons pas été capables d’empêcher une hausse de la température du globe de plus de deux degrés, nous n’avons pas été capables de diminuer chez nous, dans les pays du Nord, nos émissions de plus de 80%. »

Je ne veux pas avoir à confesser un tel échec.

Et je suis sûre qu’aucun de nous ici ne le veut.

Alors la feuille de route est claire : objectifs chiffrés contraignants, étape intermédiaire en 2020 avec une réduction de 20% des rejets de gaz carbonique par rapport à 1990, réduction de 50% en 2050, 80 % pour les pays développés. Agissons enfin.

Tout, c’est ensuite l’avenir du capitalisme mondial. Je ne veux pas avoir à dire un jour à mes petits-enfants : « Nous n’avons pas été capables de prévenir la grande crise mondiale des années 2020. » Je ne le veux pas et je suis sûre que personne ici ne le veut.

D’une certaine manière, nous avons la chance de pouvoir prédire l’avenir : si nous réformons en profondeur le système bancaire, par exemple en séparant banques de dépôts et banque d’affaires, si nous plafonnons les bonus des traders, si nous imposons des limites à la rémunération sans bornes que prélèvent les actionnaires, au détriment des salariés et de l’investissement dans l’entreprise, si nous faisons tout cela alors nous pourrons regarder les générations futures avec la fierté du devoir accompli.

Si nous ne le faisons pas, nous lirons dans leur regard un légitime reproche : celui de n’avoir pas fait tout ce qui était en notre pouvoir pour leur épargner ce dont nous avons été nous même les victimes expiatoires.

Tout, c’est également le désarmement mondial. Il se passe ces jours-ci des évènements inédits. Pendant quelques années, malgré la fin de la guerre froide, malgré la transformation profonde des conflits, nous avons pu croire que la réduction des arsenaux nucléaires marquait un pas. Mise en cause du Traité ABM sur les missiles anti-missiles, projet de bouclier aux marches de la Russie : la course semblait relancée, avec des effets de réverbération mondiaux, en Corée du Nord et en Iran notamment.

Des lueurs d’espoir apparaissent à nouveau. Enfin les Etats-Unis sont prêts à faire, courageusement, le premier pas en faveur d’une réduction. C’est une chance pour le monde entier.

Soutenons ces efforts partout. Ceux qui justifient la prolifération en pointant du doigt les Etats-Unis en seront pour leur frais.

Soyons vertueux partout. Nous n’en serons que plus légitimes pour combattre avec une fermeté et une détermination sans faille toutes les formes de prolifération.

Tout, c’est enfin les inégalités Nord/Sud. Là aussi plus de grands discours. Plus de déclarations. Mais des actes. Un prélèvement sur les transactions de change par exemple, cette fameuse contribution Tobin, dont on reparle à nouveau. Les opinions sont prêtes, aux gouvernements de leur emboîter le pas.

***

Il y a 70 ans éclatait le second conflit mondial. Notre liberté, notre dignité, notre humanité étaient menacées. Des Nations aussi antithétiques que les Etats-Unis d’Amérique et l’Union soviétique se rassemblaient pour vaincre un même péril. Unis face à la même menace, face à la même barbarie. Unis par la même fraternité d’armes.

C’est avec le même esprit d’union internationale que nous devons renouer.

Le temps est à l’action, le temps est à la décision, le temps est la prise de conscience radicalement lucide que tout se joue ces jours ci, ces semaines ci.

Nous avons encore la possibilité de décider librement de notre avenir. Mais nous n’avons plus beaucoup de temps. A nous de faire notre devoir. A nous de faire ce qui est juste. A nous de donner le meilleur de nous pour un monde meilleur.

Nos enfants nous accuseront

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  Ami lecteur, j’en profite pour revenir sur un débat organisé en présence de Ségolène Royal, sur la question des pesticides, fongicides et autres machins chimiques répandus à tout-va sur ce qui tombe dans nos assiettes.

  A cette occasion, fut projeté le film « Nos enfants nous accuseront » (hélas interrompu pour cause de mauvais timing… mais c’est une autre histoire – grrrr quand même); Ce film de Jean-Paul Jaud, qu’on peut trouver bancal, trop bucolique, ou peu novateur, a tout de même le mérite de présenter, de manière assez exhaustive, le problème.

  A savoir, une époque dans laquelle les agriculteurs se baladent en scaphandriers, avec des enfants malformés, des saignements de nez, des maux de tête et des dépressions redoutables. L’époque de l’agriculture intensive; et parce qu’une image vaut parfois mieux qu’un long discours, je retiens celle d’un paysan bio (le film est une ode à cette méthode de production) comparant son champ avec celui, limitrophe, d’un partisan des pesticides.

  La différence est aussi nette qu’entre le jour et la nuit : la terre du premier est meuble, parcourue par des asticots, molle et marronnâtre; la seconde est sèche, même à 20 centimètres de profondeur, stérile, grise et friable.

  Je conseille donc le visionnage de ce reportage, que l’article suivant détaillera encore un peu, à tous ceux qui se sentent concernés, non seulement par ce qu’ils ingurgitent, mais par leur espérance de vie, tout simplement et par la situation de leurs congénères, dans les zones rurales. Parce que des enfants qui meurent ou se retrouvent handicapés en bas-âge, à cause d’un champ pulvérisé de produits toxiques, c’est peut-être tout sauf drôle.

  A voir, dans la même veine, le stupéfiant reportage « Le Monde selon MonSanto », qui couvre également ce sujet (film plus négatif certes, puisque « Nos enfants nous accuseront » propose certaines solutions), et révèle – délirant voyage – les méandres de cette multinationale responsable de famines, de suicides et de morts par pollution (PCB, dioxine, etc…).

 

http://www.dailymotion.com/video/x6r5g4

 

Source : http://www.cdurable.info/Nos-enfants-nous-accuseront-un-film-de-Jean-Paul-Jaud,1238.html

 

Chaque année en Europe 100 000 enfants meurent de maladies causées par l’environnement. 70% des cancers sont liés à l’environnement dont 30% à la pollution et 40% à l’alimentation. Chaque année en France, on constate une augmentation de 1,1% des cancers chez les enfants. En France, l’incidence du cancer a augmenté de 93% en 25 ans chez l’homme. Dans un petit village français au pied des Cévennes, le maire a décidé de faire face et de réagir en faisant passer la cantine scolaire en Bio. Ici comme ailleurs, la population est confrontée aux angoisses de la pollution agro-chimique. Ici commence un combat contre une logique qui pourrait devenir irréversible, un combat pour que demain nos enfants ne nous accusent pas.

C’est la première fois, sans doute depuis Le Monde du silence de Jacques Yves Cousteau (Palme d’or du Festival de Cannes 1956), que le cinéma français s’intéresse à un sujet sur l’environnement. Si la préservation de l’univers marin était déjà une cause précieuse, celle de l’alimentation de nos enfants l’est bien plus encore. Pour ne pas dire urgente. Après avoir parcouru les paysages sensoriels français avec sa série des « Quatre Saisons pour… », Jean-Paul Jaud fixe l’objectif de sa caméra sur une tragédie environnementale : l’empoisonnement de nos campagnes par la chimie agricole et les dégâts occasionnés sur la santé publique, notamment celle de nos enfants.

Le film « Nos enfants nous accuseront » raconte la courageuse initiative d’une municipalité du Gard, Barjac, qui décide de faire passer la cantine scolaire au bio, en finançant le surcoût sur le budget de la commune. Conscient du danger sanitaire qui menace une jeune génération exposée aux 76 000 tonnes de pesticides déversées chaque année sur notre pays, un maire décide de prendre le taureau par les cornes en donnant un exemple d’une politique sans compromission. Alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur les dérives scandaleuses d’un système économique qui fait passer ses profits et ses intérêts avant la santé de la population.

Les différents intervenants du film, enfants, parents, enseignants, soignants, journalistes, paysans, élus, scientifiques, chercheurs, livrent leurs sensations, leurs analyses, leurs angoisses, leur colère, le fruit de leurs travaux à la caméra. Chacun raconte son expérience, dénonce les abus, pose les problèmes, mais tous proposeront des solutions, à condition que les différents organes de décision prennent leurs responsabilités. Des témoignages édifiants et bouleversants sur une réalité qu’il est urgent de maîtriser. Combien de maladies, de tumeurs, d’infirmités, de tragédies humaines sont-elles en train de proliférer sans que l’on ne fasse rien, ou si peu ?

Le film commence à l’Unesco, lors d’un colloque réunissant des sommités mondiales de la médecine, signataires de l’Appel de Paris. Un seul mot d’ordre : Non pas se contenter de constater les ravages, mais trouver tout de suite les moyens d’agir, pour que, demain, nos enfants ne nous accusent pas de les avoir abandonnées.

 

Un film au service d’une vérité qui blesse.

 

300 000 ampoules basse consommation distribuées aux foyers modestes par la Mairie de Paris !

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La mairie de Paris distribuera d’ici l’automne prochain 300.000 ampoules basse consommation aux familles modestes. Ces ampoules, plus chères à l’achat, mais plus durables, seront échangées contre des ampoules à incandescence, progressivement retirées du marché d’ici à 2012. Les foyers concernés recevront aussi des conseils pour réduire leur facture énergétique.

« Une distribution de 300.000 ampoules permet de réaliser sur le territoire parisien près de 20 GWh/an d’économie d’énergie, une économie de 1.600 tonnes de CO2/an et 2 millions d’euros au total d’économie financière pour les Parisiens sur leur facture énergétique », précise la mairie de Paris.

Trois à sept fois plus chères à l’achat, les ampoules à basse consommation peuvent se révéler pour certains ménages parisiens difficiles d’accès. La mairie de Paris réfléchit encore sur les modalités d’application de la mesure, mais souhaite aider les foyers aux revenus modestes de la capitale à s’équiper.

Depuis le 30 juin dernier, les ampoules à incandescence de plus de 100 W ont été retirées des rayons, selon un engagement pris durant le Grenelle de l’environnement. En décembre prochain, les ampoules à filament de 75 W suivront, puis, d’ici 2012, ces ampoules auront complètement disparu au profit des ampoules basse consommation.

Ce calendrier de retrait des ampoules à incandescence, « très volontariste », adopté par 23 enseignes de la distribution et du bricolage en octobre dernier, devance celui mis en place par la Commission européenne qui prévoit la fin des ampoules de plus de 100 W pour septembre prochain.

Selon les chiffres présentés par le ministère du Développement durable, 180 millions d’ampoules sont vendues chaque année en France, dont 152 millions à incandescence. En 2007, 68 % des ménages possédaient au moins une ampoule basse consommation.

Suppressions de postes chez Michelin (communiqué du PS)

L’annonce par Michelin de 1093 suppressions de postes est un coup de tonnerre pour les salariés et les sous-traitants du groupe.

D’autant plus que l’entreprise Michelin reste rentable, avec des prévisions de marges proches de 10%. Lors de son assemblée générale du 22 mai dernier, l’entreprise a décidé de verser des dividendes confortables à ses actionnaires.

Ces suppressions de postes traduisent avant tout la volonté de Michelin de maintenir la profitabilité du groupe, au détriment de l’emploi.

Le Parti socialiste constate que Michelin a annoncé la mise en œuvre du plan de licenciement sans que les salariés aient pu formuler des contre-propositions. La fermeture du site de Noyelle-lès-Seclin, en particulier, a été décidée sans aucun dialogue préalable avec salariés ou leurs représentants.

Face à cette attitude de l’entreprise, le Parti socialiste demande à l’Etat de faire preuve de la plus grande vigilance dans l’application des mesures de reclassement annoncées.

Il demande aussi le remboursement des aides publiques qui ont été consenties. Cela concerne en particulier le site de Montceau-les-Mines. 477 postes seront supprimés, alors que 4 millions d’euros ont été versés ces dernières années par les collectivités locales et l’Etat pour aider ce site.

Cette annonce est une preuve supplémentaire et dramatique de la destruction du tissu industriel français. Elle est un démenti cinglant aux déclarations récentes du Premier ministre sur l’entrée de la France dans « l’après-crise ».

Par ailleurs, il faut s’occuper du tissu de PME qui est gravement menacé et qui risque d’être durablement déstructuré sans intervention rapide et massive de l’Etat.

Communiqué de
Martine Aubry, Première secrétaire
Alain Vidalies, Secrétaire national à l’emploi et au travail
Guillaume Bachelay, Secrétaire national à l’industrie et aux entreprises

Européennes : points de vue socialistes

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  La bataille électorale européenne, ami lecteur, s’annonce compliquée ; Dans ce post, je vais tenter d’en démêler certains fils, notamment à travers les réflexions de mes camarades de section.

  En premier lieu, force est de constater (c’est le point de vue que j’ai pu émettre, dernièrement, sur ce sujet au sein du PS) que le taux de participation prévisionnel est PARTICULIEREMENT bas. Pour parler clair, environ 60% des électeurs, si on s’en tient aux différents sondages, comptent s’abstenir de voter aux élections européennes.

  Pourquoi ? D’après ce qu’ont pu m’en dire différents citoyens, au cours de mes pérégrinations politiques, ce que j’ai pu lire et voir sur ce sujet, et ce que je puis en penser, je dirais que :

   - Premièrement, le Parlement Européen ne dispose pas de beaucoup de pouvoir. Moins que la Commission Européenne, déjà ; les traités européens en sont la preuve : lorsqu’ils sont rejetés, le Parlement n’est pas fichu de les modifier, afin de pouvoir les représenter au suffrage populaire.

  - Deuxièmement, la politique de l’Union Européenne est très obscure. Sans parler des autres organes, ce qui se trame au Parlement est peu retranscrit par les médias. Le travail des parlementaires – à tort ou à raison – est difficile, de ce fait, à évaluer.

  - Troisièmement, le passif… L’UE compte faire revoter l’Irlande, comme lors du traité de Nice, impose les cultures OGM sous peine de sanctions financières, etc… les directives européennes autoritaires s’entassent, dans des domaines variés, ainsi que des méthodes peu démocratiques (voir comment le traité de Lisbonne a été renégocié entre « princes » et hors de tout cheminement parlementaire) ; Reprocher aux citoyens de rester méfiants à l’égard de l’UE, dans ces conditions, serait d’une mauvaise foi assez épaisse.

  Faut-il, pour autant, rejeter en bloc l’Union Européenne ?

  Ton serviteur, ami lecteur, bien qu’également sur ses gardes, ne peut pourtant arguer que l’Union Européenne n’a pas certains avantages – des atouts parfois très brillants. Parmi ceux-ci, notons :

  * L’Europe de la paix : A l’exception des conflits dans les Balkans, qui ont notamment éclaté sous la pression de Milosevic, et alors que la politique diplomatique européenne n’était pas encore bien « sur les rails », avouons-le, la situation en Europe a rarement été, au cours de notre Histoire, aussi apaisée qu’actuellement – d’un point de vue militaire. Cette paix n’est pas acquise, elle demande du travail ; mais que valent des vies – des centaines, des milliers, des millions de vies – épargnées par les affres de la guerre ?

  * Le marché commun : Critiquable sur certains aspects – augmentation des prix en parallèle de l’introduction de l’euro, balance du commerce extérieur alourdi (paradoxalement) par la force de la monnaie, politique de la BCE – l’Euro présente pourtant des avantages indéniables ; Par exemple, depuis son introduction, les dévaluations catastrophiques et assez fréquentes qu’ont connu, auparavant, les pays de l’Union Européenne, n’ont plus lieu.

  Les autres avantages sont à l’appréciation de chacun, mais déjà, moins de conflits militaires et (pour l’instant) plus de dévaluation massive des monnaies, c’est déjà ça…

 

 

  Voyons, à présent, le point de vue de différents camarades sur les élections européennes, leurs enjeux, l’Union d’une manière générale :

  - L’UE s’est complexifiée depuis les dernières adhésions. L’intégration des pays de l’ancien Bloc de l’Est, qui est un tour de force idéologique et humaniste, s’est doublée d’un changement dans les influences internationales ; les polonais, par exemple, qui ont tendance à se méfier de tout ce qui a l’air, même de loin, russe, idolâtrent souvent les points de vue made in USA. Sincèrement ou non… l’influence des Etats-Unis sur la politique européenne s’accroit donc, et cela pose nombre de problèmes, en termes de souveraineté européenne, notamment…

  - Le Parti Socialiste veut faire des élections européennes un vote-sanction à l’encontre de Sarkozy… nombre de camarades pensent que cette stratégie est dangereuse, et qu’elle se révèlera contre-productive. (Je partage ce point de vue)

  - Nombre d’électeurs peuvent être tentés, dans le contexte actuel, d’orienter leurs votes sur les « extrêmes », donc sur des partis qui n’ont pas la vocation de gouverner, mais seulement de s’opposer (point de vue que je ne partage pas forcément). Pour ce camarade, la crise sociale n’est pas près de s’apaiser, surtout lorsqu’on constate la fréquence des remises en cause de valeurs fondamentales de notre société !

  - Pour une camarade, le désintérêt massif des citoyens européens envers la politique de l’UE, semble plus dangereux encore que la possibilité, pour la gauche, de perdre à nouveau cette élection. [Pour info : Le PPE est le part majoritaire actuellement. C’est une sorte d’UMP européenne.]

  - Les réflexions se sont tournées vers le texte commun des socialistes européens – le « Manifesto » signé par tous les PS (33 partis pour 27 pays). Je t’encourage, ami lecteur, à le lire, pour t’en faire une idée… le problème, avec ce texte, étant qu’il est soutenu, notamment, par Zapatero, qui soutient également… Barroso ! Pour faire simple, la politique libérale (voire plus que libérale) de ce dernier est déjà un sujet de tension – il appartient à la mouvance social-démocrate, en plus d’être au PPE – chez les socialistes ; la gauche, qui veut faire front à peu près commun contre lui, voit donc certains de ses membres le soutenir – Zapatero (premier ministre espagnol), notamment. C’est une source de confusion assez évidente…

  - L’image de Sarkozy, globalement, s’est améliorée après sa présidence de l’UE. Le sujet est vaste, mais en tout cas, il semblerait qu’il ait été perçu comme un « bon » président de l’Union, par une bonne majorité des électeurs. Cela jouera très probablement en sa faveur.

  - La stratégie de l’UMP est pour le moins… déroutante. Normal, c’est le but ! Sarkozy joue la carte de  la dernière minute. A l’heure de la rédaction de ces lignes, les listes UMP pour les européennes n’ont même pas encore été établies définitivement ! La stratégie consistant à éviter les répliques ennemies, et surtout les bisbilles internes, autant que faire se peut. Malin, peut-être, mais sûrement pas très respectueux des électeurs !

  - Plusieurs camarades pensent que la crise économique actuelle, non seulement, mais aussi d’une manière plus générale, que l’Union Européenne ne peut être réformée, d’un point de vue social, en louvoyant. En bref, qu’il ne faut pas avoir peur de traiter les sujets graves avec des mesures fortes ; que le Droit de la concurrence est très sévèrement atteint, et que l’aspect technocratique de l’UE l’a emporté, depuis longtemps, sur l’aspect social…

  - Le traité de Lisbonne fait toujours débat, au sein du PS. Sans défendre, idéologiquement, le protectionnisme, les socialistes, très très très majoritairement, refusent le démantèlement des services publics.

  - La question de savoir si la cotisation des pays au fonctionnement de l’UE doit augmenter ou non (elle est de 1% actuellement) n’est pas réglée ; beaucoup pensent, cependant, qu’il est nécessaire de s’endetter pour investir – en suivant l’exemple d’Obama, notamment. Le taux d’endettement, cependant, au sein comme en dehors de l’UE, est très variable…

  - Sur la question de l’endettement, d’ailleurs, il faut noter que les solutions divergent. Les Etats-Unis et l’Angleterre, notamment, ont préféré encourager l’endettement des particuliers plutôt que celui de l’Etat. On a vu le résultat… la crise actuelle, très fortement liée aux subprimes ! N’oublions pas que cette solution était privilégiée par Sarkozy, également, il n’y a pas si longtemps… Par ailleurs, la politique pré-crise d’austérité de l’Europe peut être vue comme une réaction forcée par rapport à une mauvaise réserve de change, par rapport à nos partenaires étrangers…

 

  Qu’en penses-tu, ami lecteur ? Endetter l’Etat, ou les particuliers ? Réinvestir ou trancher dans le vif, comme toujours, dans le social ?

  Pas simple, tout ça…

Sarkozy et l’image de la France dans le monde…

  Ami lecteur, la polémique en rapport avec les propos de notre Très Cher (dans tous les sens du terme) Président a empli les colonnes de nombreux médias, ces derniers jours. Le JRDF, bien que soutenant la démarche de Ségolène Royal en Afrique – une façon bizarre de faire les choses, techniquement assimilable à de la haute trahison, mais probablement justifiée par rapport à l’ignominie du désormais fameux « discours de Dakar » – ne considère pas de la même manière sa tentative de « s’excuser » pour les propos qui font l’objet de cet article.

  Pourquoi ? Parce que ce n’est pas à elle de le faire. Alors que le contre-pied de Dakar, risqué d’un point de vue légal, peut se justifier par une volonté humaniste, la défense de la considération de tout un continent (l’Afrique) ne peut être comparée à quelques avis émis, dans un contexte particulier, en off, par Nicolas Sarkozy.

  Les propos du Président n’engagent donc que lui, étant officieux, et non la France. Ce n’est pas une raison pour ne pas nous y intéresser. Si Sarkozy avait voulu que ces paroles ne fussent pas rapportés par la presse, il ne les aurait pas tenus aussi « ouvertement »; l’article du Monde, qui suit ce point de vue, revient sur la nature exacte de ces déclarations officieuses, mais dont les conséquences sont, et seront sans doute, bien réelles :

 

Barack Obama manque d’expérience, José Luis Zapatero ‘n’est peut-être pas très intelligent’ et José Manuel Barroso brille surtout par son absence. Rapportées par Libération, les considérations assassines du président français, Nicolas Sarkozy, sur ses homologues, lors d’un déjeuner avec des parlementaires, ont déjà fait le tour de la presse internationale. L’Elysée a beau démentir, l’arrogance française a encore frappé. Lire la suite l’article

On le connaissait ‘vantard’, ‘hyperactif’ et ‘familier’, mais, cette fois, Nicolas Sarkozy ‘s’est surpassé’, note le quotidien britannique The Guardian. En l’espace d’un déjeuner, ‘le président français s’est débrouillé pour rabaisser Barack Obama, traiter Angela Merkel avec condescendance et insulter’ le premier ministre espagnol. Seul Silvio Berlusconi a été épargné. Et pour cause : à en croire Nicolas Sarkozy, ‘l’important dans la démocratie, c’est d’être réélu’. Et ‘Berlusconi, il a été réélu trois fois.’

‘Deux fois seulement’ corrige le New York Times. Rappelant ‘le goût de l’action’ du chef de l’Etat, le quotidien américain se borne à un exposé acerbe des prétentions françaises. ‘Dans le monde de Sarko, le président Obama est faible, inexpérimenté et mal informé sur le changement climatique’. C’est ‘la fin de la courte lune de miel franco-américaine’, ironise The Times.

Côté espagnol, la polémique a rapidement pris de l’ampleur. A en croire El Pais, les démentis de l’Elysée n’ont pas convaincu. Beaucoup sont montés au créneau pour défendre le premier ministre socialiste. Même le vice-secrétaire de la communication du PP (Parti populaire, droite), Esteban González Pons, s’est dit gêné. ‘Je ne me réjouis pas de ces déclarations, même s’il a parfois raison. Zapatero est notre chef d’Etat, c’est comme ça, s’il est attaqué, nous devons le défendre.’

 

PS : Détournement de fonds associatifs à Marseille…

  Il n’est pas dit que le JRDF épargnera quiconque; malgré ses accointances réformistes, et son rejet d’une grande partie de la politique (méchamment de droite) actuelle, un voleur est un voleur – fut-il un ponte socialiste.

  Voici donc une transcription du Canard Enchaîné du 25 mars. J’y ajoute, ami lecteur, ma part personnelle de honte, et de désapprobation

 

  Mazette ! A Marseille, le PS a visiblement oublié de doter le conseil régional PACA d’une machine à broyer les documents compromettants. Elle lui aurait pourtant été fort utile. Depuis un an, le vilain juge Landou enquête sur des détournements de fonds au profit d’associations bidons des quartiers nord de Marseille. Des fiefs socialistes que la Région a gavé de subsides pendant des années.

  Le magistrat soupçonne de joyeuses pratiques destinées à « fluidifier » les campagnes électorales (« Le Canard », 11/2). Mais, à en croire Michel Vauzelle, le président de la Région, ses services ont été abusés par des escrocs à la petite semaine. Même son de cloche chez Sylvie Andrieux : la patronne du groupe PS chargée de la « politique de la ville » n’a rien vu, rien entendu et hurle aux « négligences administratives ».

  Seulement voilà : un document passionnant, tombé sous le bec du « Canard », ne plaide pas en leur faveur. Il s’agit d’une note interne plutôt gratinée qu’un cadre avait adressée, dès le 19 juillet 2002, à sa hiérarchie. Dans ce courrier de quatre pages, il dénonce l’existence, au conseil régional, de deux types d’associations.

  D’un côté, celles qui présentent des « dossiers normaux » de demande de subventions. Disséminées dans toute la Région, elles rament pour décrocher quelques poignées d’euros, subissent une batterie de contrôles administratifs, doivent, chaque année, justifier de leurs actions en faveur des quartiers et montrer patte blanche sur leur comptabilité… De l’autre, les associations pistonnées des « dossiers signalés ». Bizarrement concentrées dans certains quartiers marseillais, ces associations-là engrangent des aides « tr.ois à dix fois supérieures », toujours selon cette note incendiaire.

  Leur versement est imposé par les élus desdits quartiers, ui exercent »une pression directe » sur les fonctionnaires. Résultat miraculeux : « La fiabilité de ces associations n’est pas vérifiée » et « aucun contrôle de l’usage des crédits ne peut être effectué », écrit l’insolent. Bref, du bon vieux clientélisme à la papa, particulièrement vigoureux en période électorale : 2,2 millions d’euros, pour 160 « dossiers signalés », ont ainsi été balancés dans la nature rien qu’entre mars et juin 2002, à la veille des élections législatives.

  Problème : dans sa confession écrite, le rédacteur de cette note précise qu’il a alerté en vain, et à trois reprises, le cabinet de Michelle Vauzelle. Lequel répond au « Canard », via son avocat, Me Gilles Gauer, qu’il n’a « jamais eu connaissance de ce courrier ». [NDLR : C'est terrible, ces lettres qui se perdent...]

  A l’époque, il avait pourtant provoqué une petite panique à la Région, ce qui n’avait pas valu une promotion à son auteur : le bavard avait été illico placardisé, sur ordre de Sylvie Andrieux. Celle-là même qui est abondamment citée par plusieurs fonctionnaires qui défilent ces temps-ci chez le juge Landou…

  L’un d’eux se souvient : « Si l’un de nous avait le malheur de lui demander des justificatifs ou d’émettre des doutes sur une associations, ça soufflait sévère ! »

  Au pays du mistral, ça mérite d’être signalé… 

Fin du suspens : le gouvernement dévoile son décret pour « lutter contre les excès du système capitaliste » !

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  Ami lecteur, j’ai écrit précédemment que le JRDF ne se livrerait jamais au procès d’intention. L’idéologie est une chose; La mauvaise foi en est une autre. Nous avons donc attendu que le fameux décret « anti-bonus » paraisse, très officiellement, afin de pouvoir exprimer notre avis à son égard.

  Il est – ô euphémisme ! – pour le moins mitigé. Il s’agit d’un décret qui sera levé « d’ici 2010, si nous sortons de la crise »; une mesure d’un an environ, au final, qui ne comprend la régulation du capitalisme que dans l’optique suivante : « En période dure, le peuple risque de voir qu’on se sucre sur son dos, et de se révolter. Il est donc nécessaire de sauver les apparences. Mais demain, quand ce sera fini, on pourra reprendre exactement comme avant. »

  Comme il est loin, le temps où Sarkozy se réclamait de Jaurès… Résumons-nous : ce décret ne concerne que six banques : Société Générale, Paribas, Crédit Agricole, Banque Populaire, Caisses d’Epargne, Crédit Mutuel, ainsi que les deux groupes automobile Renault et PSA. Pour un pays qui compte des millions de sociétés, et une bonne quinzaine de banques françaises – sans compter les institutions étrangères – c’est un peu court, jeune homme.

  Deuxièmement, ce décret interdisant  les stock-options et les actions gratuites, n’est que provisoire. Il ne remet pas en question ce système, parfaitement « légitime » en cas de non-crise. Quand les caméras ne sont pas braquées dessus, donc.

  Troisièmement, la cerise sur le gâteau : les bonus des chefs d’entreprise (de ces huit sociétés) seront rendus illicites en cas de « licenciements importants ». Pour connaître la définition précise de cette expression, et savoir qui sera chargé d’évaluer cette importance, adressez-votre courrier à :

  LE VIDE

  BOÎTE POSTALE NEANT

  LA-BAS, A GAUCHE APRES L’INFINI

 

  Laurence Parisot, quant à elle, poursuit sa stratégie-fétiche : d’une part, elle voit « une légitimité dans le fait que l’Etat définisse les conditions des prêts et des aides qu’il accorde aux entreprises »; mais laissez-la parler un peu, et elle vous dira que « la loi ne peut cependant pas tout », et que ce qu’elle ne peut pas faire, le code éthique du MEDEF s’en chargera bien volontiers.

  Traduction : Faire appliquer ce que les représentants du peuple ont décidé, par voie de justice notamment, n’a pas autant de poids qu’un texte que les grands patrons ont la liberté d’appliquer, ou non, sans aucune sanction. Lumineux…

  Quant à François Hollande (Martine Aubry semble toujours aux fraises…), il a « répété son opposition à un décret pour encadrer les dirigeants des entreprises aidées et plaidé pour une loi, qui concernerait aussi les autres entreprises, sauf celles qui démarrent. Il est favorable à un plafonnement des salaires des dirigeants à 400.000 euros par an. »

  Le JRDF ne le contredira pas sur ces principes. Dommage que le PS n’ait pas appliqué ces idées, lorsqu’il était au pouvoir…

  En conclusion, le monde financier s’effondre, mais la droite française reste toujours fidèle à elle-même : elle ne bouge son cul que lorsqu’un scandale éclate, et l’éclabousse; elle fait l’apologie du changement tout en n’assurant même pas le minimum requis; et surtout, elle étale une bonne couche de morale sur son système capitalisto-glauque, histoire que ça se voie moins.

  A tout prendre, ce décret n’est donc pas mauvais, en lui-même; un peu comme quelqu’un qui balancerait un seau d’eau sur un immeuble de cinq étages en flammes.

  Pas sûr que cela éteigne l’incendie, en revanche…

Suspens : Sarkozy va-t-il pouvoir réglementer les bonus et les stock-options ?

A la veille du dévoilement du décret en question, annoncé à grands renforts de coups de menton par notre cher Tsar, penchons-nous sur cet intéressant problème de société : Peut-on crasher son entreprise comme une merde, et se barrer avec une grosse partie de la caisse ?

  D’un point de vue légal, la réponse semble être positive. D’un point de vue moral, en revanche, le concept parait faire grincer de nombreuses dents…

  Donc, en attendant (sait-on jamais ?) de constater si notre Président est à la hauteur de ses ambitions avouées, ou s’il faudra définitivement instituer la Fête de l’Impuissance en son honneur, le JRDF copie-colle ici un article bien foutu de la Tribune, qui se permet même de comparer notre situation avec celle de l’Allemagne :

 

La polémique sur la rémunération des dirigeants d’entreprise continue de faire des vagues. Ce dimanche, les réactions syndicales et politiques se poursuivent alors que le gouvernement devrait dévoiler lundi son décret anti-bonus. On apprend dans le même temps, selon le Journal du Dimanche, que le patron du promoteur immobilier Nexity, Alain Dinin, aurait à son tour renoncer à ses bonus et stock-options.

Du côté des socialistes, la mobilisation est toujours de mise sur le débat. Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a ainsi déclaré samedi sur LCI être « pour la suppression des stock-options, pendant cinq ans, sauf pour les entreprises naissantes ». « Si on ne fait pas ça, le système devient immoral et fou », a-t-il souligné. Le député socialiste s’est également prononcé pour le « plafonnement des salaires des dirigeants pour les entreprises aidées, à 300.000 euros », « sur le modèle de Barak Obama ».

Pour sa part, Ségolène Royal, qui tenait samedi l’assemblée générale de son association Désirs d’avenir, a fustigé les « abus de richissimes prédateurs » de l’économie française, évoquant superbonus et parachutes dorés. « Tous ces abus de richissimes prédateurs sont à la fois le contraire de la justice, du respect et de la fraternité » a-t-elle asséné. Et de s’attaquer au gouvernement : « Le pouvoir en place depuis deux ans oppose à cette prédation sur l’économie française une mollesse, une absence de courage qui me semblent particulièrement coupables », ajoutant que « cet excès de richesses et cette accumulation de pauvreté de l’autre divise et fragilise le pays ».

Sur le front syndical, on appelle le gouvernement à aller plus loin et frapper plus fort sur l’attribution des bonus aux grands patrons. Le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, estime ainsi ce dimanche dans un entretien publié par le quotidien Sud Ouest Dimanche que les restrictions sur les bonus et les stock-options ne doivent « pas se limiter aux entreprises qui obtiennent le soutien de l’Etat ». « Dans la situation de crise que nous traversons, il serait de la responsabilité du gouvernement de prendre deux décisions », explique-t-il. « Tout d’abord, pourquoi ne pas plafonner les dividendes d’une manière générale? C’est le Parlement qui doit en disposer par une loi. Ensuite, il faut qu’une loi oblige toute entreprise qui bénéficie de soutien public de l’Etat ou des régions, à des contreparties sociales notamment en termes d’emploi ».

Mais si le fond du débat provoque toujours la polémique, la forme -celle d’une réglementation de la rémunération des dirigeants par décret – suscite aussi la critique. Petits actionnaires, patronat et administrateurs doutent ainsi de l’efficacité d’une nouvelle loi ou d’un décret pour encadrer la rémunération des dirigeants, et plaident plutôt pour l’autorégulation sous le contrôle des actionnaires.

« Il ne faut pas qu’une loi fixe les rémunérations . Nous sommes dans un pays libre. C’est aux actionnaires de le faire », estime ainsi Colette Neuville, la présidente de l’Association des actionnaires minoritaires (ADAM). Pour sa part,  l’Institut français des administrateurs (IFA) recommande « la voie consistant à responsabiliser les dirigeants et les administrateurs, sous le contrôle des actionnaires et de l’opinion publique, plutôt que la contrainte par la loi et le règlement », rejoignant ainsi les positions du Medef qui s’est refusé à imposer aux patrons un cadre réglementaire à leur rémunération.

Seul le président de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie), Frédéric Saint-Geours, s’est montré samedi moins réticent, estimant qu’un décret pourrait contribuer à refermer « la déchirure » entre la société et les entreprises. « Passons par un texte pour éviter que la déchirure ne s’acroisse », a relevé le patron de l’UIMM, en regrettant toutefois que l’Etat n’ait pas clarifié sa position au moment de la conclusion d’accords avec les entreprises concernées.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance de Wendel et ancien président du Medef, estime pour sa part que « ce qui doit primer » dans les rémunérations des dirigeants « ce sont des critères de réussite », mais note qu’ »il y a des abus ». « Ce qui est choquant, c’est quand quelqu’un reste bien payé dans une entreprise qui va mal », poursuit-il, en ajoutant que « c’est pour ça qu’ont été conçues les rémunérations variables ».

Le débat sur la rémunération des dirigeants s’est aussi exporté en Allemagne. Ce dimanche, un ex-dirigeant de la Dresdner Bank a annoncé renoncer à ses indemnités. Dans un entretien au quotidien Bild, l’ancien président du directoire de la banque, rachetée par Commerzbank, Herbert Walter, précise qu’il se prive de son indemnité de départ de 3,6 millions d’euros.

« Au vu des conséquences considérables de la crise sur la Dresdner Bank, je renonce à cette indemnité », déclare-t-il au quotidien, tout en insistant sur le fait qu’il avait « légalement droit » à cette indemnité. « Les revenus des dirigeants devraient être davantage liés à la performance de l’entreprise à long terme que ce n’était le cas jusqu’ici », estime Herbert Walter, assurant comprendre « que le système de rémunération des banques provoque l’incompréhension de certains ».

L’ancien dirigeant répond ainsi au souhait du gouvernement qui demandait un tel geste aux neuf anciens membres du directoire de la Dresdner Bank, qui ont perçu l’an dernier 58 millions d’euros de revenus . Dans un entretien au même quotidien Bild mais samedi, le ministre de l’Economie Karl-Theodor zu Guttenberg, estimait ainsi qu’il s’agissait d’une question de « décence que ces manageurs remboursent leurs primes ou qu’au moins ils en fassent don ».

Il faut dire que la Commerzbank, qui a été récemment partiellement nationalisée, a publié une perte nette de 6,6 milliards d’euros en 2008, plombée par sa filiale bancaire.

Les parlementaires se goinfrent 100 millions d’Euros

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Source : Le Canard Enchaîné

Le chef de l’Etat vient de mettre la haute main sur une partie de la « réserve parlementaire »; C’est lui, désormais, qui décide de l’utilisation et de la répartition, en direction des ministres et des parlementaires, d’une vingtaine de millions d’euros. Les commissions des Finances de l’Assemblée et du Sénat continueront, elles, à distribuer un peu plus de 100 millions d’euros. Ces sommes, rappelons-le, servent à financer, sur justificatifs, des opérations de voirie, rénovations, aménagements divers, etc.

  La distribution des prix est close pour l’année 2008 : champion toutes catégories, Bernard Accoyer. Le président de l’Assemblée a perçu cette année pour ses oeuvres plus de six milliards d’euros. Viennent ensuite cinq dignitaires du Sénat.

Dans l’ordre :

* Jean Arthuis, président de la Commission des Finances (4 millions),

* son rapporteur, Philippe Marini (3,9 millions d’euros),

* l’ancien ministre du Budget Alain Lambert (3,5 millions d’euros),

* l’ex-président de la Haute Assemblée Christian Poncelet (3,1 millions d’euros).

  A l’Assemblée (en dehors de son président), la timbale est décrochée par les deux responsables de la commission des Finances. A droite, son rapporteur UMP, Gilles Carrez (1,8 millions d’euros). A gauche, son président PS Didier Migaud (2 millions).

  Eric Woerth, le ministre du Budget, s’est vu octroyer par lui-même 2 millions d’euros. Il n’est pas le seul ministre à bénéficier du magot. Sa collègue Alliot-Marie a mis de côté 600 000 euros pour son département des Pyrénées-Atlantiques. Son secrétaire d’Etat, Alain Marleix, chargé des collectivités locales et du découpage électoral, a obtenu 1,2 millions d’euros. Sans doute pour « fluidifier les relations » avec les élus…

   Mieux ! Son fils, olivier Marleix, qui n’est pas parlementaire mais conseiller général d’Eure-et-Loir, maire d’Anet et conseiller à l’Elysée, a touché 190 000 euros de la manne parlementaire !

  Histoire de famille, toujours… le fils du secrétaire général de l’Elysée, François Guéant, conseiller de Marleix père et député suppléant du Morbihan, a perçu, lui, près de 215 000 euros.

  L’ancienne suppléante de Sarko à l’Assemblée, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, a raflé quelque 500 000 euros. Beaucoup plus qu’un député de gauche (Montebourg : 90 000 euros, Lang : 70 000, Moscovici et Sapin : 8000 chacun).

  L’avionneur milliardaire Serge Dassault n’est gratifié que de 260 000 euros. Un pourboire pour lui… Quant à Patrick Balkany, le pote de Sarko, il est en droit de réclamer une revalorisation pour l’an prochain. Le député des Hauts-de-Seine  n’a eu droit « qu’à » 100 000 euros. Soit précisément la même somme que François Fillon… 

Etat des lieux de la gauche, socialiste et plus-à-gauche-encore

  Le JRDF a laissé passer un peu de temps, comme à son habitude, ami lecteur, pour voir comment l’affrontement Aubristes/Royalistes allait tourner; Nous avions, précédemment, donné notre point de vue sur la situation : Bien que non exempt de défauts, le clan Royal a au moins les avantages d’être uni derrière un programme, et clairement plus progressiste dans sa ligne administrative du parti, que le conglomérat d’Aubry, trainant derrière lui tous les porte-flingues des courants, qui chauffent la place en attendant 2012 pour reprendre les batailles internes entre Fabiusiens, Strauss-Kahniens, clan Jospin/Delanoë, Hamonistes, Hollandiens et… sans doute, Aubristes, même.

  Une unité de façade, donc, doublée d’un hypocrite appel aux partisans de Royal, alors qu’in facto, ceux-ci sont clairement exclus du processus décisionnel du Parti Socialiste. La haine couve entre les deux chefs de file, évidemment, mais franchement les combats de boxe, ça me gave alors je préfère évoquer de véritables différences, sur le plan  programmatique. Nous reviendrons donc, prochainement, sur la motion Aubry, pour dénicher ce qui peut faire sa spécificité, et surtout, nous examinerons ses futurs actes, en tant que « Première Secrétaire »…

  Mélenchon s’est finalement barré, d’ailleurs; Lui qui avait copiné avec l’extrême-gauche pendant la campagne de 2007, avant de rejoindre le train Royal en marche, in extremis, suite à la panade des comités « unitaires » antilibéraux, le voilà qui menace de tailler sa route si Royal arrive à la tête du PS; Met sa menace à exécution avant le vote; Perdu, ce n’est pas Royal, mais le voilà quand même avec son parti « plus à gauche que la gauche », et tout dédié à son illustre gloire, évidemment. Qui croira qu’il s’est cassé sur un coup de tête ? C’est très clairement un coup préparé depuis longtemps. Quoique, quand on voit le nom qu’il a choisi, « Parti de Gauche », on se dit que le brainstorming n’a pas du être trop épuisant.

  Ce qui nous fait, en passant, un « Nouveau Parti Anticapitaliste » et un « Parti de Gauche ». Décidément, la politique française devient de plus en plus prosaïque… Sauf à droite, évidemment, cf. « Gauche moderne », et « Nouveau Centre », deux belles marques d’humour tout de même. J’oubliais « Les progressistes » aussi…

  Je suis mauvaise langue ? Faut dire que je me le suis tapé, presque en intégralité, le congrès fondateur du « Parti de Gauche ». Ben pour le coup, c’est marrant mais oui, ça fait clairement extrême-gauche… dans le style oratoire. Franchement, tous les intervenants auraient pu être interprétés par Besancenot himself. Du discours « en langage courant », avec des pointes d’hystérie pour faire « je suis pas un politicien professionnel », du poing qui tape sur la table… avec une touche très « PCF » / PS : Les hiérarques, en fond de scène, bien alignés sur deux rangs, et attendant sagement leur tour à la tribune. Bien sûr, Mélenchon apparait en dernier, très humble « non non s’il vous plaît, ne m’applaudissez pas autant, je ne suis pas un sauveur, je ne suis qu’un homme », et tartine un discours d’une bonne demie heure, trois fois plus long que ses congénères…

  Pendant ce temps, au PS, Royal rumine toujours sa colère – avec un peu de recul, c’est vrai qu’Aubry a tout de même beaucoup plus triché qu’elle, donc « elle aurait du gagner »… Le JRDF ne reconnait toujours pas cette élection, d’ailleurs, comme cela a pu être précisé précédemment; Aubry, elle, commence à peaufiner sa belle statue; Finis les vêtements de « gens » et les écharpes horribles, le style se fait plus sobre, à présent; et le visage, plus dur. Aubry a clairement montré, au cours de son « ascension » – on va dire un gros consensus qui s’est imposé en jetant les royalistes dehors – qu’elle avait des dents de requin. Mais au sein d’un « gouvernement » composé également de squales, ne risque-t-elle pas, au final, de pâtir de la future guerre interne socialiste à venir ?

Pourrie + Pourrie = Pourris

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  Un sale post, ami lecteur, qui ne me vaudra sûrement pas beaucoup d’amis dans mon parti.

  Mais je m’en tape. Je ne renie pas le socialisme. Je ne renie pas la qualité des militants socialistes. Je ne renie que… les têtes d’affiche.

  Royal n’est pas égale à Aubry; Aubry n’est pas égale à Royal. Mais les deux ont osé truqué les urnes. Les précédents posts l’ont évoqué.

  Ainsi, le JRDF ne reconnait pas cette élection.

  De notre point de vue, Royal est une personne de qualité, ses idées sont géniales, mais elle est démago comme c’est pas permis, et entourée par des lèches-cul, et autres poseurs. Pour preuve, l’émission de ce soir sur Canal +, dans laquelle elle a montré qu’elle était incapable de défendre sa cause sans parler du « renouvellement du Parti » et « du changement », etc… Qu’on ne s’y trompe pas : Royal n’est pas fourbe ; elle est juste terriblement GRILLEE. La présidente de Poitou-Charentes fait le choix de prendre un peu les gens pour des cons… manque de bol, les gens ne sont pas aussi stupides qu’elle le pense.

  Quant à la mère Aubry, avant d’avoir trahi Delanoë en lui disant qu’elle avait un accord avec Hamon, afin qu’il se désiste pour ne pas terminer à la troisième place du podium des motions socialistes (elle a donc menti), elle avait appelé Royal pour lui dire qu’elle ne se présenterait pas si sa motion arrivait en tête (encore un mensonge); Elle qui a osé évoquer le « changement », la voilà entourée de TOUS les porte-flingues des courants, et même de leurs maîtres (dans le tas, Bartolone, Fabius, Cambadélis, Razzye Hamadie plus tellement « jeune » maintenant, etc…) – elle a donc, également, menti aux militants.

  Il s’agit ainsi de deux belles diablesses, très différentes, mais auxquelles nous ne faisons plus confiance. Les fraudes et intimidations sont avérées, dans les deux camps. Que la perdante retourne donc d’où elle vient, et peu importe laquelle des deux saura se ceindre de la couronne.

  C’est tout pour ce soir. Salutations !

Merdier au PS : Des résultats contestés

  Bon…

   J’ai écrit que le JRDF n’accuserait pas sans preuves. Je nuance en donnant une impression : Aubry qui revendique sa victoire avant la fin des votes dans les DOM, et donc du décompte de certains scrutins, qui n’a jamais douté de sa victoire, et se proclame Première Secrétaire avant la validation des votes (mardi), c’est tout de même HYPER louche.

  Voici d’autres éléments, qui émanent certes d’un avocat de Royal, mais montrent des reports « mystérieux »… dans les deux camps !

  Il y en a d’autres, notamment dans le Nord, qui nous arrivent. A une quarantaine de voix près, autant d’ »erreurs », ou de fraudes, et des procédures non respectées concernant la validation des résultats, aboutissent à mon humble avis, à une élection nulle.

  Le JRDF, pour ce que cela change, ne reconnait donc pas cette élection. Nous n’affirmons pas que Royal aurait gagné, cependant; mais nous ne soutenons pas ces magouilles de merde, pour parler clair. Et le PS, à notre avis, est vraiment plombé sur ce coup.

 

 Source : AFP

L’avocat Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal, a cité ce soir plusieurs contestations du scrutin allant, selon lui, dans le sens d’une victoire de sa candidate à l’élection pour le poste de 1er secrétaire du PS.

Jean-Pierre Mignard évoque en particulier le cas, à Lille, d’une « divergence de 20 voix en faveur de Martine Aubry entre les résultats de la section et ceux annoncés par la fédération », dont attesterait un reportage de France 3.

Il mentionne aussi « les 81,25 % des suffrages, soit environ 20 voix » recueillis par Royal en Nouvelle-Calédonie, « dont les résultats n’ont pas été pris en compte dans le calcul national ».

Il rappelle enfin l’erreur reconnue par la fédération de Moselle aboutissant à donner 24 voix supplémentaires à Ségolène Royal.

Selon Jean-Pierre Mignard, « il y a nombre d’autres exemples de contestations allant chacun de 2 à 30 voix ».

« Dès lors », dit-il, « les résultats vont dans le sens d’une victoire de Ségolène Royal et dans tous les cas interdisent toute proclamation de ceux-ci en faveur de quiconque ».

Résultats du second tour du vote pour la Première Secrétaire du PS…

  …Actuellement, Aubry revendique la victoire, et Royal la conteste.

  On évoque le chiffre de « 50,5% » en faveur de la maire de Lille. D’autres estimations donnent des écarts de moins de 200 voix.

  Le camp Royal dénonce des tricheries dans la Fédération du Nord. Deux de ses émissaires ont pourtant assisté au dépouillement, et à la centralisation, sans trouver de tricherie. Il est toujours possible de tricher, ceci dit… mais, ami lecteur, je ne me risquerais pas sur ce terrain. Il faut des preuves, pour oser accuser son rival de telles méthodes. Et, pour l’heure, ni les observateurs, ni le camp de Royal n’en disposent.

  Manuel Valls soutient bec et ongles la victoire de Royal; Najat Belkacem parle de « catastrophe », « le pire qui puisse arriver au PS »; Vincent Peillon continue à parler d’un score très serré, et Ségolène Royal n’a pas paru depuis la revendication de sa rivale.

  En section (Rueil-Malmaison), nous avons constaté un score très serré, 54% à 46%,  sept voix d’écart, Royal en tête. Effectivement, tous les rapports indiquent, à quelques exceptions près (dont la fameuse fédération du Nord, qui donne un score supérieur à 70% pour Aubry), des voix assez également réparties entre les deux candidates.

  Donc, voilà… Fin de l’aventure pour Royal, actuellement, à mon avis. Si son camp refuse de reconnaître la victoire d’Aubry, sans fournir de preuves de tricherie, la maire de Lille ne pourra être investie par le Parti… Problème : Rien n’est prévu, dans les statuts, passé ce stade, dans cette éventualité.

  J’espère que Royal gagnera, encore, mais c’est très peu probable; Et j’espère que, si elle a perdu, son camp saura reconnaître sa défaite, dignement.

Sénat – Projet de loi de finances

  Autre chose…

  C’est tristement classique, mais pour le vote des détails de la fiscalité – qui impacte tous les français, donc – à la soit-disant « Haute Assemblée », y’a même pas 20 sénateurs dans la salle.

  Et qu’on ne me sorte pas qu’ils votent à distance, c’est faux, à présent les parlementaires ne peuvent plus voter par procuration.

  Passons sur les votes à mains levées – On est en 2008 ou quoi ? ; Y’a-t-il plus désespérant, dans une démocratie, que de voir 90% des sénateurs absents lors d’un vote aussi important, pour l’avenir des français ?

  Pfff… Démocratie merdique. Un employé qui est en retard, ou qui ne vient pas à son taf, manque de se faire virer, et neuf dixièmes de branleurs dans l’organe le plus puissant de notre système, ça ne soulève aucune sanction… 

Congrès PS de Reims (7) : Que de surprises !

  Chiffres a priori définitifs :

  Royal : 42,45%

  Aubry : 34,73%

  Hamon : 22,8%

 

  Détail crucial… Hamon appelle à voter pour Aubry !

  Ce qui rend le vote de demain nettement plus serré, d’un point de vue mathématique…

Note : Pardon pardon pardon… Je n’ai pas été assez attentif, ami lecteur… Comment ai-je pu croire qu’Hamon s’allierait avec Royal ? Il a fait partie intégrante du trio anti-Royal, lors de la commission de résolution du Congrès de Reims…

  Eh bien, soit, je me lâche :

  ALLEZ ROYAL ! GAGNE, PAR PITIE, GAGNE !

  VOTEZ REBELLE ! VOTEZ ROYAL !

Congrès PS de Reims (6) : Mouais…

  …j’aurais mieux fait de m’en tenir à ma première impression, ami lecteur…

  Bon, pour Hamon, je ne me suis pas planté, visiblement. Son score avoisine les 20%.

  Pour Royal, son score dépasse les 45%. Elle sera donc dure à battre au second tour, à moins qu’elle décide de mettre le feu à une maternelle, et encore…

  Aubry est en-dessous de la barre des 40%. C’est honorable. Mais probablement insuffisant pour le second tour.

  J’adore le style de Reuters, pour le coup : Une dépêche de dix lignes qui dit que le duel se fera entre Royal et Aubry. Quelle nouvelle surprenante !

  Autant mettre la main à la pâte, en ce cas…

  Donc, évidemment, le report des voix de Hamon va décider du sort des deux candidates. Comme d’habitude, ce qu’on m’a appris en politique se vérifie : les gros sont à la merci des petits… leur ralliement faisant souvent pencher la balance.

  Les deux camps courtisent Hamon. Quelque chose me dit qu’il ne donnera pas de consigne de vote, ou qu’il va s’allier à Royal; Vu qu’elle est la favorite, au niveau des scores, il serait bien imprudent de se la mettre à dos.

  Voilà voilà… Demain soir, les petits militants du PS, dont je fais partie, retourneront aux urnes. Que rajouter de plus ? La coalition des anti-Royal semble sur la voie de l’échec, Hamon va rejoindre Royal, je pense, et c’est vrai qu’au moins, la présidente du Poitou-Charentes s’est remuée pendant sa campagne. On ne pourra pas lui reprocher d’avoir été inactive, meetings, mails, interviews, tribune enflammée au Congrès, ça a blasté quand même.

  Son score n’est pas, non plus, délirant hein, elle ne passe pas au premier tour, mais il semblerait que demain soir, les royaliens seront majoritaires au PS. Ce qui n’était pas gagné d’avance. En même temps, le JRDF a rapporté, précédemment, les méthodes parfois expéditives de certains membres du clan Royal…

  Bon. Si ça nous permet de cravacher un peu le vieux parti, et de le remettre en état de marche, bien rénové et bien réorganisé eh bien… wouah, ça en fera, du changement, tout de même… (Je vais prendre l’option : « Elle va faire ce qu’elle a dit qu’elle ferait et ça va marcher », pour ce soir…)

Royal lance sa dernière salve avant le vote

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Dans un discours d’une vingtaine de minutes devant des partisans chauffés à blanc, l’ex-candidate à l’Elysée n’a pas cité une seule fois ses deux rivaux Martine Aubry et Benoît Hamon, qui tenaient meeting à respectivement Aubervilliers et Brest.

« Nous sommes là, debout ! Au service des Français ! En avant ! », a-t-elle lancé aux quelque 800 personnes réunies au gymnase Japy, dans le XIe arrondissement de Paris.

« Je demande au vote militant de balayer les réticences et les refus et de faire monter la certitude de la transformation.

« Voulez-vous que demain un congrès du Parti socialiste ressemble à ce qui se passe ce soir ? », a-t-elle lancé.

« Nous devons combattre le poison de la résignation, le poison du fatalisme, le poison du découragement. La gauche vit un moment de vérité : les socialistes vont accomplir un vote historique. Le pays nous appelle depuis longtemps: où êtes-vous les socialistes; eh bien, nous sommes là debout déterminés », a-t-elle assuré.

Empruntant à Emile Zola, l’ancienne secrétaire d’Etat à l’Enseignement scolaire a consacré une grande part de son discours à l’Education nationale à la veille d’une grève des enseignants qui s’annonce très suivie.

« CA VA ÊTRE CHAUD ! »

« J’accuse la droite au pouvoir de compromettre gravement l’avenir de l’Education nationale (.) J’accuse la droite de porter atteinte à la dignité du métier d’enseignant, j’accuse la droite de ne rien tenter contre l’échec scolaire », a-t-elle dit.

A moins de 24 heures du premier tour de scrutin des militants qui trancheront, très peu se risquent aux pronostics dans le camp Royal.

L’objectif est d’arriver en tête, jeudi soir, le plus loin devant Martine Aubry qui a reçu le renfort de Bertrand Delanoë en début de semaine.

« Deux tours sont inévitables, ça va être chaud », estime l’un de ses lieutenants sous couvert d’anonymat. « Il nous faut dix points d’avance et se rapprocher de 45% ».

« La seule personne qui aujourd’hui dans ce pays est capable de battre en 2012 Nicolas Sarkozy, c’est Ségolène Royal », a déclaré à la tribune Vincent Peillon, appelé à devenir premier secrétaire délégué du PS en cas de victoire de la présidence de Poitou-Charentes.

Gilles Savary, député européen, a lui dénoncé « les alliances des contraires, les syndicats des faux amis, la ligne Maginot des conservatismes » montées au sein du PS pour faire barrage à la présidente de la région Poitou-Charentes.

La députée de Guyane Christiane Taubira était présente comme un triple symbole : le rassemblement de la gauche, la « France métissée » et la féminisation de la vie politique.

« Ce n’est pas seulement le sort du Parti socialiste et ses angoisses qui se jouent, c’est le sort de la gauche », a estimé l’élue radicale de gauche.

par Laure Bretton, édité par Jean-Loup Fievet

Congrès PS de Reims (5) : Pronostics avant le premier tour

  Bon… Désolé, ami lecteur, je n’ai pas pu me rendre au gymnase Japy, ce soir…

  Ce qui ne m’empêchera pas de livrer le point de vue du JRDF sur la bataille à venir, au sein du PS…

  Donc, concernant Benoît Hamon, ma boule de cristal me dit qu’il a réalisé, et qu’il réalisera sans doute un bon score, étant donné qu’il représente une fraction assez « particulière » du PS, notamment hostile à l’Europe actuelle (un point de vue que je partage, d’ailleurs)… Je miserais sur 20/25% des suffrages.

  Quant au duel entre les deux poids lourds, Royal et Aubry, à mon humble avis, cela ne va pas être très serré… Certes, les militants ne sont pas des moutons, ils ne suivent pas toujours à la lettre les consignes de vote, mais je pense que la fraction « Royal » s’est isolée dernièrement. Aubry est plus consensuelle… Elle devrait l’emporter, peut-être pas au premier tour (vue la dispersion des voix en raison de la candidature de Benoît Hamon), mais probablement au second.

  Royal… mmm… Je pense toujours qu’elle est capable, très à gauche, et que son programme tient méchamment la route; Seulement, la présidente de Poitou-Charentes a un gros problème : Pour ce qui est de la politique politicienne, au sein du Parti, je pense que sa ligne finalement très indépendante ne convient pas trop aux mécanismes actuels du PS.

  Comprendre : Elle n’est peut-être pas assez corrompue (c’est un bon point pour moi, remarquez bien) pour rallier les autres courants, et finalement, elle fait une cible commune idéale pour ceux qui, sans elle, se flingueraient entre eux.

  Je pense donc que Royal va se faire « sacrifier » par les autres courants, qui vont tout faire – et à mon avis, avec succès – pour placer Aubry en haut de la pyramide, notamment parce qu’elle les dérangera moins.

  Autre chose… Royal a un second problème, et là je pense que cela l’handicapera nettement dans le futur, qu’il se situe au PS ou dans une autre structure… En état de danger, elle verse dans le populisme. Assez outrancier, malheureusement… Le souci étant qu’à droite, visiblement, ça cartonne, mais à gauche, les gens sont plus méfiants… me semble-t-il… Elle s’attire donc l’hostilité de pas mal d’esprits, qui la voient effectivement comme une « télévangéliste », ce qu’elle est un peu, soyons clairs…

  En résumé, Ségolène Royal se retrouve au mauvais endroit, au mauvais moment, face à un peu trop de rivaux résolus et sans pitié, à un « peuple » de militants qui ont une autre culture que la sienne, et devant le peuple français, passablement désinformé et donc, toujours relativement rageur à son égard – pour des mots qu’elle a eus, certes, mais aussi à cause de procès d’intentions, qui sont, justement, infondés.

  A mon avis, elle va donc perdre la bataille du secrétariat national du PS.

  Quant à mes sentiments là-dessus, je serais enclin à le prendre avec la philosophie d’un vieux sage chinois : « Je ne sais pas si c’est un Bien ou un Mal »… L’avenir tranchera.

  Par contre, je vois mal Martine Aubry triompher de Sarkozy… Ni même devenir candidate à la présidentielle; Je pense que cette candidature « neutre » n’aura qu’un effet provisoire, car tous les « éléphants » vont se faire plaisir de se ruer, genre en 2010, DSK, Fabius, Hollande, Delanoë, Moscovici, etc…

  Conclusion : Malgré des débats intéressants et une foultitude de bonnes idées, je ne suis pas très optimiste sur l’avenir du PS. En espérant me planter…

Congrès PS de Reims (4) : Engrenages, suspens, coalitions et… fin des grands sourires.

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  Rien de tel qu’un bon gros conflit pour épaissir un livre d’Histoire, n’est-ce pas ?

  Eh bien, voilà. On l’attendait… Elle apparaît, dans toute son âpreté : Guerre civile au PS.

  Je serais de droite, ou d’extrême-gauche, je me marrerais; Centriste (je parle du vrai centre, pas du machin fantôme inventé par l’UMP), je regarderais où penche la balance, inquiet… Seulement voilà, ami lecteur, je suis encarté au PS, et donc forcément, je ressens un peu ce que doivent ressentir… mettons, les civils, actuellement, en Colombie. Ca tire dans tous les coins, chaque camp fait sa propagande, et pour l’instant, le camp Royal (dont je me sens, encore, le plus proche) est en train de ressembler de plus en plus… aux FARC. Période « On a lâché les armes, on s’est présenté aux élections, et l’armée vient de massacrer nos députés élus »…

  Mais, trêve de métaphore filée. Déjà que ce n’est pas trop mon truc… Enfin, c’est pour expliquer… J’ai toujours cru que Royal l’emporterait, parce que finalement, ce qui unit ses rivaux, justement, c’est leur haine à son égard. J’ai toujours cru que le « pour » l’emporterait sur le « contre à n’importe quel prix ».

  Ben je me suis peut-être planté, ami lecteur; Voyons voir ce que les militants vont décider, jeudi. Ce qui est certain, en tout cas, c’est que le « clan Royal » se retrouve, après s’être furieusement bien battu au Congrès, et même, après avoir joué pleinement le jeu démocratique… particulièrement isolé, et assailli de toutes parts.

  Je n’ai rien contre Martine Aubry. Généralement, quand on écrit ça, c’est pour mieux pouvoir casser à la ligne d’après… Bon, soit, je n’ai rien contre Martine Aubry, c’est juste qu’elle ne me « parle » pas du tout. J’essayerais quand même de détailler sa motion, qui elle n’est pas médiocre, loin de là, mais humainement parlant, j’y peux rien, Aubry agit sur moi comme une fléchette tranquillisante. Et puis, cette pauvre Martine, je pense surtout qu’elle a été placée sur la scène pour damer le pion à Royal, dans le genre « Vous voyez qu’on est pas sexistes ! On en a une autre, de nana ! ». Aubry, c’est le Hollande nouveau : Choisie par les ténors, afin de ne surtout pas devoir faire de vrai choix. Vu que dès qu’ils essaient, ils se retrouvent à s’écharper… A mon avis, si Aubry parvient à la tête du PS, les courants dirigeront toujours le Parti, en filigrane…

  Quant à Hamon, c’en est presque marrant, lui qui a toujours fait sa carrière « à la gauche du Parti » (sans moquerie hein, je le pense sincère, pas parfait mais sincère) vindicatif et tout et tout, le voici plongé… en pleine guérilla. Avec lui, pile au milieu des deux tranchées, d’ailleurs. Une place qui n’est, certes, guerre évidente.

  Royal, de l’autre côté de la ligne de front, avec son bout du PS, rassemblera ses troupes demain, au gymnase Japy. J’essaierais d’y être, ami lecteur… et de t’en rapporter le discours, in extenso.

  En attendant, évidemment, comme de nombreux militants du PS… je suis un peu paumé, mal à l’aise au sein de mon propre parti, scrutant dans tous les coins, et attendant avec impatience que  le drapeau blanc soit hissé.

Congrès PS de Reims (3) : Royal claque la porte, ses rivaux s’engueulent entre eux…

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Source : Le Post

Une nuit de folie ce dimanche au palais des congrès de Reims…

Premier coup de tonnerre : vers 1h30, Ségolène Royal et ses amis (Manuel Valls, Vincent Peillon, Najat Belkacem…) décident de quitter la réunion de la commission des résolutions du congrès du PS. La fameuse commission chargée de trouver une majorité qui puisse diriger le PS.

 

Qu’est-ce que cela veut dire?

 

Que Ségolène Royal renonce à rechercher un accord avec les autres motions. Elle s’en remet donc au vote des militants jeudi prochain.

 

Pourquoi Royal a-t-elle claqué la porte?

 

Comme on pouvait l’attendre, Ségolène Royal et les trois autres motions n’ont pas réussi à s’entendre pour former une majorité. La motion de Royal étant arrivée en tête, le rassemblement devait se faire en se basant sur sa motion, ses idées. Mais les trois autres motions n’auraient pas souhaité poursuivre les négociations à partir du texte de Ségolène Royal.

Delanoë aurait alors demandé une suspension de séance. Comprenant qu’elle se trouvait face à une situation bloquée, Royal décida donc de quitter la commission. « Elle s’est retrouvée exclue des discussions entre les trois autres motions », explique un journaliste d’un grand quotidien. Royal partie, les trois autres motions ont alors tenté de trouver un accord entre eux pour former une majorité sans elle. Sans succès…

 

Pourquoi y a t-il eu un blocage?


Selon plusieurs sources, ce serait la motion de Delanoë qui aurait fait échouer les négociations entre la sienne, celle de Hamon et celle d’Aubry. Ces deux dernières étant prêtes à un accord entre elles. « Delanoë ne veut pas s’allier avec Royal et il ne peut pas s’allier avec la gauche du parti », explique une journaliste d’une radio publique.

Pour l’instant, la situation est donc bloquée au PS. Commentaire désabusé de Michel Sapin, partisan de Delanoë: « On se retrouve au même point que quand on est arrivé au congrès. »

 

Seule certitude ce dimanche matin à 3h30:


Il n’y a que deux candidats déclarés (Ségolène Royal et Benoît Hamon, qui est parti à 2h20). Martine Aubry n’a pas voulu s’exprimer sur le sujet, au moment de quitter les lieux vers 2h30. Idem pour Delanoë qui est parti le dernier, vers 3h20.

 

« L’heure est grave »


Commentaire de Manuel Valls: « Je n’ai jamais vu de telles méthodes de travail… L’heure est grave ».

Congrès PS de Reims (2) : Nettement plus vif !

  Et soudain… Royal est arrivée.

  On va encore accuser le JRDF de sombrer dans le royalisme systématique – malgré des articles critiques à son égard… mais franchement… BOUM !

  BOUM ! Quatre lettres. Pas mieux. J’encourage un peu tout le monde à aller choper la vidéo de son intervention au congrès de Reims… Elle vaut le détour.

  Voici une retranscription « à l’arrachée » de son discours, suivi par un extrait de l’intervention de Martine Aubry (désolé, j’ai essayé, mais j’ai pas pu tenir jusqu’au bout) :

  « La voici, la vraie vocation du PS : trouver des remèdes contre la misère, contre l’injustice, et contre le massacre de notre belle planète. »

  « Lorsque nous nous retrouverons au travail, l’estime entre les socialistes reviendra, et nous finirons bien par nous aimer… un tout petit peu. » [clin d'oeil à son "Aimez-vous les uns les autres, ou disparaissez, qui était une citation de Juliette Gréco]

  « En tout cas, nous serons moins détestables. Oui ! Moins détestables, aux yeux de ceux qui pensent que nous les avons abandonnés. »

  « On dit que nous n’y arriverons pas; alors que notre tâche est terriblement simple : que le fait d’assurer son bonheur ne soit pas réservé à quelques-uns, mais que tous puissent y accéder. Certes, le bonheur n’est pas uniquement lié aux questions politiques, mais le malheur, lui, fait le miel de nos impuissances. »

  « Que pense de nous notre jeunesse, lorsqu’elle nous voit nous envoyer de vulgaires coups de boule ? »

  « Oui, sans crainte, ouvrons les portes ! N’ayons pas peur d’une invasion, c’est d’une irrigation vitale dont il s’agit; C’est pourquoi nous maintenons qu’une cotisation à prix modique est la condition de la vie démocratique de notre Parti. Oui, nous ne voulons pas que ce montant soit un obstacle à l’adhésion à NOTRE Parti ! »

  « Le PS reçoit 20 millions d’euros en subventions publiques… Il faut les utiliser ! Le PS a payé 8 millions d’Euros d’amendes parce qu’il n’a pas respecté la parité… Nous irons chercher l’argent où il se trouve, et nous ferons respecter la parité ! » [BAM dans ta gueule !]

  « A toutes celles et ceux qui veulent participer à la quête de la France, nous adressons ce message, et n’ayons pas peur de le dire, nous voulons un lien plus maternel envers les démunis ! » [un peu too much pour moi, mais hé, c'est son style...]

  « Nous devons aussi écouter le cri de ceux qui ne nous aiment pas. »

  Ironiquement, c’est à cet instant, surtout, que la houle désapprobatrice, qui tapissait le fond de l’ambiance, se fait de plus en plus forte… Il faut noter que l’intervention de Royal a déclenché, certes, une ferveur assez impressionnante du côté de ses partisans, mais aussi une violence plutôt flippante émanant de ses détracteurs…

  « Tout le monde peut se reconnaître dans notre motion ». [Risqué... et les "houuuu" reprennent] « Oui, car nous sommes tous socialistes ! »

  « Que serait le PS, s’il n’était pas plus ouvert, et plus fraternel que cette société qu’il prétend transformer ? »

  « Il ne suffit pas de dire que les citoyens doivent être égaux. Les citoyens doivent avoir accès aux outils pédagogiques qui leur permettront d’analyser les situations, et de devenir les experts de leur vie. Nous devons, dès lors, créer une université populaire socialiste » (Applaudissements nourris)

  »Un parti où, de toute urgence, de nouvelles enceintes doivent être créées, pour les anciens, qui nous feront partager leur expérience, et pour les nouveaux, qui nous feront part de leurs attentes; C’est ainsi que nous devons envisager notre devoir de transmission. »

  Le passage-clé, sur la question des alliances :

  « Je vais vous dire devant vous, ce que je dirais tout à l’heure. Sommes-nous donc si faibles, qu’une alliance éventuelle, dans 3 ans, nous jette hors de nous-mêmes, alors que certains, parmi les plus enflammés, la pratiquent chez eux ? »

  « Bertrand, je t’ai entendu, et je ne doute pas de ta sincérité. Voici la proposition que nous ferons, à la Commission de Résolution : Il y aura une consultation directe des militants sur la question des alliances. » (Hourras) Et cette question ne pourra plus être un prétexte. » (Mi-hourras, mi-huées)

  « Le PS a su, en 2007, rassembler toute la gauche, jusqu’à l’extrême-gauche et au centre-gauche. Etaient-ils tous devenus socialistes ? Non. Ils avaient deviné la vraie nature du Sarkozysme… et ils ne s’étaient pas trompés. »

  « Faut-il nous priver d’un électeur sur trois, pour mettre en échec des projets qui menacent la République elle-même ? Voulez-vous la liste de ses projets ? Elle n’est pas exhaustive…

  Le fichier Edvige, et l’atteinte aux droits élémentaires du citoyen, cela ne vaut-il pas un combat de tous les républicains ?

  La mise au pas de la Justice, et la main basse sur les médias, cela ne vaut-il pas un combat de tous les républicains ?

  La destruction des services publics, la mise en cause de la laïcité, le mépris de l’homme africain dans l’ignoble discours de Dakar, cela ne vaut-il pas un combat de tous les républicains ? »

  La lutte pour la dignité des travailleurs sans-papiers, cela ne vaut-il pas un combat de tous les républicains ?

  Faudra-t-il demander un passeport de moralité socialiste ?

  Un nouveau front populaire, cela ne vous tente vraiment pas ? »

  « Pour cela, le PS doit offrir le bon outil du changement : un véritable outil de reconquête. Voilà ce que, cette nuit, nous dirons à la commission de résolution. Nous parlerons, et nous écouterons, sans obsession; Si, une seule : celle des français. La droite dit que nous sommes morts. Nous laisserons-nous insulter ? Nous venons de la férocité d’un système oppresseur. Nous sommes les socialistes. Nous avons aboli la peine de mort. Nous sommes les socialistes. Nous avons fait le RMI, la CMU, le PACS… Nous sommes les socialistes. »

  (Pour chacune de ces mesures, Royal cite ceux qui en sont les auteurs… y compris François Hollande, qui a l’air carrément interloqué :-) )

  « Nous étions déjà là, en 1789. (Une grosse part de la salle la hue) SI ! Nous étions là ! Nous sommes ceux que l’on dit dans la tombe, mais qui se redressent. Nous sommes ceux qui pouvons allumer le soleil, et faire briller les étoiles. Nous sommes les socialistes. »

   Bon… Je m’arrête là, pour l’instant. Plus tard, je vais retranscrire le bout du discours de Martine Aubry, que j’ai pu noter…

Congrès PS de Reims (1) : On est mal barrés…

  Une bonne heure et demie de discours et d’interventions en plateau, devant ma télé, et franchement, je ne regrette pas tellement de ne pas avoir joué des coudes pour assister à ce congrès…

  De tribunes en tribunes, en échanges de coups de feu entre porte-flingues, ami lecteur, je suis assez peu optimiste sur la tournure que va, prochainement, prendre le PS.

  A mon humble avis, Royal va réussir à se faire élire Première Secrétaire (oui, je mets au féminin, c’est important.) Mais est-ce vraiment là la question ?

  To be or not to be… ben, pour l’instant, je vois dans ce congrès les scories socialistes que j’ai déjà pu relater, entre ces pages… Ca courtisane, ça glorifie les militants sans leur laisser la parole, ça parle pendant les discours, ça se représente par des délégués, ça a des règles peu lisibles – contributions ou « synthèse » des motions – et, surtout, c’est très bavard…

  Au final, tous ceux qui veulent taper sur Royal tapent sur le MoDem. David Assouline, le bras droit de Royal, lui, dit carrément qu’il faut prendre les électeurs du MoDem, leur faire choisir la gauche… C’est vrai qu’ils sont tellement cons, ces électeurs, ils veulent incarner une troisième force, alors qu’il n’y en aura toujours que deux, hein… c’est très diplomate, quand même, de dire à des millions de gens : oui oui, on vous aime bien, mais mes pauvres petits, vous allez vous planter, alors votez plutôt pour nous. Ca va vachement les faire venir, le cas échéant…

  J’ai de plus en plus de mal avec Delanoë, aussi. Qui s’agite très fort avec ses mouvements de bras, et son ton flamboyant qui, pour ma part, devient de plus en plus crispant… Alors, bien sûr, il ne tape sur personne. Bien sûr, seule l’unité du Parti lui importe. Et puis le débat d’idées, aussi. Et en passant, tout ce qu’il a fait à la Mairie de Paris est formidable… Vraiment ? Allez voir du côté du Conseil du Vieux Paris, et on en reparlera.

  Ca plastronne, donc, et ô surprise, moi qui ne suis vraiment pas un grand fan d’Arnaud Montebourg, eh bien… je trouve, contre toute attente, qu’il s’en sort le mieux. Son style est toujours aussi emphatique, mais il isole des points méchamment intéressants de la politique actuelle – les enfants arrêtés à la sortie des écoles – « Est-on vraiment encore en France, lorsqu’on en vient à avoir peur d’enfants ? »- le fichage un peu partout, sauf dans les agences de notation, sauf à la Bourse, sauf dans les paradis fiscaux…

  Pour l’info, Montebourg soutient ouvertement Martine Aubry. C’est son choix… Au moins, il joue franc-jeu. Après un discours véhément, donc, et relativement précis, il lance un : « Soyons raisonnables, l’Histoire est pour nous ! », et quitte brusquement la tribune.

  Manuel Valls, quant à lui, comme à son habitude, joue le franc-tireur. Ca coince aussi, de mon côté… Je le trouve trop faux, désolé. Il répète, peu ou prou, ce que d’autres ont déjà dit, et s’étend (décidément, ça les travaille…) sur le MoDem, histoire d’en remettre une petite couche sur le « Royal est une inconsciente de droite ».

  Pierre Moscovici, lui, commence bien : « Je ne vais pas parler trop longtemps, je suis surtout là pour vous demander d’ovationner les délégués de l’étranger, en ma qualité de secrétaire national à l’international ». Trop beau pour être vrai… ses ambitions pour 2012 se remettent à percer méchamment, sous le vernis de « l’unité ». Il parait qu’il veut se présenter, même tout seul, à la prochaine présidentielle (source : Le Canard). On lui souhaite tout le bonheur du monde, dans ce cas…

  Quant aux médias, comme à leur habitude, ils font les ingénus, mais ne manquent pas une occasion pour rappeler que Sarkozy, en ce moment, essaye de « redresser l’économie mondiale », et que les socialistes n’en parlent pas… Alors, qu’en pensez-vous, monsieur X ? (grand sourire) Et Monsieur X, zappe la question, et repart sur un « oui eh bien d’abord je voudrais préciser quelque chose, par rapport à ce qu’a dit Monsieur Y, qui soutient Madame Z… »

  Bon, au moins, ils filment, c’est déjà ça… Et puis, une majorité de faux-cul filmant une autre majorité de faux-cul, l’un dans l’autre, hein…

  (Ca se voit, que je suis énervé ?)

Le clan Royal pas si cool que ça…

  Chose promise, chose due : Concernant Royal, on pourra déjà lui reprocher de louvoyer encore un peu trop… en même temps, au PS, c’est pas dit que la franchise paye.

  Par contre, ce qui est plus probant, est d’observer que son clan n’est pas exempt des magouilles traditionnelles du « Grand Parti de la Gauche »…

  Voici donc un article du Canard Enchaîné, intitulé « Démocratie éliminative » :

  

  La fédération PS des Bouches-du-Rhône a au moins une qualité : elle reste fidèle à une tradition née sous Gaston Defferre.

  Le jeudi 30 octobre, lors d’un dîner organisé au conseil général, les objectifs avaient été fixés par le premier fédéral et groupie de Ségolène, Jean-Noel Guerini : 80% des voix pour la motion Royal. Résultat presque atteint, avec 73% des voix.

  Mais malheur aux vaincus. Lors d’un congrès fédéral express convoqué samedi 8, les dissidents ont été proprement phagocytés. A Aix, la section Ouest, qui avait voté Delanoë, est purement et simplement supprimée, comme la section Est, dite « des Mille », qui était pour Aubry. Ces fortes têtes sont priées de se fondre dans la section Centre, qui, elle, s’est bien conduite.

  A Marseille, Marie-Arlette Carlotti menait une section pro-maire de Paris. Punie, celle-ci sera coupée en deux. Quant à la section de Maussane, qui couvre aussi la ville voisine Saint-Martin-de-Crau, elle est dissoute avec ses 99 militants.

  Dans les Bouches-du-Rhône, la rénovation du PS n’est pas un vain slogan… 

Ce qu’ils peuvent être stupides…

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  Le congrès du PS va bientôt s’ouvrir, et les « grandes manoeuvres » se poursuivent…

  Bertrand Delanoë, Martine Aubry et Benoît Hamon sont dans un bateau. Qui tombe à l’eau ?

  Réponse : à mon humble avis, ami lecteur, ça va être natation pour tout le monde…

  En s’unissant, de manière aussi grossière – oh pardon, c’est vrai que « ce sont des débats de fond, qui ne s’intéressent absolument pas aux questions de personnes »- les anti-Royal sont bien partis pour boire collectivement la tasse.

  En s’unissant de cette manière, ces pontes montrent bien qu’ils n’ont que faire de l’opinion des adhérents du PS, et même de « leurs » troupes…

  En bâtissant ce ridicule front commun, ils renforcent la légitimité de Royal, qui apparaîtra comme détentrice d’un projet, alors que les autres n’auront qu’un contre-projet.

  Et quand à Hollande, il est bien barré pour mal terminer, lui aussi… La fin de sa carrière ressemblera, à vue de nez, à sa carrière; elle s’achèvera donc sur de piteuses manigances, qui vont foirer. Le voici, déclarant « Le choix de Ségolène ne sera pas le plus simple, pour le PS ». Ah bah si c’est pour le bien du Parti, alors…

  Chez nous, ami lecteur, cela s’appelle une minable tentative de sabotage. Pas très démocratique…

 

  Qu’on ne se méprenne pas : le JRDF n’est pas un blog de soutien à Royal. Même si ses défauts sont autres, il n’y a pas de raison pour qu’elle n’en prenne pas pour son grade, elle aussi…

  Rendez-vous au prochain article. 

Vote sur les motions PS 2008 : Royal prend l’avantage

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Une analyse plutôt pertinente de Libération, en attendant la nôtre… la situation interne, au PS, n’étant pas particulièrement simple…

Ségolène Royal relancée, Bertrand Delanoë désavoué, Benoît Hamon révélé. Alors que chacun s’attendait à trois «gros» candidats atterrissant dans un mouchoir de poche, le résultat du vote des militants socialistes en vue du congrès de Reims se révèle beaucoup moins serré qu’escompté.

La confirmation en est venue sur les coups de 2h30 du matin, cette nuit, rue de Solférino, de la bouche de Stéphane Le Foll. Le directeur de cabinet de François Hollande a confirmé et synthétisé les chiffres épars qui tombaient depuis quelques heures. Et du même coup, la nouvelle donne politique du PS: la motion de Ségolène Royal «arrive en tête autour de 29%», celles de Betrand Delanoë et de Martine Aubry sont au coude à coude «autour de 25%» et celle de Benoît Hamon «autour de 19%».

Les résultats ont nettement tranché


Ce coup de théâtre électoral, donc, révèle trois surprises d’ampleur. D’abord, le retour -ou le maintien, c’est selon- de Ségolène Royal, qui laisse ses rivaux à plus de quatre points d’écart. L’effondrement de Bertrand Delanoë, ensuite, symbolisé par son score plus que décevant dans son fief parisien, où il ne totalise que 36,8% des suffrages, contre 27,9% pour l’ex-candidate à la présidentielle. Et la percée de Benoît Hamon, qui conduisait une coalition des gauches du parti.

«Les militants ont voulu dire qu’il faut changer», assurait Patrick Mennucci, ancien directeur adjoint de campagne de Ségolène Royal. Tout aussi «heureux», Benoît Hamon partageait cette analyse: «C’est plutôt une bonne nouvelle. L’aspiration au changement est forte, à ce que le PS incarne une gauche décomplexée, une opposition résolue à la droite.»

 

A l’exception de quelques cas litigieux restant à examiner dans le Pas de Calais, notamment à Béthune et Liévin, dans l’Hérault, à la Réunion et à la Guadeloupe, les 128 978 votants (sans compter les départements d’outre-mer, dont les résultats parviendront dans les prochaines heures), ont donc nettement tranché.

Intenses tractations

En défaveur du maire de Paris, pourtant favori dans les sondages et censé jouir du soutien d’une bonne partie de l’appareil socialiste. «C’était un grand moment de vie démocratique», a tenté son premier lieutenant, Harlem Désir. «Il faut en prendre acte: il semble que la motion A (celle de Delanoë, ndlr) est deuxième.» Pas si sûr: en fonction des derniers dépouillements et au vu du faible écart le séparant de Martine Aubry, celui-ci pourrait même terminer troisième… Mais cela ne semble pas gêner les amis du maire de Paris, que ce score «place en situation de continuer à faire valoir nos positions dans le congrès».

Dans l’entourage de François Hollande, qui passait la soirée à Tulle, on pestait volontiers contre la campagne menée par son allié Bertrand Delanoë. «A Paris, on a senti qu’il n’y avait pas de dynamique de campagne, expliquait un hollandais. Delanoë s’est isolé, il s’est vieilli, il n’était pas réactif.» «Alors que les amis de Bertrand expliquaient qu’il n’avait rien apporté, c’est dans les fédérations de François qu’il a fait ses meilleurs scores», ajoutait un autre. Pas sûr que François Hollande, qui assurait il y a quelques semaines qu’il « soutiendrait la motion arrivée en tête », soit totalement solidaire, ces jours-ci, de son associé.

Quant à Ségolène Royal, elle devait s’exprimer, ce matin, sur France Inter. Pas sûr qu’elle précise si elle sort du «Frigidaire» sa candidature au premier secrétariat, ou si elle réserve celle-ci à un membre de son équipe, comme Vincent Peillon. D’intenses tractations s’ouvrent dès ce matin pour la constitution d’une majorité au PS. Avec une seule certitude: le vieux parti a assurément pris, hier, un méchant coup sur la nuque.

Hollande et Royal : Toujours le grand amour…

Source : Le Post

« Toute situation est porteuse de son contraire » disait François Mitterrand. Habile comme il l’est toujours en ce genre de situation, voilà François Holllande à la manoeuvre. Objectif: retourner contre Ségolène Royal sa propre force (29% des votes portés sur sa motion) afin de démontrer qu’elle ne rassemble pas, le tout en la contraignant à dévoiler toutes ses batteries, c’est-à-dire en lui demandant de prendre seule l’initiative.

C’est dans ce sens qu’il convient d’interpréter la dernière déclaration de François Hollande: « la motion arrivée en tête a une responsabilité particulière, c’est à elle qu’il appartient de faire la démonstration qu’elle peut trouver une majorité. Cela est légitime, et c’est d’ailleurs conforme aux règles du parti »

Et pour être bien certain de son petit effet, Hollande demande à Royal de dévoiler le nom d’un Premier secrétaire possible, bref de sortir illico les motifs de fâcherie (ou d’immobilisme si elle ne sort aucun nom de son chapeau), le tout afin de décourager toute entreprise de rapprochement entre Royal, les rénovateurs d’Aubry et les amis d’Hamon. Bref, de démontrer qu’elle ne rassemble pas.

Si cela réussit, on pourra en revenir au « Tout sauf Royal » d’avant congrès politique lors du congrès de Reims, c’est à dire que Royal, Aubry, Hamon et leurs amis ne se disent que tout compte fait, autant en profiter pour éliminer les vieux barons du parti et ne repoussent à 2011 leur affrontement inéluctable. Bref, les socialistes ne sont pas rendus, c’est le « chef de l’Etat » qui va être content. Car, n’en doutez point, ce que redoutent le plus Hollande et Delanoë, c’est que le « tout sauf eux-mêmes » constaté au soir du vote de jeudi ne trouvent une traduction

Royal et les manifestants de la CAMIF

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Source : AFP

Venus en autocars de Niort, le siège du groupe, les manifestants étaient massés derrière une banderole proclamant « retrait du plan de licenciements », devant le ministère des Finances, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils ont scandé des slogans hostiles à Jean Gasol, ex-dirigeant du groupe.

La Camif, numéro trois français de la vente à distance, doit licencier encore 900 salariés, dont les 780 de la vente par catalogue, sa principale filiale mise en liquidation.

Elle comptait 2.000 salariés avant les restructurations de 2005 et 2007, qui ont ramené l’effectif à 1.400 personnes, pour un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros et une perte nette de 4 millions d’euros.

« Niort est une petite ville (70.000 habitants). Le bassin d’emplois est vide. Nos ex-collègues licenciés n’ont pas retrouvé de travail. Nos salariés, déjà formés, n’ont aucune chance de pouvoir utiliser le dispositif de reclassement », a déclaré Jocelyne Baussant, déléguée FO.

Parmi les manifestants, Ségolène Royal, présidente de la région Poitou-Charentes (où se trouve Niort), a demandé « à l’Etat d’investir 20 millions d’euros » dans la Camif.

Selon elle, le groupe « est viable si les 20 millions d’euros sont débloqués rapidement, si le plan de reprise proposé par la région, en partenariat avec les salariés, se met rapidement en place. Sinon, les prédateurs, les fonds d’investissement vont reprendre la Camif pour un euro », a-t-elle lancé.

Le groupe « risque d’être reprise sous la forme d’une nouvelle société, car les stocks sont très importants, mais reste à savoir par qui et sur quel périmètre », a expliqué Jacky Bara, secrétaire général de FO, majoritaire.

Selon lui, le nom du repreneur évoqué par « la rumeur » inquiète les salariés.

« Le groupe a simplement besoin de 4 millions d’euros pour passer d’hiver. L’Etat annonce des centaines de milliards pour les banques, nous ne demandons que des millions », a déclaré Jacky Bara.

Le président du tribunal de commerce a évoqué un passif de 105 millions d’euros, mais selon les syndicats, une partie est simplement de la dette aux fournisseurs, habituelle dans la distribution.

La survie du groupe est vitale pour ces fournisseurs, selon Marie-Magdeleine Robin, commerciale de 53 ans dont 34 passés dans le groupe, et déléguée CGT.

« Dans l’ameublement, nous vendons à la demande, avec 80 fournisseurs, dont beaucoup de PME. Elles ont du mal en ce moment. Une faillite de la Camif aggraverait leurs difficultés immédiates », dit Mme Robin.

Royal : interview du 2 novembre 2008

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  Allez, encore une petite louche de Royal… Ce sera toujours plus juste de prendre ses mots, plutôt que de rester sur l’expérience de la « Fraternité » au Zénith. C’est un peu facile de lui tirer dessus, parce qu’elle a essayé de faire quelque chose de personnel. C’est ce qu’elle m’a répondu… ce n’était pas un meeting politique, mais un évènement artistique, fait pour donner quelque chose à ses militants. Son discours n’était pas mauvais, d’ailleurs, mais on n’en a retenu que le « fra-ter-nité ! »… Dommage.

  Alors, prenons plutôt un vrai discours politique 100% sérieux, avec des gros morceaux de prise de tête dedans :

  Le Parisien : La crise ne sonne-t-elle pas l’heure, à droite comme à gauche, des personnalités fortes et pragmatiques ?

Ségolène Royal : Les Français découvrent que les hauts dirigeants des entreprises et de la finance internationale ont emmené le système dans le mur. Pour changer la donne et le rapport de forces afin que la crise serve à quelque chose il va falloir, oui, beaucoup de courage, un esprit visionnaire et aussi ne pas être lié aux puissances d’argent.

Face à la rapidité de mutation du capitalisme, les socialistes n’ont-ils pas, à chaque fois, un métro de retard ?

Pas toujours !… Souvenez-vous de ce que j’avais dit pendant la campagne présidentielle et qui m’a valu parfois tant de sarcasmes : je parlais des rémunérations excessives des traders, du nécessaire recentrage des banques sur leur coeur de métier, de l’interdiction des paradis fiscaux, de la création de fonds public d’aides aux PME, de la sécurisation des salariés comme instrument majeur de l’efficacité des entreprises. Je n’étais absolument pas en retard, bien au contraire. En revanche, on ne peut que constater l’échec cinglant de la politique économique de la droite depuis un an et demi. Une politique qui se résume au bouclier fiscal, c’est-à-dire à un avantage aux rentiers.

Le PS n’a donc pas, selon vous, à revoir son logiciel, à aller plus loin ?

Bien sûr qu’il faut aller plus loin, et certainement pas en revenant aux idées de la social-démocratie , et encore moins aux idées libérales ! La social-démocratie a été opérationnelle à un moment donné de l’histoire. Mais comment ne pas constater qu’elle a été tenue en échec dans plusieurs pays européens ? Pourquoi ? Parce qu’il faut un Etat préventif qui change les rapports de force et non pas, comme dans la social-démocratie, un Etat secouriste qui ne remet pas en cause le système. Quand j’entends certains socialistes vanter les vertus en 2008 du modèle social-démocrate, je suis stupéfaite, car c’est un modèle périmé. C’est un nouveau modèle qu’il faut inventer. Avec une lucidité radicale sur de nombreux sujets…

Lesquels ?

Il faut, par exemple, obliger les entreprises qui font des bénéfices à rembourser tous les fonds publics afin de stopper les délocalisations et les licenciements. Je l’ai fait dans la région que je préside. Il est urgent de le faire à l’échelle nationale car des entreprises profitent actuellement de la crise voyez le comportement scandaleux d’ArcelorMittal en Lorraine pour accélérer certaines délocalisations. J’insiste : quand des entreprises se comportent mal, il faut être avec elles radical et, à l’inverse, tout faire pour sécuriser les PME innovantes en facilitant des compromis sociaux entre salariés et employeurs afin que tous défendent ensemble l’intérêt de l’entreprise.

C’est cela, le socialisme ?

Oui. C’est le socialisme du XXI e siècle, revisité à la lumière des immenses défis d’aujourd’hui. Une pensée politique doit toujours être en mouvement. Avec un certain nombre de repères intangibles.

Et c’est quoi « le » repère intangible du socialisme ?

C’est vouloir humaniser le monde. Regardez comment il en a besoin, le monde aujourd’hui ! L’Amérique de Bush a pensé et Nicolas Sarkozy reste fasciné par ce modèle-là que ce qui crée la richesse, ce n’est pas le travail bien payé mais la société de consommation à tout-va, fondée sur le surendettement des ménages, juteux pour les banques. Résultats : la crise planétaire, les salaires des équipes dirigeantes multipliées par dix en dix ans, les inégalités qui se creusent. Le salaire moyen des 50 patrons français les mieux payés a augmenté de 20 % durant la seule année 2007 et, pendant ce temps-là, la moitié des cadres a perdu du pouvoir d’achat. Or si les cadres sont démotivés, ça va très mal se passer dans les entreprises ! On ne va pas attendre trois ans comme cela. Il faut que Sarkozy rectifie la trajectoire. Seule une pression de l’opinion et un PS à l’offensive pourront l’y forcer. Les salariés désespérés de la Camif avec lesquels j’étais vendredi, qui voient les milliards pour les banques et rien pour eux, me disaient : « Sarkozy, avec de telles fautes professionnelles, mérite un préavis de licenciement pour 2012 ! »

Si votre motion obtient une majorité relative des suffrages, avec qui êtes-vous prête demain à passer alliance pour gouverner le PS ?

Tous ceux qui voudront nous rejoindre seront les bienvenus. On aura voté sur un projet. A partir de là, il n’y a pas d’interdit, pas d’exclusive. Parce que j’aime les militants, je ne suis pas rancunière. C’est pour eux que, dans cette période, je n’ai pas répondu aux attaques.
J’ai tracé ma route. Les militants auraient pourtant apprécié qu’un peu de respect soit demandé à M. Rocard par Bertrand (NDLR : Delanoë) , qui promet de la discipline. De même, comment Martine (NDLR : Aubry) peut-elle accuser le PS de ne pas avoir travaillé alors qu’elle a en charge, depuis trois ans, les questions sociales et l’emploi, comme secrétaire nationale chargée de ces questions ? Est-ce une autocritique ? Il faudra donc que le travail et le respect soient enfin les règles au parti. Donc, tout le monde est utile, mais il est temps que ça change et de donner des responsabilités à une nouvelle génération. Déjà, il y a un pack opérationnel qui fait une belle campagne collective : Vincent Peillon, François Rebsamen, Julien Dray, Delphine Batho, Najat Belkacem, Manuel Valls, Dominique Bertinotti, Jean-Jack Queyranne, Aurélie Filippetti, Guillaume Garot et, bien sûr, Jean-Louis Bianco, Jean-Pierre Mignard et Gérard Collomb.

En cas de succès de votre motion, serez-vous candidate au poste de premier secrétaire ?

Il y a un leadership politique qui continue et continuera. Est-ce que je l’assumerai en étant à la tête du PS ? On verra. Une évidence : une personne, quel que soit son talent, ne peut pas relever à elle seule tous les défis qui attendent notre parti. Il y aura demain des responsabilités bien identifiées et clairement déléguées. Dans un esprit d’équipe, avec un animateur d’équipe. Mais, aujourd’hui, l’heure est au choix entre des projets, et celui que je défends est le seul à assumer une continuité avec la campagne présidentielle de 2007. Il est très important que les militants choisissent à la fois le changement en profondeur du parti et la fidélité aux millions d’électeurs qui se sont reconnus dans ces idées. Indépendamment de ma personne, la présidentielle a été, en effet, un très grand moment de l’histoire des socialistes, spécialement pour les catégories populaires. Ce sont elles qui nous ont permis d’accéder au second tour. Tous ceux qui ont manqué de respect au vote des militants en critiquant ou en ne soutenant pas la candidate choisie par eux méritent-ils, moralement, leurs voix aujourd’hui ? Seule la droite pourrait s’en réjouir.

Propos recueillis par Philippe Martinat et Dominique de Montvalon

Avis sur les motions 2008 : Royal (2)

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  Sur la question de l’éducation :

À la source de tout engagement socialiste, il y a le désir ardent de réformer la société, de rendre les hommes toujours plus égaux dans l’exercice de leur liberté. Or, qu’est-ce que l’école, si ce n’est la principale porte d’entrée dans la société ?

« On a besoin d’une vraie aide pour les devoirs des enfants. Il leur faut des gens qualifiés pour qu’ils réussissent (…) Mon expérience me fait dire que c’est en CP et en 6ème qu’il faut mettre l’effort. Il faut faire un contrat clair entre les parents, l’enfant et l’école ». Ainsi que l’expriment de très nombreuses mères de famille, il est vital que les enfants puissent apprendre, réviser ou rattraper leur retard lorsque cela est nécessaire.

Il faut saluer ici les réalisations des élus socialistes dans les régions, départements et communes, eux qui ont décidé, le plus souvent contre la droite, la gratuité des livres scolaires et des « boîtes à outils », l’accès aux ordinateurs et à la culture. Sans vouloir être exhaustifs, nous voulons rappeler ici les actions fondamentales à mettre en œuvre.

Nous proposons de :

·      Se fixer comme objectif la création d’un service public de la petite enfance en permettant d’accueillir les enfants de moins de 3 ans à l’école et en aidant les collectivités à développer des crèches.

·      Rétablir les contrats éducatifs locaux, pour mieux articuler les enseignements scolaires avec les activités péri et extra scolaires (éducation artistique, éducation physique, par exemple).

·      Définir des normes d’élèves par classe et s’inspirer du modèle d’éducation finlandais: limiter à 17 le nombre d’élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25 % de plus que la dotation ordinaire.

·      Garantir la présence de l’école de la République au plus proche des habitants sur tout le territoire.

·      Développer le soutien scolaire individuel et gratuit pour les familles.

·      Donner à tout jeune atteignant sa majorité le droit à un capital pour construire son projet de vie (prêt à taux zéro de 10 000 euros garanti par l’État). Développer le système des bourses tremplins, pour tous ceux qui souhaitent créer leur activité ou reprendre une entreprise.

  Par rapport au système de santé :

La santé n’a pas de prix, mais elle a un coût : ayons le courage de trouver les moyens nécessaires à son efficience.

 

Nous proposons de :

·      Organiser le sauvetage de l’hôpital public. L’hôpital public meurt d’asphyxie : nous devons lui redonner les moyens de bien fonctionner. Il a besoin d’infirmières, d’aides soignantes, de médecins et de nouveaux investissements. Il doit pouvoir s’appuyer sur un mode de tarification qui tienne compte des missions d’intérêt général.

·      Soigner mieux pour coûter moins.

Améliorer la qualité des soins, c’est se donner les moyens d’une plus grande maîtrise des dépenses, à l’hôpital comme dans la médecine de ville. La qualité passe en effet par l’optimisation des pratiques médicales. Aujourd’hui, le « coût » d’une opération de chirurgie peut varier du simple au double en fonction des techniques utilisées. Il faut des règles claires avec les professionnels, fondées sur le respect des protocoles de soins les plus efficaces. Cela doit s’accompagner d’une évaluation mieux assurée par les caisses primaires d’assurance maladie et d’une formation tout au long de la vie.

·      Mettre la prévention au cœur de notre politique en faisant de chacun le meilleur garant de sa santé. Nous pensons que l’entretien et la vigilance sont les déterminants majeurs de la bonne santé. Il faut donner à chacun les moyens de prendre soin de son capital santé, ce qui doit s’apprendre dès l’école.

Par ailleurs, l’efficacité d’un traitement et son coût dépendent de la rapidité avec laquelle la maladie est diagnostiquée : plus le diagnostic est tardif, plus le traitement est lourd et onéreux. C’est vrai pour le cancer, c’est vrai aussi pour la maladie d’Alzheimer.

Des actions de préventions ciblées et adaptées et une politique de dépistages précoces sont donc essentielles, comme notamment dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de VIH. Les services médicaux les plus utiles (médecine du travail, médecine scolaire) doivent être mis au centre du système de santé alors qu’ils sont aujourd’hui marginalisés. Leur financement doit être assuré et leur légitimité affirmée.

Compte tenu du développement des maladies chroniques, le mode de rémunération à l’acte des médecins généralistes n’est plus adapté. Il est inflationniste. La médecine générale doit être rémunérée en fonction d’une prise en charge globale, tenant compte des actions de prévention.

 

Réflexions sur le système de retraites (vraiment pas mal, à mon humble avis) :

Les retraites, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas : elles doivent donc être garanties. Alors que la droite avait promis une augmentation de 25 % du minimum vieillesse et des petites pensions, un million de personnes âgées connaissent la pauvreté, à l’instar de la situation vécue dans les années 1960.

Si on tient compte de la réalité des prix, les six millions de petits retraités connaîtront cette année une baisse d’environ 10 % de leur pouvoir d’achat. Voilà la réalité et les millions d’électeurs de plus de 65 ans ont été trompés, bafoués, alors qu’ils ont voté majoritairement pour le candidat de la droite. Il est aujourd’hui contradictoire de demander de travailler plus longtemps, alors que le chômage des seniors est l’un des plus élevé d’Europe.

Mais l’enjeu, c’est peut-être d’abord que les Français se réapproprient le système de retraite par répartition, car ce système, c’est le leur. Beaucoup en ont assez de ne plus rien y comprendre car s’entremêlent des régimes de pensions multiples, des décotes et surcotes calculées au vu des fins de carrière, des rachats d’années d’études dans des conditions obscures, des avantages familiaux différents d’un régime à l’autre.

Nous proposons que la gauche fasse sienne le projet d’une évolution profonde de l’ensemble de nos régimes de retraite vers un système unifié inspiré de la réforme suédoise, dans lequel chaque cotisant dispose d’un compte personnel sur lequel il accumule ses cotisations tout au long de sa vie active, de façon à déterminer le montant de sa pension au moment où il choisit de partir en retraite.

À l’arrivée, les caractéristiques du système sont les suivantes :

·      Le système reste par répartition et les cotisations des salariés financent les pensions courantes. Dans le même temps, le compte individuel de chaque travailleur mesure en euros les droits à pension à chaque instant. Un lien clair et direct est établi entre contributions des travailleurs et droits à pension.

·      Au terme de sa vie active, chaque travailleur a accumulé un patrimoine retraite, revalorisé tout au long de la vie, qui lui donne droit au versement d’une pension mensuelle calculée en fonction de l’espérance de vie moyenne de sa classe d’âge. Le critère de la pénibilité des tâches doit être pris en compte dans ce calcul.

·      Les salariés moyens et modestes sont avantagés dans un tel système, puisque les carrières longues permettent d’accumuler un patrimoine plus important. La prise en compte de toutes les années de cotisations permet aussi d’éviter que les travailleurs à carrière longue subventionnent de fait ceux qui ont eu une carrière plus courte mais de fortes revalorisations salariales en fin de carrière.

·      Avec ce système, fondé sur un principe simple d’équité et de transparence (« à cotisations égales, retraites égales »), la retraite devient enfin le patrimoine de ceux qui n’ont pas de patrimoine. Quand les personnes changent de statut, ils ne perdent rien.

 

  Crise énergétique :

La droite est totalement inerte face au choc majeur de la hausse du coût de l’énergie, qui frappe durement les porte-monnaies.

À qui profite la hausse des prix du pétrole ? Pas seulement aux pays producteurs si l’on en croit les résultats des entreprises du secteur de l’énergie… Total prélève ainsi une partie de la rente pétrolière : 12,5 milliards d’euros de profit réalisés en 2007 sur le dos des consommateurs.

Cette rente est actuellement versée à des actionnaires privés. Il est temps de les redistribuer à l’ensemble des Français, en prélevant sur les super profits de ces groupes. Ces recettes seront placées dans un fonds « après pétrole » destiné à préparer l’avenir.

Nous proposons de :

·      Taxer les profits de Total pour créer et financer le fonds « après pétrole ».

·      Donner au fonds deux objectifs : subventionner les installations en énergie renouvelable et financer les transports alternatifs propres.

·      Plus largement, engager une diversification des sources d’énergie destinées à la production d’électricité. Les axes de cette nouvelle politique feront l’objet d’une convention thématique dès 2009.

Ce changement de politique ne doit pas conduire à méconnaître le rôle de l’électricité d’origine nucléaire qui, si elle n’est pas renouvelable, permet de limiter les émissions de CO2, avec un coût limité pour les ménages. Pour autant, une diversification vigoureuse des sources d’énergie destinées à la production d’électricité devra être mise en œuvre.

Par ailleurs, le secteur devra être mieux contrôlé, pour faire face à la multiplication des incidents observés récemment. Le principe de transparence et de contrôle citoyen devra être traduit en actes.

 

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Avis sur les motions 2008 : Ségolène Royal

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  Oui, je sais, je devrais parler de motion « E », d’autant que Royal ne se met pas en avant sur sa motion… Je préfère éviter la langue de bois; c’est bien son clan qui transparait à travers sa motion, alors autant parler de « motion Royal ». Sa faction, au sein du PS, est cependant large, et d’après les estimations internes sur lesquelles j’ai pu tomber, il semblerait qu’elle soit en mesure d’emporter la bataille des motions, comme celledu Premier secrétaire. Bon ou mauvais ? L’avenir tranchera…

 

D’abord, donc, le constat :

e monde a changé. Le culte de l’argent roi prospère, malmenant nos principes démocratiques, dessinant un nouvel ordre mondial, synonyme de naufrages sociaux, humains, écologiques.

D’immenses défis surgissent, de grands dangers menacent. La crise financière mondiale illustre à l’envie les risques d’une économie mondiale dérégulée, une économie qui voit des banques provoquer le sur-endettement de millions de foyers et fermer le robinet du crédit aux petites et moyennes entreprises, une économie qui tolère que des paradis fiscaux hébergent sans entraves des fonds d’investissement sans éthique.

Aujourd’hui, des empires financiers s’effondrent comme des châteaux de cartes. La crise alimentaire plonge dans la malnutrition ou la famine des centaines de millions de personnes. La spéculation sur les matières premières fait rage. Les délocalisations sauvages se multiplient. Le coût du pétrole renchérit les prix. La crise écologique et climatique précipite les échéances. Les pays les plus pauvres payent le prix lourd au sous équipement. Dans de trop nombreux pays, les nationalismes, le terrorisme et les guerres régentent ce que nous n’arrivons pas à organiser. Voici la mondialisation malheureuse, celle que nous subissons. Refusons-la. Arrêtons-la !

C’est bien parce que nous sommes conscients de ces dérives, de ces drames et de ces faillites que nous entendons, lors du prochain de congrès de Reims, engager résolument la bataille du renouveau. La partie est difficile et n’est pas gagnée d’avance. Nous sommes certains, en tout cas, que si nous nous abandonnons à la liturgie du verbe pour invoquer d’hypothétiques grands soirs, elle sera irrémédiablement perdue.

Être de Gauche, être Socialiste suppose d’abord de penser le monde dans lequel nous vivons pour ne pas être contraints de subir «le cours logique du monde tel qu’il va». Parce que nous sommes portés par un idéal de progrès, de justice sociale, d’épanouissement de la personne humaine, nous ne nous résignons pas.

Des pans entiers de la population perdent confiance, confrontés à des difficultés quotidiennes pour trouver un emploi ou même un toit. Les salaires stagnent, les prix montent, tandis que l’ascenseur social reste obstinément cloué au sous-sol. Catégories populaires et moyennes, toutes sont logées à la même enseigne : chacun sait qu’il peut désormais devenir travailleur pauvre.

Plus grave, nous sentons le recul constant des valeurs de justice, de solidarité, de respect dans notre société. Ce sont les piliers de la République qui, l’un après l’autre, sont en voie d’effondrement.

 

Par rapport à la crise du capitalisme financier :

Le passage d’un capitalisme industriel à un capitalisme financier a favorisé l’émergence de crises d’un genre nouveau, extrêmement violentes et pouvant frapper par contagion tous les pays du monde.

Dernier exemple en date, la crise des subprimes, loin d’être un épiphénomène localisé aux seuls Etats-Unis, provoque une récession mondiale dont nous sentons chaque jour un peu plus les effets.

Dans ce contexte, il faut s’inquiéter du rôle croissant joué par les nouveaux acteurs financiers (fonds de pensions, hedge funds), dont l’unique objectif est de réaliser des plus-values boursières de court terme. Car ces fonds n’apportent pas de valeur ajoutée aux entreprises qu’ils achètent et revendent, mais bien souvent au contraire provoquent la destruction d’une partie du capital productif.

L’époque est donc à la mise en place de nouvelles régulations, régulations dont sont d’ailleurs demandeurs les plus libéraux, dès lors que se retourne la conjoncture et que leurs placements spéculatifs tournent à la catastrophe. Quel exemple plus éclatant que les Etats-Unis aujourd’hui ?

Ceux-là même qui refusaient toute intervention publique réclament aujourd’hui la socialisation des pertes que leur aveuglement a entraînées. Les contribuables, déjà victimes des faillites bancaires, sont donc contraints de payer une deuxième fois pour éponger des dettes dont ils ne sont en rien responsables.

Parce que nous refusons la prime à l’irresponsabilité, nous pensons que le rôle du politique est de définir des règles capables de prévenir ces crises. L’époque est à la mise en place de dispositifs (notamment fiscaux) qui orientent l’épargne nationale vers l’investissement productif. L’époque est aussi à une réglementation beaucoup plus stricte des rémunérations des traders et des dirigeants bancaires, dont les gains augmentent avec les risques pris.

L’urgence appelle enfin à un nouveau Bretton Woods, donnant tout son rôle au FMI et imposant les réglementations prudentielles dont le monde a besoin. Dans ce cadre, nous proposons donc de :

·    Interdire aux fonds spéculatifs d’engager plus d’argent que ne le permettent leurs réserves (cette interdiction existant déjà pour les banques) ;

·    Confier le contrôle des institutions financières européennes à la Banque centrale européenne ;

·    Lutter contre les paradis fiscaux et le blanchiment d’argent sale par une politique plus répressive.

Qu’on se le dise ! La crise qui s’annonce aujourd’hui est grave, pour les entreprises qui ne trouvent plus de banques pour financer leurs investissements, pour les ménages qui ne peuvent plus accéder au crédit et sont les victimes collatérales de la hausse du chômage. Faisons au moins en sorte qu’elle soit l’occasion d’une prise de conscience.

 

  Quant à l’économie française :

La différence entre la prospérité et le déclin d’un pays se joue souvent dans les quelques points d’écart de croissance cumulés sur une période. Notre économie ne doit pas manquer de ce supplément qui permet la création d’emplois durables, la soutenabilité de nos comptes publics, la préservation de notre modèle social et la compétitivité de nos entreprises.

Aujourd’hui, l’essentiel des créations d’emplois en France est réalisé par les PME. Or celles-ci souffrent d’une politique économique et industrielle qui les ignore trop largement. Ce constat doit nous inciter à être à leurs côtés, à encourager notamment la croissance des entreprises moyennes qui peinent aujourd’hui à franchir un seuil critique, celui-là même qui leur permettrait de jouer dans l’économie française le même rôle que leurs homologues dans l’économie allemande. Au lieu d’un déficit commercial de 40 milliards d’euros, la France connaîtrait alors peut être un excédent comparable à celui de l’Allemagne qui approchait 200 milliards d’euros en 2007.

Ce discours-là, non seulement nous le tenons mais nous le mettons tous en pratique au niveau local :

·      En développant des politiques favorables à la création d’entreprises, que ce soit au niveau de l’incubation, du financement, de la mise à disposition d’un immobilier dédié ;

·      En accompagnant nos PME pour qu’elles passent à la dimension supérieure ;

·      En investissant dans des politiques d’innovation capables de nous différencier par rapport aux pays émergents.

C’est la même politique que nous devons mettre en œuvre au plan national.

Aujourd’hui, les PME se heurtent à tous les verrous. Elles n’accèdent pas aux marchés financiers et sont éconduites par des banques qui ne veulent prendre aucun risque. Les aides à l’innovation sont concentrées sur les grandes entreprises (80 % des aides à l’innovation bénéficient aux entreprises de plus de 1 000 salariés, qui ne représentent que 35 % de la recherche et développement). En plus d’être multiples et illisibles, ces aides publiques ne sont attribuées qu’à 9 % aux PME.

La puissance publique doit donc repenser son intervention vis-à-vis des entreprises : en mettant fin à ses pratiques bureaucratiques, en étant aux côtés des entrepreneurs, en les encourageant lorsqu’ils investissent pour préparer l’avenir.

Nous proposons de :

·         Créer une banque publique autour de la Caisse des dépôts et consignations pour accompagner le développement des PME.

·         Soutenir l’économie sociale et solidaire et favoriser en particulier les reprises d’entreprises en Sociétés coopératives de production (SCOP). Avec trois milliards d’euros de chiffre d’affaires, cette économie réconcilie l’économie de marché avec les principes de solidarité et les règles de la démocratie. C’est un secteur à développer, à la lumière des réussites connues en matière de banque ou d’assurance, mériterait d’être élargi.

·         Redéployer les aides vers les PME. L’octroi d’une aide publique doit être subordonné à la prise de risque, à la création d’emplois non précaires et à la hausse des salaires.

·         Instaurer enfin un Small Business Act permettant aux PME d’accéder à la commande publique.

·         Sécuriser les entreprises en mettant fin à l’instabilité fiscale et sociale qui existe aujourd’hui. Les lois applicables changent tout le temps : pas moins de trois modifications du régime des heures supplémentaires en quatre ans, par exemple. Les entrepreneurs ne savent pas à quoi s’attendre et cela compromet notre compétitivité. L’État doit s’engager à ne pas changer les règles du jeu chaque année.

·         Vérifier que les aides publiques se traduisent bien par des créations nettes d’emploi en France.

 

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A propos de Dominique Strauss Kahn, et de ses affaires de fesses…

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Nouveau feuilleton politico-scandaleux. Cette fois, il s’agit de « DSK », le directeur du FMI chéri, en France, tant par la gauche que par la droite.

Tout le monde aime Strauss-Kahn… ça tombe bien, parce que lui aussi ne semble pas fait de bois.

A la limite, ce qu’il fait de son zizi, on s’en taperait bien, si ces faits n’étaient pas en rapport avec la direction du Fonds Monétaire International…

Et voici donc que le FMI blanchit DSK, par rapport à cette affaire qui mêle cul, abus de pouvoir et nomination de complaisance. Ce qui est d’autant plus surprenant, puisque l’intéressé avait avoué une « erreur », un peu plus tôt.

Donc, finalement, il ne se serait rien passé, et idem pour la deuxième affaire qui se fait jour en ce moment (une de ses stagiaires qu’il a placé sans les compétences requises). tout le monde, à de très rares exceptions près, s’accorde sur le fait qu’il faille « tourner la page » parce que « DSK est nécessaire en cette période troublée ».

Le problème, ami lecteur, c’est que le JRDF ne compte pas suivre ce mouvement bien hypocrite. Qu’un enseignant couche avec l’un de ses élèves, même majeur, et le voici viré sans aucune forme de son institution. Mais que le directeur du FMI se compromette dans des affaires de complaisance, et il faudrait fermer les yeux ?

On juge DSK tellement « essentiel » à la bonne marche de l’économie mondiale. Ah bon ? Qu’a-t-il fait de si révolutionnaire, à la tête de cette banque nauséabonde qu’est le FMI ?

Entendons-nous bien, s’il doit y avoir une exception, ce n’est pas parce que, pour parler simple, « nous sommes dans la merde »; mais bien parce que la personne qu’il est nécessaire de conserver, jouit d’un talent exceptionnel.

Et sur ce point, ami lecteur… On demande toujours à voir.

Avis sur les motions 2008 : Benoît Hamon

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Passons à la motion C…

 

Benoît Hamon est souvent identifié à « l’aile gauche du parti »; Certes, sa motion est ouvertement offensive. De là à dire qu’elle est la plus « radicale », il y a un pas que seule la pratique pourrait franchir… Nous ne nous y hasarderons pas, donc.

Ce qui me gêne, en revanche, ami lecteur, c’est le comportement de Benoit Hamon, type aventurier.Le monsieur a la fâcheuse tendance à dire un peu n’importe quoi,dès qu’une caméra passe, pour être bien sûr de se faire remarquer… par exemple « Le monde change, mais le PS ne change pas. », pour citer la dernière petite phrase en date.

Ce qui s’appelle, en termes clairs, tirer dans le dos de ses petits camarades pour se faire mousser. Pas précisément une attirude sympathique, de mon point de vue…

M’enfin, ça n’empêche de parler de sa ligne politique. En voici donc des morceaux choisis :

 

« Le vent souffle. Il nous portera loin si nous orientons les voiles dans le bon sens.

Le néo‐libéralisme sombre. Le monde est confronté à quatre crises majeures – crise financière, énergétique, alimentaire et environnementale ‐ dont la simultanéité met en évidence les dangers et les limites de ce qu’il est convenu d’appeler la « mondialisation libérale ». En moins d’une semaine, le capitalisme financier, arrimé sur la dérégulation, la privatisation à outrance, le tout marché et le libre‐échange sans limites, a vu voler en éclat la suprématie que lui conférait son caractère prétendument « indépassable » ou « incontournable ».

Seul le recours massif à l’action publique et aux contribuables a permis de mettre un terme provisoire au chaos créé par la spéculation et la subordination de l’intérêt général aux intérêts particuliers. La véritable hiérarchie entre l’économie et la politique a ainsi pu être rétablie. Si l’on ne change pas radicalement de cap, les conséquences de ce chaos, aujourd’hui encore largement occultées, se feront durement sentir pour les plus faibles, dans les mois et les années à venir. La fameuse « économie de l’intelligence », si chère aux tenants de la suprématie du tout-marché, vient se noyer dans la fameuse :« privatisation des bénéfices et nationalisation des pertes ». Il en va de même en matière alimentaire, énergétique et environnementale. Si de solides régulations ne sont pas mises en place, par l’action publique concertée portant l’intérêt général, cette tendance désastreuse ne pourra que se renforcer.

Le contexte international n’est pas étranger à la détérioration de la situation.

 

Mais, en France, la droite en porte la responsabilité principale. Ses choix fiscaux, comme les 14 Milliards d’euros en faveur des plus riches dès le début de législature, ont aggravé l’état de nos finances publiques. Ils privent, de surcroît, notre pays de toute marge de manœuvre budgétaire pour éviter la récession, sans avoir la moindre conséquence positive sur l’investissement privé.

 

Suppression de l’impôt sur la fortune, bouclier fiscal, niches fiscales dont le coût est supérieur au double du déficit budgétaire, démantèlement des 35 heures et du code du travail… sont la marque d’une politique conservatrice, affichée au mépris de la plus élémentaire justice sociale. Simultanément, la protection sociale recule, qu’il s’agisse des retraites ou de la santé, au profit d’un secteur privé, dont la débâcle nord-américaine augure mal de la pérennité. Gageons que dans les mois à venir, nous entendrons moins parler des fonds de pensions qui séduisaient tant, parfois, hélas, jusque dans nos rangs. Le déficit de notre régime de santé – bien que préoccupant, mais lié, en réalité, au niveau de l’emploi et au périmètre de l’assiette de perception des cotisations- va s’avérer être peu de chose, comparé à la contribution du trésor américain au sauvetage, en catastrophe, des compagnies d’assurances privées.


Les valeurs républicaines qui devraient être un ciment démocratique commun aux différentes formations politiques sont aussi mises à mal.

- Les libertés sont menacées par les réformes pénales ou encore celles relatives à l’immigration ou à la constitution de fichiers.

- L’égalité est entamée et ce dès le plus jeune âge dès lors que l’éducation est progressivement démantelée, au détriment de la mixité sociale.

- La fraternité est bousculée par un climat de violence sociale et par les dérives communautaristes.

- La laïcité, si outrageusement remise en cause par l’immersion croissante de la religion dans les propos du chef de l’Etat comme il les signifia lui-même dans son discours du Latran.

- L’adoption du nouveau traité européen par voie parlementaire et non référendaire est le signe d’une défiance profonde dans le peuple et d’un mépris démocratique par rapport au vote passé.

- La réforme des institutions au plan national a consacré la présidentialisation de notre système politique.

- La place de la France dans le monde est remise en cause par un alignement atlantiste qui aboutit à la volonté de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN et au renforcement des effectifs français en Afghanistan : en redéfinissant, au passage, la mission originelle de nos troupes dans ce pays, dans le seul but de satisfaire aux exigences étasuniennes.

- Et que dire de ces insultes lancées, dans le pire style colonial, aucontinent africain par le chef de l’Etat dans son tristement célèbrediscours de Dakar où il osé affirmer que «le drame de l’Afrique, (est) que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

 

De surcroît cette politique ne se contente pas d’être réactionnaire, elle est aussi profondément anachronique. Le projet de Nicolas Sarkozy est bien d’imposer à la France le modèle dépassé que les conservateurs ont élaboré dans les années 1980 et qui combine une politique économique ultra-libérale avec une restriction des libertés
publiques.

 

Pour que notre congrès réponde aux attentes qu’il suscite, notre premier devoir est d’écarter un certain nombre de faux débats dans lesquels on souhaiterait nous enfermer.

Premier faux débat. On voudrait nous faire croire que s’opposent, au Parti socialiste, partisans et adversaires de l’économie de marché. Pas de collectivistes chez les socialistes. Pour nous, la question n’est pas celle de l’acceptation ou non de l’existence du marché, mais celle des réponses politiques proposées pour le réguler et redistribuer les richesses. C’est pourquoi nous entendons laisser en dehors de la sphère marchande un certain nombre d’activités correspondant à des droits fondamentaux. C’est pourquoi nous n’avons pas renoncé à transformer les règles du système économique.

 

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Avis sur les motions 2008 : le pôle écologique

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  Motion B, à présent; il s’agit d’un collectif, qui ne revendique pas de « chef », laissant cette question au vote qui élira le premier secrétaire national. On compte néanmoins, dans ses rangs, le député Christophe Caresche, et l’ancien conseiller écolo de Royal, durant la campagne présidentielle, Bruno Rebelle.

  Nous verrons que cette initiative « verte au milieu du rose » a ses spécificités… un peu comme il est stupide de postuler qu’une personne handicapée soit forcément gentille, ce pôle écologique tranche, dans certains domaines, d’une manière qui peut ne pas plaire à tout le monde. Par exemple, il se déclare fortement en faveur de la densification urbaine, afin de réduire les trajets des transports collectifs et individuels; Mais cette orientation a des conséquences, notamment en matière d’insécurité, et même de pollution…

  La motion « pèse » 19 pages. Donc, comme d’habitude, le JRDF présente un résumé de ces informations, mais c’est au lecteur de se faire son opinion dessus…

 

« Un an après l’élection présidentielle, le masque est tombé. Pour ceux qui ont pu se laisser prendre un temps par le discours trompeur du candidat Sarkozy, l’espérance et la confiance ont disparu.

Mais cet espoir ne s’est pas reporté sur les socialistes.

Nous restons peu entendus et peu compris, incapables d’incarner une véritable alternative au niveau national. Nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. La plupart des social-démocraties européennes sont aujourd’hui en situation de doute et d’incertitude. Les modes d’intervention traditionnels de la gauche sont à repenser : la redistribution ne corrige plus les inégalités, la protection sociale et les services publics sont remis en cause.

L’urgence sociale est pourtant plus que jamais présente…

Notre Parti s’est depuis un siècle construit à partir de la question sociale. Celle-ci est plus que jamais présente aujourd’hui. Les prix prennent l’ascenseur alors que les salaires suivent l’escalier. La précarité et le chômage laissent nombre de nos concitoyens au bord de la route. Les atteintes à l’école et aux services publics se multiplient. Il est impossible pour beaucoup de choisir la façon dont ils veulent vivre. »

Les difficultés ont et auront de plus en plus comme origine la crise, inédite et sans précédent, d’épuisement des ressources renouvelables, avec ses quatre composantes, alimentaire, énergétique, climatique et écologique. L’impact des quatre crises pèse lourdement sur les inégalités. Plus on est riche, plus on contribue à la pollution et moins on y est exposé.Le pouvoir d’achat et l’emploi dont directement menacés par la hausse des produits de base. Ce sont d’abord les populations les plus fragiles qui sont et seront les premières et les plus lourdement touchées.

Ce contexte donne à notre Parti de nouveaux devoirs. Il faut s’opposer certes, mais aussi définir une alternative.

« Même si certain(e)s n’affichent pas (ou plus) clairement leur candidature, cela ne trompe personne : on demande aux militants de choisir dès le stade des motions entre trois candidats au leadership que seules des nuances séparent sur le fond. Ce vote a en outre toutes les chances de ne rien trancher du tout.

L’appel au chef ne peut pas être le seul programme du Parti socialiste. »

NDLR : Oh la grosse pique en direction de Royal… C’est amusant, de la part d’un soi-disant « collectif » qui s’articule tout de même autour de personnalités socialistes…
 
Notre monde connaît à nouveau les émeutes de la faim. Il voit se multiplier les catastrophes climatiques, qui créent une nouvelle catégorie de réfugiés. Le fondement de son économie depuis plusieurs décennies, le pétrole, est en voie d’épuisement. L’imprévoyance de son système politique et économique menace la survie même de l’espèce humaine. [NDLR : Ecologie ou Eschatologie ?]
 
Cette situation bouleverse la donne, de manière d’autant plus spectaculaire qu’elle succède à une période de bas prix de l’énergie et à de surproductions agricoles. La perception de la gravité de la situation en a été jusqu’à présent faussée.
 

La crise écologique n’en est pas à ses premières manifestations. De la réduction accélérée du nombre d’espèces à la pollution de l’eau ou de l’air, en passant par les effets sur la santé des pollutions accumulées au fil du temps, les symptômes s’accumulent.

La crise alimentaire était parfaitement prévisible si on considère l’accroissement du nombre d’habitants sur la planète, la désertification des sols, la dégradation de la fertilité d’au moins un quart des terres utilisables dans le monde et l’émergence de programmes disproportionnés de mise en culture de plantes pour les agrocarburants.

Les pays pauvres, frappés de plein fouet par l’inflation énergétique et alimentaire, auront des difficultés accrues pour satisfaire les besoins les plus élémentaires de leurs populations, ce qui met en danger non seulement leur économie, mais aussi la démocratie.

Grâce à l’augmentation très importante de leurs ressources financières, les grands pays producteurs, tels que les pays du golfe arabique ou la Russie, vont disposer de ressources considérables leur permettant d’investir massivement dans l’économie mondiale, ce qui risque de fragiliser des pans entiers d’activités de nos économies.

Quant aux pays de la zone euro, ils vont en 2008 dépenser 4 % de leur produit intérieur pour acheter du pétrole, contre 1% en 1999, ce qui les obligera à consacrer à ces dépenses la quasi-totalité de leur accroissement annuel de richesses (prévu à 1,7 % cette année).

L’onde de ce nouveau choc aura plusieurs conséquences importantes par rapport à ce que nous avons connu depuis plusieurs décennies.

Elle conduit au renforcement des inégalités non seulement entre les différentes régions du monde mais aussi à l’intérieur de tous les pays.

 Elle aura notamment pour conséquences d’accroître les inégalités de revenus ou de pénaliser ceux qui habitent en zone rurale et en grande banlieue et ne peuvent réduire l’utilisation de leurs véhicules ou ceux qui ne peuvent pas prendre en charge l’amélioration de l’isolation thermique de leur logement.

 
Elle confirme le caractère insoutenable de la mondialisation dans ses formes actuelles.

 

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Avis sur les motions 2008 : Delanoë (2)

  Suite de ce résumé de la motion A, incarnée par Bertrand Delanoë :

 

  Au sujet de la sécurité :

  « Dans le même temps, les délits les moins graves restent souvent sans réelle sanction, avec un risque d’escalade dans la criminalité pour leurs auteurs. Les personnels de justice doivent avoir les moyens d’utiliser une large variété de peines adaptées aux situations individuels : aucun acte délictueux, quel que soit son niveau de gravité, doit rester impuni. [NOTE : La mise en gras de ce passage est d'origine.] Les travaux d’intérêt général, les peines alternatives à l’emprisonnement, doivent permettre à la société de signifier aux auteurs d’infractions sa réprobation, tout en leur offrant de réparer leur faute.

  La réparation, acte positif accompli en direction de la société, est en quelque sorte une première forme d’intégration. »

 

  Par rapport à l’immigration :

  « [Il est nécessaire d'établir] un droit stable, lisible et reposant sur des critères d’accueil précis, qui offre aux immigrés présents et à venir une sécurité juridique, c’est-à-dire la garantie que leur statut ne changera pas, et qui apporte la certitude que l’immigration se développera dans un cadre légal. La lutte contre les filières d’immigration clandestine doit être menée avec fermeté.

  Pour autant, nous ne voulons pas que la France vive à nouveau ces scènes si blessantes pour sa conscience et qui, sous l’impulsion de RESF, ont largement mobilisé de nombreuses familles : des enfants arrachés à leur cour d’école, sous les yeux de leurs camarades; un grand-père arrêté, pour être expulsé, à la porte du collège où il attendait son petit-fils. Nous affirmons que chacun, sur le territoire de la République, doit avoir le droit à une vie familiale normale. »

  NDLR : Pour ma part, je considère que ce passage est très sensé, humaniste tout en étant empreint de raison. De la théorie à la pratique, cependant, il y a un gouffre… mais on ne pourra pas taxer la motion A d’être discriminatoire (ni les autres motions, d’ailleurs), ou de verser dans l’alarmisme xénophobe cher à Sarkozy, période campagne 2007. D’ailleurs, le passage suivant approfondit encore cette volonté :

  « La France doit saisir la chance économique que représente l’immigration régulière. Aux antipodes de la rhétorique dégradante de « l’immigration choisie ou subie », on doit imaginer un partenariat équitable et respectueux entre pays d’accueil et pays d’émigration. La circulation des étudiants et des travailleurs, les échanges culturels et techniques peuvent être facilités, en veillant à ne pas favoriser la fuite des cerveaux, indispensables au développement.

  Au lieu de fixer des quotas d’immigrés rigides, l’Etat peut faciliter le recrutement des étrangers sur les secteurs professionnels en tension, notamment avec l’institution de bureaux régionaux d’aide aux entreprises. »

 

  Sur l’Europe, d’un point de vue politique et économique :

  « Ne nous trompons pas de stratégie. Il ne faut pas affaiblir l’Union Monétaire. Mais il faut, enfin, construire l’Union Economique  pour tirer vers le haut l’emploi, la croissance, la compétitivité, et dégager des marges de manoeuvre pour le progrès social. Nous devons le faire en resserrant nos liens avec les fédérations syndicales européennes, la Confédération Européenne des Syndicats, et la Confédération Syndicale Internationale. »

  « Et il faut que l’Europe acquière enfin une véritable identité politique. Cela passe par le renforcement des pouvoirs du Parlement européen, qui devra voter la totalité du budget, par la transformation des directives en projets de loi, et par la responsabilité de la Commission devant les députés européens. »

  « [A cet effet, nous voulons la] création d’un pôle de régulation mondiale des marchés financiers pour avancer, au plan européen, sur des réformes permettant de prévenir et de maîtriser les crises financières : réforme des agences de notation, obligation d’une information détaillée pour les épargnants sur les risques encourus, instauration d’un régime de responsabilité pour les acteurs du secteur financier [NDLR : Plus de précisions, ce serait bien...], modification des normes comptables des entreprises, durcissement des dispositifs prudentiels des banques, contrôle et réglementation accrus des fonds spéculatifs, intensification du combat pour la transparence des actuels paradis fiscaux, et contre l’argent sale qui finance tous les crimes internationaux, de la traite des êtres humains au trafic de drogue et au terrorisme. »

 

Sur l’Union Méditerranéenne :

  Ensemble, l’Europe et le Sud de la Méditerranée doivent relever le défi du développement durable, de la maîtrise des mouvements de population, de la crise alimentaire, du réchauffement climatique, des extrémismes et de la sécurité. L’avenir de l’Union Méditerranéenne se joue ainsi sur deux tableaux : celui des projets concrets pour répondre aux besoins quotidiens des populations, celui des perspectives politiques pour construire un avenir commun. »

Avis sur les motions 2008 : Delanoë

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  Une motion de douze pages format A4, signatures non comprises… évidemment, je vais la résumer. Ce sera toujours plus complet que ce qu’en ressortiront les médias traditionnels…

  On commence par le constat sur la situation actuelle, assez juste à mon humble avis, qui fera office d’introduction :

  »Les mutations économiques, sociales et environnementales sur fond de durcissement de la mondialisation, comportent un risque de déclassement de notre pays. Depuis six ans, la France décroche : faible croissance longtemps, récession maintenant, multiplication des contrats précaires, aggravation des déficits budgétaire et extérieur, progression inquiétante de la dette publique. Pendant toutes ces années, la droite n’a préparé l’économie française ni à affronter la compétition mondiale, ni à répondre aux besoins de la société (NDLR : notez l’ordre…). Misant sur la dérégulation libérale des marchés, y compris celui du travail, elle a entrainé notre pays dans la spirale du moins-disant social et du recul des droits des salariés. Il faut en finir avec ces politiques aussi inefficaces que destructrices de la cohésion sociale. Nous voulons que le Parti Socialiste soit l’instrument de l’invention d’un nouveau modèle de développement fondé sur une efficacité nouvelle au service de la justice sociale et de la préservation de notre environnement. »

  Au niveau économique (je prends les traits les plus distinctifs des autres motions) :

  « Il faut favoriser les grands projets industriels, qui sont totalement absents des politiques de droite. Comme elle a su le faire dans le passé, la puissance publique doit aider à la mise en oeuvre, en partenariat avec le secteur privé, de grands projets industriels porteurs d’avenir (biotechnologies, voiture propre, énergies renouvelables). »

  « Si l’économie française peut s’appuyer sur de grands groupes aux compétences mondiales, ses PME sont trop souvent négligées. Notre croissance et l’emploi qui en résulte ne sont, en effet, pas l’apanage des grandes entreprises du CAC 40. Or, en France, les PME qui représentent 69% de l’emploi salarié marchand et 62% de la valeur ajoutée, connaissent une faible croissance, alors qu’elles prospèrent dans d’autres pays. Ces PME performantes doivent être le levier d’une puissante réorientation de notre appareil productif, qui fasse du développement durable et des atouts de la France (espace, attractivité, qualité des services publics) des facteurs d’une nouvelle croissance pour l’emploi.

  Pour y parvenir, il faudra une action publique puissante qui finance efficacement la création des petites entreprises innovantes, développe le capital risque, et ouvre une partie des contrats et marchés publics aux PME. L’économie sociale et solidaire devra être soutenue, notamment dans les domaines des services aux personnes.

  Nous proposons également la création d’un Fonds d’Etat adossé à la Caisse des Dépôts, qui aurait vocation à soutenir les PME innovantes mais aussi, de façon plus large, à intervenir en tant qu’instrument d’une politique industrielle. »

  Social-économique :

  « Nous souhaitons conditionner les aides aux entreprises, et particulièrement les exonérations de charges, à l’engagement et à l’aboutissement de négociations salariales. Nous proposons, en outre, la réduction de ces avantages pour les entreprises et les branches professionnelles dont les salaires minimum conventionnels restent inférieurs au SMIC. »

  « La démocratie sociale est essoufflée, à l’image de notre démocratie représentative. Les organisations patronales et syndicales souffrent d’un déficit de représentativité, avec le taux de syndicalisation le plus bas d’Europe (9% des salariés au total, contre 38% en moyenne européenne). Un tiers des salariés travaille, en outre, dans des entreprises où n’existe aucune instance représentative. »

 

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Congrès du PS – Avis sur les motions

  Ami lecteur, afin de décrypter un peu ces duels de motions, généralement assez incompréhensibles pour le grand public, je me suis dévoué pour lire l’intégralité de ces textes…

  Bon. D’abord, n’idéalisons pas le PS : Bien que ses militants soient généralement des personnes de valeur, courageuses et intelligentes, le Parti est infesté d’arrivistes et d’opportunistes. Tout ça pour dire que la plupart de ceux-là ne liront même pas les motions, et que derrière ces batailles idéologiques, ce sont surtout des enjeux de personnes qui priment. En gros : Kiki va soutenir machin, Kiki est derrière truc, etc…

  Ce qui n’empêche pas, tout de même, d’examiner les différentes lignes idéologiques représentées par ces textes.

  On va commencer avec Delanoë, qui est bien parti pour l’emporter… Rendez-vous au prochain article.

Sénatoriales : La gauche gagne des places

PARIS (Reuters) – La poussée de la gauche française, qui a gagné dimanche 26 sièges au Sénat, va rendre plus ardue la tâche du gouvernement pour faire adopter ses projets de loi ou une éventuelle révision de la Constitution.

L’UMP de Nicolas Sarkozy, qui ne disposait déjà plus de la majorité absolue au Sénat, a perdu une dizaine de sièges, passant de 160 à 150 membres sur un total de 343. Ses alliés centristes ou radicaux enregistrent également quelques pertes.

Roger Karoutchi, le secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, le reconnaît, même s’il juge qu’il « n’y a pas péril en la demeure ».

« Cette nouvelle situation va conduire la majorité à travailler d’une autre manière au Sénat », a-t-il expliqué à Reuters. « C’est-à-dire plus de liens avec l’ensemble des groupes de la majorité présidentielle », ajoute-t-il.

« Cela va nous compliquer considérablement la tâche », a confié à Reuters un membre d’un cabinet ministériel sous le couvert de l’anonymat. « Il va falloir resserrer les rangs avec les centristes, les radicaux de droite et de gauche et les divers droite », a-t-il ajouté. « Il faudra en permanence qu’au Sénat nous surveillions tous les scrutins ».

Si le gouvernement dispose d’un groupe UMP détenant à lui seul la majorité absolue à l’Assemblée nationale et du soutien quasi automatique du groupe du Nouveau centre, le passage d’un texte devant la haute assemblée devient un exercice périlleux.

LES ALLIÉS PÈSERONT PLUS LOURD

Le gouvernement va non seulement devoir tenir davantage compte de ses alliés, il va devoir également ménager une opposition renforcée, principalement les socialistes, s’il ne veut pas voir ses textes bloqués au palais du Luxembourg.

De ce fait, le Sénat va voir ses pouvoirs augmenter.

Le groupe centriste, qui est partagé entre majorité présidentielle et amis de François Bayrou, et le groupe des radicaux et divers gauche vont désormais jouer un rôle charnière dont le gouvernement et l’UMP devront tenir compte.

Pire encore, toute nouvelle modification de la Constitution va devenir un véritable casse-tête pour l’exécutif. Avec une progression de 26 sièges, la gauche va détenir une véritable arme de blocage de toute réforme constitutionnelle.

Pour qu’une révision de la Constitution soit entérinée par le Parlement réuni en Congrès, il lui faut en effet recueillir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.

Or, la dernière réforme, le 21 juillet dernier, a été adoptée de justesse avec une voix de majorité, par 539 voix alors qu’il lui en fallait 538 pour être votée. Avec la nouvelle configuration du Sénat, la réforme aurait été nettement rejetée.

Le député socialiste du Bruno Le Roux s’est quant à lui félicité d’une « grosse victoire, plus grande que celle espérée ».

Mais celle-ci n’efface pas, selon lui, la « nécessité d’une profonde réforme du mode de scrutin sénatorial qui ne représente plus aujourd’hui les collectivités locales dans la réalité de ce qu’elles sont », a-t-il dit lors d’un point de presse du PS.

« Il y a un mode de scrutin injuste et même antidémocratique dans le sens où il ne permet pas l’alternance tout en ne permettant pas la juste représentation des collectivités locales », a-t-il ajouté en demandant que le Sénat devienne « une assemblée élue par un scrutin réellement démocratique ».

En attendant, la droite conserve la majorité dans la haute assemblée. Le prochain président du Sénat, qui sera élu le 1er octobre, sera donc automatiquement UMP. Le groupe majoritaire doit désigner mercredi son candidat.

Trois candidats UMP devraient être en lice : l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, l’ancien ministre Gérard Larcher et le rapporteur de la commission des Finances Philippe Marini.

Une de ces trois personnalités présidera le Sénat pour les trois années à venir. Avant peut-être un séisme lors du prochain renouvellement en 2011. Les résultats de dimanche rendent désormais possible un basculement à gauche de la haute assemblée dans trois ans.

Emile Picy et Clément Dossin, édité par Yves Clarisse

Flingues contre flingues

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Vincent Peillon, député PS européen, proche de Ségolène Royal.

© Horacio Villalobos/Corbis/Horacio Villalobos

 

À six jours de la date limite du dépôt des motions, en vue du congrès, les rapports de forces sont en train de se clarifier au Parti socialiste. 

Mardi, Le Post a appris que l’alliance entre le camp Royal et les tenants de la « Ligne claire » était « en bonne voie ». Hier soir, François Hollande et Bertrand Delanoë ont officialisé leur alliance lors d’un meeting à Cergy-Pontoise, dans le Val d’Oise.

Sur Le Post, l’eurodéputé PS Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, fustige l’alliance Hollande-Delanoë et affirme qu’il souhaite « l’émergence d’une nouvelle génération à la direction du PS ».

L’alliance entre Delanoë et Hollande fragilise-t-elle Ségolène Royal?
« Non, elle illustre l’enjeu majeur du congrès de Reims. »

« D’un côté, il y a ceux qui veulent reproduire l’ancien, qui ne veulent rien changer dans leur manière de gérer le parti socialiste : c’est la motion Delanoë-Jospin-Hollande. Ils dirigent le parti depuis 20, 30, voire même 40 ans pour certains… Pour moi, Delanoë-Hollande, c’est l’alliance des forces du passé. »

« Cette motion regroupe ceux qui font le contraire de ce qu’ils disent. Delanoë disait qu’il allait être maire de Paris à plein temps… Hollande disait: ‘Il faut rassembler et ne pas faire un choix entre Delanoë et Royal’. On voit bien qu’il fait le contraire en s’alliant avec le maire de Paris. »

« De l’autre côté, il y a ceux qui font ce qu’ils disent, qui veulent porter la rénovation du parti socialiste de manière collective : c’est la motion de Ségolène Royal. »

« Finalement, ce qui se passe au PS en ce moment, c’est très bien : cela permet de voir les différences entre les motions. Toutes les clarifications sont positives. »
 
Pourquoi les militants socialistes voteraient-ils pour votre motion? Qu’est-ce qui la différencie des autres?
« Car nous allons continuer à appeler au rassemblement, sans préalable, de tous ceux qui veulent la rénovation du PS. Il faut changer nos comportements, nos dirigeants, nos façons de travailler et de répondre aux problèmes des Français. Le moment est venu de changer notre façon de faire de la politique. »

« Le congrès doit être la première étape d’un nouveau cycle politique, qui doit permettre de faire émerger une nouvelle génération. C’est d’ailleurs la première des préoccupations de Ségolène Royal. »

Vous souhaitez donc chasser les ‘éléphants’ du Parti socialiste…
« Non, pas vraiment. On aura des ‘éléphants’ avec nous : Guérini [le chef des socialistes marseillais, ndlr], Collomb [le maire de Lyon, ndlr] et peut-être Mauroy [ancien Premier ministre, ndlr]. D’ailleurs, nos ‘éléphants’ sont également favorables à l’émergence d’une nouvelle génération à la direction du PS. »

« On ne peut pas accepter de syndicat de propriétaires du parti, le parti socialiste appartient aux militants. » 

Parti socialiste : Déclaration de principes (3)

  Article 12 :

  Le Parti socialiste est un parti républicain. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité. Il prône la séparation des pouvoirs, garantie d’un régime de responsabilité politique. Il défend le pluralisme et l’indépendance de l’information dans les médias. Pour lui, la Nation n’est pas une juxtaposition de communautés, mais un contrat entre citoyens libres. Elle respecte les droits de toutes celles et tous ceux qui vivent sur son sol, et veille à ce que chacun accomplisse ses devoirs vis-à-vis d’elle. Le Parti Socialiste se donne pour ambition de favoriser l’adhésion de toutes et de tous aux valeurs de la République.

 

  Article 13 :

  Le Parti Socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Eglises et de l’Etat et le caractère laïque de l’école publique. Il veille à la liberté de conscience. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes, tous les intégrismes, et tous les sectarismes. Elle entend promouvoir et organiser un espace commun, respectant les religions, dès lors qu’elles s’exercent dans le cadre de la loi et ne sont pas un obstacle pour les libertés individuelles et collectives. La laïcité est une condition de notre vivre ensemble dans la République.

 

  Article 14 :

  Le Parti Socialiste est un parti réformiste. Il entend exercer les responsabilités de gouvernement, à tous les niveaux, afin de changer la société. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’Histoire [NDLR : Pas particulièrement cristalin comme tournure, non plus]. Le Parti Socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société, parla loi et le contrat. Il ne considère jamais les rapports de force d’un moment comme figés ou indépassables. Il entend lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d’injustices et d’inégalités.

 

  Article 15 :

  Le Parti Socialiste est féministe. Il agit en faveur de l’émancipation des femmes. Il oeuvre pour l’égalité entre les femmes et les hommes, la parité et la mixité de la société. Il garantit aux femmes l’accès aux droits fondamentaux qui assurent la maîtrise de leur corps. Il défend l’égalité salariale et professionnelle entre les hommes et les femmes.

 

  Article 16 :

  Le Parti Socialiste est un parti humaniste. Il lutte contre toutes les formes de discriminations quelles que soient les origines et les causes. Il condamne la marchandisation du corps humain et du vivant. Il combat toutes les atteintes à l’intégrité et à la dignité humaines en raison de l’orientation sexuelle.

 

  Article 17 :

  Le Parti Socialiste est un parti décentralisateur. Il met le respect de la diversité des territoires au coeur de ses valeurs. Il veut allier la présence d’un Etat régulateur, garant de l’égalité républicaine et de l’équilibre – y compris financier – entre les territoires, à une démocratie locale vivante et innovante. 

 

  Article 18 :

  Le Parti Socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Il veille à la protection des libertés tant publiques qu’individuelles. La justice est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun. Elle doit être accessible, indépendante et égale pour tous. Elle a pour mission de sanctionner mais aussi de contribuer à la prévention et d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société. 

 

  Article 19 :

  Le Parti Socialiste met la culture et l’éducation au centre de ses valeurs.

  La culture permet à la fois, de rassembler et de libérer. Face au danger de l’uniformisation et la marchandisation, la culture, avec l’apport irremplaçable des artistes et des créateurs, contribue à construire un monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. Les technologies numériques peuvent y concourir à condition d’en préciser le cadre démocratique et les règles pluralistes.

  L’éducation et la formation sont une condition majeure de l’émancipation de chacun, et de la démocratisation de notre société. Elles décident de l’avenir de notre pays. Le Parti Socialiste doit veiller à ce que tous aient le même accès à l’éducation et à la formation.

 

  Article 20 :

  Le Parti Socialiste est un parti européen. Il agit dans l’Union Européenne qu’il a non seulement voulue de longue date, mais contribué à former. Il revendique le choix historique de cette construction et la place dans la perspective d’une Europe politique, démocratique, sociale et écologique. Pour les socialistes, celle-ci doit avoir pour mission, par ses politiques communes d’assurer la paix sur le continent et d’y contribuer dans le monde, de favoriser une croissance durable et le progrès social, de conforter le rôle des services publics, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d’aider à relever les défis planétaires par l’exemple d’association qu’elle offre. Engagé au sein du Parti Socialiste Européen, le Parti Socialiste entend tout mettre en oeuvre pour le renforcer dans ses structures afin que soit porté un message socialiste en Europe. [NDLR : Votre serviteur a essayé de faire passer un amendement sur cet article, sans succès hélas, stipulant que les socialistes ne devaient pas indexer systématiquement leur ligne sur celle de l'Europe, eu égard au fait que les institutions pouvaient être corrompues, ou pouvaient faire errer... Hélas, critiquer l'Europe n'est pas vraiment permis, au PS. Qui a parlé de dogme ?]

 

  Article 21 :

  Le Parti Socialiste est un parti internationaliste [NDLR : Sur cette question, personnellement je pense qu'il faut d'abord penser au national avant l'international, parce qu'un politicien doit en premier lieu veiller sur le peuple qu'il est censé servir... Ce n'est pas du patriotisme nauséabond, c'est de la logique élémentaire ! Qu'en penses-tu, ami lecteur ?]. Il condamne toutes les oppressions et exploitations et les formes modernes d’esclavagisme. Il oeuvre pour le respect du droit des enfants. Il reconnaît pleinement le droit d’asile. Il combat la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme.

  Le Parti Socialiste milite pour un ordre international juste et respecté, pour une coopération entre les peuples, pour une vraie politique de développement. Il défend le rôle de l’ONU et des institutions internationales. Il souhaite que l’Internationale Socialiste devienne un mouvement progressiste, à l’échelle du monde.

 

  Article 22 :

  Le Parti Socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail [NDLR : A part la mention du Front Populaire en introduction, notons qu'il faut attendre le 22e article pour trouver mention du mot...]. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées depuis le 19e siècle pour plus de justice et d’égalité sociales. Ouvert sur la société, il entend exprimer l’intérêt général du peuple français. [NDLR : Optimiste, mais "l'intérêt général" est une notion assez abstraite...]

  

  Article 23 :

  Le Parti Socialiste est un parti démocratique [NDLR : 23e article ! Et comme tu peux le constater, ami lecteur, les références au fonctionnement du parti sont vagues...]. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux [NDLR : ?]. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il prend en compte dans un dialogue permanent les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementales, dans le respect de leur indépendance. Le Parti Socialiste est un parti qui défend une éthique politique dans l’engagement militant. Il repose sur une adhésion volontaire qui demande que les décisions, les textes et les règles, délibérées et adoptés en commun, soient respectées [NDLR : Pour l'éthique, il faudrait peut-être préciser... Cette dernière phrase me semble plutôt la définition même de la discipline collective. Ce n'est pas exactement la même chose...].

 

  Article 24 :

  Le Parti Socialiste veut rassembler toutes les cultures de la gauche. Il ne se résigne pas aux divisions héritées du passé. Organisant en son sein depuis toujours un libre débat, il appelle tous les hommes et toutes les femmes qui partagent ses valeurs à rejoindre ce combat [NDLR : Notez le choix du mot final !].

Parti socialiste : Déclaration de principes (2)

  Article 6 :

  Les socialistes portent une critique historique du capitalisme créateur d’inégalités, facteur de crises, et de dégradations des équilibres écologiques, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier.

  Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché [LA ligne qui fait hurler l'extrême-gauche], une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux qui a pour finalité la satisfaction des besoins sociaux essentiels. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public efficace, des services publics de qualité accessibles à tous, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire. [NDLR : Parler d'abord du privé avant le public, c'est hélas de mauvaise augure]

  Les socialistes affirment que certains biens et services ne doivent pas relever du fonctionnement du marché quand ils concernent les droits essentiels [NDLR : Grrrr... C'est bien joli sur le papier, mais il faut préciser !]. Ils font de la création et de la restribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique.

 

  Article 7 :

  Les socialistes défendent un nouveau modèle de développement, à l’échelle de la planète, qui conjuge la croissance, l’innovation, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale [NDLR : Encore une fois, la croissance en premier et la protection sociale en dernier, ça fait "responsable" mais pas terriblement humaniste...]. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production. Les socialistes agissent pour que la croissance économique et la production des richesses s’effectuent en réduisant les prélèvements sur les ressources non renouvelables et en renforçant la cohésion sociale.

 

  Article 8 :

  Le travail humain est un enjeu et un droit fondamental, c’est un moyen individuel et collectif d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation. Les socialistes refusent et combattent une société duale où certains tirent leurs revenus de l’emploi et d’autres sont enfermés dans l’assistance et l’exclusion. Ils défendent le principe d’une société qui donne à tous les moyens de vivre dans la dignité et lutte contre les handicaps de la vie. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale, un droit à la santé au travail. Le travail doit aller de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre, l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun la possibilité de construire sa vie et de participer à la vie publique, et fait toute sa place au secteur non marchand. [NDLR : Rien à redire là-dessus, c'est très clair à mon avis, et courageux.]

 

  Article 9 :

  Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’Etat social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. Celui-ci privilégie d’abord l’investissement productif au détriment de la rente et de la spéculation. Il doit être un Etat qui investit et émancipe en privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture. Il assure une protection contre les risques sociaux. Il repose sur une distribution assumée et la mise en oeuvre d’une fiscalité progressive [NDLR : Adaptée aux revenus de chacun, une putain de bonne idée...]. Il doit garantir pour tous, la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle. La régulation est un des rôles majeurs de l’Etat pour concilier l’économie de marché [NDLR : Encore en première position, on ne pourra plus dire que le PS a un fond marxiste...], la démocratie et la cohésion sociale et territoriale.

 

  Article 10 :

  Lutter pour la paix, la sécurité collective, le co-développement corrspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. Le combat pour une communauté internationale pacifique est indissociable de la défense des Droits de l’Homme, et de la lutte pour la justice sociale. Il demande également de reconnaître les intérêts propres des Etats et des peuples, de travailler à dégager les intérêts communs pour construire un monde équilibré, juste et sûr. Il exige aussi un double effort pour conforter, réformer et démocratiser les institutions internationales. Il demande enfin une gestion solidaire des biens publics mondiaux au premier rang desquels le climat, l’eau, la biodoversité. C’est pourquoi, nous avons besoin du renforcement des Nations Unies, et du poids de l’Union Européenne et de sa détermination. [NDLR : Ambitieux, non ?]

 

  Article 11 :

  La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les Droits de l’Homme et le développement durable. La France est, de par son Histoire, à la fois singulière et universaliste, elle doit être fidèle à ce double héritage. Elle doit combattre les discriminations et protéger les droits fondamentaux des immigrés.

  [NDLR : Petite parenthèse, j'en ai un peu marre du joli vitrail de "la France pays des Droits de l'Homme gnagnagna". Faudrait pas oublier qu'on a eu deux empires, plus un passé colonial - encore tenace, d'ailleurs - sans oublier les guerres européennes de Napoléon qui ont fait des millions de mort, le soutien à pas mal de dictatures, et actuellement une tentative pour rendre des lois rétroactives... alors, ne nous glorifions pas tout de suite de notre passé et de nos valeurs !]

Parti socialiste : Déclaration de principes (1)

  Ami lecteur, tu l’auras sans doute remarqué, l’heure est au dénigrement médiatique de tout ce que les socialistes peuvent faire… Evidemment, d’un côté, une grosse part des médias français sont indexés sur le clan au pouvoir; d’un autre, malheureusement, c’est parfois justifié. La guéguerre des chefaillons fait rage, c’est un fait. Est-ce une raison suffisante pour se désintéresser des textes qui sont proposés par les différentes factions socialistes ?

  Donc, les deux prochains articles traiteront, en premier lieu, de la déclaration de principes votée dernièrement au PS, établissant ainsi les nouveaux fondamentaux idéologiques de ce parti.

  Ensuite, nous irons faire un tour du côté des contributions (qui vont devenir des motions), en gros les différents programmes proposés par ceux qui veulent prendre la tête du PS. Et ça nous changera des « Kiki va gagner ? Royal ou Delanoë ? »…

 

  La déclaration de principes (avec, en gras, les éléments qui nous semblent cruciaux) :

  « Le Parti Socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de Liberté, d’Egalité, de Fraternité, proclamées par le Révolution Française (NDLR : Première révolution, d’une part, ensuite « Fraternité » est venu plus tard, mais bon…). Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme, et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il revendique le souvenir de 1848, avec l’abolition de l’esclavage, de la Commune, l’héritage de la République, de son oeuvre démocratique, et de son combat pour la laïcité, les grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 68, de mai 81 et des gouvernements de gauche qui se sont succédés depuis [NDLR : Et Millerand ? Et Clémenceau ? Bon, c'est pour pinailler, mais il manque quelques succès de la gauche là-dedans...]. Il participe des grandes batailles politiques et intellectuelles pour la liberté et la justice, de l’affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort. Il fait sienne la Déclaration des Droits de l’Homme de 1948.

 

  Article 1 :

  Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est, c’est vouloir changer la société. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et du combat pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine. [NDLR : Qu'on vienne reparler d'assistanat, après...]

 

  Article 2 :

  L’égalité est au coeur de notre idéal. Cette volonté n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire, fraternelle. Elle porte un message universel, dès lors qu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux de chacun et de tous. Pour les socialistes, ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société. La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, réduire les écarts de condition et combattre la pauvreté.

 

  Article 3 :

  Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les finalités du socialisme démocratique portent pleinement la volonté de préserver notre planète aujourd’hui menacée particulièrement par les risques de changement climatique et la perte de la biodiversité, de protéger et de renouveler les ressources naturelles, de promouvoir la qualité de l’environnement. Cette nécessité demande des réponses qui ne privilégient pas la rentabilité immédiate, mais concilient l’intérêt général et les intérêts particuliers. Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes, les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités fondamentales que la promotion du progrès et la satisfaction équitable des besoins.

 

  Article 4 :

  Le progrès, synonyme d’amélioration des conditions de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes. Ils pensent que l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. Ils promeuvent la connaissance, la recherche, la culture.

Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. Celles-ci posent des questions essentielles pour l’avenir de l’humanité. Les socialistes défendent le principe de précaution qui permet d’effectuer des choix collectifs par l’arbitrage démocratique et subordonne l’acceptabilité des risques, inséparables du développement de la science, à l’utilité des innovations et à la légitimité de leurs utilisations. [NDLR : Je n'aime pas cette formule, complexe et sujette à de mauvaises interprétations, alors que jusque là, le speech écolo était bien plus clair, et assumé.]

Le progrès économique et social ne peut être apprécié à l’aune de la seule croissance et de la production marchande, mais doit l’être à l’aide d’indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus. [NDLR : Non précisés, malheureusement]

 

  Article 5 :

  La démocratie représente, à la fois, une fin et un moyen. Elle incarne une valeur et un combat universels. Elle conditionne la nature même de l’action socialiste. Elle ne se résume pas à une méthode. Être socialiste, c’est penser que les femmes et les hommes décidés à agir ensemble peuvent influer sur l’évolution de leur vie, de leur société et du monde. Notre socialisme est une conception et une pratique de la citoyenneté dans tous les domaines et sous toutes ses formes. Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative forment un tout pour permettre la délibération et la décision collectives.

Les quotas d’immigration se font refouler…

  La commission dirigée par Pierre Mazeaud (proche de Jacques Chirac, qui l’a fait nommer membre au Conseil Constitutionnel, donc difficilement suspect de sympathie à gauche) pour réfléchir sur les quotas d’immigration et la simplification du contentieux, juge « moralement condamnable » l’approche du Président Sarkozy, et de son ministre Brice Hortefeux.

  Elle recommande ainsi, à l’unanimité (!), de renoncer à la politique des quotas, jugée inefficace, et l’incite à une plus large concertation avec les partenaires européens ainsi que les pays d’origine, dans un souci de « transparence, de simplicité et de solidarité ». Pour le Parti Socialiste, « à la vision défensive et répressive de la droite, il faut substituer une approche positive de la question, autour de la notion d’immigration partagée ».

  Rappelons que « les quotas » consistent, en plus de l’immigration choisie (si tu es riche, avec un gros diplôme et/ou célèbre, tu peux rentrer) à définir des seuils d’immigration en fonction du pays d’origine, et d’après des critères tels que « les thaïlandais d’accord, mais en priorité des masseurs ».

  Non, ce n’est pas une blague. En théorie, notons que le fait de rechercher à faire venir, d’abord, les spécialistes « traditionnels » d’un pays, ne serait pas une idée si farfelue que cela – bien que ségrégationniste, évidemment – mais ces spécificités sont tellement caricaturales, qu’elles en deviennent réductrices et, franchement… comiques.

Enfin, comiques, dans un film. Mais dans la réalité ?

Vers une privatisation de La Poste ?

  Le Parti Socialiste dénonce les projets de la droite au pouvoir, consistant en un changement de statut de l’entreprise publique en société anonyme; 20% du capital de la Poste devraient ainsi, également, entrer en Bourse prochainement.

  Déjà fragilisée par des directives européennes restreignant le marché du fret de courrier, La Poste est donc en passe de tomber dans l’escarcelle des financiers. Autant, certaines privatisations (France Télécom, par exemple) ont eu des conséquences bénéfiques sur les tarifs, autant dans d’autres domaines (l’énergie, notamment), les résultats sont souvent bien plus aléatoires…

  Qu’en penses-tu, ami lecteur ? Pour ou contre la fin du service public de distribution du courrier ?

Et maintenant, elle est folle !

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Ami lecteur, comment ne pas croire l’UMP lorsque ce parti affirme que Ségolène Royal divague, et accuse à tort, sans aucune preuve, le pouvoir sarkozyste de faire pression sur elle ? Après tout, même Libération (un journal de gauche, appartenant à Rotschild, grand gauchiste reconnu !) l’a affirmé, titrant en une « La gaffitude » !

Oui, Royal est folle, et elle accuse impunément, juste pour faire parler d’elle et pour le plaisir de critiquer Monsieur Nicolas Sarkozy, le pourfendeur de la pensée unique qui se bat contre les conservatismes de la société française ! C’est connu, la gauche ne sait que critiquer ! Après tout, l’appartement de l’effrontée mythomane n’a été mis à sac que deux fois, plus une fois où son fils a mis en fuite des cambrioleurs ! Trois de ses collaborateurs, également visités, sont sans aucun doute, également, atteints de paranoïa hallucinatoire aigüe, tout comme les micros ont tout-à-fait leur place dans les portières de voiture des syndicalistes !

Enfin ! N’est-il pas évident que la police a fait son travail, puisqu’après la sortie polémico-politicienne de Madame Royal, nos forces de l’Ordre viennent de retrouver l’auteur du premier cambriolage, datant de 2006 ? Il s’agirait d’une étrangère originaire d’ex-yougoslavie, encore non localisée et dont l’identité n’a pas été révélée – mais Libération l’affirme, de choeur avec ce pouvoir blanc comme neige : « cette personne n’a rien à voir avec la politique ».

Ouf. Nous voici rassurés. Les étrangères adeptes des mises à sac pour ne rien voler, ou alors juste des ordinateurs portables en pleine campagne électorale, sont retrouvées (enfin, identifiés par des empreintes digitales qui viennent tout juste de se révéler), deux ans après les faits. Ces terribles voleurs non-liés à la politique, qui passent leur temps à ne cambrioler qu’un seul camp politique à plusieurs reprises, n’ont plus qu’à trembler ! La Justice française sera exemplaire !

Et quant aux personnes qui se disent suivies parce qu’elles sont visitées pile-poil aux horaires où elles sont absentes, il faudra qu’elles trouvent mieux, à l’avenir, afin d’exister sur le plan politique ! Tout est dit !

Une question de budget

L’UMP, comme il fallait s’y attendre, entre en mode « restriction économique », notamment face à l’obligation faite par l’Europe, d’ici 2012, d’arriver à l’équilibre des comptes publics. La rigueur est donc… de rigueur, ou plutôt, pardon, « des mesures courageuses » pour lutter contre « le conservatisme qui a mené le pays à sa situation actuelle ».

Les débats, à l’Assemblée et au Sénat, sont donc houleux, et je l’avouerais, ami lecteur, particulièrement amusants. Ah bah oui, le malheur, quelque part, c’est toujours drôle. La droite se défend comme elle peut, avec sa rhétorique habituelle, et essaye tant bien que mal de balayer sous le tapis les preuves un peu trop flagrantes de sa mauvaise gestion. En effet, malgré les coupes sombres, le déficit s’accentue. Sans parler d’une croissance qui, euphémisme, ne décolle guère… La Cour des Comptes rappelle ainsi à l’ordre « la majorité », et pointe du doigt certaines techniques de dissimulation, qu’elle ne semble pas précisément goûter.

Plutôt que d’abrutir le lecteur de chiffres, essayons de nous attacher aux méthodes. Certes, le contexte économique est mauvais, reconnaissons-le. Certes, malgré ses charcutages, le gouvernement semble malgré tout tenir certaines de ses promesses, en augmentant le budget de l’enseignement supérieur, ainsi que celui de la Justice – afin de construire et de faire rénover, notamment, des prisons (pas trop tôt !).

Reste que l’UMP, et ses alliés, s’empêtrent dans leurs tours de passe-passe budgétaires, un poil trop voyants. D’abord, il y a la diversion : C’est pas de notre faute, c’est celle des collectivités locales et territoriales – dirigées par d’inconscients socialistes ! Mip ! Mauvaise réponse ! L’Etat doit toujours 2 milliards d’euros aux régions, et transfère toujours plus de compétences vers elles, sans les fonds adéquats ! Avec une belle inflation, reconnaissons à la gauche un certain talent de jonglage gestionnaire ! Même chose concernant la « proposition » de réduire les subventions faites à certaines grandes villes… comme par hasard, tenues par des socialistes !

Ensuite, il y a les dettes non payées. Celle du Crédit Foncier, celle de l’Assurance Maladie, etc… mais surtout, il y a un nouveau joujou de la droite, sur lequel il nous faut revenir plus particulièrement : les PPP – Partenariats Public Privés.

Ce nouveau concept, qui sonne bien, cache un habile trucage des marchés publics, qui fait profiter certains amis de la maison patronale, avec l’inconvénient d’être extrêmement non rentable ! Explication : L’Etat délègue à une société privée la construction, la gestion et l’entretien de bâtiments – par exemple, un hôpital, ou une prison – en échange d’un loyer payé sur de nombreuses années, au terme duquel le bâtiment appartiendra à l’Etat. Le gouvernement actuel s’engage ainsi à laisser des couleurs de béton tels Bouygues gérer des bâtiments pénitenciers (après tout, ils font bien aussi dans la télé… et bientôt dans le nucléaire !), contre un engagement sur dix, quinze, vingt ans mettons, qui coûtera in fine à l’Etat bien plus que s’il s’était chargé lui-même de payer l’addition initiale.

Pour faire simple, l’UMP masque l’accroissement du déficit avec une dette déguisée laissée à ses successeurs, et délègue au privé des compétences inédites, tout cela dans une belle opacité (heureusement qu’ils se proclament libéraux, hein…), croyant ainsi tromper Bruxelles. En vain, d’ailleurs.

Autre technique classique de la droite (UMP/Nouveau Centre) : Faire croire qu’on est d’accord avec l’adversaire. Les voici donc hurlant contre l’iniquité des niches fiscales, dans lesquelles s’évade l’équivalent des rentrées totales annuelles de l’Etat, en stigmatisant d’un air très indigné le fait que « quelqu’un qui touche un million d’euros par an puisse ne pas payer d’impôts ! »

La belle ritournelle. Le problème, est que la droite nous joue ce couplet depuis belle lurette, et ne cesse d’augmenter ces foutues niches fiscales ! Leur parole a donc autant de résonance qu’un Sarkozy fustigeant les patrons-voyous, juste avant de dépénaliser le droit des affaires, ou qu’un même Président du Pouvoir d’Achat en campagne larmoyant face aux parachutes dorés – qu’il n’a pas même effleuré, une fois au pouvoir. Pendant ce temps, les socialos veulent taxer les superprofits des entreprises liées à l’Etat, tel Total, afin de créditer les fonds des retraites – plutôt que d’obliger les gens à bosser pendant plus de 40 ans pour pouvoir se payer leur loyer, une fois mis au rencart par la société… A ce sujet, l’UMP lance un plan « pour aider les travailleurs à quitter le monde du travail le plus tard possible » ; le problème, c’est que déjà 60% des retraités n’ont pas complété leurs annuités !

Il ne suffit donc pas de dire pour faire… certes, tout cela profitera encore aux mutuelles privées – et devinez à qui elles appartiennent ?

 

500 000 personnes dans la rue

Ami lecteur, je n’illustre pas ce billet, pour une bonne et simple raison… les manifestations se suivent et se ressemblent. Leur effet est toujours aussi dérisoire; 500 000 personnes défilent pour crier leur mécontentement de la politique actuelle, et « défendre les 35 heures ». Est-ce beaucoup ? Peu ? Au fond, il y aurait bien pu y en avoir 100 000, ou 3 millions, quelle différence ? En quoi cela est-il indicatif ?

Loin de moi l’idée de renier l’expression populaire, mais le fait est qu’avec au moins une bonne vingtaine de milieux professionnels et de catégories de la population en grève, en lutte, bref en colère – ambulanciers, pêcheurs, camionneurs, retraités, personnes handicapées, fonctionnaires, personnel de justice, gardiens de prison, policiers, militaires, chômeurs, cheminots, étudiants et j’en passe – le résultat reste identique : la surdité du gouvernement est totale. Pire : Les négociations préalablement entamées avec les syndicats, par exemple sur la question des 35 heures, sont enterrées sitôt signées, et pour parfaire ce chaos d’injustices, on embrouille encore les cartes avec des déclarations contradictoires (Devedjian versus Bertrand, par exemple).

Difficile de faire plus malhonnête et autoritaire ! Donc, la question reste en suspens… comment faire pour que ce gouvernement abandonne son blabla stérile, et tienne au moins ses engagements ? Mystère… mais les mois passent, et le nombre de français grinçant sévèrement des dents, à mon humble avis, s’accumule. Je ne suis personnellement pas, ami lecteur, adepte des solutions violentes. Mais il y a une probabilité, de plus en plus affirmée et aggravée encore par le contexte économique mondial, pour que tout ceci se termine MAL. L’histoire est connue : Une explosion peut déclencher une réaction en chaîne. Ce serait déplorable… car il y a fort à parier que les véritables responsables de ces différents désastres échappent à la vindicte populaire, et comme d’habitude, ce seront les policiers, les civils, rebelles ou non, les véhicules ou les bibliothèques qui affronteront le feu du ressentiment populaire. Voilà… je ne suis pas prophète, et ne souhaite pas l’être, mais j’ai rarement été témoin d’une telle situation de blocage et d’exaspération, en France. Qu’en pensez-vous ?

Des idées à retenir des modèles étrangers

Dans le cadre de la préparation du prochain congrès du PS, voici l’une de mes contributions, déposée sur le site de Royal, www.congresutileetserein.com :

 

Salutations,

Je me permets de contribuer à cette question en développant certains aspects qui, me semble-t-il, sont positifs chez nos voisins :

A mon sens, en premier lieu, les démocraties du Nord de l’Europe me paraissent un vrai modèle à suivre. Je suis évidemment ravi que la camarade Ségolène s’en fasse régulièrement l’écho.

Dans ces modèles, on trouve déjà la syndicalisation de masse, nécessaire pour constituer un bon rapport entre les salariés et le patronat. Plusieurs bémols, cependant : ce système a tendance à engendrer d’immenses syndicats qui deviennent hostiles envers les petits syndicats – je pense aux structures liées aux anarchistes, qui sont dans une situation très tendue au sein de ces pays. De même, ces « gros » syndicats ont également tendance à se rallier aux positions du patronat… C’est la question, à mon avis centrale et fondamentale, de la corruption et de l’opacité des hiérarchies au sein des structures syndicales.

Un point qui, cependant, ne souffre pour moi aucune zone d’ombre, concerne le subventionnement des artistes par l’Etat. A l’heure où, aujourd’hui, l’UMP ne veut allouer ces financements qu’aux artistes et aux structures rentables (raisonnement débile et dangereux, surtout dans des secteurs très fragiles et peu rentables tels que le spectacle vivant), il semble nécessaire d’y opposer une vision humaniste et solidaire de la Culture. Cette dernière est évidemment nécessaire à l’éducation du peuple, et par là, à son émancipation. Les moyens matériels élevés nécessaires à la production artistique sont déjà synonymes d’abandon de nombreux projets indépendants… la vision de la droite, sur ce sujet, renforcera la mainmise des grosses structures, au détriment des artistes talentueux, mais pauvres.

Enfin, il est intolérable de constater les conditions de vie affligeantes auxquels nos étudiants sont exposés. Les projets d’échange en sont le triste témoin : de nombreux étudiants étrangers se font rapatrier ou donnent des avis très défavorables sur nos cités universitaires insalubres et dangereuses (je pense notamment aux nombres élevés de viols et d’agressions). Sur ce sujet, la politique des USA relative aux campus universitaires, me semble un exemple intéressant.

Le débat sur les OGM fait « Boum » à L’Assemblée

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Belle explosion en plein vol, pour la reprise du « débat » sur les OGM. Avant que le texte ne soit voté, parmi une belle dégoulinade de démagogie (« L’Europe nous condamne à payer une amende ! » « Les OGM permettent d’utiliser moins de pesticides ! » et autres « Les anti-OGM sont violents ! »), notre moitié de Parlement a eu l’honneur de se transformer en ring de boxe.

Enfin, dans l’esprit. Comme d’habitude, les parlementaires hurlent mais ne vont guère plus loin. Certes, « des huissiers se sont interposés ». Reste que le temps de Jaurès et de ses duels est loin, malgré la volonté des socialistes d’obtenir des excuses formelles.

Et la grande question : Pourquoi ? Faut dire, c’est un coup bas de la droite, qui a déclenché la querelle. Un député du Nouveau Centre a lancé que la gauche, au pouvoir après 1981, avait retardé la détection du virus du Sida, et a enchaîné sur des propos concernant l’affaire du sang contaminé…

…Glauque, non ?

20 minutes plus tard, la séance a repris. Pas d’excuses, la gauche quitte l’Assemblée, revient pour le vote. Devinez qui l’a emporté ? Au revoir, la clause de précaution. Au revoir, la France sans cancers provoqués par des merdes qui troublent nos mitoses cellulaires.

Quand on pense que la gauche s’était désolidarisée de Legrand, un parlementaire UMP qui avait accusé ses collègues d’être achetés par les lobbys, sous prétexte que ces propos étaient « excessifs ».

VRAIMENT ?

RER A : Nouvelle diversion de Sarkozy

Alala… Je suis sûr que notre Président doit se trouver TELLEMENT intelligent, avec ses formules toute faites pour manipuler les gens… Manque de bol, il est tout de même souvent pris en flagrant délit :

ORLEANS – Dénonçant les « querelles politiciennes » et les « oppositions stériles », Nicolas Sarkozy a menacé mardi à Orléans (Loiret) de « reprendre en main » directement le dossier de la modernisation du RER A, sur lequel la région Ile-de-France et la RATP se renvoient la balle.

« Je ne laisserai pas les passagers otages de situations inacceptables de lignes de RER vétustes où chaque jour un million de passagers s’entassent, assistant impuissants aux affrontements stériles et à la vétusté des investissements », a prévenu le chef de l’Etat. « Si l’Etat doit reprendre la main, l’Etat la reprendra ».

« La priorité, c’est pas les querelles politiciennes. La priorité, c’est l’efficacité », a-t-il averti, fustigeant des « oppositions stériles qui conduisent au refus absurde de la modernisation de lignes RER dont la région parisienne a par ailleurs parfaitement besoin ».

« La décentralisation, c’est fait pour qu’on gère mieux, pas pour qu’on gère moins bien ». Dans le cas contraire, « les pouvoirs publics devront prendre leurs responsabilités pour que les usagers ne soient pas otages de ces archaïsmes ».

Le chef de file des élus UMP de la Région Roger Karoutchi a appelé le président socialiste de la région Jean-Paul Huchon à débloquer des moyens pour la modernisation de cette ligne, saturée. M. Huchon a appelé quant à lui la RATP à débloquer des moyens.

Réagissant aux critiques du chef de l’Etat, M. Huchon a dénoncé une « manoeuvre politicienne » de M. Sarkozy « qui consiste à détourner l’attention des Français de ses propres responsabilités et de celles de son gouvernement ». « En s’emparant du sujet et en faisant le procès de la décentralisation, (il) témoigne une fois encore de sa volonté de tout régenter et de sa méconnaissance des apports des collectivités locales à l’amélioration de la vie des Franciliens », dit-il dans un communiqué.

M. Huchon rappelle qu’il a signé en février dernier avec la RATP un contrat d’objectifs et de moyens par lequel cette dernière « s’est engagée à faire circuler dès 2008 entre 28 et 30 rames de RER sur la ligne A aux heures de pointes alors qu’elle n’en exploite aujourd’hui que 24. Les collectivités locales, quant à elles, ont pris leur part de la charge de fonctionnement du réseau en apportant 2,9 milliards d’euros chaque année ». Et d’ajouter que « dans le cadre de cette négociation, le président de la RATP n’a pas voulu considérer le renforcement de la ligne du RER A comme une priorité contrairement aux élus d’Ile-de-France ». AP

Corruption, discriminations, pollution : JUSTICE !

Dans le cadre du prochain congrès du PS, voici l’une de mes contributions, déposée sur le site de Royal, www.congresutileetserein.com :

 

  Salutations,

  Je souhaite développer ici un point de vue qui peut apparaître radical, voire populiste, mais qui m’apparait tout-à-fait raisonnable, et amplement partagé par les citoyens français.

  Je veux parler de la lutte contre la corruption, et les discriminations. Je sais que la gauche est attachée au principe de l’indépendance de la justice, mais je ne pense pas être un extraterrestre en formulant le fait qu’en France, la justice s’appliquant aux  patrons voyous et aux élus corrompus, est très légère. Quelques exemples : 9 des 10 noms de la liste noire du Conseil de la Concurrence sont des amis proches du Président, et malgré leurs différentes inculpations, aucun n’a quoique ce soit de réellement dangereux à craindre aujourd’hui. Les pollueurs, quant à eux, peuvent dormir tranquille : Lorsqu’ils sont condamnés, après des dizaines d’années de procédure (ex: l’amiante), les amendes dérisoires qu’ils ont à payer sont très loin d’être à la hauteur des dégâts commis sur l’environnement, ou des morts et des cancers dont leurs produits sont responsables. Les élus corrompus, eux aussi, sont à la fête : Tel Juppé, à peine rendu inéligible pendant un an pour avoir collaboré dans le cadre d’emplois fictifs (détournement de fonds publics, par extension, donc), ou Tibéri, dont les pratiques de votes des électeurs morts sont notoires, et qui actuellement est élu maire d’arrondissement – à la suite d’une élection très trouble, d’ailleurs.

Peut-on classifier pareillement les discriminations dont sont victimes les employés, par rapport à leur sexe, leur âge, leur origine, voire même leur religion ou leur choix d’identité sexuelle ? Je pose ici l’hypothèse que la discrimination, dans le cadre du travail, n’est pas idéologique. Elle est ECONOMIQUE. Les discriminations sont rentables : Elles permettent de payer moins cher un travailleur, à salaire égal, de le terroriser pour le rendre servile, en bref, de l’exploiter.

Je propose donc que les tenants de ces systèmes, corrompus, pollueurs et discriminatoires, qui trahissent la confiance des électeurs, enferment les salariés dans des prisons invisibles, ou condamnent des peuples entiers à des problèmes de santé, soient punis FERMEMENT par notre système judiciaire. J’entends par là qu’ils soient condamnés à titre personnel à des années de prison ferme, et qu’on en finisse avec ces amendes insignifiantes, qui ne découragent pas ces destructeurs de démocratie.

A propos des délégués syndicaux, des délégués du personnel, et des Prud’hommes

Dans le cadre du prochain congrès du PS, voici l’une de mes contributions, déposée sur le site de Royal, www.congresutileetserein.com :

 

  Salutations,

  Une contribution courte : les syndicats « n’existent » dans les entreprises qu’à partir de onze salariés, minimum nécessaire pour avoir un délégué du personnel. Le corollaire est évident : de nombreuses entreprises « splittent » leur société en organes de dix employés au maximum. De même, les conditions de nomination des délégués syndicaux (minimum de 50 employés) sont floues, et contradictoires avec l’élection des délégués du personnel. La constitution d’une SSE (Section Syndicale de l’Entreprise) est inverse à son principe. En théorie, sa constitution donne droit au nombre réglementaire de délégués syndicaux, mais en pratique, c’est le contraire qui a lieu.

  Pour résumer, de nombreux employés ne sont pas représentés par des syndicats, au sein de l’entreprise. Les syndicats ont tendance à se faire la guerre pour constituer des sections syndicales. Les règles régissant tout ce système sont floues et son fonctionnement, relativement opaque. D’autres sujets sont à prendre en compte : jusqu’à la constitution de la SSE, tous les « syndicalistes » ou sympathisants sont sur la sellette, au regard de l’employeur. De nombreux patrons, en effet, font tout pour décourager la mise en place de syndicats dans leur entreprise.

  Enfin, ce sujet renvoie à celui des Prud’hommes, dont le taux d’abstention aux élections, qui avoisine aujourd’hui les 80%, témoigne clairement d’un manque de confiance des employés. En nombre trop faible, inconnus des employés (qui ne se réfèrent qu’aux listes, elle-même établies par les syndicats), les Prud’hommes ont perdu leur caractère dérangeant face au patronat. La réduction des tribunaux de Prud’hommes ne fait qu’accentuer ce phénomène. Les salariés y ont trop peu fréquemment recours (peu ont des notions de Droit du Travail, d’ailleurs), lorsqu’ils sont au courant de leur existence… les élections Prudhommales ne sont d’ailleurs pas faites pour les y encourager : Tenues dans des lieux parfois éloignés des lieux de travail ou de résidence des employés, durant les heures de travail, la participation à ces élections est souvent un casse-tête pratique, et de nombreuses entreprises ne font pas cas du droit de l’employé à y participer sur leur temps de travail.

Dépôts/Banques Solidaires Nationaux

Dans le cadre du prochain congrès du PS, voici une contribution que j’ai déposé sur le site de Royal, www.congresutileetserein.com :

 

Salutations,

Je voudrais développer ici une idée déjà lancée lors de la démocratie participative de 2007. Il s’agit d’un moyen d’aider les plus défavorisés, par le biais de BANQUES. En effet, la première exclusion, et sans doute la plus dangereuse, qu’ont à déplorer les plus pauvres, est celle du système bancaire; Lorsqu’ils ne sont pas surendettés, ils s’en retrouvent fréquemment radiés. L’un des corollaires de cette situation est qu’ils n’ont plus à disposition de carte de paiement.

Pour aller plus loin, et recouper par la suite ces différents problèmes : les « exclus », ont pour problèmes principaux un accès coupé aux soins – notamment dermatologiques, qui sont longs et coûteux – ainsi qu’une instabilité de résidence, d’adresse postale donc, et d’accès à des moyens de communication. Tout cela concourt à rendre très difficile les recherches d’emploi. Enfin, et c’est très loin d’être un point mineur, ces personnes se retrouvent à devoir transporter sans cesse avec eux leurs maigres possessions, pour ne pas risquer de se les faire voler. Ceci accentue encore la difficulté de la recherche d’emploi.

L’idée que je propose, ou plutôt que je relaye (elle me vient à l’origine de ma mère, une personne très peu politisée, comme quoi la démocratie participative fonctionne) est la suivante : Créer des organismes bancaires ouverts à tous, qui fassent également office de dépôt pour stocker des affaires, qui donnent accès à des téléphones et à Internet (avec une petite régulation pour éviter les abus), ainsi qu’à une carte de retrait et de paiement permettant à ces personnes de ne pas devoir toujours transporter leur argent avec eux. D’un point de vue humain, le gain est évident; d’un point de vue économique, il l’est également – réinsertion favorisée des « exclus » de la société, sans faire appel à la charité, que beaucoup rejettent.

Je propose également que ces organismes pratiquent le microcrédit, cher à la camarade Ségolène; on peut même envisager que l’Etat dépose sur chacun des comptes de ces personnes, une fois par an par exemple, un petit cadeau financier. Ce système aurait l’avantage de ne pas (ou très peu) être sujet à la corruption, d’être égalitaire, et productif en termes d’emploi. L’un des problèmes consisterait, en revanche, à ne pas faire passer ces structures pour des « nids à pauvres », ce que ces personnes fuiraient.

Note : Le terme « national » que j’emploie à deux sens : d’abord, il distingue ces structures des banques solidaires existantes, qui financent des projets dans des pays défavorisés… ensuite, il donne un cachet « sérieux » à l’ensemble.

Souveraineté et dogmes

  Dans le cadre du prochain congrès du PS, voici une contribution que j’ai proposé sur le site de Royal, www.congresutileetserein.com :

 

Salutations,

Je me fais l’écho d’un débat infructueux tenu récemment en section, au sujet de l’Europe, par rapport aux amendements du texte fondateur envoyé par le sommet du Parti. Celui-ci se fait notamment l’apôtre de l’Europe, sans nuances à mon humble avis.

Donc, la proposition d’amendement que j’avais faite, et qui a été rejeté par vote, est la suivante : « La position du Parti Socialiste au regard de l’Europe est fonction des textes adoptés par cette institution ». Immédiatement, on m’a taxé d’anti-européen !

Le problème, est que le PS est tellement fier d’avoir contribué à élaborer l’Europe, qu’à présent il manque, à mon sens, terriblement de recul sur cette dernière. Les exemples récents abondent pourtant, notamment sur le sujet des OGM (dont la culture est imposée par l’Europe sous peine de fortes sanctions financières) ou du premier traité constitutionnel qui, malgré un vote défavorable, n’a pas donné lieu à une seconde mouture parlementaire. Pourquoi considérer que l’Europe est forcément quelque chose de positif ? L’Union Européenne peut être dévoyée, corrompue, elle peut également se tromper… Est-il si inutile de prévoir des contre-pouvoirs face à ce titan administratif, qui a le pouvoir de régenter 27 peuples ?

Les SCOP

  Dans le cadre du prochain congrès du PS, voici une contribution recueillie sur le site de Royal, www.congresutileetserein.com :

Afin de contrer le capitalisme financier, je pense qu’il faut non seulement le contrôler mais aussi créer de nouveaux moyens de production permettant de le contourner. Une idée en ce sens me parait intéressante, il s’agit des SCOP (Sociétés Coopératives Ouvrières de Production). En résumé, une SCOP est une société de forme SA ou SARL dont le conseil d’administration est composé de ses employés ; problème : ces SCOP peinent souvent à se constituer car elles manquent de capital de départ pour racheter les installations et redémarrer l’activité. Par conséquent je pense que l’Etat pourrait encourager ces structures, en leur accordant par exemple des prêts à taux zéro, et en les aidant durant les premiers mois de fonctionnement. Ceci peut être très utile pour conserver notamment un certains nombre d’industries compétitives mais pas assez rentables pour les groupes financiers. Grâce à cela beaucoup d’emplois seraient sauvegardés et cela permettrait aussi d’impliquer les salariés dans la gestion de leur entreprise.

  Enfin, comme tout ne peut pas être organisé en SCOP, je pense aussi qu’il faudrait favoriser la participation et l’intéressement aux bénéfices des salariés afin, qu’eux aussi, puissent récupérer une part des profits.

Pour un rééquilibrage réel des forces de production, et une amélioration des conditions de travail

Dans l’optique du prochain congrès du PS, voici l’une des contributions que j’ai posté sur le site de Royal, http://www.congresutileetserein.com/ :

Salutations,

Je vous fais part de diverses réflexions et rapports de la part de citoyens, quant au sujet du « travail », de la « consommation », et d’une manière plus générale, des rapports du socialisme avec le marché. Ceci me semble s’insérer naturellement dans la question du « discours pseudo-révolutionnaire », face au conservatisme, lorsque la gauche arrive au pouvoir.

Le nerf de ces considérations consiste à bien intégrer le fait que l’économie, la communication, le travail ne sont sûrement pas des notions dépolitisées. La droite, et c’est loin d’être une nouveauté, est particulièrement financée par les grands groupes industriels, et autres lobbys pétrochimiques, agroalimentaires, etc… Elle est de plus relayée dans l’opinion par de nombreux organes de communication privés ET publics – l’indépendance des médias, en France, étant surtout garantie par le contrôle des rédactions qui, actuellement, sont quasiment toutes tombées aux mains de la droite. LA composition du CSA, qui compte neuf membres de droite sur neuf, en est un témoin flagrant.

Partant de ce constat, on peut certes formuler des projets de réformes, de législation, d’instauration de contre-pouvoirs. Mais ces mesures ne seront évidemment valables qu’à partir du moment où la gauche sera au pouvoir, sans compter que le Sénat, par sa structure, assure souvent un contrôle partiel de la droite. Une fois dans l’opposition, les réformes en question sont généralement abrogées, et tout est à reconstruire, tandis que pendant des années, la droite retisse ses réseaux industriels et médiatiques.

Une alternative existe : il s’agit, pour la gauche, d’initier et de soutenir ses propres moyens de production et de communication. Ainsi, même sans pouvoir au Parlement, à la Présidence, etc… Elle conservera une base industrielle et médiatique, qui sera à même de la maintenir. Actuellement, la droite est au moins dix fois plus riche que la gauche, du fait de ses liens précités; l’objectif serait de réduire cet écart. La question de la méthode est évidemment cruciale : à l’image de certaines entreprises qui ont initié une idéologie socialiste et même utopique – Ben and Jerry’s, fondé par deux hippies, qui a réinséré d’anciens prisonniers et drogués, Oxbow qui a déterminé des conditions de travail agréables pour ses employés, et même Google qui « chouchoute » ses salariés par de nombreux biais – le socialisme français peut tout-à-fait, avec un investissement préalable évidemment, concurrencer les forces traditionnelles du marché.

En dehors d’une amélioration des conditions de travail des employés, d’autres avantages seraient tirés de cette politique : le socialisme ne serait plus vu en tant que doctrine, mais en tant que modèle de travail pérenne. Deuxièmement, les bénéfices de ces entreprises permettraient de financer la cause. Troisièmement, un réseau médiatique digne de ce nom pourrait expliciter les projets des socialistes, qui sont souvent nébuleux pour l’opinion, en particulier du fait de leur mauvais traitement par les mass-medias traditionnels. De même, ces structures auraient pour vocation, progressivement, de grappiller les parts de marché des capitalistes. Enfin, tout simplement, ce projet réduirait le chômage et apporterait des produits qui, dans l’idéal, seraient de meilleure qualité, vendus moins chers, et qui apporteraient du plaisir, au peuple.

Quelques exemples. Pourquoi laisser des secteurs cruciaux de la consommation à des industriels sans scrupules ? J’ai évoqué les glaces de Ben and Jerry’s – un produit fortement plébiscité par les consommateurs – mais l’habillement, les jeux vidéos, les boissons sucrées et les boissons gazeuses, les chaussures de sport, et même pourquoi pas, le marché du luxe (secteur qui engendre le plus de bénéfices en France), sont-ils hors de portée des socialistes ?

La question des méthodes, encore. Dans cette optique, et dans un contexte étatique, pourquoi ne pas relancer les ateliers nationaux, qui pourraient réinsérer par le travail des citoyens qui connaissent l’exclusion, ou des personnes handicapées, sur le modèle des ateliers qui leur sont consacrés actuellement (mais qui sont en nombre très faible) ?

En espérant que ces réflexions, que votre serviteur défend farouchement depuis quelques années, trouveront ici un écho.

OGM : L’UMP rectifie un « incident de parcours »

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  …ce qui signifie, en clair, qu’elle reprend la main (gantée avec des pics) après avoir été temporairement tenue en échec, sur le vote en deuxième lecture du texte sur les OGM – ou plutôt, d’un de ses points touché par une motion de procédure (un coup spécial, pour résumer) initiée par le communiste Chassaigne, et qui – ô surprise – a triomphé par une voix d’écart.

  Donc, moins d’un jour plus tard, l’UMP réplique en convoquant une commission mixte paritaire, qui est une des grosses excuses de la Ve République - en cas de vote, elle se conforme en proportions à la majorité parlementaire, donc elle n’avantagera jamais l’opposition. Et voilà comment on enterre un beau débat, sans rien changer d’un texte qui a pourtant été rejeté par les représentants du peuple.

  Le ton que j’emploie est certes railleur, mais mon point de vue ne l’est absolument pas. Ce qui vient de se jouer là, ami lecteur, est très grave et très préoccupant. Ce n’est rien de moins que la confirmation d’un coup d’état lobbyiste, initié depuis plusieurs années par Bruxelles. Ce n’est pas tant que les OGM ont gagné. C’est qu’ils ne peuvent pas perdre. Les sommes en jeu sont telles, la corruption est si généralisée, que les lobbys ne permettront pas même à la « démocratie » de barrer leur chemin.

  Bienvenue dans un monde de cobayes… et de patrons de laboratoires.

AFP – Par Souk Chantalangsy

PARIS (AFP) – Le rétablissement du projet de loi sur les OGM, mercredi par une commission mixte paritaire (CMP), a été qualifié de « coup de force politique » par la gauche tandis que la droite y a vu une solution rapide et légitime à un « accident de parcours ».

Mardi, alors qu’on attendait un vote définitif du texte très controversé, l’adoption inattendue d’une motion de procédure PCF, à une voix de majorité, avait interrompu le débat, obligeant le gouvernement à convoquer en urgence une CMP (7 députés et 7 sénateurs, majoritairement de droite).

Après plus de deux heures de réunion, la CMP a entériné mercredi la version du texte votée le 16 avril par le Sénat, approuvant son article premier, seul point restant en discussion.

La décision de la CMP a réduit à néant la « victoire politique » obtenue 24 heures plus tôt par la gauche.

Il s’agit pour l’exécutif, a souligné à l’Assemblée le Premier ministre François Fillon, de réparer « l’incident regrettable » qu’a constitué ce rejet surprise, incident qui « ne détournera pas le gouvernement et sa majorité de leurs responsabilités ».

« C’est un coup de force juridique et politique », ont rétorqué en choeur les députés PS, Verts et PCF. « Le rejet du texte est bien une victoire politique pour la gauche et les citoyens qui rejettent les cultures OGM », ont assuré des élus de l’opposition lors d’un point de presse à l’Assemblée.

Les responsables PS -François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Ségolène Royal en tête- se sont succédé mercredi pour appeler le gouvernement à « réécrire » un nouveau texte et non pas « relancer la procédure parlementaire ».

« Nous avons une interprétation juridique différente de celle du gouvernement. Selon la Constitution et le règlement de l’Assemblée, pour nous, le vote d’une motion de procédure annule le texte et il faut repartir à zéro », a déclaré Yves Cochet (Verts).

« Nous poursuivrons le combat. C’est hallucinant de voir l’aveuglement de l’UMP sur ce dossier », a renchéri le PS Philippe Martin, annonçant la saisine du Conseil constitutionnel dès l’adoption du projet OGM.

Pour André Chassaigne, auteur de la motion votée mardi et d’un amendement majeur, la voie choisie avec la CMP est « une erreur terrible » et « à quelques mois de la présidence française de l’UE, c’est un crachat contre la démocratie ».

A droite, le mot d’ordre était à l’unité au lendemain d’un cinglant revers et tout a été fait au plus haut niveau de l’Etat pour minimiser « le coup politique » de la gauche.

M. Sarkozy a rappelé en Conseil des ministres qu’il « tenait beaucoup » au texte sur les OGM mais le chef de l’Etat n’est « pas intervenu sur le fonctionnement du groupe UMP », a assuré le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Après un soutien « unanime » des députés de son groupe dans la matinée, Jean-François Copé -accusé mardi par certains, à l’Elysée et à Matignon, de ne pas suffisamment tenir ses troupes- a eu droit à une « standing ovation » dans l’hémicycle.

C’est l’absentéisme des députés UMP qui a permis le coup de théâtre de mardi. Le texte OGM n’a jamais suscité de franche adhésion en leur sein, certains s’inquiétant plus ou moins ouvertement des risques environnementaux des OGM tandis que d’autres reprochent au gouvernement de la faire la part trop belle aux anti-OGM.

Une interview de Royal

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  In extenso, voici la dernière entrevue de la présidente du Poitou-Charentes, accordée à Le Parisien/Aujourd’hui en France. Globalement, je la trouve réussie et sensée, même si Royal a toujours tendance à retomber dans ses travers… elle a un côté têtu qui est une qualité pour une dirigeante, mais qui en énervera certains. Enfin, ami lecteur, je te laisse juger sur pièce :

MEHDI MARTEL. Un an après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, quel est, selon vous, son plus grand échec… et sa plus grande réussite ?

Son plus grand échec, c’est la déception des Français. Lorsqu’on a la chance d’être chef de la cinquième puissance du monde, on n’a pas le droit de rater une année. La France a été séduite et elle est aujourd’hui abandonnée. C’est très grave. Le pouvoir en place semble dépassé. Il a fait croire qu’il maîtrisait les choses, que toutes les réformes étaient prêtes. Or, dans un monde qui va très vite, marqué par la mondialisation, un dirigeant ne peut pas être dépassé par les événements.

SERGE GADEA. Sarkozy a-t-il trouvé ses limites ?

Oui. Il n’est pas à la hauteur d’une période historique compliquée. Il s’est occupé davantage de lui-même que de la France. Il disait qu’il serait le président de la morale, du courage, du pouvoir d’achat, des droits de l’homme. C’est tout le contraire : on a de l’immoralité, du non-respect, de l’improvisation. Maintenant il faut qu’il se ressaisisse car il faut remettre la France sur la bonne voie : une autre politique est possible.

CAROLINE CHANFREAU. Mais y a-t-il quand même quelques succès ?

L’émergence au sein du gouvernement de femmes issues de la diversité est une chose positive… Encore que, en bonne logique républicaine, il faut juger sur les résultats.

JEANINE HAMELIN. Pourquoi, selon vous, avez-vous perdu la présidentielle il y a un an ?

C’est une bonne question, j’ai écrit un livre pour expliquer cela (rires) ! Je n’ai pas réussi à convaincre de nombreuses personnes parce que, en face, Nicolas Sarkozy a fait des promesses : celle de revaloriser de 25 % le minimum vieillesse, les petites retraites et l’allocation adulte handicapé. Il avait aussi annoncé qu’il demanderait aux patrons d’augmenter les bas salaires. Dans une élection, ça joue. Moi, je n’ai promis sérieusement que ce que je savais pouvoir tenir. Mon adversaire a aussi bénéficié pendant les années précédant l’élection de relais médiatiques extrêmement puissants et de moyens financiers considérables, en cumulant le ministère de l’Intérieur et l’UMP. Enfin, il m’a manqué le soutien de certains dirigeants socialistes, qui n’ont pas accepté ma désignation massive par les militants du parti.

MEHDI MARTEL. Avez-vous des propositions concrètes pour réduire le chômage des jeunes et faciliter l’accès dans la vie active ?

Il y a une déconnexion entre certaines filières de formation économique et la réalité du marché du travail. Et aussi un énorme gâchis à l’issue des deux premières années d’université, où 40 % des jeunes abandonnent sans qualification et sans diplôme. Il faut une réforme profonde de l’université et en particulier dé-spécialiser les premières années de formation. Et puis il y a des secteurs sous tension dans le bâtiment, la restauration, les services à domicile. Or, ces métiers ne sont pas suffisamment valorisés. C’est ce que j’ai fait dans ma région en donnant un chèque à tous les jeunes qui entrent dans ces trois filières pour les aider à financer leur permis de conduire, dont ils ont besoin pour aller travailler. Par ailleurs, je suis favorable au développement de l’apprentissage, y compris dans l’enseignement supérieur. C’est-à-dire la formation alternée entre la théorie et la pratique. Cela existe déjà et il faut le développer.

JEANINE HAMELIN. Comment accroître le pouvoir d’achat alors que tout augmente ?

C’est l’expression de l’angoisse principale : la vie chère, l’accès au logement devenu difficile, l’augmentation de l’essence… Au lieu de donner 15 milliards chaque année dans le paquet fiscal, on aurait pu baisser la TVA sur la consommation. Ou doubler la prime pour l’emploi pour 8 millions de salariés. Il faut imposer aux collectivités locales de respecter le quota des 20 % de logements sociaux. Il faut réorienter la masse de l’épargne vers le secteur de la construction. Quant aux prix, il faut contrôler les marges de la grande distribution. Je suis favorable à l’autorisation des actions de groupe de consommateurs. C’est très efficace pour instaurer un rapport de force sur les prix entre les consommateurs et les grandes entreprises.

Lire la suite de ‘Une interview de Royal’ »

PS : Parti Stupide – la preuve !

PARIS – L’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a affirmé vendredi qu’il « ne croyait pas » que Ségolène Royal serait un bon Premier secrétaire du Parti socialiste, doutant même qu’elle pourrait le devenir.

« Je ne pense pas qu’elle puisse (devenir Premier secrétaire) parce que l’ensemble du parti, c’est-à-dire les membres vrais, ont analysé ce qu’il s’est passé: Nous avons quand même perdu pour la troisième fois une élection présidentielle par une marge de 6% », a-t-il lancé sur RTL. « N’importe quel socialiste aurait fait 17 millions de voix, c’était le point bas ».

A la question de savoir si elle pouvait être un « bon Premier secrétaire », Michel Rocard a tranché: « Ma réponse est je ne crois pas, mais ce n’est pas le vrai problème ». Il faut d’abord aider le PS à clarifier ses positions sur « l’Europe », « l’économie de marché », « avant de s’occuper d’une présidentielle qu’on commencera à préparer en 2011″, a-t-il estimé.

Interrogé sur la popularité de l’ancienne candidate à la présidentielle chez les sympathisants socialistes qui souhaitent qu’elle devienne Premier secrétaire du PS, Michel Rocard a reconnu que « ça (l)’agace un peu (…) c’est une donnée de fait ». AP

ALORS…

1/ Rocard, déteste Royal (ce qui n’était pas réciproque, à la base, d’ailleurs), car il a voulu la « remplacer » au cours de l’élection présidentielle, un mois avant le premier tour. Elle a refusé, un peu éberluée, arguant du vote des militants en sa faveur…

2/ Rocard, déteste Royal, car il la soupçonne d’être une mitterrandiste. Ce qui n’est pas forcément faux, mais dépend surtout de ce qu’on entend par là… L’ex Premier Ministre, lui, semble n’y voir que rancoeur et opportunité d’une vengeancc personnelle.

3/ Rocard, ne veut pas que Royal soit Première Secrétaire du PS, parce qu’il veut l’être.

4/ Pour Rocard, le fait que la base militante soit majoritairement favorable à une direction Royal, est « un état de fait ». Pour un pauvre petit con comme moi, cher grand politicien sauveur de l’humanité, ce n’est que la démocratie interne d’un parti… Rocard veut trôner à Solférino ? Qu’il ait au moins le courage de se présenter !

5/ Quand Rocard dit que le PS doit clarifier ses positions sur « l’Europe » et sur « l’économie de marché », il faut comprendre qu’il a envie d’exposer ses théories sur l’Europe et sur l’économie de marché, les siennes, qui sont fatalement transcendantes. Vu que le rapport du monsieur sur Internet et les nouvelles technologies faisait un peu plus de 800 pages, on peut augurer que la compilation des pensées rocardiennes sur l’Europe est du genre à fournir de la lecture pendant un paquet d’années. Mais ce n’est pas forcément la question…

  La question, c’est ça : un vieux qui pique son caprice, qui lâche que « n’importe qui aurait fait mieux » (sous-entendu : lui), devant les caméras, histoire d’exister parce qu’il en a marre qu’on le laisse tout seul, dans son coin. C’EST CA, ÊTRE SOCIALISTE, BORDEL ?

  Enfin… au moins, on aura échappé à un énième bouquin sur le thème de « Royal est nulle, c’est de sa faute si on a perdu, et je vous l’avais bien dit » (votez pour moi) !

PS : Parti Stupide

  Je ne suis pas un partisan. Enfin, pas vraiment. Je l’ai déjà écrit, et je le répète : je suis de gauche, je me reconnais dans les idées socialistes (transformer progressivement la société, sans entrer dans les délires totalitaires des communistes), j’ai choisi mon camp car il le faut bien – on peut oublier la politique, mais elle, n’oublie personne – et, quitte à choisir un chef dans cette mouvance idélogique, je me sens proche du « réformisme musclé » de Royal.

  Pour autant, je ne suis pas un gogol qui va aller acclamer toute chose giclant de Solférino. Je pense plus précisément au « texte fondateur » cuvée 2008, que le Parti vient de sortir de son chapeau (ou de ses fesses, c’est selon l’humeur) pour bien montrer que le PS est une organisation moderne qui se tient vachement à la pointe de l’actualité. Tellement qu’il en zappe les « forums de la rénovation » d’ailleurs (bien que moi j’appellerais plutôt ça des meetings entre ténors devant un public acquis d’avance), la consultation Internet qui y a été associée (pour amuser la galerie donc, visiblement), la démocratie participative qui l’a précédé (à peine quelques centaines de milliers de contributions, c’est vrai…), et d’une manière générale le travail intellectuel que peuvent fournir les militants « de base ».

  Tout ça, juste après avoir trimé comme des beaux diables pour les yeux de ces candidats à la mairie, ça fait juste un tout petit peu mal à l’arrière-train. Est-ce vraiment lié, par nature, à la gestion très autocratique, façon illusion d’optique, de François Hollande ? C’est grave, docteur ? Hélas, il me semble que le mal est plus généralisé que cela.

  Le PS souffre, à mon sens, de deux maux. D’abord, un effrayant manque de couilles, et ensuite, le syndrôme du parti élitiste, sur fond de « oui mais voyez-vous, nous n’avons pas les mêmes valeurs ». 

  Non, nous n’avons pas les mêmes valeurs, effectivement. Quand on voit qu’un Mélenchon (ouh je suis sénateur et je tape sur Royal, regardez-moi je suis de super-gauche) représente la « branche rebelle » du parti, aux côtés d’arrivistes comme Valls et Montebourg (j’ai un peu plus de respect pour ce dernier, qui lui au moins a eu le cran de vouloir s’attaquer aux paradis fiscaux), nappés entre un Julien Dray qui joue son Staline (hop-là, ni vu ni connu j’infiltre et je verrouille le parti) et un François Hollande qui va nous jouer le coup du retour en 2012 – ne parlons même pas de Lionel Jospin ! – en y rajoutant Fabius, DSK, et Martine Aubry, on se dit qu’on n’est pas sortis de l’auberge… Royal et Delanoë, feront l’objet de posts spécifiques.

  Tu as remarqué, ami lecteur ? Voilà, on peut discourir pendant des pages sans évoquer une seule véritable idée… ça s’appelle le clanisme. Le PS crève d’être sans cesse tiraillé entre des politiciens qui ne pensent qu’à le dominer. Qui pense simplement à l’écouter ? Si quasiment la moitié des adhérents socialistes ont fui après la présidentielle, c’est qu’ils ont bien senti le vent tourner… Ils ont senti qu’ils n’avaient pas grand-chose à attendre d’un parti qui, pour se « refonder », fait se réunir une demie-douzaine de ténors dans une pièce afin de rédiger un texte qui a le mérite d’être aussi consensuel qu’ennuyeux. Quel est-il, ce texte, plus précisément ? Il faut bien l’avouer, il n’est pas encore terminé, et sera voté par les militants « après débat ». Donc on ne peut gloser, pour le moment, que sur ses grandes lignes… en théorie, du moins. J’adore l’esprit démocratique du PS. On a le choix entre un texte. Aura-t-on le droit de l’amender ? Chouette alors. Et si on ne l’a pas ? Ca fait rien, on en discutera entre nous, on se montera la tête entre nous, en section, et puis chacun rentrera gentiment chez lui tandis que les dirigeants continueront à diriger, en attendant ce qui les motive suprêmement, à savoir le prochain Congrès. Quel clan va l’emporter ? Suspens !

  Et donc, les idées ? Ah oui, bon. Pour trancher avec les précédents textes, qui étaient encore un peu trop marxistes (autogestion, société sans classe, parti révolutionnaire, etc…), le PS marque noir sur blanc qu’il veut défendre « une économie de marché sociale et écologique ». C’est vrai que Jaurès, déjà, ne rejettait pas les principes de marché, alors c’était urgent de le rappeler… alalala la grande querelle du marché… Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, les socialistes n’ont jamais voulu en sortir – on fait comment, d’ailleurs, on en revient au troc alors, ou on abolit la monnaie ? – autrement que par des nationalisations-clé, et des autogestions qui n’ont jamais été mises en pratique. Sauf au temps de la Commune, certes, mais on ne saura jamais si ça aurait bien pu marcher sur le long terme, pour cause de gros massacre.

  D’ailleurs, les communistes non plus, ne sont jamais sortis du marché; Ils en ont recréé un autre. Pas génial d’ailleurs, niveau conditions de vie des travailleurs – ce qui composait l’essentiel des doctrines marxistes avant qu’elles n’arrivent au pouvoir… drôle, non ?

  Donc, à moins de tous vivre comme des hippies, en admettant qu’un monde sans armes ni esclavage, ni crime puisse exister, on ne sortira pas des principes basiques des marchés, entre autres parce qu’on a besoin de travailler, de se vendre et de s’acheter des machins, et d’un Etat qui puisse faire fonctionner à peu près correctement tout ce bordel. Fin de la parenthèse… Mais bon, c’est peut-être encore trop pragmatique, ce que je viens d’exposer. Ce texte imposé d’en haut a surtout une visée esthétique. Parlons clair : Personne, ou presque, ne le lira. Je parle du grand public, là. Ce texte est une excuse, il dit : « Vous voyez, on est devenus raiusonnables, on est des socialistes bien sous tous rapports, mais en même temps on n’a pas oublié de coller le mot « social » un peu partout, et aussi de l’écologie parce que le vert ça fait bien ». Je caricature, évidemment, parce que l’écologie, quand on y réfléchit un peu, c’est forcément de gauche, et la politique de ces trente dernières années l’a sombrement prouvé. Mais franchement… les grosses tartines indigestes qui semblent dater du 19e siècle au niveau de la méthode, balancées comme ça en se disant que tout le monde n’y verra que du feu, c’est d’un énervant…

  Le problème, si un ténor du Parti lit ces lignes, est qu’il faudra bien que le PS accepte le fait, un jour, que ni les militants ni les gens ne sont des gros cons. C’est sûr, dans le lot il y en a, surtout des personnes qui, en fait, ne s’intéressent pas du tout, ou à peine à la politique; Mais, tous ceux qui font cet effort, eux, en sont rapidement dégoûtés par ces méthodes d’autocrates qui se regardent le nombril.

  Vive la démocratie, la vraie ! Vive la lumière ! Vive le conflit idéologique, bouillonnant et créateur ! Vive le choix et vive le respect de TOUS les membres d’un parti qui veut diriger l’une des grandes puissances de ce monde ! Vive la rage, vive l’intelligence ! Brûlons tous ces placards qui sentent le renfermé !

L’article 2

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PARIS (AFP) (Suzette Bloch) – L’Assemblée nationale a débattu pour la première fois en séance publique mercredi de la place des langues régionales et minoritaires, mettant fin à un sujet quasi tabou en France, à la satisfaction des députés tous partis confondus.

Bretons, Alsaciens, Catalans, Corses, Occitans, Béarnais: une vingtaine d’élus, lors de ce débat inédit, ont revendiqué dans un français parfois teinté d’accent ou dans leur langue régionale la reconnaissance de leur identité régionale, déplorant, parfois avec passion, le déclin « des langues de France ».

« Senyor Ministre, els Catalans son gent orgullosa, honesta i pacifica. La seva llengua es un dret i saben quins son els seus Diras » (M. le ministre, les Catalans sont fiers, honnêtes et paisibles. Leur langue est un droit et ils savent où sont leurs devoirs), a ainsi lancé Daniel Mach (MP).

Interrompu par le vice-président de l’Assemblée, Marc L’affineur (UMP), qui, du haut du perchoir, l’avertissait qu’il était « interdit de s’exprimer autrement qu’en français dans l’hémicycle », le député des Pyrénées-Orientales a tenu à terminer sa phrase en catalan après avoir évoqué « les humiliations historiques pour les Catalans ».

« Bienvenue chez les ch’tis n’est pas un phénomène cinématographique mais un phénomène sociologique », a renchéri Marc Le Fur (UMP, Côtes-d’Armor). « Egalité ne veut pas dire uniformité », a-t-il ajouté, réclamant « du concret sur l’éducation, les médias, internet, la signalétique » et « une belle et grande loi » pour les langues régionales.

M. Le Fur avait mené une fronde d’une trentaine de députés UMP lors de l’examen du texte sur le traité européen en début d’année, tentant en vain par un amendement de modifier la constitution pour permettre la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales. Le gouvernement s’était alors engagé à organiser un débat.

La France a signé en mai 1999 cette Charte, dont s’est doté le Conseil de l’Europe en 1992, mais ne l’a jamais ratifiée, le Conseil constitutionnel ayant estimé qu’une telle ratification nécessitait une révision de la Constitution.

Les députés de l’opposition n’ont pas été en reste, rejoignant ceux de la majorité dans leur « fierté de représenter des cultures régionales ». Ils ont réclamé la ratification de la Charte européenne et proposé d’ajouter à l’article 2 de la Constitution (« la langue de la République est le français ») les mots suivants: « dans le respect des langues régionales qui font partie de notre patrimoine ».

« La France, qui a la chance de posséder 75 langues régionales, les laisse s’éteindre peu à peu », a déploré Françoise Olivier-Coupeau (PS, Morbihan), « il est largement temps de vaincre la frilosité des institutions ».

La ministre de la Culture, Christine Albanel, a confirmé que la France ne ratifierait pas la Charte européenne, « contraire à nos principes ».

Cette ratification « implique la reconnaissance d’un +droit imprescriptible+ de parler une langue régionale, notamment dans la sphère publique », a-t-elle notamment argué.

La ministre s’est cependant engagée à proposer un texte de loi, réclamé par de nombreux députés UMP, sans préciser de calendrier.

Note : Personnellement, je pense que la langue administrative, en France, doit rester le français, mais que rien n’interdit l’étude ni la pratique, bien organisées, d’autres langues dans notre beau pays. Il faut resituer ce fameux second article de la Constitution dans son contexte : Lors de notre Première Révolution, les français ne se comprenaient tout simplement pas d’un coin à l’autre du pays ! Ceci étant notamment du à un illettrisme massif, qui ne favorisait pas l’apprentissage de plusieurs langues – et, tout bonnement d’une volonté du régime de diviser la population. Les temps ont changé… Si l’on garde comme base de référence la langue dite « française », en tant que langue obligatoire, il va également de fait (à mon humble avis) que la mise en valeur de notre patrimoine culturel, notamment au niveau linguistique, contribuera à réduire les tensions entre les communautés – sans parler du terrorisme et du séparatisme, qui se nourrit de ces situations de conflit !

A propos du commerce, et des tactiques du grand patronat

  Je livre ici une réflexion simple – je l’espère – dans sa formulation, mais dont les ramifications sont finalement assez universelles. Quels sont les buts du capitalisme débridé/ultralibéralisme/politique du grand patronat ? J’en propose trois :

  – D’abord, il s’agit de produire au plus faible coût. C’est donc un mélange de bas salaires, d’automatisation, de délocalisations ou tout bêtement d’esclavage (enfants qu’on envoie dans les mines, femmes payées moins chères que les hommes, « étrangers » exploités, etc…) qui est mis en place. La peur, la faiblesse des syndicats, une éducation imparfaite (notamment dans les domaines de la législation sur le Droit du Travail), des lois inappliquées (aaaah… les RTT !) et, d’une manière générale, la toute-puissance du patron face à l’employé, contribuent évidemment à cet étatde fait. La disparition d’une bonne centaine de tribunaux des Prud’Hommes n’est pas faite pour y remédier, ni la récente « réforme » du Code du Travail, qui renvoie en gros le salarié à la négociation en face-à-face devant son employeur. Ceux qui n’ont jamais pu participer à une grève, par exemple, par peur d’être virés, comprendront où je veux en venir…

  – Deuxièmement, il s’agit de forcer la vente d’un article, du moins d’en vendre le plus possible. Dans ce registre, on trouve la publicité, mais aussi les drogues (addictifs dans les clopes, par exemple), « la mode », et surtout la domination des marchés les plus essentiels par les sphères privées : alimentaire, éducation, bâtiment, pharmaceutique et soins médicaux, etc… Le truc, c’est que le « client » sera toujours forcé de manger, de se soigner, ou de disposer d’une bonne éducation. Si on flingue tous les secteurs publics qui y sont traditionnellement afférents, le « consommateur » sera bien forcé de se rabattre sur une production plus capitaliste (cliniques privées, écoles privées, fonds de pension par capitalisation, agroalimentaire chimique, etc…) A ce niveau, évidemment, les gros industriels s’arrangent pour dessouder leurs concurrents les plus faibles (petites entreprises, artisans), souvent avec le concours de politiciens corrompus. Ce genre de magouilles peut donner la loi récente qui avantage très nettement les grandes surfaces, les hyper et les discounters, au nom de la « concurrence » - en pratique, au détriment des petits commerçants. Paix à leur âme.

  – Troisièmement, une fois le marché dominé, le client harponné, et les produits fabriqués dans des pays pauvres et revendus trente fois plus chers dans les pays riches (pour les services, il suffit d’utiliser une main d’oeuvre rendue servile par un marché du travail sans pitié), une fois la concurrence éliminée donc, et les pouvoirs publics rendus inopérants, il reste à spéculer au maximum. Concrètement, il s’agit de vendre le plus cher possible un produit qui est, ou sera rendu nécessaire. C’est là où nous nous trouvons, ami lecteur. Les denrées alimentaires, revendues après un bon gros conditionnement mental du client, dans les centrales de distribution, augmentent alors même que les producteurs, parfois, en font baisser le prix à l’achat. SPECULATION ! Et les cas fourmillent, pas seulement du côté des grandes surfaces d’ailleurs : le prix du gaz, en France, par exemple. Sarkozy s’est récemment répandu à ce sujet, lors d’une interview télévisée blindée de démagogie et de contre-vérités… La réalité est que le prix du gaz n’est pas « indexé sur le prix du baril de pétrole ». Il est régulé par l’Etat. Et depuis trois années, le prix du gaz, à l’achat, a BAISSE. Durant ce même temps, il a AUGMENTE à la vente, l’Etat se chargeant de recouvrir ce tour de passe-passe d’un joli voile de désinformation.

  Voilà une preuve supplémentaire, ami lecteur, que le « capitalisme » (j’aime pas ce mot, beaucoup trop général) nous prend vraiment pour des cons. C’est également une preuve de l’importance fondamentale de la politique; Un bon régime peut utiliser des leviers pour garantir le fameux « pouvoir d’achat » du consommateur. Un régime corrompu s’en fout, se marre, et s’en met plein les poches dans l’intervalle.

Une question de réduction des allocations familiales

  Bon, pour ceux qui ne sont pas familiers avec ces calculs (j’écris ça sans aucune condescendance), le post qui va suivre est un peu compliqué à aborder, mais je vais essayer de le résumer le plus clairement possible.

  En gros, après que Luc Chatel (celui qui s’étonnait, sur Dailymotion, de la hausse des prix) ait bien précisé que rien n’était prévu concernant les allocations familiales, Fillon le dément en annonçant une baisse, en pratique, des sommes allouées au total. Verdict de Nadine Morano, secrétaire-machin à la famille : « Il n’y a pas de couac gouvernemental. Nous sommes sur la même ligne. » C’est ce qui s’appelle justifier son salaire…

  Rentrons dans les détails. Jusqu’à maintenant, les allocations familiales étaient majorées (donc augmentaient) à 11 ans et à 16 ans. Fillon décrète qu’elles le seront, dorénavant, uniquement à 14 ans, en se basant sur des « études ». Bilan : Une baisse de six cent euros en moyenne pour les familles, comprise sur cinq ans. A part ça, il n’y a aucun « plan de rigueur »… l’UMP se décharge en évoquant le fait que les 180 millions d’euros ainsi économisés (1% du paquet fiscal, à titre de comparaison) seront réinvestis dans la garde d’enfants à domicile. Super, sauf que ça n’a rien à voir avec l’affaire initiale…

  Les socialistes, et la gauche toute entière sont vent debout contre cette mesure, la droite elle-même se divise sur ce sujet, mais on s’en fout puisque, de toute manière, le gouvernement fera ce qu’il veut, et qu’il n’y a ni « rigueur », ni « cacophonie » dans ses annonces. Ils l’affirment avec tellement de conviction, qu’il faudra bien les croire, non ?

Royal prend du plomb dans l’aile

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  Ami lecteur, tu sais que ton serviteur peut avoir des failles, mais s’il y en a une que je réfute catégoriquement, c’est bien l’esprit partisan qui occulte les défauts de son propre camp. Il est donc nécessaire d’évoquer, ici, une affaire qui, à n’en pas douter, entachera la réputation de Ségolène Royal – à savoir, le jugement rendu en sa défaveur concernant le non-paiement des salaires de deux de ses collaboratrices.

  Pour m’être intéressé à cette affaire, je peux essayer de la resituer entre ces pages : Après la dissolution de 1997, l’actuelle présidente du Poitou-Charentes avait continué à employer ces deux personnes, lors de la campagne électorale. On parle de « plusieurs mois », mais il s’agit plus sûrement de quelques semaines. Par oubli ou par radinerie, Royal n’a effectivement pas payé ses ex-attachées. Lorsqu’elles se sont manifestées, elle leur a toutefois glissé une enveloppe en espèces – ce qui n’est pas très légal, certes, mais reste relativement honorable. S’ensuit un procès qui dure plus de dix ans, jusqu’à aujourd’hui. Ces deux personnes sont, finalement, dédommagées officiellement (en plus de leur enveloppe, malin hein ?), et, bien sûr, clament haut et fort qu’elles n’ont pas fait ça « par esprit de vengeance ». Mon cul, ouais…  A tort ou à raison, les plaignantes ont retourné leur veste depuis longtemps, et s’acharnent sur leur ancienne patronne, pour le compte de l’UMP.

  En témoigne le fait que le jugement soit déformé par les propos de l’UMP, Raffarin en tête (qui l’a toujours mauvaise d’avoir perdu la région Poitou-Charentes, et compte bien se refaire), et surtout que la droite soit montée au créneau avant même que Royal n’en soit informée… En bref, cette affaire est montée en épingle pour salir l’ex-candidate à la présidentielle.

  Le problème, comme d’habitude, est que les gens ne vont sûrement pas aller chercher en profondeur les tenants et les aboutissants de ce jugement, et que ce scandale risque bien de rendre Royal impopulaire… Quand on voit que même les communistes s’y mettent, pour la descendre en flammes, c’est mal barré pour le « français moyen ». Personnellement, je soutiens que la méthode Royal sur ce sujet n’était pas la bonne, qu’elle a fait une énorme connerie qui lui éclate aujourd’hui en pleine tête, au mauvais moment qui plus est ; mais pour autant, on ne peut l’accuser d’avoir volé ou exploité son personnel, puisqu’elle a tenté de le rémunérer !

  Qu’en pensez-vous ?

Fronde fiscale

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PARIS (AFP) – Les députés de gauche, trop heureux de pouvoir jeter de l’huile sur le feu, ont, fait rarissime, réservé mercredi une spectaculaire « standing ovation » à une députée… UMP, Chantal Brunel, qui questionnait le gouvernement sur l’avenir des 359 « niches » fiscales.

Pendant la lecture de sa question, Mme Brunel, nouvelle porte-parole de l’UMP et députée de Seine-et-Marne, a été applaudie une demi-douzaine de fois par la gauche sur le mode crescendo à mesure qu’elle dénonçait certaines « dérives fiscales » permettant aux plus fortunés de ne pas payer d’impôts.

Puis la gauche s’est levée presque comme un seul homme quand elle a lancé à la ministre de l’Economie Christine Lagarde: « pouvez-vous nous dire ce que compte faire le gouvernement? ».

Les bancs UMP restaient étrangement calmes.

« J’ai parlé des niches et de la justice fiscales, un sujet dont les parlementaires UMP se sont emparés depuis longtemps », s’est justifiée la nouvelle « idole » du PS après la séance des questions d’actualité.

Pour les élus PS, cette mise en scène était une occasion de dénoncer de nouveau le « paquet fiscal »: « le bouclier fiscal est la plus belle niche fiscale que l’on ait inventée depuis longtemps », a commenté l’ex-garde des Sceaux PS Marylise Lebranchu.

« Chantal Brunel demande si l’on peut empêcher que des gens gagnent beaucoup d’argent sans payer d’impôts. Elle illustre ce que l’on pense depuis longtemps », a-t-elle ajouté.

Un autre député PS, Christian Paul, a salué la question, mais a dit avoir été « déçu » de la réponse de Mme Lagarde, qui a parlé, à propos des niches fiscales, de questions « techniques ».

Négociations sur le travail

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  Un débat très important vient d’avoir lieu à l’Assemblée, quant aux modalités pratiques de la dite « flexisécurité ». Bon, comme d’habitude, vu que l’UMP dispose de la majorité, à part grogner, s’insurger et faire des amendements qui ne sont pas adoptés, « l’opposition » n’a pas de réel pouvoir… C’est aussi ça, la démocratie. La dictature des mathématiques… Décryptons tout de même cet échange, d’après une dépêche de l’AFP :

 

PARIS (AFP) – L’Assemblée nationale devait achever dans la nuit de mercredi à jeudi l’examen du projet de loi sur la « modernisation du marché du travail » et la « flexi-sécurité », résultat d’un accord syndicats-patronat mais qui inspire à la gauche la plus grande méfiance.

Définition du contrat de travail, « rupture conventionnelle » -à l’amiable- entre le salarié et l’employeur, indemnités de licenciement : la gauche cherche « le diable dans les détails », comme elle l’a prévenu, à l’heure de « transposer » dans le code du travail l’accord signé en janvier par les syndicats -sauf la CGT- et, côté patronal, le Medef, l’UPA et la CGPME. [euh... c'est à dire que toutes les propositions du MEDEF ont été acceptées, et que les syndicats ont parlementé, sans obtenir grand-chose... bien sûr, ça ne leur plaira pas de le reconnaître, mais c'est une réalité.]

Inversement, le gouvernement, par la voix de Xavier Bertrand (Travail), souhaite que les élus ne touchent pas au texte, par « respect » pour le travail des « partenaires sociaux ». [Qu'est-ce que je disais...]

« Vos interventions sont insultantes pour quatre organisations de salariés qui ont négocié! », a même lancé à l’opposition le rapporteur UMP Dominique Dord, agacé par les réticences des communistes sur la « rupture conventionnelle ».

Exemple-type de cet état d’esprit : à la reprise des débats mercredi, la députée Martine Billard (Verts) a voulu corriger un alinéa du texte qui était, selon elle, « désavantageux » pour les salariés victimes d’un licenciement économique après dix ans d’ancienneté.

« En ce qui concerne le gouvernement, il n’est pas question de pouvoir signer un décret qui, au final, aboutirait à une diminution des droits », a promis M. Bertrand, après une interruption de séance où il a longuement parlé avec les députés de l’opposition. [ah ben si on a la parole du ministre, tout va tout de suite 'achement mieux...]

« Il y a encore des discussions entre partenaires sociaux après la signature de l’accord de janvier », a ajouté M. Bertrand. Sous-entendu, à l’attention de l’opposition : comment les syndicats pourraient-ils négocier un texte contraire aux intérêts des salariés ? [Peut-être qu'ils n'ont pas le choix et que, de toute manière, ils n'en subiront pas les conséquences directement, alors bon...]

Tout à son souci de vigilance, le député PS Jean-Patrick Gilles -auteur de la formule sur « le diable dans les détails- a soulevé une « question de principe ».

Il veut voir inscrit noir sur blanc dans la loi que la « rupture conventionnelle » (que les députés comparent au divorce par consentement mutuel entre le salarié et l’employeur) donne bien droit au versement d’allocations de l’assurance-chômage. Ce point devait être discuté dans la soirée. [C'est vrai que c'est à peine important... On aboutit à des licenciements à l'arrache qui ne donneront peut-être pas lieu à une indemnisation du travailleur... C'est à peine un recul potentiel d'environ un siècle sur les luttes sociales et salariales...]

La veille, l’Assemblée avait précisé que le CDI est non seulement la forme « normale » mais aussi « générale » du contrat de travail, sur proposition sourcilleuse des socialistes. [du blabla sans réelle définition]

En revanche, l’opposition n’a pas réussi à ajouter que le temps-plein était aussi la règle du contrat de travail.

M. Bertrand, rappelant que « le temps partiel est parfois un choix, mais que dans de nombreux cas, il est subi », a annoncé une table-ronde en juin. « En attendant, sous une amicale pression de ma part, trois enseignes de la grande distribution, Auchan, Casino et Carrefour, ont décidé d’évoluer: le temps partiel subi passe chez eux au temps complet », a-t-il affirmé. [Bertrand refuse qu'on le traduise en loi, mais proclame que ce sera fait auprès de spécialistes des temps partiels subis... eh ben on demande à voir... et pour les autres ?]

Le texte devra encore faire l’objet d’un vote solennel à la reprise des travaux parlementaires, le mardi 29 avril, avant son examen au Sénat. L’UMP devait voter le texte sans état d’âme, le PS s’abstenir [grrrrrr], et le GDR (Verts et communistes), voter contre.

Royal fait appel à ses militants

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  On peut bien penser ce qu’on veut de Royal, mais au moins, une chose est sûre : elle ne faiblit pas dans l’adversité. Son mouvement (auquel j’appartiens modestement), reprend même du poil de la bête. Si le site principal de Désirs d’Avenir est toujours laissé en friche (euphémisme), notons l’apparition d’une nouvelle structure Internet, au nom tout aussi évocateur (et un peu comique, mais il parait que c’est assumé) : www.congresutileetserein.com

  Pour l’instant, je n’ai pas de plainte à déposer à son encontre (mon esprit critique m’aura valu, pour l’anecdote, une brouille avec la Reine, mais je maintiens tout de même ce que j’ai exprimé…). Ce nouveau site jouit d’un design reposant, et il semble bien architecturé. Je joins ici le détail des questions auxquelles les français peuvent librement contribuer. Il faut toutefois bien garder en tête que cette consultation a lieu en vue du prochain congrès du Parti Socialiste… c’est donc, quoiqu’on puisse en penser, une manœuvre de politique interne.  Reste qu’elle est bien faite, qu’elle me semble apporter de l’eau au moulin de la démocratie, et que Royal reste la seule, en définitive, qui ait le cran de faire appel aux militants, et au-delà, aux « simples citoyens ». Les gens vont globalement s’en contrefoutre, je le prédis, mais au moins, on aura essayé…

Les dix sources d’inquiétude des Français :

1. Un capitalisme qui perd la tête ;

2. La dégradation du niveau de vie ;

3. Les fragmentations et le descenseur social à l’intérieur ; la perte de compétitivité de la France à l’extérieur ;

4. L’affaiblissement de la valeur travail et l’exagération de la valeur du capital ;

5. Le trouble qui pèse sur l’identité française, secouée par les peurs de l’autre ;

6. Le doute sur l’efficacité de l’Etat ;

7. Le scepticisme sur la réalité de l’égalité des chances par l’école ;

8. L’Europe perçue comme indifférente au sort des citoyens ;

9. Les désordres du monde et les interrogations sur la fin de l’hégémonie occidentale ;

10. Une planète menacée d’autodestruction.

Les sept valeurs et objectifs qui nous guident

1. Le monde a changé. Le socialisme doit changer pour rester fidèle à sa mission.

2. Le bien-être de tous exige que l’économie de marché et la concurrence ne dictent pas leur loi désordonnée au service d’intérêts particuliers.

3. La volonté publique et l’Etat organisent la conciliation de l’intérêt général et des préoccupations des gens, notamment à travers les services publics.

4. La lutte contre toutes les formes d’injustices et de discrimination est au cœur du droit de chacun à la réussite individuelle.

5. Les socialistes doivent participer à la construction d’un ordre économique, social et écologique juste, au niveau mondial comme au niveau national.

6. Au niveau national comme au niveau local, le socialisme défend la complémentarité qui unit la démocratie représentative, la démocratie participative et la démocratie sociale.

7. La laïcité est le fondement de la République et de l’identité française, enrichie par le métissage.

- Les dix questions suivantes sont à trancher mais d’autres thèmes peuvent être proposés :

1.      Il faut sortir du fossé entre un discours pseudo révolutionnaire dans l’opposition et un conformisme économique  au pouvoir : de quelle façon ?

2.     Le socialisme ne peut pas se contenter d’aménager le capitalisme financier à la marge : comment produire et répartir autrement la richesse ?

3.     Que reprendre des modèles progressistes des autres pays et que rejeter ?

4.     Il faut pousser l’agilité des entreprises, le goût du risque et l’esprit d’entreprendre, tout en améliorant la situation des salariés et leurs sécurités sociales. Avec quel compromis ?

5.     Il faut rééquilibrer le rapport de force entre le travail et le capital par une meilleure répartition du profit. Quels contre-pouvoirs dans l’entreprise ?

6.     Comment rompre avec la redistribution passive et bureaucratique comme principal moyen de s’attaquer aux injustices sociales ?

7.     Comment améliorer le projet européen pour ne pas oublier les intérêts des peuples et des pays ?

8.     Les peuples du Nord doivent être protégés de la concurrence internationale sans que les peuples du Sud ne soient victimes du protectionnisme. Avec quelles nouvelles règles ?

9.     Les Etats et le marché doivent assurer la sauvegarde écologique de la planète : quel nouveau modèle de développement ?

10. Le Parti socialiste doit intégrer toutes les nouvelles formes de militantisme et d’engagement citoyen, ainsi que les réussites du travail des élus locaux. Il doit aussi décider efficacement, avec le sens de la discipline collective. Quelles nouvelles règles communes pour y parvenir sereinement ?

La fin de l’ouverture

  Profitons de l’accalmie politique actuelle, ami lecteur, pour analyser le dernier remaniement ministériel, à la lumière de la sacro-sainte « ouverture » tant plébiscitée par les français. J’aime bien, à ce sujet, la position de Laurent Joffrin (Libération), qui s’y est toujours opposé. Son argument principal tenant à ce qu’il s’agissait de faire appliquer un programme de droite par des politiciens de gauche. Bien sûr, ce principe de « l’ouverture » a été fort apprécié par les électeurs, qui y ont vu la modernité du rejet des dogmatismes et du « bloc contre bloc », avec l’avantage d’avoir un gouvernement qui prendrait « les meilleurs de chaque camp ». Laurent Joffrin avance, pour sa part, qu’il ne s’est pas agi de prendre forcément les plus talentueux, mais surtout ceux qui avaient le moins de principes, en bref ceux dont la popularité a pu être la plus facilement achetée.

  Nous verrons plus tard que ce fameux remaniement scelle le sort de cette « ouverture », comme par hasard juste après une défaite électorale… Pour l’instant, opérons un petit tour d’horizon sur son bilan.

  Commençons par Bernard Kouchner, sans doute son plus emblématique représentant. Il faut savoir que son ministère a été scindé en plusieurs portefeuilles, et qu’il n’en a finalement gardé qu’un seul, sur quatre, à savoir celui dédié à la diplomatie dans sa portion la plus congrue. En gros, pour faire court, Kouchner n’a rien à dire sur l’immigration ou même sur le choix des ambassadeurs… Il ne peut même pas délivrer un visa à un réfugié politique ! A noter que sa candidature a été mise en concurrence avec celle d’Hubert Védrine, ce dernier ayant posé de nombreuses conditions à Sarkozy pour accepter, éventuellement, le poste. Le « French doctor », lui, n’en a posé aucune ! A la soupe !

  Autre membre tout aussi célèbre, mais dans un registre différent et avec une expérience certes bien moindre, Eric Besson. Le fameux traître qui composât, à un an d’écart, un pamphlet haineux envers Sarkozy, puis son équivalent envers Royal, a été bombardé à la « Prospective ». Depuis, comme bien d’autres, il s’est placé au fond de la classe, près du radiateur, et fait son maximum pour qu’on l’oublie. Unique apport, jusqu’à présent : un dossier compilant des modalités en rapport avec la TVA sociale (il y est défavorable).

  Martin Hirsch, quant à lui, bien que non-encarté au PS, mais énarque de gauche qui a fait la campagne de Royal tout de même, a décidé que son RSA (un dispositif qui encourage la reprise de l’emploi sans détruire le RMI) serait expérimenté d’abord à toute petite échelle. On l’a également entendu lors de l’affaire des tests ADN. Voilà. On peut également remarquer qu’il s’est décalé franchement des autres sur la photo officielle de Fillon I. Merci Martin !

  Dans le même style (associatif social/humanitaire), feu la présidente de Ni Putes Ni Soumises, Fadela Amara, est en pleine querelle avec sa ministre de tutelle, le dragon catho relooké Christine Boutin (Au fait, saviez-vous que celle-ci est directement reliée au Vatican ? Je déconne pas, là…) En bref, Fadela a essayé. Elle a rendu un rapport plutôt ambitieux, mais le problème est qu’à son poste, elle n’a pas vraiment de prise sur les dossiers. L’emploi, la jeunesse, la culture, tout lui échappe… Résultat : un plan qui, dans sa quasi-totalité, n’est pas financé. Sarkozy promet beaucoup, mais tient très peu…

  Cas plus intéressant encore, Jean-Marie Bockel. Le Secrétaire d’Etat dédié à la Coopération et à la Francophonie vient d’être « rétrogradé » au ministère des Anciens Combattants. Ca s’appelle une mise au placard… dommage, car cet élément-là présentait l’avantage d’être sérieux, compétent, et sincèrement libéral dans sa démarche. Il aurait donc pu rejoindre la droite, sans remords, et y constituer un atout de poids… mais la rancœur de l’UMP, après ces dernières élections, aura eu raison de son sens de la diplomatie.

  Il reste donc ceux qui n’ont pas participé directement aux projets de l’UMP, mais étaient tout de même bien tentés pour rejoindre les ors et les palais du pouvoir. On commence, en vrac, par Claude Allègre. Monsieur « dégraissage du mammouth » avait été vu sortant du QG de Sarkozy, quelques jours avant le deuxième tour des présidentielles, tout honteux derrière ses lunettes noires. Certes, sa haine pour Royal était manifeste, depuis le début… On sait qu’il était pressenti pour rejoindre le ministère de la Recherche, et avait posé comme condition, en retour, d’avoir la possibilité d’augmenter les salaires des chercheurs, ce qui est loin d’être mauvais. Tant pis, il reste sur le banc de touche, pour l’instant.

  Jack Lang, lui, en bon arriviste « constructif » également, a participé à la commission pour la réforme des institutions, sous la houlette de Balladur. On connait son goût pour un régime « présidentiel », et c’est donc des deux mains qu’il a applaudi un texte qui dépossédait le gouvernement de tout pouvoir effectif, au profit de notre monarque moderne. Heureusement, ce texte n’a pas été entériné dans l’état… jusqu’à maintenant. Quoiqu’il en soit, Lang faisait du pied très ouvertement au pouvoir sarkozyste, en vain puisque l’hostilité de l’UMP à son égard parait avoir eu le dernier mot. Du coup, il se rabat en demandant que l’engagement des troupes françaises soit discuté au Parlement (oui parce que, dans notre belle démocratie, on envoie des soldats sans qu’aucun de nos députés n’y trouvent, ou ne puissent y trouver, à redire).

  Enfin, un autre déçu emblématique, se trouve en la personne de Michel Rocard. Celui-ci a participé à une énième commission, qui visait à réformer le statut des enseignants. Certes, l’histoire est un peu compliquée, puisque ce sont ces derniers qui se sont braqués contre lui lorsqu’il a voulu proposer, en gros, des primes au mérite. Reste que l’UMP ne l’a pas soutenu, qu’il a claqué la porte, et depuis, ne décolère pas.

  Voilà. Passons maintenant aux petits nouveaux qui vont entrer au gouvernement. Notons, d’une part, que la volonté initiale de Sarkozy d’avoir un « gouvernement resserré » est oubliée depuis longtemps, sans compter tout le personnel adjoint aux ministres (record historique de conseillers, notamment) ; d’autre part, qu’en termes de parité, les femmes n’y sont plus représentées qu’à hauteur d’un tiers. Enfin, les ministres battus lors des municipales sont conservés, et à part un nouvel venu (Christian Blanc), tous sont des UMPistes pur jus.

  Ouverture… Fermeture.

PARIS (Reuters) – Deux jours après un deuxième tour des municipales sévère pour la droite, l’Elysée a annoncé un remaniement ministériel riche en nouveaux domaines d’attribution et faisant la part belle aux fidèles de Nicolas Sarkozy.

La nouvelle équipe compte six nouveaux venus, nommés à des postes de secrétaire d’Etat : Christian Blanc, Hubert Falco, Yves Jégo, Anne-Marie Idrac, Nadine Morano et Alain Joyandet.

L’intitulé de nombreux portefeuilles est modifié, avec l’accent mis sur de nouveaux secteurs : emploi, économie numérique, aménagement du territoire, famille, associations, notamment.

« Les changements d’appellations ne sont pas toujours des changements d’attribution », précise-t-on à l’Elysée. « On a voulu insister sur certains domaines ».

Ces modifications interviennent deux jours après le second tour des élections municipales et cantonales, où l’UMP a été lourdement sanctionnée.

La plupart des nouveaux postes récompensent des fidèles de Nicolas Sarkozy – Alain Joyandet, Yves Jégo, Nadine Morano – et des personnalités de droite ayant obtenu de bons résultats aux municipales.

Le député Nouveau Centre Christian Blanc, ancien président de la RATP et d’Air France, qui fut proche de Michel Rocard, fait figure de seul nouveau membre d’ »ouverture ».

La parité ressort sérieusement écornée de ce remaniement. Sur 38 membres, en comptant le Premier ministre François Fillon, le nouveau gouvernement compte 13 femmes.

Dans le détail, le porte-parole de l’UMP Yves Jégo devient secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Le député-maire de Montereau (Seine-et-Marne), réélu dès le premier tour, remplace Christian Estrosi, élu dimanche à la mairie de Nice.

Une autre porte-parole de l’UMP, Nadine Morano, se retrouve à la tête d’un nouveau secrétariat d’Etat à la Famille. La députée de Meurthe-et-Moselle avait été battue dimanche aux municipales à Toul.

Le secrétaire d’Etat aux Anciens combattants Alain Marleix, un fidèle de Nicolas Sarkozy, change de fonction et devient secrétaire d’Etat à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales.

Hubert Falco, le maire UMP de Toulon aisément réélu le 9 mars, prend le nouveau secrétariat d’Etat chargé de l’Aménagement du territoire.

INTITULÉS MODIFIÉS

Luc Chatel, le nouveau maire de Chaumont (Haute-Marne), se voit attribuer, en plus de ses fonctions de secrétaire d’Etat à l’Industrie et la Consommation, celle de porte-parole du gouvernement. Le porte-parole sortant, Laurent Wauquiez, élu à la mairie du Puy-en-Velay (Haute-Loire), devient secrétaire d’Etat à l’Emploi.

Eric Besson, secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement, sera également chargé de l’économie numérique, signe de l’intérêt désormais porté par le gouvernement à internet.

Parmi les nouveaux venus, Christian Blanc devient secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale, autrement dit du « Grand Paris », projet de regroupement de la capitale avec quelque 80 communes alentour.

Alain Joyandet, député UMP de la Haute-Saône, devient secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie.

Il remplace à ce poste Jean-Marie Bockel, nommé secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants.

Le portefeuille du secrétaire d’Etat aux Sports Bernard Laporte est complété. L’ancien entraîneur du Quinze de France sera également chargé de la Jeunesse et de la Vie associative.

L’ancienne présidente de la SNCF Anne-Marie Idrac est nommée secrétaire d’Etat chargée du Commerce extérieur. Une compensation pour celle qui a cédé le mois dernier sa place de patronne des cheminots à Guillaume Pépy.

Hervé Novelli, auparavant chargé des entreprises et du commerce extérieur, voit son portefeuille fortement modifié : il devient secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services.

Les intitulés des portefeuilles de plusieurs ministères sont modifiés.

Christine Lagarde est « ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’emploi ». La mention « finances » disparaît « mais elle garde ce domaine », a expliqué un conseiller de l’Elysée. « On voulait insister sur l’industrie ».

Jean-Louis Borloo est ministre de l’Ecologie, du Développement durable de l’aménagement du territoire et, nouveauté, de l’énergie.

Le nouvel intitulé du portefeuille de Brice Hortefeux est : ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. La mention « codéveloppement » disparaît.

Fraudes électorales à Perpignan – ça se passe comme ça à l’UMP…

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  Non, ce n’est pas un post partisan; Décidément, il semble que la fraude soit devenue une sale habitude de la droite « modérée »… Cette horreur-ci fait remonter à la surface les morts qui votent à Paris, les électeurs/partisans inscrits dans les arrondissements à la dernière minute, le machiavélique découpage électoral Pasquaïen et, récemment, les machines à voter uniquement voulues par l’UMP.

  Alors, cette fois, c’est à Perpignan que ça se passe. Jean-Paul Alduy, le maire sortant UMP « réélu », clame évidemment sa parfaite innocence, et se dit prêt à se confronter au tribunal administratif, car il a « sa conscience pour lui ». Le problème, c’est qu’en dehors du rocambolesque épisode du président de bureau saisi avec des bulletins sous enveloppe planqués dans ses poches et dans ses chaussettes, au moins quatre autres bureaux de vote présentent des irrégularités flagrantes. A savoir, des centaines de bulletins en excédent par rapport au nombre de signatures sur les listes d’émargement.

  Les mots me manquent. Désolé, je vais passer pour un extrémiste, mais bien qu’opposé à la peine de mort, je la jugerais justifiée dans le cas de fautes électorales aussi avérées. Il n’y a pas, à mon sens, pire crime à commettre en démocratie, que de truquer une élection. C’est la mort, tout simplement. La destruction de la Justice et, précisément, de la Démocratie, la pire offense qu’on puisse faire au peuple. Et pourtant, quelque chose me dit que cette affaire sera enterrée, ou qu’elle trainera comme celle de ce salaud de Tibéri, bizarrement réélu d’ailleurs à la faveur du dernier bureau de vote…

  Ma conviction est que la droite, s’attendant à une belle défaite massive lors de ces élections, n’a pas hésité à récourir à la fraude, dans plusieurs villes. Les jugements trancheront, je ne suis pas un procureur, mais dans ce cadre d’affaires, on sait que la hache a étrangement tendance à épargner, ou à frôler à peine, la tête de ces ordures qui se payent ouvertement la nôtre.

  JUSTICE A PERPIGNAN ! JUSTICE SUR TOUTE LA FRANCE ! 

Massacre

PARIS (AFP) – La gauche apparaissait dimanche comme le grand vainqueur des municipales et cantonales, avec une déferlante de victoires à Toulouse, Strasbourg, Caen, Reims, Metz, Amiens ou Blois, mais la droite a symboliquement réussi à sauver Marseille. Evènement.

Le rapport de forces gauche-droite s’est établi à 48,88% au PS et ses alliés contre 47,66% à l’UMP et ses alliés.

Malgré l’appel des deux camps à une plus forte mobilisation des électeurs, le scrutin a été marqué par une abstention sensiblement identique -et record depuis 1959- (34,5% selon les instituts de sondage) à celle du premier tour.

Le PS et ses alliés, qui misaient sur la reconquête de 30 des 40 villes de plus de 20.000 habitants perdues en 2001, ont repris Strasbourg, Saint-Etienne, Evreux, Quimper, La Seyne-sur-Mer et Roanne. Rouen avait été repris dès dimanche dernier.

Après près de 40 ans de pouvoir de la droite, Toulouse a également basculé à gauche. Gagnés également: Caen, Reims, Amiens, Dax, Mende, Valence, Thionville, Millau, Brive, Bar-le-Duc, Asnières-sur-Seine, Narbonne.

A Marseille, après un long suspense, le maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin l’a finalement emporté sur son concurrent socialiste, Jean-Noël Guérini, battu dans le secteur clef, le 3ème, par l’ancien ministre UMP Renaud Muselier.

Quatorze ministres avaient été élus au 1er tour. Dimanche, Xavier Darcos (Education) a perdu Périgueux. Battues aussi: Rama Yade (Droits de l’Homme) Christine Albanel (Culture) et Christine Lagarde (Economie).

En revanche, les urnes ont souri à Jean-Marie Bockel (Francophonie), Nathalie Kosciusko-Morizet (Ecologie), Rachida Dati (Justice) et Christian Estrosi, ce dernier démissionnant de l’Outre-Mer au profit de la mairie de Nice.

Metz aura son premier maire de gauche depuis 1848, en raison surtout des divisions à droite. « Nous payons le prix des divisions » dans plusieurs villes, a d’ailleurs réagi le ministre du Travail Xavier Bertrand.

La gauche a par ailleurs conforté ses positions en l’emportant à Lille, à Brest, Belfort, Charleville, après Lyon, Nantes, Besançon, Dijon et Limoges dès dimanche dernier. En outre, elle garde Angers, un des rares espoirs de conquête de l’UMP.

La droite emporte Agen (NC), Calais (UMP), Châtellerault (NC), Gap (UMP) et Mont-de-Marsan (MoDem-UMP) et garde Le Havre, Orléans, Vannes, Moulins, Beauvais, Perpignan et surtout Marseille.

A Paris, la victoire du maire sortant PS Bertrand Delanoë est nettement plus large qu’en 2001, mais ses listes ne gagnent pas de nouvel arrondissement.

A Pau, le président du MoDem François Bayrou perd son pari pour « moins de 1% » face à la candidate socialiste Martine Lignières-Cassou. Le sort national du MoDem s’en trouve compliqué.

Après un bon premier tour, le PCF a perdu plusieurs de ses bastions (Calais, Montreuil face à la sénatrice Verts Dominique Voynet, Aubervilliers face au PS, et le département de Seine-Saint-Denis).

A droite, le Premier ministre François Fillon a jugé « malvenu de tirer de ce scrutin des leçons nationales », avant d’estimer que la gauche avait « partiellement rétabli » sa défaite de 2001.

Tous les leaders de droite se sont relayés sur les plateaux de télévision pour minimiser la défaite de la majorité et évoquer un « rééquilibrage » entre la droite et la gauche.

M. Fillon a réaffirmé que les réformes se poursuivraient sans infléchissement. « La bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat doit s’accentuer », a-t-il dit.

Le président Nicolas Sarkozy, lui-même en retrait pendant la campagne après une forte chute dans les sondages, n’envisage selon son entourage que des « ajustements » de son gouvernement avec quelques secrétariats d’Etat nouveaux.

La gauche a aussi fortement progressé aux cantonales et paraissait assurée d’ajouter au moins 9 nouveaux conseils généraux aux 51 (sur 101) qu’elle détenait déjà: l’Allier, la Corrèze, le Lot-et-Garonne, l’Ain, la Somme, l’Indre-et-Loire, le Val d’Oise, les Deux-Sèvres et la Côte-d’Or, un élu MoDem devant faire pencher la majorité à gauche dans ce dernier département.

Cette forte poussée de la gauche devrait avoir des répercussions lors des sénatoriales de septembre. Depuis 2004, l’UMP n’a déjà plus la majorité absolue au Sénat.

Par Frédéric DUMOULIN et Christophe SCHMIDT

Municipales : suspens

  Voilà, les jeux sont faits… Juste avant de partir pour Solférino, afin d’assister à la soirée de révélation des résultats électoraux de ce scrutin, ami lecteur, je veux en rappeler ici les enjeux principaux. L’abstention, au second tour, semble dépasser le taux du premier tour, ce qui est… un phénomène complexe – je renvoie à l’article précédemment écrit entre ces pages, « Révolte et abstention », pour une approche de ce sujet.

  Les listes de gauche, au premier tour, ont reçu un score supérieur à celui des listes de droite, c’est un fait. Ce second tour peut, et devrait probablement, entériner cette tendance. Concernant les « objectifs majeurs » de cette élection, à savoir, les 12 plus grandes villes françaises, on sait que Bordeaux a réélu immédiatement Juppé à sa tête, et que Marseille ne passera peut-être pas à gauche. Les dix autres villes principales de France devraient basculer, ou rester à gauche, Paris notamment. Voilà. Il est l’heure de m’envoler… J’ai consacré de nombreuses heures à ce blog dernièrement, en tant que rédac’ chef… Le JRDF continuera à émettre, tant qu’il y aura des scandales et des hontes à dénoncer, d’où qu’elles proviennent. Ceci n’est pas un blog partisan… Juste un petit îlot de liberté qui tente de rapporter la vérité. C’est avec émotion que je rends mon clavier, pour ce soir, ami lecteur. Les messages que nous découvrons quotidiennement entre ces pages, même si nous n’avons pas toujours le temps d’y répondre, prouvent que les citoyens de ce pays s’intéressent à son fonctionnement, et il n’y a pas plus belle récompense pour les jeunes blogueurs politiques que nous sommes.

  Ma petite équipe et moi-même te saluons. Après ce scrutin, il y a fort à parier que la politique de la droite se durcisse. Courage !

Municipales : Colombes

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  Dans la dernère ligne droite, je souhaite relater ici, brièvement, ce que j’ai pu recueillir de mon court passage militant à Colombes, il y a quelques jours. La bataille des municipales y oppose Philippe Sarre à Nicole Goueta, la maire sortante. A noter que le MoDem a décidé de rallier, à la dernière minute, la liste UMP… Quand on sait que Goueta a supprimé la plupart des subventions aux associations, et qu’elle est soutenue par l’infâme Rama Yade, qui se victimise en évoquant un racisme tout virtuel, il y a de quoi être en deuil pour le « Mouvement Démocrate ».

  Les jeux sont néanmoins serrés. La gauche, au premier tour, a totalisé un score de près de 49%, tandis que la droite, forte de 44%, se voit à présent renforcée (en théorie) par les voix du MoDem. Sur place, il m’a néanmoins semblé ressentir un fort penchant populaire pour Philippe Sarre. Notre camion militant, sur son passage, était interpellé de manière joviale par les jeunes des quartiers, et des citoyens ont klaxonné pour nous soutenir. C’était suffisamment sensible pour être rapporté. Colombes est une ville à structure plutôt droitière, mais la gestion actuelle de la mairie de droite a profondément irrité nombre de ses habitants.

  Je ne peux relater ici les différences programmatiques entre les deux camps, dans le détail, faute de temps et par souci de respecter les lois électorales. Je ne fais que donner un point de vue strictement personnel, un témoignage en bref; Ce qui est certain, c’est que si Philippe Sarre n’est pas élu ce soir à la mairie de Colombes (sa liste plus précisément, le maire étant élu par le Conseil Municipal), la déception sera intense pour une bonne part de la population, socialistes en première ligne, évidemment. A ce titre, je rapporte également que le fonctionnement de la section de cette ville m’a paru exemplaire, dynamique, populaire, et redoutablement organisé. Le peuple tranchera en cette journée… Mais bon, vous connaissez mon pronostic, et mon espoir. Le 92, bastion des bastions de la droite, peut connaître ce soir un petit séisme, et en tant qu’habitant depuis toujours de cette zone, ce ne sera pas pour me déplaire…

EDIT : PHILIPPE SARRE A GAGNE ! YIPEEEEE ! VICTOIIIIIIIRE !

Municipales : Rueil-Malmaison – du côté de la droite

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  Passons, à présent, à un inventaire en règle des crasses, coups fourrés et mensonges que la section PS de Rueil-Malmaison a du subir de la part de la mairie UMP. Patrick Ollier, époux de Michelle Alliot-Marie et ex-Président à titre purement honorifique de l’Assemblée Nationale, qu’on voit rarement dans sa ville d’ailleurs, y a succédé à Jean-Jacques Baumel, féroce élu de droite qui avait néanmoins d’incontestables lettres de noblesse (ancien résistant, a su transformer une petite ville en un pôle technologique et industriel).

  Il faut d’abord concevoir la différence de taille entre les moyens de l’équipe en place, et ceux qui sont alloués à l’opposition. Par exemple, les indemnités (hors rémunération) des élus ne sont accordées, de facto, qu’à ceux de la municipalité – comprendre, à ceux de l’UMP. Tandis que la droite dispose du luxe et de la magnificence de la mairie, l’opposition, elle, se réunit dans un local de type « petite start-up » non signalisé extérieurement, au cinquième étage d’un immeuble de bureaux, avec faux-plafonds pourris, rampes de tubes néon à nu et mobilier spartiate… même l’affichette sur la porte d’entrée n’a pas bien été posée, c’est pour dire…

  Continuons à planter le décor… La municipalité tient ses meetings dans un gigantesque théâtre (le TAM, environ un millier de places très confortables, hauteur de plafond d’au moins quinze mètres, ouverture de scène de plus d’une trentaine de mètres), tandis que nous, occasionnellement, louons l’Atrium au mieux (une grande salle assez belle, 300 places assises), ou nous réunissons dans la salle de cantine d’une vieille école maternelle.

  Bon. Entrons maintenant dans le vif du sujet. A chaque élection, COMME PAR HASARD, nos documents ont du mal à trouver les boîtes aux lettres de certains quartiers… qu’on passe par la Poste ou par une agence privée, BIZARREMENT ils disparaissent, ou arrivent trop tard. Ensuite, il y a la différence énorme en matière de propagande; La télé municipale Rueil TV est mise à disposition de l’équipe UMP, et nous ignore. Plus marrant, alors que la mairie nous avait récemment retoqué une tribune dans le Rueil Infos, pour cause de « trop grand aspect partisan » à la veille des élections, c’est tout le journal, ou presque, qui s’est changé en plaquette de pub pour la municipalité, trois jours avant le premier tour ! Une plainte a été déposée à ce sujet… Nous ne prenons pas ce foutage de gueule à la légère…

  D’autres coups bas, en vrac… Ollier a tout-à-fait le droit de visiter les maisons de retraite de Rueil, et d’y laisser ses tracts; Nous, y sommes regardés d’un drôle d’oeil… Sur les marchés, lorsqu’il s’y déplace en période d’élections, le maire nous gratifie de quelques piques sympathiques dans le genre « Tout ça pour faire 2% de plus, franchement… » ou « Votre programme est une copie du nôtre »… D’ailleurs, à ce sujet, sincèrement et le plus objectivement du monde, leur plaquette version 2008, très tape-à-l’oeil, m’a paru extrêmement vide. Les mêmes photos, en très gros, sont répétées deux ou trois fois, le tout est pourri de fautes d’orthographe; Plus drôle, les mentions en très gros d’une « liste d’ouverture » alors qu’elle est 100% UMP, « renouvelée et dynamique »… les plus jeunes adjoints ayant plus de cinquante ans, et que tous étant déjà à la mairie depuis au moins une vingtaine d’années (1971, 1976, 1979… vachement neuf, hein ?). [EDIT : Pour avoir assisté au premier Conseil Municipal de cette mandature, je me dois de rapporter qu'à la surprise générale, Mr Ollier a effectivement renouvelé son équipe, plus en profondeur que prévu. Environ la moitié de sa municipalité est nouvelle. Comme quoi...]

  Plus classique, le clientélisme à tout-va. Seule réelle méthode de la droite d’ailleurs, pour gagner quelques voix. Elle consiste à promettre tout à tout le monde, la veille des élections. Un travail ? Le financement d’un voyage ? Une place en crèche ? Pas de problème, votez pour moi. Là-dessus, pas grand-chose à faire si ce n’est (encore une idée qu’on n’écoutera pas dans ma section…) développer nos propres moyens attractifs. Personnellement, je pense qu’il ne faut pas dire aux électeurs de refuser ces cadeaux : il faut leur rappeler que, dans l’isoloir, ils seront seuls ! Qu’ils profitent des mannes de la corruption… mais qu’ils ne la paient pas de retour !

  D’autres affaires peuvent être déterrées, plus rocambolesques : la mairie se vante d’avoir permis la construction d’un « Leroy-Merlin » (ce qui est inexact, d’ailleurs, mais passons). Elle a ainsi entrepris, lors du scrutin du 9 mars… de tapisser les bureaux de vote avec des affiches de recrutement de cette enseigne ! Dingue, non ? A propos de bulletins, on notera que seuls ceux de la municipalité UMP étaient colorisés (les autres étant simplement noirs sur blanc), et qu’on a vu Mr Ollier faire les poubelles des isoloirs, pour se faire ses propres estimations ! Si ce n’est pas du dévouement, ça…

  On pourra rajouter au tableau, pour le parfaire, quelques pointes d’espionnage (fort peu discret) et de photocopiage de notre programme, des équipes de collage PRIVEES qui tournent en permanence lors des périodes électorales, recollant sur nos affiches (bon, on fait pareil mais nous sommes bénévoles), et surtout des procès-verbaux des conseils municipaux qui rapportent, de très loin, les interventions de l’opposition… ou les dénaturent.

  C’est beau, Rueil, hein ? Achevons en rappelant que Patrick Ollier dirige le « dialogue » entre la France et la Libye… C’est ainsi un grand ami du « Guide » Kadhafi – dont il n’a, soyons honnêtes, quand même pas hérité les méthodes. On espère qu’il n’en viendra jamais à ça…

Municipales : Rueil-Malmaison – du côté de la gauche

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  Nous avons combattu, et nous avons perdu… Pas mal, comme accroche, hein ? Eh bien non, désolé ami lecteur, en particulier si tu habites ma ville, je te présente en mon nom des excuses. Nous avons échoué… Au premier tour, Ollier nous a éliminés, et malgré des circonstances atténuantes, c’est bien le sale goût de la défaite qui me reste en bouche.

  D’accord, Rueil-Malmaison n’est pas une terre facile pour la gauche ; Disons qu’elle l’est autant que Versailles ou Neuilly, peut-être un poil en-dessous, mais pas de loin ; D’accord, la gauche rassemblée (accord historique, en passant) a augmenté le total de ses scores, et la droite a reculé sur les siens ; D’accord, avec seulement trois listes, il était dur d’éviter que le premier tour ne se transforme en référendum pour ou contre la gestion actuelle de la mairie ; D’accord, mais nous avons tout de même failli. Pourquoi ? Ce sera l’objet de ce post, qui intéressera peut-être ceux qui sont curieux des méandres de la politique locale.

  Commençons par ce qui semble (j’ai bien écrit « semble ») le plus important, à savoir le programme. Le nôtre tenait méchamment la route, pas de doute là-dessus. Rénovation des logements sociaux et mise en place de logements très sociaux (afin de réaliser concrètement le « droit au logement opposable »), refonte du désastreux plan de déplacement urbain et mise en place de véritables pistes cyclables, développement des crèches et étendue de leur bénéfice aux parents en recherche d’emploi, assistance aux personnes âgées, jusque dans leurs plus petits détails (par exemple, à travers un service de garde des animaux de compagnie), véritable politique culturelle et sportive (soutien des artistes, mise en place de lieux d’initiation aux nouvelles technologies dans chaque quartier), et même, en termes de sécurité – que je placerais personnellement dans les priorités d’un programme, mais qui m’écoute ? – réactivation du Conseil Local de la Sécurité et de la Prévention de la Délinquance, dans les faits rarement réuni.

  Pas trop mal, non ? Le seize-pages programmatique est joli et bien conçu, lisible et coloré. Le slogan « Ensemble, changeons Rueil », bien que basique, se retient. L’affiche de campagne est soignée. Bon. Passons à la question de la liste… Réunissant socialistes, communistes, écologistes, radicaux et membres de la société civile, honnêtement, elle présentait bien, avec un véritable panachage de compétences et une moyenne d’âge tournant autour des trente-quarante ans – nos élus au Conseil Municipal sont d’ailleurs particulièrement jeunes.

  Alors, comment expliquer un score de seulement 25,93% (17% précédemment, en 2001, Baumel ayant laissé son fauteuil en 2004), et surtout un tel taux d’abstention – 44,88% ?

  Malheureusement, derrière cette bonne équipe – un candidat tête de liste sérieux et implanté, un bon programme, une liste ouverte et cohérente, des militants présents sur le terrain – si Ollier a pu triompher dès le premier tour, c’est que dans la pratique, le fonctionnement de la section a connu des ratés que je trouve, personnellement, indigestes. C’est bien là que je prends, à nouveau, le temps de m’excuser, ami lecteur, en tant que partie intégrante de cette débâcle.

  Rueil-Malmaison est la ville la plus étendue du 92. Les connaisseurs ne me contrediront pas sur ce point. C’est une agglomération variée, en termes de population, bien que très bourgeoise dans l’esprit – ce n’est nullement méprisant ceci dit, c’est une réalité qui a été sciemment forgée par la droite au pouvoir depuis… toujours. Il suffit, hélas, de construire des immeubles de standing pour s’assurer d’une majorité…

  Des quartiers « populaires », Rueil en dispose toutefois. Mais, ainsi que j’ai pu l’écrire précédemment, motiver les « gens » pour venir voter, en particulier les jeunes, est une rude affaire.     

  D’après ce contexte très difficile, on pourrait penser que notre section aurait du mettre les bouchées doubles ; Mais non, bien que les militants aient été sans failles, c’est bien au niveau de l’organisation que la campagne a péché. Et qu’on ne vienne pas me soutenir le contraire ! C’est à moi, petit militant à peine 47e sur 49 colistiers, qu’on a demandé de concevoir le tract d’invitation pour les cantonales / municipales, moins de dix jours avant sa tenue, et de donner les coordonnées d’un bon imprimeur de ma connaissance ! Je l’ai fait dans l’heure, tandis que d’autres, qui allaient être élus, eux, n’ont été capables que de sortir un titre en Arial sous Word avec la date ! Et le tract, transmis immédiatement après, a encore pris du retard avant d’être envoyé… Résultat : il n’a été livré que DEUX PUTAINS DE JOURS avant la tenue du meeting, et tiré à seulement 5000 exemplaires (j’avais insisté pour 10 000, ça n’aurait coûté que 60 Euros de plus) – à moitié distribué donc… ma mise en page a été massacrée (je ne sais pas à quel niveau cela est arrivé), et ce foutu tract ne contenait même pas l’adresse de la salle de meeting ! Je l’ai néanmoins, comme d’autres, distribué comme j’ai pu dans les boîtes aux lettres et sous les portes des magasins, mais franchement, je n’y croyais plus. La presse n’a même pas été prévenue…

  Au final, la réunion s’est bien passée, mais sur une ville de 80 000 habitants, réunir moins de 100 personnes, ça me reste tout de même en travers de la gorge. De même que le porte-à-porte débuté à peine quinze jours avant l’élection. Ou qu’un blog municipal qui compte trois articles en tout et pour tout, sans commentaires (j’avais proposé, personnellement, de tirer des stickers pour faire de la pub, et de les placarder dans tout Rueil… encore une suggestion passée à la trappe…). Des quartiers ont été complètement zappés; une bonne idée lancée consistant à improviser des meetings « sauvages », à l’aide d’un micro et d’un ampli portable, n’a pas été mise en place.

  Alors voilà, ami lecteur, en particulier si tu es rueillois ; Ton serviteur se battra toujours pour faire progresser la gauche ici, mais ce sera loin d’être facile. D’ailleurs, des tensions viennent de naître au sein de notre section, par rapport à nos alliés, qui prennent mal le changement d’ambiance, maintenant que certains ont des postes, et d’autres… non.

Baisse des coûts, hausse des prix

  Les prix continuent de flamber, en France… La situation est bien entendu variable, mais on ne peut plus désormais la minimiser. Depuis presque un an, voire même depuis l’introduction de l’Euro, qui a engendré nombre de magouilles dans les centrales de distribution, le pouvoir d’achat des citoyens est grignoté par l’avidité du commerce de masse.

  Avant de donner les dernières estimations se rapportant à l’ampleur de cette catastrophe (je pèse mes mots), il faut noter quelques points importants pour sa pleine compréhension.

  D’abord, contrairement à ce que l’on pourrait en penser immédiatement, la plupart des hypermarchés ne sont pas tellement rentables. Ou hautement bénéficiaires, disons. Malgré des marges frôlant parfois les 10 (sur les fruits et légumes par exemple), il faut prendre en compte que l’entretien et l’achat des immenses espaces de vente grève les bénéfices, précisément, des « grandes surfaces ». Ceci étant répercuté sur les salaires (généralement bas), et les horaires des employés, qui sont appelés et renvoyés chez eux afin d’économiser au maximum sur leurs paies.

  Deuxièmement, face à cette montée des prix, comme rapporté précédemment, l’UMP a trouvé l’idée-miracle : la réforme dite des « marges arrières ». Pour résumer, elle permet aux centrales de distribution de rémunérer encore moins cher leurs fournisseurs. Ce qui est évidemment très préjudiciable à ces derniers, qui sont déjà payés avec un délai variant de 30 à 90 jours, déboursent de leur poche pour être exposés en rayonnage, et doivent reprendre leurs invendus. Tout cela, sous la menace d’être « déréférencés », en gros exclus de tout le système commercial de la grande distribution, les enseignes s’entendant entre elles sur leurs « listes noires », tout comme elles le font (secret de Polichinelle) sur les prix. Et vive la concurrence !

  Donc, on voit que cette fameuse réforme, qui a permis aux supermarchés et aux hypermarchés d’accroître leurs marges, n’a pas eu de conséquence véritable sur les prix au consommateur. Pour une plantade, c’est une belle plantade ! Alors ? Que demande la gauche, de son côté ? Se contente-t-elle de s’agiter pour récupérer l’exaspération populaire ? Perdu, tout comme certains élus de l’UMP, elle demande entre autres une TVA ramenée à 2% sur les articles de première nécessité (alimentation basique, par exemple), le rétablissement du contrôle des prix (supprimé en 1986) ou, au moins, la négociation d’un « pacte de stabilité global des prix » mis à jour tous les six mois et contrôlé étroitement par la DGCCRF, ainsi qu’un contrôle préventif sur la formation des prix, qui s’assurerait que les marges pratiquées ne sont pas abusives.

  C’est loin d’être con, c’est tout-à-fait applicable, et l’UMP se contente de tourner la tête en se bouchant bien fort les oreilles. Et tant pis pour le peuple… Alors ? N’est-il pas beau, le « Président du pouvoir d’achat » ?

  Et maintenant, voici un petit palmarès des dernières hausses, entre novembre 2007 et janvier 2008…

  Yaourts/Produits laitiers : +40%

  Pâtes : +45%

  Jambons (pas tous, mais une bonne part) : +44%

 

  Plus généralement…

  Les loyers ont augmenté de 28,8% en moins de 6 ans, les charges de 44% en dix ans

  L’achat dans l’ancien a pris +92% en sept ans

  Sur les carburants, en 2007 le super sans plomb a progressé de 14,10%, le gazole de 19,20% et le fioul domestique de  34,70% (rappelons que c’est l’UMP qui a viré la TIPP…).

Municipales : Abstention et révolte

  C’est confirmé : Sarkozy se contrefout de ces élections municipales, tel un gamin qui fait semblant de ne plus avoir envie de ce qu’on lui refuse. Déjà friand de « Je continuerais mes réformes de toute manière, nananananère » placardés en gros dans « Le Figaro » (tout un symbole), à peine modérés par des « Je tiendrai naturellement compte des résultats du scrutin », le voici qui fait à présent passer le mot : Vu le taux d’abstention lors de ces élections, ce n’est pas vraiment un revers pour sa majorité.

  Le pire, c’est qu’on ne peut lui donner totalement tort, car ces 40-45% d’électeurs qui ne se prononcent pas, en moyenne sur toute la France, brouillent les cartes du jeu électoral. Il convient toutefois (sans volonté exhaustive évidemment) de s’intéresser à leurs motivations, afin d’approcher au mieux la réalité de ce phénomène. Convenons cependant que ce post n’analyse pas les données les plus logiques de ce rendez-vous démocratique, à savoir qu’il s’agit à la base de désigner une équipe municipale, et des conseillers généraux…

  Commençons par le plus prosaïque : Le premier tour s’est tenu durant les vacances scolaires, par un jour relativement mauvais. Cela peut sembler futile, mais mon expérience des bureaux de vote m’indique précisément le contraire. Bon. Passons à des considérations plus politiques… La gauche a essayé de donner un cachet national à ce scrutin, tandis que la droite a freiné des quatre fers, sur ce sujet. Le problème, c’est que, s’il existe bien une désillusion envers la politique sarkozienne, aujourd’hui, en France, elle ne s’est pas forcément changée en vote de ralliement aux idées de la gauche. Penser que les électeurs fonctionnent comme un interrupteur, est une énorme erreur : c’est omettre le gigantisme de la psychologie humaine, en particulier tout son rayon consacré à la « fierté ».

  Ceci peut donc permettre de comprendre que de nombreuses personnes, ayant voté à droite en 2007, n’ont pas réitéré l’expérience… mais n’ont pas non plus retourné leur veste. Elles sont restées chez elles.

  Toutefois, cette forme d’abstention n’a pas touché que les électeurs de droite, loin s’en faut ! Si, très schématiquement, une part de la population électorale traditionnelle de la droite (les personnes âgées) n’a pas souhaité donner son approbation à la politique actuelle du gouvernement, une part de la population traditionnelle de l’électorat de gauche (les jeunes), ne s’est pas non plus déplacée. Pourquoi ? Déjà peu sensible à la politique locale (allez compter les têtes non chenues dans les conseils municipaux si vous ne me croyez pas), et peu informée des tenants et des aboutissants en rapport avec les collectivités territoriales – par exemple, des prérogatives liées aux conseillers généraux – la « jeunesse »,  qui s’était massivement investie lors des élections de 2007, garde encore une dent contre la gauche. Le pire, c’est que cela n’a pas forcément quelque chose à voir avec sa façon de tenir son rôle dans l’opposition… On en revient à la psychologie humaine : la déception de la défaite se change en rancœur ; En bref, de nombreux jeunes nous l’ont dit : « On a donné une fois, on n’y reviendra plus ». La crainte de la honte de la défaite se transformant ainsi en un mélange de désintérêt et d’hostilité.

  On voit, à travers cet essai d’explication, que cette fameuse abstention n’est pas nécessairement un appui, même modéré, à la politique de l’UMP. En revanche, elle traduit, de manière certes non-constructive, un trouble et une confusion qui peuvent se changer, le temps et les évènements futurs aidant, en une véritable révolte…

Municipales : Charvieu-Chavagneux

  Un autre article du Canard, que je retranscris car, en plus de son caractère édifiant, il est très symbolique de la gestion droitière, en France…

  Ce sont de petites maisons banales, presque semblables, qui ont poussé à Charvieu-Chavagneux, une ville-dortoir de l’Isère. Dans un pavillon blanc, au fond d’une ruelle, les opposants au maire UMP sont devenus experts en immobilier, rapportant de leurs voyages à la conservation des hypothèques de Vienne des photocopies et des fiches en pagaille… La preuve des dons exceptionnels de leur édile pour la pierre… « Avec ça, les gens vont le comprendre et le sortir » [NDLR : Quelle naïveté... Les gens ne sont pas forcément choqués par la corruption, ils peuvent trouver ça "malin"], espère Chantal brëme, tête de liste de la gauche Alternatives 2008, en brandissant des documents avant une sortie guidée.

  Sa vieille bagnole cahote à travers des lotissements, presque tous construits par les mêmes promoteurs : « des amis du maire ! ». Élu depuis 1983, fervent soutien du très droitiste Charles Million, Gérard Dézempte s’est fait un nom dès 1989, déjà dans le bâtiment… Avec un malencontreux coup de pelleteuse municipale qui détruit la salle de prière des musulmans ! Un mauvais procès, dit-il, dont il est ressorti totalement blanchi. Un peu plus tard, il tente un référendum sur les quotas d’étrangers dans les HLMs [NDLR : Et à quand le port d'une étoile jaune ?] Annulé par le préfet. En novembre 2006, le voilà condamné à 3 ans d’inéligibilité pour discrimination raciale. Un pourvoi en cassation l’en rend présumé innocent, et lui permet de faire campagne aujourd’hui.

  Une campagne sans merci. « C’est un tyran qui menace quand on le contre », murmure un ancien ami. « Il m’a dit qu’il me détruirait… », rapporte une ancienne employée de mairie. ‘Il m’a prévenu de faire gaffe à mes gosses », renchérit un conseiller municipal communiste. Ambiance garantie ! Un élu socialiste a déménagé après avoir reçu des cercueils et des menaces; sa maison a été éclaboussée de tags. Et il y a eu ces tracts anonymes. Intitulés « Lettre d’Ali à Mohamed ». Ils ont inondé la ville il y a quelques temps : « Li frère de goche, y font bocou pour nous otres, y font des manifs pour dire qu’on est malheureux… » [NDLR : Pas raciste après ça, bien entendu...]

  Le maire est régulièrement réélu. Alors, Alternatives 2008 tente de le coincer sur ses talents immobiliers : « Savez-vous que Mr Dézempte a acquis 13000 m2 de terrains agricoles à 2 euros le mètre carré à Chavagneux entre 2004 et 2006 ? » Terrains rendus constructibles en janvier 2008 par le Conseil municipal. Terrains revendus par la suite à 160 Euros le mètre carré…

  Tout ça fait rire Dézempte : « Je ne réponds rien à ces âneries ! Oui, j’achète et je vends, quoi d’illégal ? Tous les recours de Mme Brême ont été rejetés ! Oui, j’ai un très bon ami promoteur ! Il n’y a rien de gênant là-dedans ! » En face, on continue à distribuer des trzacts : « Quand le maire aura tout vendu, Charvieu aura enfin son millionnaire ! » Et peut-être un nouveau maire ?

Grève des caissières (et des caissiers, pas de sexisme)

  Retour sur un évènement historique, en France, quasiment passé à la trappe de l’actualité. Une fois n’est pas coutume, c’est au site de TF1 que le JRDF fera référence, ici, avec un reportage plutôt bien foutu : http://tf1.lci.fr/infos/economie/social/0,,3699880,00-greve-historique-caissieres-vendredi-.html

  A noter, à la fin du reportage, la funèbre allusion au sujet suivant, qui concerne deux nouveaux suicides sur le site de PSA… glacial… concernant les caissièr(e)s, il faut comprendre que le temps partiel imposé leur interdit un second emploi (les horaires étant variables au gré des volontés de la direction), et que leur salaire étant souvent inférieur au SMIC (en échange d’une « formation »), on peut véritablement parler de pauvreté pour ces employés qui, de plus, sont menacés d’être remplacés par des machines. Le site de TF1 se permet même de faire référence à Ségolène Royal, toujours aussi vindicative :

« Pour la première fois, les salariés des grandes surfaces se bougent. On entend des choses qu’on n’entendait pas avant comme : ça finira mal. Il y a un sentiment de révolte des gens qui est à la mesure de la tromperie dont ils ont été les victimes« , a déclaré Ségolène Royal à la presse en marge d’une réunion de soutien aux candidats socialistes pour les élections cantonales en Charente-Maritime. Pour la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes, « c’est le règne de l’argent fou« .

  La morale de l’histoire ? Ces employés se sont battus, notamment, pour obtenir que leur ticket restaurant passe de 3,05 Euros à 4,50 Euros (exemple de la grève dans la chaîne « Grand Littoral »); Après 11 jours de conflit, ils n’ont même pas obtenu la moitié de cela…

Municipales : Royal en campagne

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  Non, je ne suis pas un « fan »… Je suis socialiste avant tout, progressiste et interventionniste pour être plus précis, avec une tendance révolutionnaire liée aux circonstances. Mais je n’apprécie pas Royal pour le fait qu’elle soit « belle », ou qu’elle soit « une femme », ou toutes ces conneries. C’est bien sa ligne politique qui me touche, et sur ce point, force est de constater que Zapatera s’en tire dernièrement avec les honneurs. Elle est sur tous les fronts, n’arrête pas de se déplacer et de soutenir les candidats socialistes, notamment dans des endroits peu amicaux envers la cause (j’ai relaté plus tôt l’aventure « musclée », vécue de l’intérieur, à Levallois).

  La voici donc sur les plateaux de télévision, à la radio, et en tournée dans toute la France. Elle n’est pourtant pas candidate. Mais à part Bertrand Delanoë (que j’apprécie également hein, soyons clair),  François Hollande, et dans une moindre mesure Lionel Jospin (je ne suis pas sur sa ligne, mais il mérite néanmoins mon respect), il faut bien reconnaître que les militants ne voient pas vraiment passer d’autres « ténors » du PS près d’eux, en ce moment. C’est très sensible sur le terrain. Dray, bien que candidat au trône, ne daigne pas déplacer son auguste personne. Moscovici, Montebourg, Valls et consorts ne sont pas très présents non plus. DSK fume son cigare au FMI, en rêvant à 2012 (et prétexte même être trop occupé lorsque Royal, de passage aux USA, souhaite le rencontrer face à face). Fabius est tombé dans un vortex spatio-temporel… Bref, le panache de Royal se voit de loin, dans cette campagne, et de mon point de vue ce n’est pas un mal.

  Je joins ici un lien vers son dernier discours, à Bordeaux (que je trouve fort bon) avant de retranscrire les grandes lignes de son intervention à Metz, à laquelle j’ai assisté. 

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=sinformer_actualites&actu=2129

  Discours de Metz :

  Ségolène Royal était venue soutenir Dominique Cros, opposant à la politique de l’UMP depuis fort longtemps, dans cette ville sociologiquement portée à droite… voire très à droite. Elle a d’abord attaqué en rappelant que le maire sortant avait tout fait pour que les socialistes ne puissent pas même disposer d’une salle pour faire leurs meetings électoraux (il a fallu sa présence pour que celui-ci puisse se tenir !), et a ainsi appelé les électeurs à se battre pour une ville au fonctionnement plus démocratique.

  La présidente de Poitou-Charentes a ensuite évoqué, sur un plan plus économique, la nécessité absolue de soutenir les bassins d’emploi (le département étant actuellement touché par de bonnes grosses délocalisations), puis a enchaîné en rappelant que les collectivités territoriales avaient le pouvoir de s’ériger contre la délinquance.

  Plus frontalement, Royal a successivement souligné que Sarkozy, en huit mois, avait réussi à créer six  nouveaux impôts, et a appelé à une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité (alimentation, notamment). Elle a réitéré sa formule du « 1 Euro dépensé qui doit être 1 Euro utile ». Face aux inégalités, Royal a développé à nouveau sa vision des trois « castes », entre ceux qui peuvent choisir leur avenir, ceux qui ne le peuvent pas, et ceux qui n’osent même plus se projeter dans le futur. Face à cela, hormis des considérations humanistes, la socialiste a martelé sa conviction profonde du fait qu’il faille développer et soutenir l’effort scolaire, et le goût du travail.

  Plus proche de ses troupes, Royal a affirmé que les élus de gauche étaient animés par des valeurs fondamentales, en lutte contre la précarité. Selon elle, il ne faut pas s’y tromper, c’est bien la gauche qui a les clés de l’économie (je suis personnellement d’accord avec cela, les chiffres parlent d’eux-mêmes). Afin de remettre la France en mouvement, Royal veut renouveler la capacité de notre pays à inventer l’avenir, et entraîner la population dans cette projection (désolé, en paraphrase c’est moins vivant qu’en vrai, mais j’essaye d’être précis).

  Pour la présidente  de Poitou-Charentes, le sens de l’Etat est crucial (une pointe de jacobinisme ne fait pas de mal !). Il faut ainsi défendre bec et ongles la laïcité, tout comme la dignité de la France à l’International. Plaçant ici une petite touche d’humour, Royal a rappelé le coup du stylo piqué par Sarkozy en Hongrie, déclenchant une vague d’hilarité dans la salle. Plus sobrement, elle a enfin appelé à voter pour des candidats sérieux, avant d’être applaudie à tout rompre.

  Pas son meilleur discours donc (j’ai toujours une faiblesse pour Frangy-en-Bresse, qui était un vrai prémisse de révolution), mais très bon néanmoins, et surtout utile pour galvaniser les troupes. Royal la Commandante…

  Et un petit reportage vidéo, pour la route : http://www.dailymotion.com/video/x4gctt_segolene-royal-a-metz_news

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (4)

  Quatrième partie de l’article consacré à la dernière grande réunion de Désirs d’Avenir… ceux qui prétendent qu’il ne s’y passe rien peuvent venir nous rembourser le jerrican de café consommé depuis que le JRDF a décidé de couvrir l’évènement…

  Au tour d’une intervention surprenante et fort instructive. La porte-parole du BHV a pris la parole  pour prouver que de grandes enseignes pouvaient avoir une sensibilité de gauche, et s’intéresser à des sujets comme le développement durable. Il ne faut pas être naïfs pour autant : Même sincère, cette démarche a quelques évidentes arrière-pensées commerciales.

  L’intervenante a commencé en précisant que le BHV comptait, à tous ses échelons, autant d’hommes que de femmes. Elle a également précisé que, selon elle, les employés de l’enseigne étaient bien voire très bien payés, ce qui expliquait le faible nombre des démissions de personnel. A propos des visées environnementales du groupe, la porte-parole a annoncé que, modestement mais sensiblement, le BHV employait des double-vitrages et appliquait les principes de l’éclairage écologique, afin de réduire les dépenses d’énergie. L’intégration du magasin dans son environnement urbain, à travers une façade adaptée, est également prise en compte. Leurs meubles sont garantis FSC (un label surveillé par Greenpeace établissant la traçabilité du bois, pour éviter qu’il ne provienne de déforestations sauvages et autres entreprises mafieuses), et ils utilisent le TFC (une fibre de bois écologique pour renforcer les structures). La qualité de l’eau et de l’air est contrôlée en permanence (tests de nitrates et humidificateurs ambiants). Les encres utilisées sont des solvants, et leurs sacs sont à 40% recyclables. Enfin, le BHV pratique le tri des déchets, la récupération des piles et des lampes usagées.

  Bruno Rebelle (le conseiller en écologie de Royal, celui qui avait été fliqué de très près par les RGs lors de la campagne présidentielle) a ensuite pris la parole. Il a rappelé que, selon des estimations scientifiques croisées, 80% des français seront des citadins, en 2050. Il a donc enjoint à ne pas se concentrer uniquement sur l’aspect écologique du développement durable, mais à considérer toutes ses facettes, y compris économiques et sociales. Par rapport aux fameuses normes Haute Qualité Environnementale, Bruno Rebelle a souligné qu’elles étaient très laxistes. En pratique, sur une vingtaine de critères retenus, il suffit d’en respecter quelques-uns pour obtenir le label. L’écologiste a ensuite appelé à utiliser le photo-voltaïque sur les bâtiments, afin de générer une énergie plus propre. Il a conclu son intervention en incitant à créer des emplois par l’économie solidaire, et en ne se contentant pas d’attirer des grandes entreprises.

  La prise de parole qui a suivi a brassé divers sujets, en commençant par celui des copropriétés, qui nécessitent, si on veut soutenir ces structures, d’entrer en relation avec les élus. Sur le plan environnemental, on a mis en valeur les « pompes à chaleur », un dispositif qui permet d’extraire de la chaleur de l’eau, jusqu’au 0 absolu. Puis, un intervenant a appelé à modifier profondément les CONDITIONS de travail, et à établir un vrai droit à la mobilité du citoyen. Afin d’étayer son propos, il a pointé du doigt la sécurité sanitaire affligeante – et dangereuse – dans le métro.

  Plus loin, l’assemblée a discuté de la proposition d’établir le prix de l’énergie en fonction des revenus, voire à assurer leur gratuité en respectant un certain plancher. Un intervenant a rappelé qu’il existait un « appel pour un panel éducation pollution », consultable sur le site : www.ageca.fr

  De manière très socialiste, on a répété que la précarité n’était pas un moteur économique, mais qu’au contraire, elle fragilisait la croissance et la consommation. Une idée a fusé, que je trouve très intéressante : elle appelait à rétablir les celliers, afin d’économiser l’énergie et de lutter contre le vieillissement artificiel des aliments.

  Sur un plan économique, on a évoqué les outils de collecte d’épargne et de transformation à long terme, ainsi qu’une méthode tombée en désuétude, mais qui présente certains avantages : le viager hypothécaire (personnellement, bien que comprenant l’esprit de cette idée, qui garantit à une personne la jouissance d’un bien immobilier jusqu’à sa mort, je pense que malheureusement, le viager est un appel indirect au meurtre maquillé…)

  Enfin, pour clore cette session, un participant a fait la remarque très franche et « brut de décoffrage », mais néanmoins vraie malheureusement, que la discrimination est devenue si caricaturale qu’on ne peut plus l’ignorer. Comment ne pas voir que les noirs, en France, sont systématiquement aiguillés pour devenir agents de sécurité et éboueurs (pour les hommes) ou gardes de vieilles dames et d’enfants (pour les femmes) ?

Une affaire de plan de rigueur après les municipales

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  Un petit billet afin de remettre les yeux en face des trous, chez certains de nos dirigeants actuels. Tandis que Laurent Fabius et Ségolène Royal martèlent, sur les ondes et à la télé, qu’un plan de rigueur est prévu après l’échéance des municipales, voici que Lagarde dément bec et ongles. Est-ce vraiment surprenant ? Quand on entend Sarkozy dire qu’il ne faut « surtout pas prononcer ce mot », ainsi qu’il affirmait auparavant que « un remaniement ministériel ne doit pas être annoncé à l’avance », on voit que le ton est donné.

  Alors, approfondissons. Pas de plan de rigueur après les municipales ? N’ayons pas la mémoire courte… par rapport aux belles promesses de l’UMP, les salaires n’ont pas été réévalués; le SMIC n’a même pas reçu son petit  »coup de pouce » annuel, qui était une tradition chiraquienne. Les retraites seront finalement augmentées, à ce qu’on nous dit, sur cinq ans – en frôlant à peine la réévaluation par rapport à l’inflation. La redevance télé, notamment pour les personnes âgées, joue à cache-cache, et on parle sérieusement de l’augmenter, suite aux déclarations en rapport avec la publicité supprimée sur le service public.

  Pas de plan de rigueur ? Mais Fillon vient déjà d’avouer que les subventions artistiques seront gelées pendant cinq ans, à cause de la dette, et Sarkozy s’est engagé auprès de l’Eurogroupe à rétablir l’équilibre des finances publiques – après avoir accordé un cadeau fiscal, sous forme de baisses d’impôt, d’environ quinze milliards aux plus riches. Est-il si illogique de penser que les futurs budgets trancheront bien quelque part, et qu’on ne sait pas encore forcément où ?

  Pas de plan de rigueur après les municipales, donc ? Admettons. En tout cas, c’est DEJA la merde. Six nouvelles taxes créées en moins d’un an (franchises médicales, ticket modérateur de justice…), 329 tribunaux fermés (contre une vingtaine dont on promet l’ouverture prochaine), des dizaines de milliers d’emplois supprimés dans l’Enseignement, et bientôt les hôpitaux qui y vont  y passer… Au fond, c’est Lagarde elle-même qui donne la réponse, en déclarant que « plan de rigueur » est une marque déposée par les socialistes. Certes, de toutes les forces de la gauche, Laurent Fabius était peut-être le moins bien placé pour l’ouvrir sur ce sujet, mais ce que cette réplique peut nous apprendre, c’est que, hormis un terme, Lagarde ne rejette pas le principe.

  Et c’est d’autant plus rassurant que, d’un strict point de vue arithmétique, on ne voyait pas trop comment elle aurait pu s’en abstraire…

Trois chiffres à propos du travail en France

  Extrait du reportage « Je travaille mais je suis pauvre », diffusé sur Canal +

 

  Au cours des dix dernières années :

 

  Evolution des Contrats à Durée Déterminée : +60%

  Evolution des Contrats en Intérim : +130%

  Evolution des Contrats à Durée Indéterminée : +2%

Jospin calomnié

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  Sincérité de l’UMP encore et toujours… Moi qui ne suis pourtant pas un grand fan de Jospin, s’il y a bien un domaine sur lequel ce dernier est inattaquable, c’est sur son intégrité face à la cupidité si courante en politique. C’est tout de même à Yoyo qu’on doit la réforme des fonds spéciaux et des enveloppes de l’Elysée, établissant une vraie transparence dans la rémunération des collaborateurs de l’Etat.

  Nonobstant, Sarkozy l’attaque avec le courage d’un sniper cartonnant une ambulance, afin de se dédouaner de ses propres fautes. Il a ainsi la morgue de déclarer : « Qui a fixé le salaire du Premier Ministre ? Lionel Jospin. Quand Lionel Jospin dit que le Premier Ministre doit gagner 20 000 Euros, il n’y a pas de polémique parce qu’il est de gauche ».

  Or, l’intéressé réplique, sans équivoque, que son salaire, comme celui des ministres, était établi par décret du Président de la République. Et que, loin des 20 000 Euros, il s’élevait en fait à 9000 Euros….

  Sarkozy a décidément du mal avec la vérité… ou avec les chiffres…

Presque une émeute à Levallois

  Au risque de me la péter, ami lecteur, je suis tout de même sacrément fier d’avoir participé à cette action, que la presse (à ma grande surprise) a largement relayé. Ce n’est pas si étonnant, à la réflexion, puisque les journalistes ont été pris en plein milieu du tourbillon… Quoiqu’il en soit, après les remous de Neuily, assister à un petit soulèvement à Levallois laisse rêveur… A quand la révolte à Versailles ?

  Pour ceux qui n’ont pas encore vu les images de cette violente (et parfaitement non préméditée de la part de la gauche) confrontation politique, voici quelques liens qui peuvent les éclairer :

(Un reportage plutôt bien fait)

http://www.dailymotion.com/relevance/search/royal%2Blevallois/video/x4ez84_levallois-balkany-vs-royal_news 

(La fin)

http://www.dailymotion.com/relevance/search/royal%2Blevallois/video/x4foq3_segolene-et-thierry-2_politics

  En tout cas, quelle joie et quel honneur de voir que même les Guignols en ont parlé ! Déjà que j’adore la marionnette qu’ils ont fait de Balkany, avec le thème du « Clan des Siciliens » lorsqu’il se déplace… c’est tellement ça…

  Que s’est-il donc passé ? Nous arrivons, avec quelques-unes de mes connaissances militantes, pour soutenir les socialistes levalloisiens. La section compte une cinquantaine de militants sur place, en parka rouge. A quelques mètres de nous, environ une soixantaine de balkanistes en parka bleu, et une trentaine de MoDem - en orange, bien entendu. Nous attendons Royal en tractant sur le marché. Quelques balkanistes viennent nous causer, font les gentils, parlent de respect… et nous tiennent la jambe pour nous distraire de notre tâche (c’était tellement gros que je le crois dur comme fer). Une fois Royal à proximité, l’ambiance change radicalement; Nous les voyons filer en un bloc sur le passage de la présidente du Poitou-Charente. Sentant venir le coup fourré, nous leur emboîtons le pas.

  Effectivement, les balkanistes sont loin d’être fair play ! Dans le sillage de Royal, ils la huent, l’insultent, lancent des « Balkany ! Balkany ! » Nous répondons par des « Ségolène ! Ségolène ! ». C’est de bonne guerre… ce qui l’est nettement moins, c’est lorsque les petits hommes bleus dressent un barrage dans la rue, afin d’exaspérer les passants. Qu’on ne vienne pas me dire le contraire, je les ai vu procéder ! Nous répondons en formant spontanément un cordon de sécurité autour de Royal, et en les évacuant du passage. Les journalistes sont au beau milieu de ce qui commence déjà à dégénérer en une sorte d’émeute. Entendons-nous bien : nous n’en sommes pas venus aux mains ! Ce ne sont certes pas les deux pauvres policiers, qui ont fait le minimum syndical, qui nous en ont dissuadé… mais le fait que nous n’étions pas des gangs s’affrontant, seulement des citoyens massés autour de deux icônes. Néanmoins, la bousculade a été sévère ! Une vieille femme tombe, nous l’aidons à se relever. De même pour une personne en fauteuil roulant, bloquée au milieu de la rue. Par « nous » j’entends « les rouges »… Désolé, mais c’est une réalité, c’est ainsi que cela s’est déroulé.

  Acte trois, les « Balkany ! » fusent, et quelques passants y ajoutent « Balkany en taule ! ». Le slogan est repris, arrangé, devient « Balkany en prison ! ». L’intéressé blanchit à vue d’oeil, et s’éclipse discrètement… La manifestation prend de l’ampleur lorsque les citoyens, autour de nous, rallient l’un ou l’autre camp (Les MoDem étant complètement largués). Certains continuent à huer Royal, mais d’autres, aux fenêtres, lancent avec nous des « Balkany en prison ! ». Je ne pourrais exprimer par des mots le sentiment que cela nous a procuré. La clameur couvre bientôt celle des Balkanistes. Elle n’est plus « politico-politicienne », c’est un cri bien plus populaire, une vague sourde de « Balkany en prison ! » et de « Ségolène-Thierry » (en référence au candidat socialiste soutenu par Royal).

  La foule atteint bientôt la voiture qui doit emmener notre championne. Elle s’assoit sur le toit (!), reçoit un bouquet de fleurs, nous gratifie de longues salutations. Elle ne s’enfuit pas : au contraire, elle prend son temps. Nous la suivons encore un peu. Après quelques temps passés à discuter avec des citoyens, à signer une pétition, à recueillir des infos sur les méthodes Levalloisiennes (beaucoup de corruption et de marchés publics truqués), nous regagnons les locaux de la section. Un pot y est organisé. La plupart des militants sont encore grisés. La tête nous tourne un peu… Nous n’avions pas imaginé affronter une telle levée de boucliers des balkanistes, ni rencontrer un tel soutien populaire. Dur de départager les effectifs des deux « camps », mais nous avons prouvé que l’UMP de Levallois emploie des méthodes « pas très catholiques », et que lorsque cela devenait nécessaire, nous étions capables de leur rendre la monnaie de leur pièce ! 

  Le drame de Levallois reste que, hormis une population globalement très « bourgeoise », moins de la moitié des électeurs se déplacent dans les urnes. Les gens sont peu politisés, peu motivés. On voit néanmoins qu’une étincelle peut les réveiller… puisse ce feu de paille devenir brasier !

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (3)

  Troisième (et pas encore dernière) partie de cet article consacré au dernier débat Désirs d’Avenir.

  Nous en étions restés sur la question du logement. Selon l’un des animateurs, il ne s’agit ni d’une idée de gauche, ni d’une idée de droite. De même, celui-ci met en avant un phénomène certes assez curieux : celui d’un antagonisme assez sensible entre la proportion de propriétaires et l’état de démocratie. En effet, les trois pays européens qui comptent le plus de propriétaires sont la Serbie, l’Albanie et le Montenegro ! En fait, la situation peut être expliquée ainsi : la propriété est souvent le fait d’une élite, d’une oligarchie en bref. Ce n’est évidemment qu’une portion de la question, mais elle est là, et bien là.

  De même, en Espagne, on observe que la grande proportion de propriétaires a des effets pervers… puisqu’elle ne laisse, dès lors, que peu de logements disponibles pour les « jeunes » ! De cela, découle une nuptialité tardive, qui ralentit le taux de fécondité, sans compter les désagréments dus à la simple promiscuité.

  Les socialistes proposent, dès lors,de réformer le droit de préemption sur les logements. A titre d’information, je fais ici un copier-coller qui resitue l’état actuel de ce principe :

1 - Je viens de louer un logement, mon bailleur souhaite le vendre, suis-je prioritaire pour l’acheter ? 

En principe non, car vous ne bénéficiez d’un droit de préemption qu’à la fin de la durée de votre bail (initial ou renouvelé) et sous réserve que le bailleur respecte un préavis de six mois lorsqu’il vous adressera un congé pour vente.

Deux exceptions  (voir questions 3 et 4):

  • si votre bailleur est propriétaire de tout l’immeuble (sous certaines conditions);

  • s’il s’agit de la première vente de ce logement après la mise en copropriété de l’immeuble dans lequel il est situé. 

3 - Je suis locataire d’un logement relevant de la « loi de 1948″, mon propriétaire qui possède tout l’immeuble, souhaite vendre les logements par lots. Est-ce que je bénéficie d’un droit de préemption ? 

Oui. Lors de la première vente du logement après la  mise en copropriété de l’immeuble, tout locataire bénéficie d’un droit de préemption au titre de l’article 10 de la loi du 31 décembre 1975.

Ce droit de préemption ne constitue pas un congé pour vendre.

Ce droit concerne aussi tous les locataires d’un local  à usage d’habitation.

4- Je suis locataire d’un appartement situé dans un immeuble appartenant à un seul propriétaire. A la suite de son décès, ses héritiers veulent vendre l’immeuble. Quels sont mes droits?

Si l’immeuble comprend plus de 10 logements et que le propriétaire veut le vendre en intégralité en une seule fois, le locataire bénéficie d’un droit de préemption pour acquérir le logement qu’il occupe sauf si l’acquéreur s’engage dans l’acte notarié à poursuivre la location pendant les six années qui suivent la vente.

  Facile à comprendre, non ? Les socialistes veulent que le locataire puisse, systématiquement, faire appel à un droit de préemption, lorsque son logement est vendu par son propriétaire. Voilà. Continuons… 

  Vient ensuite une intervention qui détaille certains principes du développement durable. A quoi correspond-il, en principe, hormis le célèbre tri sélectif ? Comment les solutions sont-elles mises en oeuvre ?

  Il s’agit, notamment, de penser en amont à la maintenance d’un système (ce qu’on appelle le « coût différé »), afin d’éviter de toujours tout transférer sur les usagers. Evidemment, il est également question d’économiser l’énergie et la terre (le foncier), ainsi que toutes les ressources non-renouvelables. Pour cela, il est nécessaire de former et d’informer, même et surtout les élus !

Une application concrète est intéressante à étudier : celle de la cogénération. Il s’agit d’utiliser, par exemple, la chaleur perdue dans une transformation, afin d’alimenter un autre système. Godin, du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) a ainsi utilisé le refroidissement de l’eau d’une usine afin de pourvoir en eeau chaude une piscine pour ses ouvriers !

Le débat a ensuite dérive sur la question de l’équité fiscale. Ainsi, on s’aperçoit que Trmblay et Villepinte reçoivent les retombées économiques de l’aéroport de Roissy, alors que les habitants de Sevran, eux, ne touchent rien !

Un intervenant a, par la suite, épinglé violemment la gestion générale (donc y compris à gauche) de certaines « zones » administratives, qu’il a qualifié de « poubelles » – citant en exemple le Nord de la France, particulièrement décrépi.

Comment porter plainte contre le fascisme européen ?

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(4 février, comité d’accueil du public devant le Congrès de Versailles) 

  Je relaie ici la procédure engagée par près d’un millier de citoyens français, auxquels je compte bien me joindre, afin de porter plainte contre l’absence de référendum, ou d’une quelconque consultation (même parlementaire, au niveau européen) à propos du  »nouveau » traité qui va bientôt lier les destinées de 27 peuples. Comme vous pourrez le lire sur ce site : http://www.29mai.eu/index.php?option=com_frontpage&Itemid=1 , la plainte initiée (et financée) collectivement repose sur la transgression d’au moins trois articles des précédents traités européens, qui garantissent les droits des citoyens de l’Union.

  Alors, s’il te plaît, ami lecteur, ne te laisse pas décourager, ne te laisse pas conduire à l’abattoir sans lutter… Certes, il est possible que ce procès aboutisse à un échec, mais nous n’avons rien à y perdre qu’un peu de temps et d’investissement initial (pas de dommages et intérêts à payer en cas de défaite), et il semble que cette procédure soit la seule et dernière porte de sortie qu’il nous reste…

  Bref, on a besoin de tout le monde sur ce coup-là, et c’est très important. Je ne pourrais mieux l’exprimer.

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (2)

  Suite de l’article consacré à la dernière assemblée participative, axée sur le thème de la « vie chère », dans le cadre des futures municipales…

  Un représentant de la Fondation Abbé Pierre prend la parole : il dénonce un manque estimé à 800 000 logements en France. Ce déficit est à mettre en rapport avec une flambée des prix historiquement haute, se traduisant par des loyers qui ont presque DOUBLE en sept ans ! Rien que sur le changement de locataire, on enregistre des hausses de l’ordre de 10 à 14% ! En parallèle, les salaires n’ont augmenté durant la même période que d’à peu près 15%… A noter que l’UMP déclare, avec raison, que 430 000 logements sont construits par an… MAIS seuls 24% de ces derniers sont accessibles aux 2/3 des français (qui ont des revenus plutôt modestes). Le discours s’attaque ensuite, ce qui n’est pas une nouveauté au PS, à l’indice frauduleux utilisé par le pouvoir en place pour calculer le pouvoir d’achat des français; ce dernier incluant dans le « panier de la ménagère » des articles tels que du matériel informatique, de reprographie, bref des produits certes de plus en plus abordables, mais sûrement pas de consommation courante…

  En revenant à la question des logements, DA a souligné que l’accession à la propriété ne devait pas être idéalisée : en effet, devenir propriétaire signifie souvent contracter un crédit sur des dizaines d’années, avec le risque de se faire arnaquer (subprimes ou « crédit  à taux évolutif ») ; un participant a rappelé qu’il ne fallait pas oublier que de nombreux logements sont mal isolés dans les quartiers populaires, ceci résultant dans des déperditions d’énergie – sans parler des nuisances sonores. Un autre a ensuite déclaré que la prise en charge des personnes âgées dans les quartiers populaires, et dans les cités hospitalières, devait être renforcée et mieux contrôlée. Enfin, une personne du public a appelé les socialistes à rester fidèles aux valeurs de l’internationalisme, notamment développées par le philosophe Edgar Morin. J’ai personnellement pu, à mon tour, rappeler que sous Jospin une loi avait permis le double affichage des prix sur les fruits et légumes dans les centrales d’achat, permettant de voir clairement les marges effectuées par ces dernières. J’ai également soutenu les principes des circuits courts, tout en exhortant le PS à prendre des mesures encore plus radicales, afin d’éradiquer la faim en France – ce qui est tout-à-fait possible en achetant par exemple des féculents (pâtes, riz) en grosse quantité, ou en employant le modèle dit des « épiceries sociales », comme au Venezuela. J’en ai également profité pour réaffirmer mon idée de systèmes de sécurité à disposition de tous les français, afin de lutter contre les cambriolages (déjà détaillée, et je le referais bientôt).

  Les idées issues de la base se sont encore succédées : un participant a rappelé que « 20% des êtres humains se partagent 80% des richesses mondiales » (un calcul qu’il faudrait encore nuancer, mais juste dans l’absolu); un autre, que dans certaines banlieues, le taux de chômage atteignait les 40% ! Un citoyen, lui, a appelé à renforcer la solidarité entre les collectivités locales et territoriales. Un autre, a dénoncé les logements sociaux, qu’il juge « architecturalement laids » (je suis d’accord, et sur ce point les chinois par exemple, qu’on taxe de faux communistes, ont eu le mérite d’ériger des constructions bon marché agréables à habiter); cette personne a également incité à l’obligation de concevoir des pièces collectives au rez-de-chaussée de chaque bâtiment.

  Encore d’autres idées entendues ce jour-ci, défendre les systèmes d’habitations groupées autogérées; assurer la taxation de la publicité papier; faire pression sur les productions pour faire baisser les prix, par exemple sur le pain (ce qui a déjà marché dans le passé); rétablir les dispensaires (une des toutes premières mesures du programme de Royal); Obliger les constructeurs à appliquer les critères Haute Qualité Environnementale (sachant que ceux-ci sont déjà peu contraignants, en pratique); Remonter la hauteur des immeubles, afin de permettre de développer des mezzanines, par exemple (et donc accroître ainsi la place habitable); Elever l’allocation des personnes handicapées (il y en a deux différentes, en fait, mais c’est l’idée générale); Lutter contre la prostitution des étudiants; Réévaluer d’urgence le SMIC face à la hausse des prix (pas une nouveauté, mais l’intervention était vraiment « énergique »); Rencontrer les gens, par exemple à travers des rendez-vous avec la mairie, afin de leur permettre de payer leurs amendes à temps – ou de les payer progressivement, sans qu’elles augmentent entretemps. Envisager la mixité sociale avec SERIEUX. Rétablir, à ce sujet, les « chambres de bonnes » afin de résoudre les transports massifs quotidiens de toute une population de la banlieue vers la capitale (la réponse à cette suggestion a été que les « chambres de bonnes » étaient souvent insalubres et exigües, mais que le phénomène de migration de masse, le matin et le soir, était effectivement avéré, écologiquement désastreux, et surtout pénible pour les usagers). Un participant, de même, a évoqué le principe d’un collectif pour récupérer la nourriture perdue, lorsque les dates de péremption sont passées (je lui ai personnellement indiqué que les centrales d’achat les détruisaient à présent avec de l’acide, afin d’éviter des bagarres qui avaient lieu lorsqu’elles décidaient d’en faire don aux pauvres… triste mais vrai). Enfin, un dernier intervenant a évoqué la nécessité de rendre progressive (par rapport au revenu, donc) la taxe d’habitation, et la taxe foncière (encore une idée de Royal, d’ailleurs).

  Fin de ce deuxième article, restent environ huit pages de notes… j’enchaine avec d’autres infos, mais je reviendrais plus tard sur le sujet… Alors ? Qui a dit que la démocratie participative était de la démagogie ?

Désirs d’Avenir sauve l’honneur (1)

  Le voici donc, le fameux article promis précédemment, qui traite de la dernière grande réunion participative autour de Ségolène Royal, et qui a été, à mon sens, une réussite. De 10H à 17H, dans un cadre adapté (la grande salle à l’étage de la Bellevilloise, un peu spartiate mais qui a fait l’affaire), en laissant une plage d’environ une heure et demie au total de parole pour le public… Bien sûr, les journalistes avaient tous disparu de la circulation trois minutes après la sortie de la Dame du Poitou, mais bon… c’est tellement répété qu’à force, on s’habitue. Nonobstant donc, je vais m’employer à relater ici les idées exposées par les « animateurs » comme par le « public », un peu pêle-mêle, mais bon, le coeur y est… pardon pour le délai, mais douze pages de notes, ça ne se transpose pas en une minute. Cet article sera suivi, normalement, par d’autres qui expliciteront tout un tas d’idées, certaines personnelles, certaines glanées en presque 2 ans de démocratie participative (comme le temps file…). Bien sûr, l’actualité ne sera pas en reste, mais je suis plus fermement partisan de la construction que de la critique.

  Cet article ne citera que rarement les noms des animateurs et des participants, d’une part parce qu’ils n’étaient pas tous clairement présentés, d’autre part parce que, justement, les idées sont pour moi mille fois plus importantes à étudier que les personnes. A mon arrivée donc, Royal vient de partir, et un animateur déclare que la gauche ne doit pas céder à la tentation de la « bonne gestion », dans l’optique des futures municipales. Il avance l’argument que les français, lorsqu’ils votent pour les progressistes, attendent une vraie gauche, et pas seulement une alternative à la droite, toute compétente qu’elle soit. De même, l’orateur met en garde contre une future dérive du développement durable; il ne faut pas que ce dernier engendre de nouvelles inégalités, notamment en ne profitant qu’à quelques-uns. Il termine son allocution en citant des principes contre lesquels je n’ai certes rien à redire, à savoir la politique de l’acte et de la réalisation, et surtout, le fait de ne pas avoir peur d’exercer un contrôle.

  Les débats commencent réellement, axés autour du thème de la « vie chère », surtout dans le cadre des municipales, et d’une manière générale, de l’égalité et de la redéfinition du rapport au sein des entreprises (très intéressant d’ailleurs, entre autres par la présence bienveillante de la directrice du BHV, qui prouve que le gros patronat peut aussi avoir une sensibilité de gauche humaniste… j’y reviendrai plus loin). Sur la question du logement, on énumère des chiffres : sa part représenterait, en moyenne, plus de 25% du budget des ménages modestes, contre moins de 15% pour les plus fortunés (j’ai personnellement connu des cas plus extrêmes encore, par exemple des petits retraités qui reversent plus de la moitié de leur pension dans le loyer). L’idée qui jaillit de ce constat consiste à réévaluer les baux des HLMs tous les neuf ans (pour moi, on devrait même l’étendre à tous les logements, quitte à faire preuve d’autoritarisme). La discussion a, par la suite, tourné autour des expropriations, qui doivent être mieux contrôlées dans un évident objectif humaniste, et autour de l’accession à la propriété, un rêve certes très important pour nombre de français, mais qui peut avoir de tragiques conséquences (réduction de la mobilité au sein de l’immobilier, endettement, crédits « évolutifs » qui ne peuvent être remboursés, et travaux divers qui peuvent atteindre des sommes colossales…). Plus difficile à comprendre, et plus polémique peut-être, la volonté de réduire la taxe d’habitation (qui profite à la commune) de 14,5% à 10%, avec en contrepartie une hausse de la taxe locative (qui profite aux collectivités territoriales, mais prévoit souvent nombre d’abattements).

  Un autre sujet abordé, dans le cadre de la lutte contre la « vie chère », à savoir la question des crèches. Les socialistes avancent alors un projet très simple, que j’applaudis des deux mains, et déjà en partie réalisé : des crèches publiques accessibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, à des tarifs évidemment bas. Ce problème de trouver où faire garder son enfant est très important : il grève les recherches d’emploi, notamment, et contribue au clientélisme électoral (je te file une place en crèche si tu votes pour moi, une tactique éprouvée à droite, par exemple dans le 92… n’est-ce pas monsieur Balkany ?)

  Par rapport à la question de l’alimentation, les réponses abordées m’ont également agréablement surpris par leur aspect « radical » : les socialistes (de Désirs d’Avenir , au cas où cela ne serait pas suffisamment clair) proposent des circuits courts pour assurer l’accès aux aliments de base, en gros des ventes organisées presque directement du producteur au consommateur, à des prix évidemment plus bas qu’en grande surface (puisque celle-ci en profite pour récupérer sa marge dans l’intervalle). Personnellement, et c’est une idée que je développerai plus tard, je suis partisan de mesures encore plus radicales : assurer qu’en France, plus personne ne mourra de faim, en développant des épiceries sociales ou un simple don organisé de pâtes, de riz, de pain… des ressources qui, achetées en énormes quantités, ont un coût minable (on peut probablement faire descendre le paquet de 500g de pâtes en-dessous des 40 centimes… et nourrir avec une personne pendant deux ou trois jours !). Mais revenons aux mesures avancées par DA… en finançant à l’avance des circuits courts, basés sur l’assurance d’écouler les produits (donc en restant en contact avec le consommateur), on peut effectivement établir des systèmes non seulement écologiques, mais rentables, et produisant des aliments à très bas prix. A titre d’exemple, le pain bio produit de la sorte, actuellement, coûte 35% moins cher, au final, pour le consommateur.

  Au niveau culturel, DA propose d’établir un ticket-musée à 1 Euro pour relancer la fréquentation, voire même 1 Euro par semaine… personnellement, je trouve cela trop bas, et l’un de mes précédents posts sur l’Institut Edgar Quinnet, au cours duquel fut également évoqué ce principe (gratuité en fait, mais c’est très proche) traitait du fait que, de toute manière, certaines personnes n’iront JAMAIS au musée. Pour ma part, je pense donc qu’une bonne mesure doit être gardée, entre le prix du ticket qui finance le musée, et son accessibilité. Les pass (à 10 Euros l’année par exemple) sont, à ce titre, un bon compromis me semble-t-il. Plus révolutionnaire encore, à mon sens, la mutualisation des accès haut-débit, permettant de couvrir l’intégralité du territoire, en assurant un service équivalent pour un prix encore plus abordable. Un participant a également évoqué l’intérêt crucial du microcrédit popularisé par Royal dans sa région, qui permet de créer les premières structures d’une activité, en contournant le piège des banques méfiantes, méprisantes, et de leurs taux d’intérêt élevés – le microcrédit étant un prêt à 0%.

  Je termine cette première partie avec une idée d’un participant, compliquée à comprendre, mais proprement géniale : pour payer l’usufruit des loyers à l’Etat, dans le cas des HLMs par exemple, celui-ci peut utiliser le « crédit vendeur », une procédure limitée à 50% du montant de la transaction, étalée sur 1 à 3 ans, qui établit une dette directement entre les contractants, sans passer par une banque. Résultat : une baisse de 40% du total à payer, par rapport à la méthode classique de taxation.

Au PS rien de nouveau (5)

  3e forum de la rénovation, donc. Je ne cache pas, d’emblée, une nouvelle déception… le programme annonçait des « tables rondes ». Je m’y suis donc déplacé, par acquis de conscience, afin de voir en vrai ce que signifiait cette expression… bien sûr, je m’y attendais. Je ne me suis pas trompé sur la marchandise : contrairement à un discours classique, faisant s’exprimer un orateur face à un public, une « table ronde » veut donc dire qu’un orateur s’exprime devant un public (sans interaction avec celui-ci, évidemment), au nom d’une commission, tandis que les autres attendent, assis derrière lui, sur scène. Révolutionnaire…

  Voici, malgré tout, un petit extrait de ces discussions à sens unique. Je ne suis resté, je l’avoue, qu’une demie heure… quitte à devoir me bouffer des heures de discours, autant me les faire devant ma télé…

  A mon arrivée, c’est Najat Belkacem qui a la parole. Je n’ai rien contre elle. Je ne la trouve pas non plus flamboyante, ceci dit… sur le thème de l’égalité donc (en gros), elle évoque le rejet par sa commission de la culpabilisation basée sur les fraudes au RMI. Nonobstant ces fraudes donc, qui sont surtout le fait de quelques magouilleurs, il lui semble fondamental de préserver cet acquis social (je développe). Elle enchaine en rapportant que « aucune politique de l’emploi ne peut se construire sans l’implication de l’individu. ». Face aux projets de l’UMP d’établir une ANPE à l’anglaise, elle oppose le flou des critères d’appréciation d’un « emploi acceptable » (au-delà de trois offres de ce genre refusées, exclusion du demandeur d’emploi…), et la nécessité subordonnée de les définir clairement. Evoquant la sécurisation des parcours professionnels, au contraire de la fausse « flexisécurité » sarkozienne négociée récemment avec les syndicats, elle appelle à une protection des individus, avant la protection de l’emploi. De même, la camarade Belkacem évoque l’exigence d’accord collectifs (Royal, également, avait appelé à des réglementations effectives, des contrats respectés, plutôt qu’à un recours systématique à la loi). Pour cela, elle définit deux préalables : la méfiance face au système actuel dit de la « Flexisécurité », et surtout l’importance vitale d’instaurer une syndicalisation de masse. Plus paradoxal, elle a par la suite parlé de l’allongement de l’espérance de vie, et à ce sujet rapporté que sa commission était favorable à la mise sous conditions de ressources des allocations familiales (personnellement je vois l’intérêt, les réserver à ceux qui en ont besoin, mais je ne trouve pas cela très « égalitaire »… c’est du long terme et du pragmatisme certes, mais ce n’est pas très « socialiste »). Face aux notions de communautarisme, elle a également annoncé que sa commission n’y était pas opposée, mais qu’il fallait y imposer une dimension inter-culturelle (trop abstrait et dangereux pour moi, désolé…). De même, elle s’est prononcé contre les statistiques ethniques et la discrimination positive (je suis encore en désaccord avec cela, bien que le principe me répugne de considérer la « race » de quelqu’un, ces procédés peuvent aider à constater les discriminations, et à équilibrer au moins progressivement la part des « non-blancs » dans tout un tas d’institutions…). Plus intéressant à mon sens, sur la question de l’égalité, au sujet de la l’homoparentalité, la légalisation de l’adoption (transposition du jugement rendu par la CEDH par exemple), de l’insémination et de la présence du conjoint lors de l’accouchement. Enfin, et sur ce point également je tique (le MJS vient de noter le contraire dans son texte programmatique), le rejet pur et simple de la prostitution légale, au profit d’une politique de prévention, sur le modèle suédois. (le MJS, lui, prévoit une légalisation des travailleurs du sexe, comme en Allemagne, ceci permettant entre autres une vraie prise en charge des maladies, notamment sexuellement transmissibles, afin de lutter contre des épidémies… j’ai eu du mal à m’y faire, mais finalement je trouve cela raisonnable et pragmatique).

  Au tour du camarade Alain Bergougnioux de prendre la parole. Pour lui, la droite segmente et stigmatise. Il appelle, sur la question de l’éducation, à s’inspirer de la loi associée de 1989, qui place l’élève au centre du dispositif. Il faut ainsi « concentrer les moyens là où sont les faiblesses du système ». Sa commission se déclare également contre la suppression de la carte scolaire, mais pour une politique volontariste, capable d’ouvrir et de fermer les établissements (sans donner beaucoup plus de détail hélas…). Alain Bergougnioux rappelle ensuite la nécessité de l’information, qui doit notamment donner toute leur place aux parents dans le milieu scolaire. Puis, il oppose l’aide personnalisée, et le soutien scolaire gratuit (par exemple effectué par des élèves, en échange de bourses, selon le modèle Royal), à la marchandisation du soutien scolaire. Il exhorte à créer de nouvelles solidarités, et à respecter un minimum d’égalité des moyens entre écoles privées et publiques (ces dernières, par exemple en Lettres, étant dotées de 4 fois moins de budget que certaines grands cours privés, toutes proportions gardées !). Rappelant la nécessité, pour les socialistes, d’innover, il insiste finalement sur l’importance du prêt étudiant à taux zéro.

  Lucile Schmid, quant  à elle, rapporte que sa commission, se penchant sur les inégalités en milieu scolaire, a évoqué l’intérêt crucial de les résorber dès les premières années. Elle a ainsi évoqué le service de la petite enfance (un autre thème de campagne de Royal). Puis, rappelant que 17% des jeunes sortent du système scolaire sans qualification, elle a parlé de la nécessite d’une bonne orientation, et surtout, de moyens accordés à l’enseignement. Pointant du doigt Sarkozy, la camarade Schmid l’a accusé de ne pas vraiment s’adresser aux éducateurs, mais de juste chercher à faire des coups médiatiques (je suis d’accord avec ça, passée la poésie des discours, il n’y a en définitive pas grand-chose à attendre de l’UMP dans ce domaine…). Elle a ensuite mis en lumière la question des violences dans le thème des inégalités, et l’importance, de ce fait, d’une bonne présence des surveillants en milieu scolaire (100% d’accord, même si la présence policière, en cas de racket, ne me semble également pas superflue… ouais ça vient de Sarkozy, mais ce n’est pas mauvais pour autant…). Sa commission se prononce également pour une politique de redistribution, afin d’assumer dans la réalité les « beaux textes » de 1981.

  Michel Yahiel, pour sa part, a évoqué le fait que l’éducation devait redevenir le fer de lance de la gauche, cela constituant un défi majeur à relever. Citant l’exemple des violences de Villiers-le-Bel (j’aime pas du tout ça, à la base… beaucoup trop facile et simpliste, mais le développement de l’argument m’a paru intéressant), il s’est dit effrayé par le fait que les émeutiers s’en sont pris, cette fois-ci, à des symboles du collectif (bibliothèque, école…). Se prononçant contre ce qu’il a défini comme des « politiques sur mesure », il y a opposé des « politiques universelles ». Plus précisément, pour casser les « citadelles », il a proposé de construire « maisons du citoyen » (non, je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut signifier… mais je vais me renseigner dessus, pour ne pas mourir idiot…).

  Voilà. Ceci clôt cette série de billets en demie-teinte… le prochain traitera de la séance de Désirs d’Avenir de samedi dernier, nettement plus enthousiasmante à mon sens, sur le plan interactif…

Au PS rien de nouveau (4)

  Suite de mon compte-rendu sur les journées du 19 et du 20 janvier, à savoir le troisième jour du colloque sur la rénovation idéologique du PS à l’Institut Edgar Quinnet, ainsi que le troisième « forum de la rénovation ». Le titre reflète, de manière acide, ma déception face au stalinisme de ces « consultations populaires »; néanmoins je dois annoncer, ce qui fera l’objet de posts ultérieurs, que la réunion Désirs d’Avenir de samedi dernier, en revanche, était très réussie du point de vue démocratique. 7 heures en tout, dont presque 2H de temps de parole pour le public, eh ben voilà… personnellement, c’est au moins ce que je demande de la part d’un parti qui veut d’occuper des « petites gens ». Un peu de respect, bordel…

  Mon précédent billet sur ce sujet s’achevait sur la retranscription du discours de Marisol Touraine.

  André Vallini, qui s’occupe du troisième forum de la rénovation, prend la parole. Il veut « faire bouger les lignes ». Selon lui, « l’égalité des chances » est une notion réductrice. L’égalité, à son sens, doit se suffire à elle-même; elle doit être active, en action. A ce titre, il souhaite une réforme des APA et des PCH (aides réservées aux personnes handicapés ou ayant du mal à se déplacer), plus adaptables, et donc plus modernes (je suis d’accord sur le principe, mais hélas j’aurais aimé en connaître le détail… tant pis). Pour lui, les droits d’inscription en Fac doivent être proportionnels aux revenus des familles (rien à redire là-dessus).

  Le camarade Vallini, par la suite, a parlé avec éloquence de la culture. Citant l’exemple du musée de Vizil (là d’où serait partie notre première Révolution, en 1788), il a présenté le concept du « musée gratuit », afin de pallier au défaut de fréquentation; en effet, de nombreux français hésitent à aller dans un musée, d’abord par manque d’habitude, puis évidemment pour des raisons financières. La gratuité est un moyen de briser ces barrières. Pourtant, il ne faut pas en négliger, malheureusement, les aspects négatifs : d’abord, les conservateurs ont un caractère assez élitiste; ils voient dans cette mesure le danger de « se retrouver envahis par des touristes en short » (quel mépris… mais c’est la réalité !); ensuite, il faut dresser un constat amer : malgré tout, la fréquentation a tendance à se tasser au bout de quelques temps. Les mêmes personnes reviennent… et certaines ne se déplaceront tout simplement jamais, même en cas de gratuité totale. Pour clore sur une idée positive, André Vallini a néanmoins proposé que chaque école ait le devoir d’organiser au moins une sortie scolaire au musée, pour chacune de ses classes, chaque année.

  Vinvent Peillon, lui, a appelé à « refonder intellectuellement et organisationnellement la gauche » – une formule utilisée, selon lui et avec une pointe de sarcasme, depuis 1905. Il veut que les socialistes « recommencent à penser ». (Typiquement le genre de discours qui m’endort à moitié… oh les belles formules…). Pour lui, Royal représente l’énergie, l’espoir et la fierté (j’aurais personnellement dit l’honnêteté, l’intelligence et le courage, mais bon…). Il enchaine en parlant d’approfondir le débat sur la Nation française,et a reconnu une actuelle crise de l’identité nationale (pour moi, il y en a toujours eu, et il y en aura toujours…). Vincent Peillon appelle ensuite à lutter contre la surdité des politiques à tout ce qui se passe autour d’eux. Il veut une parole vivante, une sorte de « fécondation réciproque » (très drôle quand on évacue 1H30 de débat avec le public, non ?). Il exhorte le PS à ne pas « tomber dans l’immobilisme », afin de ne pas devenir « l’autre face de Sarkozy ». Il met en danger contre le négationnisme et le mépris (cf. l’affaire du « mouton dans la baignoire », qui pour moi renvoie plus à la haine entre les communautés…). Le camarade Peillon appelle ainsi à un investissement dans les domaines de la connaissance, de la solidarité, bref dans les « qualités » des français.

  A la suite de ce discours somme toute très abstrait, il a heureusement évoqué une approche un peu plus subtile de l’histoire politique; selon lui, le socialisme serait né du libéralisme, et en serait le meilleur accomplissement, établissant ainsi les conditions collectives nécessaires pour construire la liberté personnelle. Peillon dépeint ainsi Sarkozy non comme un libéral, mais comme un conservateur (100% d’accord avec ça, même si l’acceptation des « mesures Attali » dénote toutefois d’une certaine ouverture d’esprit).

  A la suite de ces discours, j’avoue que j’ai arrêté de noter, en constatant que l’heure du « débat avec la salle » était déjà passée depuis 45 minutes… sentant venir l’élimination pure et simple des questions/réponses avec le public, j’ai pris mon mal en patience et, comme précédemment décrit, ai manifesté ma déception et ma colère lorsque mon mauvais pressentiment s’est confirmé. Prochain post : un extrait du 3e et dernier forum de la rénovation, vu de l’intérieur.

« Monsieur Taxes »

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(Extrait du site de Désirs d’Avenir)

 Chers Amis,

Après Florence le week-end dernier où j’ai participé à une réunion du Parti démocrate italien que préside le charismatique maire de Rome Walter Veltroni, je me suis rendue dans ma région, puis hier matin à Argenteuil où j’ai rencontré le personnel de l’hôpital.

Dimanche dernier, j’avais participé à l’émission « Vivement dimanche » qui a battu des records d’audience (6 millions de téléspectateurs). À une question de Michel Drucker sur ma séparation d’avec François Hollande, j’ai répondu très simplement avec pudeur et sans hypocrisie, afin de clore définitivement un sujet qui a déjà fait l’objet de trop nombreuses polémiques.

Ces derniers jours, j’ai dénoncé la multiplication des taxes voulue par Nicolas Sarkozy alors qu’augmentent le coût des transports, du logement et de l’énergie. Après avoir regretté de ne pas avoir instauré de TVA dite « sociale », « Monsieur Taxes » entend maintenant créer une « taxe sur les séjours hôteliers », impose les scandaleuses franchises médicales, veut augmenter l’impôt sur les produits pétroliers, et songe à reprendre les propositions du rapport Attali tendant à augmenter la CSG et la TVA ! Si j’ai pu reconnaître l’intérêt de nombreux points de ce rapport, je refuse l’idée selon laquelle on devrait, sans débat, l’adopter en bloc. L’augmentation des impôts indirects ne fait pas partie des mesures que j’approuve.

Je constate chaque jour en discutant avec les habitants (dans ma région, comme à Argenteuil où j’étais encore hier matin) à quel point les Français peinent à joindre les deux bouts. Ils sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants ainsi qu’en témoignent les chiffres de l’Insee publiés mardi : le moral des Français n’a jamais été aussi bas.

Le scandale de la société générale n’arrangera rien. J’ai dénoncé hier l’inertie des autorités de régulation et de l’État dans cette affaire. Alors que des signaux avaient été envoyés dès l’automne, ni la commission bancaire, ni même le gouvernement n’ont réagi. On aurait pu dès le mois de novembre réunir tous les présidents des banques françaises pour évaluer ensemble les risques à venir et s’y préparer de manière efficace.

Je crois maintenant qu’il faut une grande réforme du secteur financier en France et en Europe, imposer une plus grande transparence, moraliser les pratiques des banques. Il est temps de mettre fin aux scandales du « crédit revolving » et des tarifications abusives.

J’aurai l’occasion de traiter prochainement de ces questions lors de mon déplacement la semaine prochaine à l’Université Harvard aux États-Unis où j’effectuerai, à l’invitation de l’économiste Philippe Aghion, un cycle de conférences.

Aujourd’hui, il faut continuer à nous concentrer sur la bataille des municipales pour que nos idées et nos valeurs soient défendues au niveau le plus proche des Français.

À très bientôt,

Ségolène ROYAL.

La contre-attaque

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Encore une belle photo pour illustrer la banlieue, tiens… après « je me cache dans une poubelle parce que j’ai peur » (voir le post  »la photo »), voici « les méchants sauvageons ont pété l’objectif de mon appareil »… 

PARIS (Reuters) – Les partis de gauche ont vivement critiqué le plan pour les banlieues, qu’ils considèrent comme une « mascarade » et dont les grandes lignes ont été dévoilées mardi par Fadela Amara.

La secrétaire d’État à la Ville a évoqué lors d’une visite à Vaulx-en-Velin, en banlieue lyonnaise, « un programme visant à créer et à accompagner en cinq ans 20.000 entreprises nouvelles dans les quartiers » et « des dispositifs précis dans ce domaine pour créer plus de 45.000 emplois en trois ans et réduire en même temps de 40% le chômage des jeunes en banlieue ».

« Les partis de gauche expriment leurs doutes et leurs inquiétudes au sujet d’un énième ‘plan banlieue’ maintes fois annoncé, sans cesse reporté, et dont la portée semble limitée à quelques quartiers et quelques dispositifs, avec un financement dérisoire », lit-on dans un communiqué du groupe de liaison et d’échange de la gauche et des écologistes.

« Nous refusons de cautionner une telle mascarade », poursuit le communiqué.

Pour améliorer la situation des quartiers en difficulté, ils proposent de contraindre les villes à construire au moins 20% de logements sociaux, de favoriser l’emploi des jeunes dans les entreprises et de développer de nouveaux emplois de proximité, de recréer les postes d’enseignants et d’adultes supprimés dans les ZEP, de rétablir une police de proximité ou encore d’augmenter la dotation de solidarité urbaine.

Alors que sa visite à Vaulx-en-Velin devait être l’occasion pour Fadela Amara de présenter son plan annoncé de longue date, c’est finalement le président Nicolas Sarkozy qui s’en chargera le 8 février.

Aurélie Filippetti, député socialiste de Moselle, a ironisé sur Radio Classique sur les multiples reports de ce plan. « Plus personne ne comprend rien », a-t-elle dit, « ce n’est pas le plan anti-glandouille mais le plan embrouille ».

Claude Bartolone, ancien ministre socialiste de la Ville et député de Seine-Saint-Denis, a apporté son soutien à Fadela Amara. « Voilà une ministre qui n’est pas soutenue », a-t-il déploré sur LCI.

Le président de la République « va, sans elle, parler plus de sécurité que de problèmes sociaux », a-t-il ajouté, au lendemain de la visite du chef de l’État à Sartrouville (Yvelines).

« Dans les quartiers actuellement on ne veut plus de belles paroles, on veut des actions », a-t-il encore déclaré.

Le supplice de DSK

Dominique Strauss-Kahn a pris vendredi sa première décision de directeur du Fonds monétaire international (FMI): rendre public son salaire qui s’élève à près d’un demi-million de dollars par an.

“Votre salaire en tant que directeur général du Fonds s’élèvera à 420.930 dollars par an”, précise le contrat de travail de l’ancien ministre français des Finances, qui a pris ses fonctions jeudi.

A cela s’ajoute une dotation annuelle de 75.350 dollars, plus les frais, a indiqué l’institution financière internationale dans un communiqué publié vendredi.

“Ce salaire s’entend net d’impôts”, ajoute le texte.

La somme totale représente une augmentation de l’ordre de 7,5% par rapport au dernier traitement publié par le prédécesseur de M. Strauss-Kahn, l’Espagnol Rodrigo Rato, dans le rapport annuel 2006 de l’institution.

C’est la première fois que le Fonds publie l’intégralité des termes du contrat de travail de son dirigeant, précise-t-il.

Au lendemain de sa prise de fonction, M. Strauss-Kahn a par ailleurs répété son intention de moderniser l’institution sexagénaire, en pleine crise de légitimité et en difficulté financière.

“Ces derniers mois, je me suis présenté comme le candidat de réforme”, a-t-il déclaré, lors d’une première rencontre avec la presse: “Maintenant il faut que je fournisse des résultats”.

“Cela ne va pas se faire en quelques jours”, a-t-il toutefois prévenu.

Citant les principaux chantiers en cours — réforme des quotes-parts, recherche de nouveaux revenus, coupes dans les dépenses — M. Strauss-Kahn a rappelé que l’assemblée générale du FMI avait fixé une échéance: avril 2008.

“Cela fait moins de six mois”, a-t-il déduit: “Ce n’est pas trop pour règler ces différentes questions”.

Municipales : A Cannes

(Source : Libération)

Aux municipales, à Cannes, la gauche représente en général 15 à 20 % des suffrages, donc pas grand-chose. Elle a eu trois élus en 2001 (une PS, un PCF, une Verts). «Ici, les personnes ont un réflexe : elles votent à droite, déplore Apolline Crapiz, la candidate socialiste. Même les pauvres votent à droite… Contre leurs intérêts ! A Cannes, on aime bien s’identifier à la richesse. Si on vote à gauche, on a l’impression d’être encore plus pauvre… Il y a aussi la croyance qu’il faut avoir de l’argent, donc être riche, pour être capable de gérer.» Pourtant, il y aurait un créneau : «Ici, les problèmes de logement sont encore plus cruciaux qu’ailleurs. Il y a le clinquant, la vitrine, la Croisette, avec sa brillance, et la misère. 60 % des actifs gagnent moins de 1 000 euros par mois», assure la candidate PS. Pour autant, socialistes et communistes n’ont pas réussi à s’entendre. «Le PC voulait la deuxième place sur la liste. Je leur ai proposé la troisième», explique Apolline Crapiz. D’où une division préjudiciable. Le communiste Claude Meyffret, qui conduit une liste avec la LCR et les alternatifs, dénonce «une attitude personnelle partisane» d’Apolline Crapiz, qui «a voulu placer ses éléments». Divisée, la gauche risque d’être éliminée dès le premier tour et de ne pas avoir d’élu au conseil municipal. Vraiment pas facile d’être de gauche, à Cannes.

Municipales : Delanoë (1)

PARIS (AFP) – Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, candidat à sa propre succession, a estimé dimanche à Paris que « nous les progressistes, on est meilleur quand on joue collectif ».

Interrogé à son arrivée au Forum de la rénovation du PS à La Mutualité, M. Delanoë a déclaré que « nous, les progressistes, on est meilleur quand on joue collectif, en sport, je préfère les jeux collectifs ».

« C’est bien si on est tous ensemble pour des choses plus grandes que nos personnalités, nos individualités, » a-t-il ajouté.

Interrogé sur les conséquences des municipales au sein même du PS, M. Delanoë, souvent considéré comme un des principaux rivaux de Ségolène Royal pour le leadership du parti, a éludé: « Ces trucs de pouvoir, de personne… Cela m’intéresse modérément ».

« Moi ce qui m’intéresse passionnément, c’est de m’engager pour des convictions, un tramway, pour consacrer un milliard d’euros pour une mandature pour l’innovation », a-t-il dit, évoquant « (ma) manière d’être de gauche et d’être dans la réalité de la gestion, dans le dynamisme ».

Il a souhaité que le PS, après les municipales et les cantonales, se concentre sur « les idées, la modernisation, le management, le collectif », assurant n’être « disponible que pour ça et le travail d’équipe ».

Interrogé sur les mauvais sondages de Nicolas Sarkozy, le maire de Paris s’est voulu prudent: « Quand on est haut, c’est qu’on va descendre. Quand on est bas, on peut remonter. C’est valable pour tout le monde ».

« Ce qui compte c’est la politique menée. Nicolas Sarkozy semble toujours en campagne. Il annonce, il annonce, et la vie des gens ne s’améliore pas », a-t-il dit.

« Je n’ai pas à commenter des sondages mais des actes politiques qui ne sont pas bons pour les Français ».

Au PS rien de nouveau (3)

  Suite du rapport sur les journées du 19 et du 20 janvier.

  Gaëtan Gorce, rapporteur sur la première loi des 35 heures, enchaine en déclarant que la notion d’égalité, en France, n’a jamais été si contestée (euh là-dessus je me permets de rappeler que nous avons subi, dans notre Histoire, des gouvernements plus extrêmes, mais c’est vrai que la disparité des revenus est hallucinante – à venir, un post avec plein de graphiques sur ce sujet). Selon lui, la gauche n’a pas su s’actualiser à temps; la droite, ainsi, a pu retourner les valeurs humanistes, tel un bernard-lhermite investissant une coquille.

  Gaëtan Gorce a alors mis en perspective la situation : l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres s’est certes stabilisé, mais seul 1% des français – les plus aisés – ont vu sensiblement leur pouvoir d’achat augmenter (de 20% !) au cours des dernières années. Les autres français, globalement, n’ont eu droit qu’à 5% (moi j’ai plutôt vu une baisse, mais bon…). Ainsi, face à cette situation d’enfermement, qui pénalise l’évolution, la gauche doit défendre l’égalité des destins. Il a de même pointé du doigt le fait, ou le sentiment, que les études ne correspondaient plus à l’investissement qu’elles requéraient. Les français se crisperaient ainsi sur leurs avantages; ces dernières années, s’est ainsi affirmé le concept de « ghetto du ghotta » – une élite qui ne se construit plus sur le mérite, mais sur les relations (vachement nouveau, hein ?)

  La gauche doit ainsi ne pas avoir peur de remettre en question toutes les politiques de redistribution, à travers un « état social de la Nation », un audit civique pour actualiser ses politiques (tant qu’on demande son avis au peuple, personnellement, ça me va). Pour retrouver de la compétitivité, la France doit alors stabiliser les prélèvements obligatoires, et savoir faire des choix. Sinon, c’est un système à plusieurs vitesses, « à l’américaine », qui risque de s’installer. Gaëtan Gorce invoque en cela Pierre Mendès-France, et sa volonté de réformer en « disant la vérité aux Français », et en assumant.

  Toujours sur une vision économique, Gorce affirme qu’il ne faut pas se contenter de dénoncer un système qu’on ne changera pas (l’économie de marché), mais qu’il faut le mettre au service du peuple, à travers des objectifs à accomplir. Il a achevé son discours en affirmant que la politique devait retrouver sa morale, et son éthique (justice et universalité), pour fuir sa sombre dimension ethnique (faire de la politique par tranche).

  Au tour de Marisol Touraine, élue de l’Indre-et-Loire. Elle insiste sur le fait que la politique de la redistribution souffre d’une image austère; on n’en voit souvent que la facette technique, « tuyauterie ». C’est pourtant une pièce fondamentale dans le pacte démocratique et républicain français. Il faut ainsi rappeler, et dire haut et fort que la sécurité sociale est née sur les ruines de la deuxième guerre mondiale, après la ruine des systèmes fascistes, et des conflits qui en ont résulté. Cette redistribution a cimenté l’Europe, et constitué le terreau des solidarités collectives.

  Dans un monde encore marqué par la chute de l’URSS, la démocratie et le rêve européen s’effritent; l’idée que le capital est l’allié naturel de la démocratie s’est répandue; Marisol Touraine insiste sur le fait que ce lien est faussé, et que le capital n’a presque jamais défendu les réelles valeurs citoyennes (en fait, les forces financières ont, c’est vrai, un lourd passif dans le financement de dictatures…). Il faut alors que la gauche défende ce qui est au coeur des démocraties européennes, et fasse son maximum pour résorber les inégalités les plus douloureuses; par exemple, on sait qu’un ouvrier travaillant dans le nord de la France a une espérance de vie de cinq ans inférieure à celle d’un ouvrier du sud !

  Sur la question des assurances privées, Marisol Touraine épingle le système qui, à n’en pas douter, est l’objectif ultime des capitalistes. En affaiblissant les retraites publiques, les salariés seront bien forcés d’avoir recours à ces mutuelles privées… dans les chiffres, pour une protection touchée à 70 ans, contractée à 40 ans, on demande 70 Euros par mois à l’assuré; à 50 ans, 100 Euros; à 60 ans, c’est 200 Euros ! Elle avertit également, par la suite, du danger des retraites « au choix », prises entre 20 et 30 ans par exemple, car cela suppose que les salariés puissent retrouver un emploi facilement (ce qui est très rarement le cas). Puis, elle a défendu un état social fort, qui refuse un niveau de retraite inférieur au SMIC (j’applaudis personnellement des deux mains cette conviction).

Au PS rien de nouveau (2)

  Je précise que ce titre est une boutade, un jeu de mots… la question n’est pas de savoir si les idées sont « renouvelées » ou « rénovées » plutôt, mais de voir comment elles l’ont été… en l’occurence, grâce à des commissions internes qui ont rédigé de jolis rapports, dont certains contredisent d’autres (ex: le PS n’admet pas la prostitution légalisée, alors que le MJS, dans son texte « unitaire », veut enrayer les problèmes sanitaires par ce biais; oui, je sais, le MJS est autonome, mais c’est un exemple que je trouve frappant).

  Continuons d’après le post précédent… Au tour de Pierre Moscovici de prendre la parole, à présent. Il évoque d’abord une citation de Toqueville, selon lequel « plus une société est égalitaire, plus elle veut de l’égalité »; petite feinte puisque, heureusement, il s’emploie à casser rapidement cette alléguation. Pour l’illustrer, Moscovici prend l’exemple de l’Europe, un « continent » riche qui compte 16% de pauvres (moins de 60% du revenu médian) ! En Irlande et au Royaume-Uni, deux des plus riches Etats de la communauté, les taux de pauvreté atteignent respectivement 16 et 18% ! 19% chez les + de 65 ans !

  L’accroissement des inégalités n’a pas lieu seulement sur les salaires, mais sur les perspectives d’évolution de carrière : Ainsi, en 1960, un salarié pouvait espérer atteindre le niveau de vie d’un cadre en 37 années. Aujourd’hui, il lui faudrait plus de 150 ans ! (Exemple donné par Gaëtan Gorce, mais qui s’applique très bien au raisonnement développé ici, et puis j’en ai marre des répétitions…)

  Pierre Moscovici développe encore sa vision de l’évolution du capitalisme, devenu financier (enfin encore plus financier disons, de mon point de vue); ainsi, le patronat « managérial » est devenu bien plus « actionarial ». De standardisé et paternaliste, il est devenu post-fordiste – ce qui signifie que le « patron » n’est même plus vraiment impliqué dans les destinées de l’entreprise qu’il finance…

  De même, l’Europe, bien que réduisant selon lui les écarts (mais pas assez), n’échappe pas aux phénomènes dits de « mondialisation », qui ébranlent l’Etat-providence (même si ce n’est pas la seule explication, désolé d’être concis, mais j’ai déjà tellement entendu cela…); ceci accroissant les inégalités intergénérationnelles (le fils d’un ouvrier a toujours aussi peu de chances de devenir cadre) et intragénérationnelles. Moscovici développe finalement trois thématiques que j’ai trouvé intéressantes (surtout la dernière, qui rejoint mes vues, trop brièvement abordée hélas); A savoir : le soutien des concepts de socialisme de redistribution, l’émancipation nécessaire de l’individu, et enfin la nécessité de production (aaaah… enfin un qui a compris que le socialisme devait au moins faire jeu égal avec le capitalisme dans ce domaine… sous peine de se déconnecter des besoins du peuple, et de perdre tout simplement la guerre du financement… l’argent est le nerf de toute guerre, c’est bien connu… j’y reviendrais plus tard.)

Au PS rien de nouveau

  Les articles précédents expliqueront peut-être ma progressive lassitude, puis manque d’entrain à relater les aventures politiques de mon camp… Ce n’est pas tout d’avoir des idées, si c’est pour s’enfermer loin du peuple et tourner en rond entre pontes, franchement… faut pas s’étonner que les gens bâillent, après.

  Bref, voici un petit résumé des « débats-monologues » du 19 (Institut Edgar Quinnet), et un peu de ceux du 20 (à la Mutualité) : 

  19 janvier, je réponds à l’invitation électronique reçue à travers Désirs d’Avenir, et me rends à la Maison de la Chimie. Mon ami François croit reconnaître, de dos, Doc Gynéco; J’en parais surpris, mais il a raison… Les journalistes se jettent sur lui, qui passait apparemment par hasard. Hasard marrant. Comme il s’éloigne, des militants de gauche grognent « vas-y… vas-y, va-t-en ! » J’attends un peu la venue de Royal, à pied visiblement (François le pressent étant donné que la presse attend à l’extérieur, j’avoue que c’est malin). Bref, la voici, je suis content de la voir passer, et nous allons couper au plus court cette introduction pour entrer dans le vif du sujet.

  La salle est magnifique. Là-dessus, rien à redire, plusieurs étages, une hauteur de plafond hallucinante, tout neuf, une gigantesque scène. Je me trouve une place devant, sors mon petit calepin, commence à noter. Royal est ovationnée de manière délirante, à son entrée. Rebsamen est déjà à la tribune; il prêche pour des solutions radicales, afin d’éviter que les enfants défavorisés n’aient aucun espoir d’accéder aux hautes sphères de la société (grosso modo, voici le résumé des deux conférences du 19 et du 20). Pour lui, l’égalité des chances n’est pas une compétition sportive, mais une nécessité éthique, et socialiste. Elle doit se comprendre comme un rééquilibrage à chaque instant de la vie, pas seulement « sur la ligne de départ », afin de pouvoir faire s’élever l’humain au-dessus des différences d’origines sociales.

  Pour Royal, le plus insupportable concerne ceux qui peuvent s’inventer un futur, face à ceux qui ne le peuvent pas, et ceux qui parviennent juste à survivre, donc n’y pensent même pas. Pour elle, l’égalité a malheureusement été, dans le passé, un « hochet » des socialistes, un dogme (accusation d’hypocrisie donc). La droite a souvent reproché au PS son « obsession du nivellement ». La mauvaise foi de cette attaque doit cependant justifier la reprise de l’offensive, pour établir des dynamiques d’action afin de renforcer REELLEMENT l’égalité entre les citoyens.

  Trois pistes, donc (trois quiproquos à détruire) :

  * La lutte contre les inégalités n’est pas synonyme seulement de la lutte contre l’exclusion; elle doit englober tous les citoyens, y compris ceux des classes moyennes.

  * La passion de l’égalité ne remet pas en question la réussite individuelle (héééé oui, faut être demeuré ou de droite pour le penser)

  * Enfin, la justice sociale ne doit pas être envisagée comme une lourdeur, un frein, mais au contraire comme un facteur de croissance. Pourquoi ? Parce que la justice, qui permet de réaliser ses ambitions, MOTIVE l’employé. La Justice crée des perspectives, réduit la violence, laisse s’épanouir les talents. Les femmes discriminées, les jeunes maltraités ou les « vieux » mis au placard, ne sont évidemment pas motivés…

  De fait, la politique socialiste doit permettre l’émancipation de l’individu (Jaurès en parlait déjà, alors c’est loin d’être nouveau…), et permettre de compenser les manques – de capital de départ, de patrimoine, de capital intellectuel… C’est ce qui fonde l’importance capitale de l’Ecole de la République et de la Sécurité Sociale, et ce qui justifie qu’on se batte contre la privatisation de ces outils. La Sécurité Sociale est ainsi « le capital de ceux qui n’en ont pas ». De même, les inégalités se formant dès les premières années, on voit facilement la nécessité d’une politique de la petite enfance.

  Royal souligne également, avec raison, que la jeunesse française est la plus pessimiste de tous les pays de l’OCDE. Un des facteurs relevés par cette étude étant l’importance croissante des « relations » et des « réseaux » pour réussir, ceci développant (très logiquement) le sentiment d’injustice…

  Enfin, elle a opposé sa vision de l’esprit d’entreprendre au bouclier fiscal pour très très riches de Sarkozy, et la justice sociale à la rente. Elle a également comparé les méthodes de la droite, jugées inefficaces et symbolisées par une croissance en berne (sans parler du déficit de commerce extérieur) aux emplois tremplins qui, dans sa région, ont créé plus de 5000 entreprises.

(Fin du premier post, parce que j’en ai pour plus de dix pages de notes, et qu’il y a également d’autres sujets à aborder…)

Trahison (le PS tourne encore une fois le dos au peuple)

  Ami lecteur, je reviens d’un « grand débat » organisé par une partie du PS, en présence de Royal, de Gorce, et d’autres pontes du parti. Je vais rédiger un post sur ce que j’en ai noté, car les idées valent le coup d’être exprimées; ici, au moins, on ne les censure pas.

  Sur le programme de la journée, il était inscrit « 16H15 : Débat avec la salle » et « 17H45 : Conclusion des débats, etc… »; à moins d’être demeuré, cela signifiait, pour moi, une heure et demie de questions et de réponses.

  Ce nouvel « institut pour refonder idéologiquement la gauche » accomplit ainsi le tour de force de laisser encore moins la parole au public que le deuxième graaaaaand forum de la rénovation, en présence de sa majesté François Hollande (4 minutes). Ici, le « débat » a simplement été éliminé. Rien. Nada. Trois heures de discours, et puis voilà.

  Je ne pleure pas, ami lecteur; je n’ai pas non plus la pensée noire du « je le savais bien », en tête; non, je ne le savais pas, j’en suis sincèrement attristé, mais ce soir au moins, je sais dans quel camp je me place. J’ai eu la force de lancer « C’était un super débat ! », puis « C’est une trahison ! », avant de tourner le dos. Une personne a été d’accord avec moi. Elle me suffira. Je me situe dans le camp du peuple, pour toujours; puisqu’on lui ment et qu’on l’empêche de s’exprimer, alors j’en prends acte, encore une fois. La dernière fois.

  Ami lecteur, je ne compte pas tout laisser tomber. Je suis de gauche, socialiste et fier de l’être; je continuerai à rapporter ici tout ce que j’aurais pu saisir des actions auxquelles notre petite équipe aura participé. Mais le coeur n’y est plus.

  C’est donc ça la démocratie… on annule une heure et demie d’un programme, et tout le monde s’en fiche. Trop occupés à prendre des photos avec leur téléphone portable, à applaudir, à se faire dédicacer des livres. Cela leur suffit, apparemment; pas à moi. Le socialisme est d’abord la révolte contre la tyrannie, et le mensonge en est une. L’une des plus terribles. Le Parti Socialiste a peur du peuple, depuis qu’il a mordu la poussière un trop grand nombre de fois; ses pontifes n’osent plus être rebelles; ils préfèrent donc verrouiller autour d’eux, ou alors laisser parler, dans le vent, au cas où une idée un peu trop brillante cache leur aura personnelle. Bien sûr, ce colloque a duré trois jours (je n’ai été prévenu que du dernier); les deux autres jours, c’étaient des scientifiques qui étaient invités. Entre élitistes, on se comprend, visiblement… la question étant : Est-ce vraiment si dur pour les dirigeants d’un parti, de faire circuler un putain de micro dans une salle pendant une heure mettons, et d’en prendre encore une pour répondre ? Cela n’est-il pas le strict minimum en démocratie ? Doit-on se satisfaire de moins, voire de rien ?

  Eh bien, cela ne me satisfait pas, moi. Cela me donne méchamment envie de frapper, même. Ou de tirer la gueule; ou, de manière plus constructive, de trouver d’autres moyens pour exprimer ces idées. Ici, par exemple. Avec tous ceux qui seront intéressés… avec le peuple, et c’est très bien comme cela. Je laisse les princes et les barons entre eux, puisqu’ils aiment tant cela. J’irais tout de même au « 3e forum de la rénovation », parce que je suis un masochiste pointilleux. Je ne veux pas risquer de manquer quelque chose.

  Mais je n’oublierais pas. Au fond, je me demande ce qui est pire : Ceux qui sont sur l’estrade et renient leurs engagements, ou ceux qui sont dans la salle, et qui n’y font pas attention.

Delanoë s’oppose au service minimum dans les écoles

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PARIS (Reuters) – La ville de Paris ne signera pas la convention qui lui a adressée le rectorat pour expérimenter le service minimum dans les écoles lors de la grève nationale du 24 janvier, a annoncé vendredi Bertrand Delanoë.

Il est inconcevable de sous-traiter à une commune une responsabilité légale de l’Etat », écrit le maire socialiste de Paris au ministre de l’Education, Xavier Darcos.

Ce dernier a demandé aux recteurs et inspecteurs d’Académie de participer avec les communes volontaires à « l’expérimentation » du service minimum d’accueil dans les écoles maternelles et élémentaires le 24 janvier.

Bertrand Delanoë souligne que l’Education nationale est responsable des élèves pendant les heures d’enseignement.

« Que se passe-t-il si la commune se substitue à elle ? Devient-elle juridiquement responsable ? Et si le directeur est lui-même gréviste, qui a autorité sur les personnels ? », demande-t-il.

Bertrand Delanoë ajoute que l’organisation d’une telle opération impliquerait de la part du rectorat « une prévision fine du suivi de ce mouvement au sein des 659 écoles parisiennes » et doute que cela soit possible.

Royal sur tous les fronts (et seule contre tous)

  Mes lecteurs connaissent ma sympathie – non partisane mais assumée – pour Royal, et surtout pour sa ligne politique. Rien que ces derniers jours, en décortiquant certaines parties de son programme que je n’avais pas approfondi (et il y en a encore qui écriront qu’elle n’a pas d’idées…), j’ai été convaincu de sa profonde lucidité – notamment sur la question des entreprises, à travers sa vision du « Small Business Act » (j’écrirais prochainement un post à ce propos).

   Il est de fait, pourtant, que la politicienne a des problèmes d’image. Personnellement, je pense que ses dernières interventions ont été très bonnes (auprès des pompiers, auprès de l’usine de chaussures qui vient d’être sacrifiée sur l’autel du profit, dans le centre d’hébergement à Noël, en soutien  à José Bové lors de sa grève de la faim, et récemment à St-Brieuc dans le cadre des futures municipales); ses tares de communication n’en restent pas moins visibles – quelques soucis de syntaxe lors des interviews, un côté très cassant avec les journalistes, une volonté d’expliciter les problèmes qui, hélas, tend à les complexifier (la réalité étant rarement simple), et surtout… une capacité assez incroyable à tomber dans à peu près toutes les bouches d’égoût placées sur son chemin.

  Donc, Royal s’est prononcée pour prendre le PS, et déjà elle essuye un joli tir de barrage de la part de ses « camarades »; variante, le dédain, sur le modèle « les français n’en ont rien à faire »; Pourtant, est-ce surprenant qu’une ancienne candidate à la présidentielle veuille devenir Premier Secrétaire de son parti ? C’est là que l’amalgame s’opère, insidieux. En voulant briguer le poste, l’opinion publique (bien aidée tout de même par les mass médias et les déclarations de ses rivaux) la voit se positionner pour 2012… ce qui n’a rien à voir. Ségolène Royal souhaite devenir chef du PS. Hollande s’est-il présenté une seule fois à l’élection présidentielle ? Il n’y a pas corellation entre le fait de vouloir devenir Premier Secrétaire, et celui de briguer le poste de Président de la République. Même s’il parait évident que Royal, si elle est aux commandes, voudra sans doute aller jusqu’au bout, il ne faut pas s’y tromper ! L’élection présidentielle est loiiiiin… mais le congrès qui désignera le prochain chef du PS (Bye Bye Hollande), est lui tout proche.

  Personnellement, je voudrais bien voir la Reine à la tête du Parti. Pourquoi ? Parce que c’est sans doute le meilleur moyen de voir ce qu’elle a dans le ventre, sur le long terme, et de juger sur pièce de ses talents de réformatrice. Je suis convaincu qu’elle saurait faire du PS un nouveau grand parti, un peu comme Blair a remodelé le Labor – on peut toujours s’en défier, mais au moins le New Labor a su reprendre la main.

  Qu’en pensez-vous ? Il me semble que le soutien populaire envers Royal se restreint, et que c’est surtout Delanoë qui attire les foules – prestige parisien aidant. Je ne saurais choisir entre les deux, et c’est pourquoi je vais participer à d’autres meetings (bon en fait j’y serais allé de toute manière) en présence de l’un comme de l’autre… et vous  en rapporter mes impressions, évidemment. 

Municipales : du côté de Delanoë…

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PARIS (Reuters) – S’attaquant à l’ »enjeu de civilisation » consistant à construire « la ville du XXIe siècle », Bertrand Delanoë a présenté son programme électoral pour Paris.

Entouré de la plupart de ses têtes de liste d’arrondissements, le maire socialiste de la capitale, qui brigue sa propre succession en mars, a promis d’être un « maire libre » de toutes les dépendances, partisane ou par rapport à l’Etat.

« Mon adversaire, c’est le conservatisme, l’immobilisme, le manque de sincérité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse dans un café du IIIe arrondissement pendant laquelle il n’a jamais cité le nom de sa rivale de droite, qu’il a appelée « la candidate de l’UMP » pendant une heure.

Baptisé « Paris, un temps d’avance », le projet municipal de la majorité de gauche prévoit notamment la création de 40.000 logements sociaux et de 4.500 places de crèche supplémentaires sur six ans, le prolongement du tramway jusqu’à la porte d’Asnières, un service de voitures propres en libre-service sur le modèle des Vélib’ et l’installation de 200.000 mètres carrés de panneaux solaires.

Bertrand Delanoë a également annoncé un investissement d’un milliard d’euros pour « l’innovation » (recherche et université), la construction de cinq collèges et 14 écoles et la création d’une « cité des arts graphiques » dédiée à la bande-dessinée.

Après avoir lancé les opérations « Paris-Plage » et « Nuit blanche », le maire de Paris a évoqué une nouvelle « Grande fête de la langue » française.

Pour financer ces propositions, Bertrand Delanoë a concédé qu’il faudrait augmenter la fiscalité locale « après sept ans de stabilité totale » depuis son élection en 2001. Cette « hausse très modérée (…) à un chiffre » sera limitée aux deux premières années de la mandature, a-t-il assuré.

DIALOGUE AVEC SARKOZY, ELLIPSE SUR LE PS

Le périmètre budgétaire du projet 2008-2014 sera de « 400 millions d’euros sur six ans d’augmentation des dépenses de fonctionnement et entre six et sept milliards de dépenses d’investissements supplémentaires », a-t-il précisé.

« Aujourd’hui l’enjeu de civilisation dont je parle depuis sept ans passe par les villes » où vivent 80% des Européens et plus de la moitié de l’humanité, a-t-il souligné, en écho à la « politique de civilisation » dont Nicolas Sarkozy veut faire l’axe de sa politique en 2008.

Il s’est adressé à plusieurs reprises au chef de l’Etat, notamment sur les projets urbains et architecturaux pour Paris – un sujet que Nicolas Sarkozy a évoqué lors de sa conférence de presse de rentrée la semaine dernière.

Interpellé par le président sur le projet de « Grand Paris » – cette concertation avec les villes de proche banlieue sur l’urbanisme que la gauche préfère appeler « Paris Métropole » – Bertrand Delanoë a rappelé les coopérations en cours avec certains départements d’Ile-de-France après « des décennies de mépris et d’ignorance de Paris à l’égard de ses voisins ».

Il a également annoncé son intention de lancer des « assises de l’agglomération parisienne avec la région », actuellement dirigée par le socialiste Jean-Paul Huchon.

Couvrir quatre sections du périphérique en isolation phonique, créer 30 hectares d’espaces verts nouveaux, envisager de loger le futur tribunal de grande instance dans une tour, « voilà une ambition urbaine M. le président! », a-t-il lancé.

Présenté à l’automne, le projet de créer plusieurs tours très hautes à Paris n’a pas obtenu la majorité au conseil de Paris. Dans les six ans qui viennent, « peut-être que nous pourrons trouver avec les citoyens une possibilité d’aller au delà de 37 mètres », la hauteur réglementaire maximale actuellement, a dit Bertrand Delanoë.

Bertrand Delanoë a présenté son projet trois jours avant l’UMP, qui l’accuse de vouloir utiliser la capitale comme un tremplin vers la tête du Parti socialiste ou une candidature présidentielle.

« Je n’ai pas de question à me poser pour savoir que si je suis réélu je donnerai mon énergie, mes convictions et même mon affectivité à cette tâche », a-t-il assuré.

Interrogé sur ses ambitions, le dirigeant socialiste s’est fait elliptique. « Mon rapport au temps est assez serein (…) Il y a eu une époque de ma vie où j’étais impatient, un peu boulimique, là je suis vraiment serein ».

[NDLR : Delanoë a récemment affirmé qu'il comptait se présenter à la présidentielle de 2012... voilà pour le langage clair...]

Alors ? C’est oui ou non ?

  La date approche, qui verra le Parlement se réunir en Congrès (les deux chambres donc) afin de décider, à la place des citoyens et sans aucune alternative définitive possible que l’acceptation, de l’avenir du nouveau traité européen. Et du sort de 27 peuples, accessoirement.

  Les fidèles lecteurs du JRDF savent à quel point nous ne sommes vraiment pas de fervents défenseurs (euphémisme) de ce traité piégé et, à notre avis, dangereux.

  Il convient pourtant d’examiner de plus près l’attitude des socialistes à son égard. Evidemment, la gauche ne peut que tomber dans une gueule-de-loup face à un texte aussi partisan et ultralibéral, à cent lieues des considérations socialistes. Il n’est pas non plus dit que « l’Europe sera en panne » sans ce truc… après tout, elle a tout de même  bien fonctionné depuis le « non » franco-néerlandais.

  Et pourtant, comme rien n’est jamais très simple en politique, je ne cracherai personnellement pas sur les socialistes qui iront voter ce machin, ou ne feront pas grand-chose pour empêcher son passage (si tant est qu’il y a une autre alternative… c’est cool la démocratie, hein ?); Pourquoi ? Parce que, aussi bizarre que cela puisse paraître, d’un point de vue socialiste, il n’y a pas forcément de « bonne » réponse à apporter face à ce traité. Ce n’est pas seulement une question de conscience personnelle, de valeurs, d’opinions… c’est simplement que ce texte reprend déjà, pour une énorme part, des traités déjà existants et appliqués au sein de l’Union Européenne. Pour faire court, l’Europe est DEJA pourrie jusqu’à la moëlle… en revanche, ce nouveau texte apporte quelques améliorations, les mêmes déjà que la dernière fois – excepté que ce coup-ci, les « mauvais points » sont quand même plus nombreux. La situation a donc empiré depuis 2005… j’y reviendrais plus précisément, mais citons par exemple la disparition des symboles fédéraux (le drapeau, la devise de l’Europe « unis dans nos différences », etc…) ainsi que diverses clauses à fort relent communautariste, qui se chargeront donc d’affaiblir la laïcité (pas super pratique pour faire du business religieux… faut les comprendre, ces fanatiques, après tout, ils ne font que leur boulot….)

  Donc, les interrogations restent entières, d’autant que ce traité ne sera vraiment utilisable qu’en 2012, 2017 pour la Pologne. On se croirait dans un protocole post-Kyoto… un petit rayon d’espoir, en revanche, imparable, le fait que les votes de nouveaux textes seront soumis à un vote majoritaire au sein de l’Union, et non plus à l’unanimité (ce qui avait déjà bloqué de nombreuses fois l’Europe, auparavant…); qu’il faut malgré tout nuancer par le fait que la droite gagne très souvent la majorité au Parlement Européen, ainsi qu’à l’échelle nationale (en additionnant les gouvernements donc)…

Guigou vs Coppé (Beccaria vs Lombroso)

  Et je vous incite, pour ceux qui ne connaissent pas ces deux figures scientifiques, à vous y intéresser de plus près… Allez, Google est fait pour ça ! Personnellement, je suis hélas partisan d’une plus grande sécurité envers les criminels « reconnus », en particulier ceux coupables de crimes sexuels. Et vous trouverez sur ce blog un article se rapportant à ces fameux « centres fermés »… qui dévoile la supercherie du projet (40 places dans une aile d’hôpital même pas vraiment vérouillée, un projet en chantier depuis de longues années…)

  PARIS (AFP) – Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a dénoncé mardi soir « les propos indignes » de l’ex-garde des Sceaux Elisabeth Guigou (PS), qui a évoqué « les pires débordements de l’Allemagne nazie » lors de son intervention sur le projet de loi Dati sur la rétention de sûreté.

A la tribune de l’Assemblée, la députée de Seine-Saint-Denis a lancé dans la soirée: « Vous, madame la ministre (Rachida Dati), vous, monsieur le rapporteur (Georges Fenech), anciens magistrats, vous tournez le dos à Beccaria nourri de la philosophie des Lumières, vous choisissez Lombroso et son +homme criminel+. Or, vous le savez, c’est cette philosophie positiviste qui a conduit aux pires débordements de l’Allemagne nazie ».

Dans un communiqué transmis à l’AFP, M. Copé a, « au nom des députés UMP », « immédiatement condamné ces propos indignes qui ont profondément choqué les élus de la majorité ».

« Alors que le Parti socialiste ne cesse de donner des leçons de morale en toutes circonstances, le groupe UMP appelle solennellement le Parti socialiste à condamner ces propos et à exiger de Mme Guigou qu’elle les retire », a-t-il ajouté.

Contactée par l’AFP, Mme Guigou a confirmé avoir tenu les propos incriminés tout en déplorant que les députés UMP « les dénaturent parce qu’ils ne se sentent pas à l’aise » avec le projet de loi.

« Je ne dis pas que ce texte veut ces dérives, je dis qu’il peut les entraîner. Le gouvernement et la majorité ne mesurent pas la gravité de ce changement de philosophie dans la justice. Ils tournent le dos aux acquis de la Révolution qui veulent qu’on condamne les gens pour ce qu’ils ont fait, pas pour ce qu’ils sont, ni pour ce qu’ils sont susceptibles de faire », a-t-elle ajouté.

Cesare Lombroso (1835-1909) était un professeur de médecine légale italien, connu pour ses thèses sur le morphotype des criminels. Travaux sur des milliers de crânes à l’appui, il avait notamment énoncé la théorie du criminel-né dans son ouvrage « L’Homme criminel » (1876).

Les députés ont débuté mardi l’examen du projet de loi Dati destiné notamment à créer des centres de rétention, dans lesquels des criminels dangereux pourront indéfiniment être enfermés, à leur sortie de prison.

Prévus au départ pour les criminels pédophiles ayant purgé une peine de 15 ans et plus, ces centres devraient recevoir, après modification du projet initial, les auteurs de crimes multiples sur mineurs ou majeurs, y compris ceux déjà condamnés avant la promulgation de la loi.

Bla bla et bla

  Attention ! Post méchant !

  Ici, je voudrais témoigner de tout mon désespoir face à l’attitude générale des socialistes (enfin, ceux qui ont accès aux médias) se rapportant aux actions de l’UMP. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’ils pratiquent l’opposition systématique et stérile – rien que Royal a reconnu des qualités à Sarkozy, et plusieurs textes de loi de la droite ont été considérés comme allant « dans le bon sens » par le PS – mais putain, ce que ça peut être chiant, pour moi du moins, de lire ces tribunes « bouh Sarkozy c’est un méchant », qui n’ont d’autre réelle utilité que de faire parler de leur auteur. C’est dit. Le PS est devenu un parti ennuyeux, déjà plombé par les médias « indépendants » (blague de la nouvelle année, cadeau), mais le mal est encore plus profond, hélas… ce ne sont pas les Montebourg qui rénoveront ce système encrassé. C’est du moins mon avis personnel… J’en ai marre de ces petites phrases et de ces bruits de poulailler, dès que Sarkozy fait un voyage officiel ou qu’il passe quelques jours de vacances quelque part… On ne peut pas lui reprocher de taper dans les fonds publics… et Le Canard nous rapporte qu’il fait exprès de provoquer l’opposition, comme ça, juste pour le fun. Capice ? En glosant sans fin sur ses relations, déjà évidentes, avec la haute finance, le PS entre dans le jeu de l’UMP. Je n’y mettrais personnellement pas un pied. Enfin, du moins, pas pour rapporter des vacances ou les histoires de fesse surmédiatisées de notre Tsar. Il y a tellement mieux à faire…

La nausée

  Pardonne-moi, ami lecteur, cette absence de presque deux semaines sur ce blog; ce n’était pas par paresse ou par désintérêt, que j’ai lâché ces quelques pages; plutôt les conséquences d’un sentiment bien noir et bien poisseux, quelque chose comme du dégoût. Overdose de sang, peut-être. En France, nous nous acheminons vers ce qui a ruiné les USA depuis presque deux mandats de l’administration Bush; dans le monde, les attentats à la bombe, les assassinats, prises d’otage et autres élections truquées tiennent le haut du pavé. Que faire, sinon vomir et se désespérer ?

  Ecrire, peut-être. Essayer d’informer. Ca sera déjà ça de pris; le JRDF est donc toujours en ligne, toujours aussi désemparé en termes de moyens, mais toujours aussi sincère. Alors, nous nous plions à l’usage traditionnel en vous souhaitant une bonne et heureuse année; malgré le fait qu’elle s’annonce vraiment très mal. Allez, en route…

La priorité des priorités

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  Je l’adore quand elle est comme ça…

POITIERS (AFP) – Ségolène Royal (PS) a réclamé vendredi à Nicolas Sarkozy « une loi très efficace pour mettre fin au surendettement » et « aux abus des banques ».

« Je réclame à Nicolas Sarkozy, une loi très efficace contre le surendettement, contre les tarifications bancaires. On voit des familles qui vivaient normalement basculer dans la précarité », a déclaré Mme Royal à la presse, avant un déjeuner en compagnie de personnes défavorisées à Poitiers.

Pour l’ex-candidate PS à la présidentielle, « la priorité des priorités, c’est légiférer pour mettre fins aux abus des banques ».

« Je demande au gouvernement qu’il se bouge, qu’il se bouge pour mettre fin au surendettement et aux abus bancaires », a insisté Ségolène Royal. « Je demande urgemment de réformer l’indice des prix pour bien calculer la vie chère ».

Selon la présidente de la région Poitou-Charentes, les familles les plus pauvres sont celles qui ont « basculé dans le surendettement » à cause « des abus de crédit, du coût des tarifs bancaires, de la vie trop chère ».

« Il serait temps que le président de la République prenne en charge nos problèmes et parmi nos problèmes dans notre pays, la question de la précarité est insupportable », a conclu Mme Royal.

Soldate Royal au rapport

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Certains verront dans l’action de l’ancienne candidate à la présidence, venue soutenir médiatiquement, et en personne, les ouvriers d’une usine de chaussures de luxe à l’agonie, une marque d’arrivisme; j’y vois personnellement un exercice certes peut-être vain (il n’est pas dit que son simple soutien sauve la mise à cette entreprise), mais qui a au moins le mérite d’assumer le statut de figure principale de l’opposition, incarnée logiquement, pour l’instant, par Ségolène Royal. Et puis, il faut comparer… quel autre ténor socialiste se donne la peine de se bouger jusqu’à un lieu de travail condamné par des magouilles financières, afin de défendre une spécificité « artisanale » française ?

ROMANS-SUR-ISERE (AFP) – « Je suis ici en solidarité. Restez debout! »: Ségolène Royal, dans l’escalier de l’usine Charles Jourdan à Romans-sur-Isère, dit son « admiration » et sa « colère » devant les salariés dont l’entreprise a été mise en liquidation judiciaire.

Entourée de micros et caméras en nombre, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, chemise en daim et pantalon noir, arpente les salles, les chaînes de montage vides et rencontre pendant une heure et demie les ouvriers de cette entreprise, fleuron de Romans, « capitale de la chaussure de luxe ».

Au milieu des escarpins de cuir ou de daim raffinés, de bottes somptueuses en lézard, les ouvrières ne cachent pas leur émotion. Des femmes ont la larme à l’oeil, évoquant leurs 35, 38 ou 40 ans d’entreprise.

Certains salariés affichent des visages maussades : « elle aurait dû venir avant…On est liquidés, on est morts… »

Interpellée, Ségolène Royal s’arrête, discute. Ici, elle se renseigne sur le nombre d’années de présence dans l’entreprise. « 40 ans? », s’étonne-t-elle. « C’est vous la doyenne? Quand êtes-vous entrée? » « A 16 ans et demi », répond l’employée, les yeux embués, en anorak rouge.

Une ouvrière rousse, au verbe haut, dénonce les financiers qui ont mis à mal l’entreprise et ne veulent que « du profit, du profit ».

Une autre parle, mais ne finit pas sa phrase, trop émue. Ségolène s’approche et l’embrasse.

Tous se relaient pour dire le « savoir-faire », « l’élégance », le « travail d’orfèvre », l’esprit de famille » de cette entreprise fondée en 1921, qui a chaussé Rita Hayworth, Grace Kelly, Mistinguett et même « le pape ».

Tous se relaient pour raconter leur histoire: Charles Jourdan a été mis en liquidation judiciaire lundi entraînant le licenciement de ses 197 salariés après le retrait de l’Américain Omniscent, qui restait seul en lice pour la reprise après le départ de Repetto. Le chausseur avait été placé en redressement judiciaire le 12 septembre pour la troisième fois depuis 2003…

La présidente de Poitou-Charentes circule parmi les embauchoirs, les chaînes et compatit: « Je trouve atroce, abominable ces licenciements avant Noël ». Les femmes opinent.

Une ouvrière parle d’ »appel au secours », une déléguée du personnel lui dit: « nous lançons le dernier cri d’appel pour qu’un industriel sérieux nous reprenne ».

Dans le petit musée du premier étage où sont conservés les précieux modèles, elle « lance un appel aux industriels sérieux ». C’est un « outil de travail qui ne doit pas mourir ».

Ségolène Royal est venue, car elle a vu la « détresse » des salariés. Se disant « femme politique » avec « un peu de pouvoir médiatique », elle s’est mise « au service d’une cause » qu’elle croit « être très bonne ». « S’il y a un petit espoir de faire bouger les choses, il faut y aller », lance-t-elle, elle qui n’a apporté que sa « modeste présence ».

Et elle évoque une prochaine rencontre des salariés le 3 janvier avec Hervé Novelli, secrétaire d’Etat aux Entreprises et au Commerce extérieur. « Preuve que ça a bougé », selon elle.

A la fin de la visite, un délégué lui offre « au nom du CE » deux paires d’escarpins, rouge et noire.

A l’extérieur de l’usine, avant de repartir pour Paris, elle lance: « En voilà assez de cette cruauté sociale, de ces entreprises qui ferment et délocalisent », avant de lâcher le vrai message de cette visite: « le Président s’amuse et la France souffre ».

Forum de la rénovation : le marché

  Je profite de ce post pour renommer la section « La Révolution Démocratique Socialiste » en « Actualité Socialiste ». D’abord parce que la Révolution a avorté, au moins momentanément; ensuite parce que le PS, dans son état et avec son état-major actuel, n’a pas une démarche novatrice. Ni même démocratique. Ce post tentera de l’expliciter…

  J’ai participé, il y a quelques jours, à un autre forum « de la rénovation », sur le thème de l’individu. Je renvoie le lecteur à mon post associé. Il s’agissait d’un débat de taille modeste (on va dire ça comme ça), une centaine de personnes à tout casser, en présence d’Elisabeth Guigou, et bien que j’aie émis des critiques sur son organisation, j’avoue, avec du recul, l’avoir préféré au grand raout médiatique qui fera le sujet de cet article. J’ai néanmoins pris des notes que je vais retranscrire ici, mais je préfère ne pas y aller par quatre chemins : le PS me déçoit encore. S’il faut l’écrire franchement, ce parti a complètement perdu le contact avec le peuple français, et se gargarise collectivement devant les caméras; ça minaude avec les journalistes, ça fait de grands discours (parfois très intéressants, là n’est pas le sujet), mais qu’on ne vienne pas me parler de « débat » lorsqu’on assène trois heures de discours non-stop pour finalement laisser la « parole » quatre minutes montre en main à trois « personnes du public » sélectionnées à l’avance, qui n’ont du reste rien dit de transcendant (sur le mode « eh ben moi je pense que… » et je garde la parole le plus longtemps possible en survolant l’actualité).

  Ceux qui s’y seront ainsi pointés, à l’instar de votre serviteur, avec des idées à exposer, en seront pour leurs frais, et cela m’a tellement dégoûté que je suis parti avant le discours du patron-du-PS-qui-s’en-va-mais-qui-reste-tout-de-même-un-peu-disons-encore-un-an…

  Voilà pour mes considérations personnelles. J’en rajoute une : Le PS se fout de la gueule du monde. C’est dit. Voyons maintenant un peu la substance de ces « débats »…

  Le camarade Filoche, premier interlocuteur que j’aie vu à mon arrivée (en retard, soit), a prononcé un discours assez offensif, plaisant à mon goût, qui a mis en exergue le danger supposé de « l’économie administrée », grand reproche fait aux méthodes de gestion économique socialistes. Il a prouvé que c’était un faux débat, en démontrant que l’économie « de droite », est elle pleinement administrée, à travers de nombreux organismes, échelons locaux, départementaux, régionaux, à travers le MEDEF et la mainmise de l’Etat sur le pôle financier, qui est sciemment bridé. Une réflexion intéressante sur le sujet, donc.

  Par la suite, il a voulu que le travail soit reconnu pleinement constitutif de la concurrence, c’est-à-dire que l’OIT (Organisation Internationale du Travail) ait le même poids que l’OMC (Organisation Mondiale de la Concurrence). Il a également pointé du doigt les quelques 500 modifications du code du Travail (se référer à l’article « et maintenant au tour des travailleurs » pour plus de détails), notamment la SUPPRESSION DES INDEMNITES DE LICENCIEMENT (provisoire selon le gouvernement, qui promet un décret les rétablissant « sous peu »). Ce n’est pas un scandale, c’est du pur fascisme (grand patronat allié au gouvernement contre les droits des salariés, définition économique du fascisme).

  Harlem Désir, député européen que j’avais déjà entendu auparavant, a contrario a livré une tirade enflammée, mais tellement vague et générale que je n’ai pas pu m’empêcher de pouffer. J’ai pu noter qu’il voulait un « volontarisme de gauche refondateur », basé sur le « pouvoir de régulation des Etats ». Il a également rapporté qu’il fallait se battre contre l’évasion fiscale. Un point qui nécessite qu’on s’y arrête, tellement il a été répété : les socialistes ne veulent pas « l’abolition du capitalisme » mais sa « régulation », afin de « faire rentrer le fleuve dans son lit » et de parvenir à un « équilibre ». Voilà. Ils l’ont tous à peu près dit. C’est d’une évidence absolue, mais personnellement j’y rajouterais que « capitalisme » ne signifie pas grand-chose, et qu’au fond, ce sont les monopoles privés, au moins dans certains domaines (santé, agroalimentaire…) qui nous préoccupent. Qu’en pensez-vous ?

  Harlem a enchaîné avec d’autres banalités, évoquant l’esprit internationaliste et progressiste, la nécessité de ne pas opérer dans des « organisations figées », ainsi que celle « d’actualiser les réformes ». Vous voyez ce que je veux dire ? Plus précis, l’intérêt crucial de la sécurisation des parcours professionnels.

  Pascale Le Noueannic, elle, a prononcé un discours qui m’a nettement plus interpellé. Elle a évoqué le fait que le capitalisme a toujours su affronter ses contradictions, et qu’il ne résoudra pas la crise environnementale. Puis, elle a abordé la question des types de propriété – privée, publique, sociale – ainsi que le principe d’une propriété mixte. Elle a proposé qu’on définisse le type de propriété par rapport à l’objet, ce qui me semble tout-à-fait sensé. La camarade Noueannic a ensuite évoqué la nécessité d’organiser autrement l’entreprise, à travers l’économie dite « sociale de marché », basée sur le principe : « 1 personne, 1 voix ». Elle a voulu qu’on réinterroge la question des droits des brevets, trop contraignants pour les inventeurs modestes par exemple, et a également parlé de l’intérêt vital de défendre l’indépendance des médias. Ce qui ne mange pas de pain.

  Une formule frappante de la dame : « Ce qui est européen n’est pas forcément bon », reprise par la suite en substance par Benoît Hamon (qui a attaqué frontalement la politique européenne), résume assez bien ma pensée sur le sujet, et témoigne d’une lucidité qu’on ne peut qu’encourager. Elle a, à ce propos, défendu le principe d’ »Europe conditionnelle », puis a achevé son discours sur une tournure certes accrocheuse mais néanmoins pugnace : « Accumuler de l’argent n’est pas un droit [NDLR : Si, hélas], soulager la misère est un devoir. »

  Bernard Soulage, à son tour, a évoqué des « phénomènes majeurs » au niveau international, à savoir la croissance démographique de l’Inde et de la Chine. Il a cité une pensée de Marx : « C’est dans le libre-échange qu’apparaissent les contradictions du libéralisme », et y a opposé le principe anglais du « Fair-Trade ». Sur la question de l’Europe, il a voulu que celle-ci défende prioritairement la recherche, et se concentre sur le développement d’infrastructures communes – pas seulement sur les subventions destinées à l’agriculture (enfin, à l’agriculture industrielle plus précisément). Par rapport à l’UMP, il a caractérisé leur action de « pire politique économique », pointant du doigt son égale injustice et inefficacité (encore un morceau qui n’a pas paru dans les dépêches AFP, tiens…), et a comparé Sarkozy à Guizot (je suis tout-à-fait d’accord sur ce point). Il a conclu sur le fait que la dette et le déficit public constituaient deux des plus redoutables ennemis de la gauche.

  Rocard… marrant, Rocard. L’ex-Premier Ministre (oui je sais, c’est un titre à vie mais c’est quand même plus clair ainsi) a présenté un point de vue assez iconoclaste, « social-libéral » assumé, non dépourvu d’intérêt, mais parfois un peu en roue libre, notamment lorsqu’il a évoqué les antiques goulags… L’homme a concentré son discours sur la notion de liberté, qu’il a défendu bec et ongles comme une valeur fondamentale de la gauche. Je ne le contredirais pas sur cet argument, d’autant que son point de vue, encore une fois, n’a pas manqué de subtilité et de sens. Face à « l’escroquerie intellectuelle » de la droite, quant à la liberté, il a opposé les combats historiques de la gauche, notamment sur la question des moeurs, des droits des femmes et des minorités. Surtout, il a touché au plus juste en rappelant que la liberté n’est jamais aussi bien assurée que lorsqu’elle est encadrée par des REGLES, renvoyant ainsi dos à dos « libéralisme » et « ultralibéralisme » (qui signifie « au-delà du libéralisme », donc absence de règles, par exemple face aux phénomènes concurrentiels).

  Michel Rocard a ensuite évoqué le vieux rêve des français, et de tous les peuples en définitive, d’utiliser l’efficacité économique supposée du capitalisme pour résorber les crises sociales, mais a dénoncé la réalité de la nature du capitalisme – à savoir la guerre permanente, qui creuse les inégalités. Enfin, il a voulu que les socialistes intègrent pleinement toutes les nouvelles mutations du capitalisme.

  Pascal Cherki, pour sa part, a déclaré (à mon avis avec justesse) que les socialistes devaient rester offensifs, au risque que l’électorat se détourne d’eux. Il a rapporté l’idée que les libéraux ne considéraient plus qu’ils avaient un réel ennemi, et a appelé à une vraie analyse du capitalisme financier. Le camarade Cherki a évoqué le fait que la haute finance s’est construit une bulle, financée par les actions, rappelant la théorie dite de « l’économie de casino » de Keynes. Plus fort encore, il a dénoncé l’illusion du « libre-échange », consistant en réalité à aller piller et exploiter les pays pauvres, en arguant que les pays « riches » voyaient d’un très mauvais oeil l’indépendance économique de leurs vassals d’antan. Par là, il a stigmatisé le patriotisme économique, le présentant comme une mascarade honteuse.

  Une intervenante dont je n’ai pu saisir hélas que le prénom, Béatrice, a voulu que les socialistes reconnaissent pleinement la gravité des dégâts environnementaux, et l’échec de Bali face au blocage habituel des USA (malgré les récentes postures de l’administration Bush). Elle a voulu redéfinir la croissance, non plus en l’axant sur la création de richesses, mais par rapport à la satisfaction des besoins – qui n’est pas la surconsommation (très virtuel tout ça, mais néanmoins intéressant). Refusant la décroissance, qu’elle a qualifié de « refus de saut d’obstacle », elle a pourtant prêché une sobriété économique (encore plus abstrait, mais bon…). Une contradiction habilement mise en lumière : les socialistes ne peuvent à la fois défendre la « taxe carbone » chère à Hulot et le rétablissement de la TIPP flottante. Finalement, elle a appelé le PS a soutenir des investissements massifs dans les transports collectifs.

  Bernard Muet, quant à lui, a présenté le fait que le modèle de croissance actuel est antinomique avec la préservation de l’environnement. Il a souhaité que les prix intègrent le coût de consommation des ressources non-renouvelables, et de production de déchets (je ne suis pas d’accord avec cela, car cela impacterait encore les plus pauvres, comme d’habitude…) Le camarade Muet a rappelé que la droite a supprimé les (déjà trop rares) taxes écologiques instaurées par la gauche. Il a ensuite défini le facteur de rareté, non dans le travail, mais dans les ressources utilisées par l’industrie. Puis, il a évoqué très à propos des exemples de politique écologique réalisées avec succès, à savoir l’élimination du gaz CFC qui détruisait la couche d’ozone, la réduction des particules et la division par 8 des émissions d’oxyde de souffre, responsables entre autres du phénomène des pluies acides. Il a voulu, dans cette lignée, que les émissions de gaz à effet de serre soient divisées par 4. Il a proposé de changer (lui aussi) l’indicateur de la croissance. De construire l’Europe sur le développement durable – comme, à l’origine, elle fut construite sur le charbon et sur l’acier. Enfin, il a développé la stratégie de « l’absence de regrets », citant St Exupéry : « Nous n’héritons pas la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants ».

  Catherine Trautman, quant à elle, a axé sa tribune sur l’économie de la connaissance, la présentant comme un avantage compétitif. Elle a évoqué les phénomènes extrêmement puissants liés aux technologies de l’information, notamment à travers les TIC (Technologies de l’Information et de la Connaissance), définissant ce tout comme un progrès rapide pour l’humanité; elle a donc voulu que l’information soit considérée comme un bien public, et que la formation continue soit considérée comme une clé de la connaissance. Puis, la camarade Trautman a présenté des chiffres effectivement assez effarants, selon lesquels à peine 18% des ménages français, en zone urbaine, et 8% en zone rurale, avaient accès au haut-débit. Elle a voulu associer la culture à l’éducation, a évoqué un impôt pour la recherche, et a finalement défendu l’idée d’une « gouvernance de l’Internet » afin de représenter au mieux les intérêts des citoyens.

  Un intervenant dont je n’ai pu saisir le nom (pardon), a débattu sur la question démocratique. Il a jugé les principes d’appropriation collective des moyens de production obsolète, mais a voulu défendre les moyens politiques d’action et de régulation (quand je vous disais que les thèmes ont souvent tourné en rond…) Plus offensif, le camarade a dénoncé les « agences indépendantes » qui font de la « régulation non-politique », par exemple les banques centrales, en fait complètement acquises à la cause de lobbys financiers. A ce sujet, il a présenté la BCE comme favorisant exclusivement les intérêts des grosses firmes. A contrepied avec le début de son discours, il a présenté la nécessité de nationaliser des secteurs pour sauvegarder un capital primaire (idée fort intéressante du reste), et surtout l’intérêt fondamental pour les socialistes de ne pas laisser au marché le problème de l’offre (donc, d’être inventifs).

  Marylise Lebranchu, quant à elle, s’est élevée contre « le travail de sape idéologique implacable de la droite ». Elle a déclaré que les principes économiques devaient impérativement être subordonnés à la démocratie (plus facile à dire qu’à faire…). Démontré l’importance cruciale de l’égalité territoriale. Dénoncé la hausse des prix agricoles comme un phénomène qui ne sera, à son avis, sûrement pas éphémère, mais qui au contraire s’amplifiera dans les années à venir. A ce titre, Marylise Lebranchu a défendu l’indépendance alimentaire au niveau mondial. Plus loin, elle a pointé du doigt l’abandon par Sarkozy des biomatériaux, des énergies renouvelables, et du codéveloppement dans la construction. Enfin, elle a voulu que les socialistes « sortent du syndrome de Stockholm », à savoir qu’ils cessent d’aimer ce qui est leur ennemi. Belle formule, assez vraie à mon sens.

  Antoine Detourne, le nouveau président du MJS, mérite que je m’arrête sur son cas. J’étais présent lors du congrès du MJS qui a vu son intronisation. Mes posts concernant ce mouvement sont d’ailleurs presque finalisés, et vous saurez tout le bien et le mal que j’en pense… Antoine a été élu en tant que seul candidat. Est-ce étonnant au cours d’un congrès qui n’a laissé le choix qu’entre un seul texte (et plusieurs amendements pour chaque résolution, pardon), au sein d’une structure qui dissout les « groupes » si tant est que quelqu’un demande une élection entre au moins deux candidats ? Voilà ce que donne l’autocratisme… ce ne sont pas les meilleurs ni les plus populaires qui triomphent, mais ils triomphent quand même, et si on n’est pas content, c’est la même chose. Donc Antoine Detourne a fait un discours, à mon sens, plat et cliché. Il a évoqué le fait que les jeunes soient actuellement les premiers de la génération de « l’après-pétrole » (ah bon ?); puis, il a évoqué le fait d’ »anticiper », et de « construire des instruments pour faire changer la société »… Révolutionnaire… Plus pointu, son argument selon lequel les socialistes devaient lutter contre la suppression de la durée maximale du travail. Et enfin, formule finale : « être moderne, ce n’est pas être à la mode » (ça aussi, j’ai du l’entendre au moins cinq ou six fois auparavant).

  Entre autres notes prises au fil des débats, rapportons le principe du « capital équitable », considérant que le capital n’est pas le capitalisme, et le fait que le « diktat des marchés financiers » ne soit qu’un slogan creux, étant donné qu’au fond (selon l’intervenant), Carrefour et Leclerc, c’est à peu près la même chose. Soit. S’il le dit…

  Alors, ami lecteur, si tu as eu le courage d’aller jusqu’au bout de cet article, quelle est ton opinion sur ce sujet, et sur ces « débats » ?

Royal, 15 ans auparavant

  Je suis retombé sur cette vidéo dernièrement, et son parallélisme avec la situation actuelle m’a frappé. Si l’on excepte la présence carrément plus affectueuse de son compagnon, et les quelques rides en moins, on retrouve dans cette interview de Ségolène Royal, déjà, les bases de sa plate-forme idéologique.

  Face à Chabot (encore une coïncidence amusante si on considère la dernière émission « A vous de juger » qui lui a donné la parole), Royal défend ses choix d’alliance, met en avant l’écologie (normal pour la ministre assortie au sujet) et… se défend face à la peopolisation de son accouchement. Elle en profite, dans la foulée, pour taquiner l’universel à travers une vision économique du peuple, à laquelle je souscris totalement. Notez également son attitude un peu avachie, son ton caractéristique et sa façon de rire juste avant de frapper. Certains ne peuvent pas la piffer, et je le comprends; mais personnellement, je m’y suis habitué, à cette hargne et cette façon simple de faire de la politique…

http://www.dailymotion.com/relevance/search/royal+chabot/video/x228q5_segolene-royal-ministre-de-lenviron_politics

Instantané de bonne démocratie participative

  Parce qu’il faut aussi parler de ce qui est réussi, j’ai trouvé ce débat télévisé consacré au marché, organisé par le Parti Socialiste, particulièrement riche et instructif.

  http://www.dailymotion.com/video/x3l990_inventeurs-davenir-n2-les-socialist_news

  Voilà. S’il reste encore quelques intellos adeptes de théories économiques et de mise en valeur de l’individu au sein de la société, ils seront servis. Plein d’interventions, une bonne esthétique. Non, ça change, y’a pas à dire. Désolé mais la forme, est également une preuve vivante de modernité – ou d’amateurisme/archaïsme. Là, je trouve ce débat réussi, vivant et bien orienté.

  A noter que ça me fait bien marrer, ceux qui moquaient les débats participatifs de Royal, et qui là sont tout de même impressionnés par la puissance intellectuelle collective… J’ai pour ma part rapporté ce que je pouvais en penser - ces débats sont intéressants mais les soucis techniques y sont différents de ceux des débats participatifs.

La fameuse question du pouvoir d’achat

J’ai déjà précédemment exprimé mes réserves sur le sujet, bien trop général à mon goût. Il est pourtant utile de l’aborder, frontalement comme dans ses plus inextricables méandres, car il s’agit évidemment d’un sujet vital au sein de notre société. Le mot lui-même l’illustre, en empruntant le terme de « pouvoir » ; quel autre pouvoir, ou quel pouvoir plus important si l’on préfère, est à la disposition des citoyens, pour vivre le mieux possible ? Le geste politique, évidemment, a son importance ; mais ce n’est pas lui qui remplit le caddie des foyers français, chaque semaine. Ou plutôt, évidemment, les deux sont intimement liés… Profitons-en donc pour examiner un peu les mesures annoncées par l’UMP, à ce sujet.

  1 / Sarkozy l’a dit très clairement, il ne « peut pas » forcer les entreprises à augmenter les salaires. En revanche, il « veut » les pousser à la négociation, en échange d’un assouplissement des 45 heures et du Code du Travail. Par « assouplissement », on entendra toujours des horaires qui suivent la volonté des patrons, des périodes d’essai allongées et une facilité accrue pour virer un employé. C’est une constante du MEDEF, et je préfère terminer ce premier point par un point, justement, que par un flot d’injures. Le cœur y est, pourtant…

 2 / La question des heures supplémentaires majorées de 25% pour les employés, exonérées de charges sociales pour les patrons. Vaste sujet. Plus de 200 heures par an et par employé étaient déjà possibles (bien qu’un peu compliqué à mettre en place, certes), sur ce modèle. La révolution est donc discrète, d’autant que les patrons semblent moyennement intéressés par la question (en témoignent le fait que ces contingents sont très rarement atteints, même à la moitié), et qu’au cas où ils le seraient, cette mesure entraînerait inévitablement un phénomène de chômage de masse. Joyeux, non ?

  3 / Toujours dans le foutage de gueule, la possibilité de revendre ses RTTs, en gros de sacrifier ses vacances et ses jours/heures de congés payés contre monnaie sonnante et trébuchante. Ces RTTs étant déjà bien souvent virtuels et synonymes de renvoi lorsqu’on vient à les demander, gageons que ce ne sera pas le fait de revendre quelques jours de congé qui relancera le pouvoir d’achat. En revanche, c’est une belle illustration des méthodes de la droite – revendre ses droits pour pouvoir manger, quelle superbe façon de faire !

  4 / Plus intéressant et nettement plus positif, en théorie, le déblocage des participations dans les entreprises (de + de 50 personnes) sans attendre un délai de 5 ans, même plafonné à 10 000 Euros. Pour faire simple, les employés ont droit, à travers ce principe, à une part des bénéfices de l’entreprise (si tant est qu’elle en fait). A noter également, la mise en place d’un dispositif similaire dans les sociétés de moins de 50 salariés. Mais il faut tout de même constater que ces solutions se rapportent à des entreprises qui font des bénéfices, dans le secteur privé, et de manière très variable. A priori, c’est donc peu « contrôlable », du fait du nombre des entreprises, et Sarkozy le sait.

  5 / La réforme dite des « marges arrière » pour synthétiser, peut effectivement aboutir à une baisse des prix dans les grandes centrales de distribution, mais encore une fois au prix d’un petit commerce sacrifié, de producteurs encore plus exploités, endettés et donc subventionnés sous peine de fermeture et/ou délocalisation… Alors que ces grandes centrales font déjà de colossaux bénéfices, en ne proposant au fond qu’une surface de vente.

  6 / Une idée reprise, en apparence, au programme présidentiel : Une évocation d’un service public de la caution, la baisse officielle des dépôts de garantie requis, et la facilitation de la mutualisation de la caution. C’est toujours ça de pris.

  7 / Enfin, l’Etat promet de revoir l’indexation du prix des loyers. L’indice initial utilisé a été présenté de manière erronée (le cours du bâtiment n’en représentant en fait que 20%), et le résultat de la transformation ne semble pas radical. Je suis sceptique quant à la possibilité de mener une réelle politique, efficace, uniquement en établissant de nouveaux chiffres. La négociation me semble inévitable, et en particulier dans le domaine de la location. Enfin, ce n’est qu’un avis…

Sens et violence de la Coordination étudiante

Dur d’écrire un article sur le sujet d’aussi loin. J’en ai indirectement confirmation par des amis et des connaissances dans le journalisme, étant moi-même étudiant dans le privé. J’espère pouvoir saisir le point de vue de la Coordination Etudiante « dans le réel » car pour l’instant, l’organisation semble fluctuante, « noyautée » et surtout assez agressive envers les journalistes. Ce qui me semble d’ailleurs être une monstrueuse erreur. Néanmoins il faut rapporter ce qu’il s’y passe, et qui a au moins le mérite de devenir de plus en plus clair, au moins sur ses intentions « admises par la force des choses » (Libération):

«Les étudiants demandent l’abrogation de la loi, mais l’Unef, qui a pris le train en marche, négocie sur autre chose. Sa direction doit éclaircir sa position» : Houssam, élu porte-parole de la coordination dimanche, admet que sur les logements étudiants et sur les conditions d’études, «les avancées, s’il y en a, sont toujours bonnes à prendre. Mais la loi institue un désengagement de l’Etat, il faut donc obtenir un préalable : sa suppression». 

Fin de citation. Ce qui équivaudrait donc au rejet pur et simple de toute la réforme, mais pour faire passer quelle autre à la place ? Le mouvement social devrait, à mon humble avis, prendre un tour plus créateur en matière de réforme, afin d’opposer un vrai projet au démantèlement actuel de nombre de principes humanistes de nos facs.

Mais là, nous sommes dans le domaine des idées. Dans le réel, la Coordination se réunit en Congrès, à travers des représentants « élus ». Nombre d’entre eux m’ont semblé un peu trop désignés « en attente d’un vote », inconnus des étudiants, bref… ce n’est pas l’Anarchie car il y a des chefs, mais qui ont souvent perdu le contact avec les étudiants (auparavant stressés en bonus par les grèves dans les transports, heureusement finies). 

Et cela donne des clashs notamment entre chapelles, comme le décrit bien cet autre bon papier de Libération : 

Il y en a une qui doit être contente, c’est Valérie Pécresse : l’union des adversaires à sa loi sur l’autonomie des universités a volé en éclats. Certains délégués Unef de la coordination, réunis ce week-end pour décider des suites du mouvement, ont en effet claqué la porte. Combien ? Même sur ça, ils ne sont pas d’accord. «Une cinquantaine, sur 150 délégués, sont partis», estime Juliette Griffon, porte-parole de l’Unef, qui pense qu’il restait «une dizaine d’Unef à l’intérieur». Simon, délégué Unef, toujours présent, juge, à la louche, qu’une vingtaine sont partis, et autant restés, «sur 222, et non 150», précise-t-il. La coordination, elle, estime à une trentaine les Unef qui sont restés. En gros, ceux qui sont toujours là seraient des Unef «Tuud» («tendance Unef, unitaire et démocratique», contre la négociation avec Valérie Pécresse), et les autres des Unef «majo», majoritaires, plus réformistes, et favorables à la négociation.

Soupçons. La coordination a appelé l’Unef à revenir, qui a refusé. En tout cas, le résultat est là : l’unité de façade, entre l’Unef et entre autres, SUD, la CNT et les non-syndiqués, c’est fini. C’était pourtant parti dans l’enthousiasme à Lille-I. Les étudiants ont réussi à dormir jusqu’à quatre heures d’affilée, dans les amphis, sur les lits de camp prêtés par la mairie de Villeneuve-d’Ascq. Les dons des syndicats ont afflué, des employés de la fac ont débarqué avec des cabas pour nourrir les petits jeunes… Tout a commencé samedi après-midi, à l’accueil des délégués. Les organisateurs soupçonnent certains de ne pas être légitimes, et de s’autoproclamer délégués, sans mandat. Une histoire circule : une étudiante, qui représentait une fac de Saint-Etienne la semaine dernière à Tours, s’est présentée au nom d’une fac de Mulhouse cette fois-ci. «Une Parisienne l’a reconnue. Elle est avec elle en TD à la Sorbonne», explique Gaëlle, proche de la coordination. Une dizaine de personnes ont été exclues, pour la plupart adhérents de l’Unef.

Reproche. «Cette histoire de légitimité est un prétexte, insiste Julien Bruneel, secrétaire général de l’Unef du Nord. C’était aux délégués de l’Unef de prouver qu’ils étaient élus par une AG. Bizarrement, pour les autonomes, il y avait une plus grande tolérance.» Ce qui est reproché aux délégations «litigieuses» ? «Des temps de parole de 15 km de long, pour pourrir le débat», résume Gaëlle. «Une tentative de noyautage, pour ne pas perdre la main», ajoute Vincent. Pour Juliette Griffon, de l’Unef, c’est la coordination qui a «brisé l’unité». Elle parle d’un climat «de tension et de violence qu’on ne peut pas accepter». Exemples ? Des délégations «litigieuses» avaient été remisées dans une salle sur le tableau noir où était inscrit «bienvenue au goulag», en attendant qu’on décide de leur sort.

«Vote à l’arrache». Le climat s’est dégradé avant même le week-end. «A Lille-III, pour l’élection de nos représentants, il y a eu un vote à l’arrache vendredi à 15 heures, dans une ambiance contre-Unef, avec tout au plus trente gauchistes dans la salle, reprend Julien Bruneel. Cinq personnes se sont présentées dont moi, et auraient dû être toutes élues, en toute logique. L’AG a préféré organiser un vote séparé, un par un, quitte à avoir un délégué de moins à la coordination.» C’est-à-dire lui-même.

Les débats étaient fermés à la presse. Hier, en fin d’après-midi, Kahina, Sarah, Clémence, Houssan, Jean-Marie, JB, et Aurélien, élus, ont déclaré, entre autres, que la coordination était «la seule légitime» pour représenter les étudiants, et demander à l’Unef de réclamer «l’abrogation de la loi Pécresse, et de cesser toute négociation jusqu’au retrait». Elle appelle à se mobiliser le 27 novembre, à une manifestation étudiants-lycéens le 29, une journée de solidarité avec les sans-papiers le 3 décembre, une mobilisation interprofessionnelle le 4.

Forum de la Rénovation (PS) : L’individu

Cela peut paraitre dérisoire alors que les évènements s’enflamment, se bloquent, et que le discours est « recadré » sans cesse dans les médias, mais oui, les socialistes sont encore capables de parler ensemble, de débattre, et de faire émerger des idées.

Idyllique, non ? J’ai dit « capable »… dans les faits, c’est souvent nettement moins folichon. J’ai donc participé à l’un des « forums de la Rénovation » initiés par François Hollande, hier soir, sur le thème qui me parlait le plus : « L’individu ».

  Comme d’habitude, j’y suis venu avec de grandes attentes, et comme d’habitude ces exigences ont été moyennement satisfaites. Exercice de la démocratie dans le réel… D’abord, la communication uniquement militante n’a ramené… que des militants. On pourra honnir les débats participatifs de Royal : Eux (lorsqu’ils étaient sincèrement conduits par la base et la hiérarchie locale), voyaient au moins la moitié du public composé de « personnes qui n’étaient jamais venu avant. » Autre méthode, autre résultat… A l’échelle d’un département, 80 personnes environ étaient présentes. Souvent des militants « de base » ceci dit. A noter que la fédération du 92, au moins, a organisé quelque chose – par rapport à d’autres qui n’ont rien fait. Je penche plus, personnellement, pour l’exercice démocratique au niveau local.

  Elisabeth Guigou était là. Son point de vue politique était rafraichissant – elle a notamment développé l’idée de restaurer la notion de profit dans l’entreprise, pour pouvoir permettre de futures avancées sociales – bien que long. Ce forum, qui aura duré deux heures et quart, s’est donc ouvert et clos sur une heure et quart de discours – et, plus intéressant, de réponses aux questions soulevées.

  Quid du débat, alors ? Les interventions étaient, globalement, de qualité, même si la disposition « classique » – chaises face à une estrade, invité assis entouré par l’état-major local »- est, de fait, plus propice à une réunion de parti qu’à un exercice de démocratie participative. Il est intéressant cependant de tenir compte de la remarque d’une « nouvelle venue », plutôt proche de la droite auparavant, qui a rapporté que du côté de l’UMP, le public n’avait tout simplement pas la parole.

  Sur ce sujet toujours, on pourra rapporter que les communistes avaient, eux, loué une énorme salle (Maison de la Musique) à l’occasion du (peu connu) « Observatoire International de la Démocratie Participative » – tandis que nous, colloquâmes dans une salle d’une contenance d’une centaine de personnes. Pour nous narguer, à n’en pas douter.

  Il y aurait tellement à dire là-dessus, sur les rivalités PS/PCF/Verts à l’approche des municipales… cela m’a toujours profondément attristé, alors qu’un plan de guerre collectif donnerait de bien meilleurs résultats… Enfin. Une intervention se rapportant au « Poing et la Rose » cher à de nombreux militants. Je réitère ici mon commentaire d’alors : c’est de l’obsession, du fétichisme. Personnellement, je trouve ce dessin peu chargé de sens politique, et ringard dans son style graphique. Question de points de vue… le changer me plairait, disons.

  Il y a encore, comme dans chaque réunion, les mêmes remarques de militants qui rapportent le fait que d’avoir pris une Arabe au gouvernement, dans un ministère prestigieux, était un coup puissant de Sarkozy. Mes lecteurs habituels savent à quel point je trouve inepte de considérer une origine ethnique comme une qualité. Mais, là aussi, la gauche de gouvernement est gênée aux entournures ; elle ne sait comment répliquer, alors qu’effectivement, il n’y a rien à répliquer ; idéalement, il ne faudrait même pas parler des couleurs de peaux et des « origines » de chacun. Quel est le putain d’intérêt, en démocratie ? S’il y a des discriminations, la présence d’une personne, à un échelon, les résorbe-t-elle ?

  Bref, je vais enchaîner avec mes notes des interventions et passages de discours qui m’ont semblé éclairants. D’abord, accordons à Elisabeth Guigou une citation très appropriée, qu’elle s’est également approprié d’ailleurs, en l’explicitant, de Jaurès. Pour l’homme, en effet, les institutions devaient être bâties AUTOUR de l’individu ; le socialisme était, à son sens, un individualisme TOTAL. La finalité du socialisme reposait ainsi dans l’émancipation de l’individu.

  Une réflexion sur l’égalité des chances m’a plu. Le terme, galvaudé, est il est vrai déjà ambigu, car les inégalités se « reconstruisent » ; il ne s’agit pas de donner seulement les mêmes chances sur la ligne de départ, mais de soutenir l’individu tout au long de sa vie. Une autre intervention très sensée, qui voulait qu’on cesse d’appeler des personnes « des RMIstes » ou « des malades », car ce sont plus des états de fait, souvent passagers, que des « catégories de personnes ». Un intervenant a évoqué le fait que le PS devait devenir le « Parti des PMEs ». Une autre camarade a évoqué le fait que, dans de nombreuses entreprises, les « 35 heures » étaient en fait plutôt 39-40 heures, payées 35. Ou l’impossibilité de prendre ses RTTs.

  Les alternatives à la crèche, telles que les assistantes maternelles (NDLA : Et paternelles ?) ont également été évoquées. Sur l’une de mes propositions ayant trait aux impôts (proposer des baisses, au moins au niveau local, en gros) on m’a répondu qu’il valait mieux faire comprendre aux gens à quoi servaient leur argent, ou les rendre plus proportionnels au salaire de l’individu. Certes, mais ce n’est pas l’idéal d’annoncer une hausse d’impôt pour reprendre une mairie acquise depuis longtemps à la droite… Moi, ce que j’en dis…

  La réunion a également évoqué des cas de discrimination d’enfants par rapport à l’origine géographique – concrètement des enfants de Nanterre interdits de carrière dans le football parce que venant d’une ville malfamée. Le fait que les transports, rallongés par la concentration du travail et le « périphérisme »(barbarisme) des logements, nuisent à l’individu. La nécessite absolue de mettre en place une véritable sécurité sociale professionnelle (la formation étant actuellement un beau leurre coûteux à l’Etat entre les mains du MEDEF…) ; Le problème de l’assiette des cotisations, qui devrait être plus élevée pour le capital. Les 35 Heures dans le domaine de la santé, qui ont peut-être été une erreur en pratique (les hôpitaux étant déjà sévèrement touchés par les politiques destructrices de l’UMP). La nécessité de réhabiliter le contrat plutôt que la loi, de restaurer des conventions collectives CLAIRES dans l’entreprise. Et, pour conclure, une intervention qui m’a fait chaud au cœur : l’importance absolue de recourir le plus fréquemment possible au vote des militants, en interne du Parti Socialiste.

  Dans un prochain post, je vais évoquer les idées que j’ai voulu développer. Elles valent ce qu’elles valent, certaines sont plus originales que d’autres. Elles me semblent, néanmoins, importantes à détailler.

Nettement plus intéressant

  Eh ben voilà… la journée d’action politique de la gauche de ce mardi 27 novembre 2007 se profile sous un jour carrément plus sensique.

  1 / Les partis et sensibilités sont unies, Alternative Libertaire, LCR, Les Alternatifs, PCF, PS, Verts, si l’on en croit le tract unitaire.

  2 / Les transports ne sont plus bloqués, la foule des citoyens peut donc converger en masse.

  3 / Le lieu choisi a un vrai sens. Il s’agit de la Bourse du Travail de St Denis (M° Porte de Paris)

  Bon, le tract n’est pas facile à convertir, il est bien lourd et je le trouve un peu trop simpliste. D’une manière générale, nos niveaux de vie, nos salaires et nos retraites sont touchées par les politiques du MEDEF conduites par l’UMP. La « note » expédiée lors de la commission sur le Travail l’a nettement montré. La flexibilité n’y est pas vue comme un moyen de préserver un employé du chômage lors de restructurations des entreprises, mais comme un moyen de l’éjecter sans devoir fournir plus d’explications – la « séparabilité » selon les propres de termes de Laurence Parisot.

  La réforme du Code du Travail, conduite dans le secret, et la destruction de dizaines de tribunaux des Prudhommes aggrave encore le déséquilibre entre le salarié et l’employeur. Cela sera surtout profitable aux grosses firmes, bien au courant de toutes ces combines juridiques, et leur permettra d’asseoir encore leur domination sur les différents marchés, en écrasant les producteurs et la concurrence « artisanale », ou d’une manière générale le petit commerce – réforme dite « sur les marges arrière », dépénalisation de droit des affaires, pôle économique aux fonctions très restreintes face à la masse de patrons voyous impunis.

  La Justice française, surtout la justice économique, qu’elle concerne des salaires qui n’augmentent pas ou le respect des lois de la concurrence, est bafouée par l’UMP. En ce sens, la Bourse du Travail est un bon point pour commencer une lutte. Combien de temps durera-t-elle ?

Le chaos de l’extrême-gauche, les rameurs socialistes

  Presque simultanément, tombent des dépêches concernant les différentes branches de notre « extrême-gauche » française. L’appel de Besancenot à créer un nouveau parti a déjà été largement repris dans les médias. Je n’ai pas encore d’avis dessus, si ce n’est que le discours en lui-même est plutôt bon, que la tendance annoncée me semble un peu trop générale mais, au moins, assez ouverte, et qu’en revanche, son annonce est légèrement trop raccrochée à l’actualité. En gros, surfer sur les mouvements sociaux pour reprendre du poil de la bête, c’est peut-être nécessaire en cette période troublée, mais cela sent un peu son arrivisme, tout de même. C’est toujours mieux que de l’apathie, ceci dit, alors n’y voyez aucune offense.

  Du côté de Lutte Ouvrière, la situation semble plus désespérée. Les derniers résultats électoraux parlent d’eux-mêmes, et expliquent assez aisément la situation. La formation politique est très visiblement en perte de vitesse, et « Arlette » n’a pour l’instant aucun champion crédible à proposer pour prendre sa succession. Elle refuse, par ailleurs, de fusionner avec la LCR (quelle surprise).

  Pourtant, la palme de l’embourbement semble revenir au PCF, enferré dans ses querelles idéologiques (Garder le nom ou pas ? Changer d’orientation ou pas ?) alors que, ironiquement, ce parti est le seul des trois à détenir de véritables postes décisionnels (maires, conseillers, etc…) Quoiqu’il en soit, Marie-George semble bien partie pour trôner encore une bonne année à la tête du PCF. Nul doute que c’est bien la question qui semble la plus importante à ses yeux. Qu’on ne s’étonne pas que les communistes officiels déclinent, avec un bureau aussi ancré dans ses fonctions. La voilà donc promettant un débat « sans tabou » (expression en usage depuis… houlà plus d’un demi-siècle, quand même !), avec sa fougue légendaire de petite mamie qui va faire son marché, et son visage perpétuellement las. Délit de sale gueule ? Désolé mais la politique, c’est aussi cela. Je ne suis pas celui qui a inventé l’esthétique, quand même…

  En bref, la gauche se disloque et ne sait plus où donner de la tête. De son côté, Hollande a réuni les autres partis de gauche (PRG, MRC, plus on est de fous…) autour d’une table, et on apprend qu’ils ont discuté pendant « plus de deux heures ». Ca rigole moins, d’un coup… même Royal reste trop en retrait, malgré ma sympathie qui lui est, encore, acquise. Et on se demande pourquoi la droite, réunie en un seul gros parti, présente une meilleure mine…

Simple mais efficace

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J’ai toujours dit que pour lutter contre l’échec universitaire (40 % des jeunes sans diplôme à la fin de la deuxième année d’université !) il fallait plus d’autonomie et plus de moyens aux universités pour accompagner plus efficacement les étudiants.

En revanche, la réforme telle qu’elle est conduite, comme je l’ai précisé, pose de graves problèmes :

- l’autonomie sans moyen va creuser les inégalités entre université et les jeunes en ont parfaitement conscience

- le problème de l’échec universitaire n’est pas du tout réglé par la réforme

- il y a un grave malaise social chez les jeunes étudiants, dont un sur trois souffre de précarité et même de pauvreté.

Le pacte présidentiel que j’ai défendu prévoyait :

1/ une loi de programmation pour donner à l’université et à la recherche les moyens de l’excellence

2/ la création d’une allocation-autonomie pour les jeunes afin de leur permettre de faire leurs études dans de bonnes conditions.

La part des choses

  Sans renier mon précédent article, j’aimerais préciser certains de mes arguments.

  Premièrement, mon opinion, je le sais, compte pour du beurre face à un « mouvement social », et ces derniers mois m’en auront convaincu. A quoi sert de lutter contre des partis institués, et contre des étendards bien connus ? Les bannières ne m’intéressent pas. Je préfère définitivement l’ombre à la lumière… et on ne m’y reprendra plus, à vouloir tester la démocratie réelle, au sein d’un pays. Amusez-vous donc bien, avec vos drapeaux, vos slogans, et vos bannières sur le « pouvoir d’achat ». Faîtes la fête, à plusieurs dizaines de milliers, rassurez-vous, s’il vous faut cela.

  Deuxièmement, je ne suis pas cynique, malgré ce que ma précédente phrase peut laisser penser. Mais se révolter alors qu’un parti dispose encore d’un mandat de quatre années et demi, ben… Bonne chance, comme on dit. Si l’on prend le chiffre médian entre les estimations des flics et celles des syndicats, 500 000 personnes seraient descendues dans la rue, mardi. Un chiffre à comparer avec les 1,2 millions d’étudiants du supérieur et les quatre millions de fonctionnaires…

  Pour autant, faut-il jeter bébé avec l’eau du bain ? Bien sûr que non. Les protestations des fonctionnaires ont un sens : elles illustrent celles, au moins sur la question des salaires et du pouvoir d’achat, d’une bonne grosse partie de la société – qui, elle, ne peut pas faire grève. Eh oui… Dans le privé, les droits des travailleurs, c’est certes un joli concept, mais bizarrement celui de la mise à la porte l’écrase totalement. Etrange, non ? Trêve d’ironie. Impossible de savoir, donc, ce que peut penser « le peuple français », d’une part parce que les sondages, hein… et d’autre part, justement parce que la quasi-totalité des travailleurs n’ont pas la simple possibilité de protester ouvertement (sans parler des chômeurs…).

  Mon mauvais esprit me susurre un amer : « Fallait y penser avant de voter majoritairement pour l’UMP », mais je préfère en venir au point principal de ces réflexions.

  Troisièmement donc, les revendications qui sont en jeu. D’abord, le « pouvoir d’achat ». Oh la jolie expression… loin de moi l’idée d’être narquois. Je pense effectivement que c’est bien le portefeuille vide des français qui pourrait, au final, mettre le feu aux poudres. Encore que tous ne soient pas logés à la même enseigne… mais ne divergeons pas. Cela fait décidément une belle bannière… Du côté de la droite au pouvoir, après les belles promesses, on se gargarise d’une hausse du « pouvoir d’achat » (ne riez pas, si ça se trouve, effectivement le caviar a baissé… hé tout dépend du point de vue… et de l’indice utilisé); du côté des « amis du petit peuple », cela ne mange pas de pain (c’est le cas de le dire) d’utiliser un thème aussi fédérateur.

  Pourtant, que peut faire le gouvernement, sur ce sujet, à part mentir et truquer les chiffres ? Il faudrait de vrais économistes, de véritables augmentations, une force de négociation avec les industriels, en résumé une vraie volonté collective, pas seulement un président omnipotent qui s’agite sporadiquement… bref, on en est loin. Du côté de ceux qui piétinent dans la rue, est-ce mieux ? A part l’inscrire sur une banderole, que pourront faire les syndicats, les étudiants, les cheminots et les fonctionnaires pour défendre le sacro-saint « pouvoir d’achat » ?

  La vérité, c’est que passé ce défouloir, ce spectacle des manifestations, qui ont certes un sens mais restent des mises en scène, passées toutes ces violences vaines et ces cris dans le vide, que restera-t-il ? Tout le monde rentrera bien tranquillement chez soi, pour aller faire ses courses, le lendemain, dans le même supermarché que d’habitude. Parce que les travailleurs n’ont jamais su s’entendre sur la gestion des moyens de production (à quelques expériences d’autogestion près), les centrales d’achat ont depuis belle lurette remporté la partie. C’est marrant, étant gamin, mon père me le disait : une fois que les supermarchés se seront bien implantés, ils imposeront leurs lois, parce que les petits commerçants auront disparu. J’avais même, alors, essayé du haut de mes dix ans de faire signer une pétition, une de plus qui m’aura valu de nombreux éclats de rire. Eh bien, voilà. Nous y sommes. Le maillage des grandes centrales leur permet de faire ce qu’elles veulent. Quelques grands groupes contrôlent la presque-totalité de la distribution. Et non, je n’ai pas de phrase spirituelle qui me vienne à l’esprit, pour clore ce paragraphe.

  Et puis, il y a évidemment d’autres revendications, plus facilement cernables, souvent plus légitimes encore; celle du rejet de la réforme sur les universités. Certes. Encore un gros paquet que personne n’a lu. Dedans, on y trouve, en vrac, une privatisation larvée des facs, à travers l’introduction de « patrons du privé » dans les conseils d’administration, sous couvert de bonnes intentions. Concrètement, cela donne des matières qui tombent sous la coupe d’intérêts privés – la biologie qui reverra sa copie sur les règles nutritionnelles, par exemple, ou l’Histoire revisitée (encore) pour ne pas froisser tel ou tel. Dans cette « réforme », on trouve un prologue à de futures sélections plus drastiques, au dérèglement des frais d’inscription, un reniement des principes d’égalité, ou au moins de proportionnalité dans les subventions, au profit d’une « rentabilité » de l’enseignement supérieur. Et encore, à l’échellon du dessous, au lycée, c’est par exemple toute la filière ES qui est remise en question.

  Il y a aussi des problèmes d’heures supplémentaires non versées aux forces de l’ordre, et bien sûr la fameuse question des « régimes spéciaux » (ou plutôt d’une partie de ces régimes de retraite), qui recouvre toutes les autres revendications dans les JTs.

  Tout cela est bel et bon, donc… Comment un esprit « idéaliste » peut-il ne pas soutenir ce mouvement de contestation ? Peut-être pour une question de méthode. 500 000 personnes ont manifesté hier… et demain ? Que fait-on ? Une autre manif géante ? Un concert ? Une kermesse ? Dans quel BUT ? Avec quelles ARMES ? Pour aller OU ?

Grève de la grève

  J’aurais mis du temps à me décider, mais finalement c’est fait : grévistes, je vous emmerde. Tous, sans exception. Marre de me démener de mon côté avec ma petite équipe, depuis des mois, de manifs en manifs et de blogs en blogs. Marre de relayer des infos et de monter des dossiers pour des journaux qui ne répondent pas, des ligues « révolutionnaires » réduites à une personne, la même, qui pose sempiternellement devant les caméras, marre des syndicats qui ne répondent pas à mes mails suggérant que des grèves de la gratuité permettraient de ne plus braquer le peuple, et marre des Faucheurs aux abonnés absents.

  Marre d’aller poster ici et là sur le net que c’est stupide de bloquer des transports que les manifestants eux-mêmes utilisent, marre de m’intéresser à des « coordinations » impossibles à contacter, élues on-ne-sait comment, opposées aux méthodes démocratiques les plus basiques, qui se font leurs congrès entre eux et se cloisonnent comme des veaux dans leurs facs, en attendant de se faire déloger par les CRS – et qui en plus font des bras d’honneur aux journalistes. Marre d’attendre pendant des heures dans le froid un bus déjà bondé parce que flinguer un réseau de transports c’est « revendicatif », marre de Hollande qui nous refait un tour de piste alors qu’il était censé descendre de son trône depuis belle lurette, et marre de me taper de l’affichage sauvage à 4H00 du matin pour informer des gens pas même capables de signer une putain de pétition.

  Alors aujourd’hui, je reste chez moi, ce soir j’irai voir dans ma section PS si c’est un peu mieux que chez les « vrais journalistes officiels » et les « vrais communistes révolutionnaires officiels », ou même au pif les « vrais enfants de Don Quichotte officiels », parce que ceux-là aussi ils en tenaient une couche niveau circonférence crânienne. Et j’en oublie des tas. Marre de me geler les couilles et de passer des nuits entières pour essayer d’aider des petits chefs imbus d’eux-mêmes. Vous voulez la faire, votre grève bête et méchante à base de blocage et de piétinage comme des cons sur une place ? Ben allez-y… Moi, je reste au chaud et je compte bien m’occuper de ceux qui, eux, au moins, semblent apprécier ma compagnie – je veux bien sûr parler de mes lecteurs.

  S’il faut faire la révolution, soit, ce sera nettement plus long et plus dur que si certains avaient bien voulu nous filer un coup de main, ok, mais nous au moins on la fera avec notre coeur, et notre cerveau. A bon entendeur… Bonne manif et bonne défaite future !

  Note : C’est aussi dans ce genre de moments qu’on distingue mieux ses priorités. Alors quitte à, je compte bien balancer encore plus de trucs sur ce blog. Sans pitié. Quitte à ferrailler dos au mur, autant ferrailler pour la vérité !

  Note 2 : J’irai tout de même à la manif de demain contre la réforme de la carte judiciaire, parce qu’il n’y a pas d’autre moyen, sur ce point, de faire entendre sa voix. Vive la vérité ! Vive la justice ! Et merde aux cons et aux prétentieux !

La gauche se mobilise contre la réforme Dati