PS : Détournement de fonds associatifs à Marseille…

  Il n’est pas dit que le JRDF épargnera quiconque; malgré ses accointances réformistes, et son rejet d’une grande partie de la politique (méchamment de droite) actuelle, un voleur est un voleur – fut-il un ponte socialiste.

  Voici donc une transcription du Canard Enchaîné du 25 mars. J’y ajoute, ami lecteur, ma part personnelle de honte, et de désapprobation

 

  Mazette ! A Marseille, le PS a visiblement oublié de doter le conseil régional PACA d’une machine à broyer les documents compromettants. Elle lui aurait pourtant été fort utile. Depuis un an, le vilain juge Landou enquête sur des détournements de fonds au profit d’associations bidons des quartiers nord de Marseille. Des fiefs socialistes que la Région a gavé de subsides pendant des années.

  Le magistrat soupçonne de joyeuses pratiques destinées à « fluidifier » les campagnes électorales (« Le Canard », 11/2). Mais, à en croire Michel Vauzelle, le président de la Région, ses services ont été abusés par des escrocs à la petite semaine. Même son de cloche chez Sylvie Andrieux : la patronne du groupe PS chargée de la « politique de la ville » n’a rien vu, rien entendu et hurle aux « négligences administratives ».

  Seulement voilà : un document passionnant, tombé sous le bec du « Canard », ne plaide pas en leur faveur. Il s’agit d’une note interne plutôt gratinée qu’un cadre avait adressée, dès le 19 juillet 2002, à sa hiérarchie. Dans ce courrier de quatre pages, il dénonce l’existence, au conseil régional, de deux types d’associations.

  D’un côté, celles qui présentent des « dossiers normaux » de demande de subventions. Disséminées dans toute la Région, elles rament pour décrocher quelques poignées d’euros, subissent une batterie de contrôles administratifs, doivent, chaque année, justifier de leurs actions en faveur des quartiers et montrer patte blanche sur leur comptabilité… De l’autre, les associations pistonnées des « dossiers signalés ». Bizarrement concentrées dans certains quartiers marseillais, ces associations-là engrangent des aides « tr.ois à dix fois supérieures », toujours selon cette note incendiaire.

  Leur versement est imposé par les élus desdits quartiers, ui exercent »une pression directe » sur les fonctionnaires. Résultat miraculeux : « La fiabilité de ces associations n’est pas vérifiée » et « aucun contrôle de l’usage des crédits ne peut être effectué », écrit l’insolent. Bref, du bon vieux clientélisme à la papa, particulièrement vigoureux en période électorale : 2,2 millions d’euros, pour 160 « dossiers signalés », ont ainsi été balancés dans la nature rien qu’entre mars et juin 2002, à la veille des élections législatives.

  Problème : dans sa confession écrite, le rédacteur de cette note précise qu’il a alerté en vain, et à trois reprises, le cabinet de Michelle Vauzelle. Lequel répond au « Canard », via son avocat, Me Gilles Gauer, qu’il n’a « jamais eu connaissance de ce courrier ». [NDLR : C'est terrible, ces lettres qui se perdent...]

  A l’époque, il avait pourtant provoqué une petite panique à la Région, ce qui n’avait pas valu une promotion à son auteur : le bavard avait été illico placardisé, sur ordre de Sylvie Andrieux. Celle-là même qui est abondamment citée par plusieurs fonctionnaires qui défilent ces temps-ci chez le juge Landou…

  L’un d’eux se souvient : « Si l’un de nous avait le malheur de lui demander des justificatifs ou d’émettre des doutes sur une associations, ça soufflait sévère ! »

  Au pays du mistral, ça mérite d’être signalé… 

Fin du suspens : le gouvernement dévoile son décret pour « lutter contre les excès du système capitaliste » !

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  Ami lecteur, j’ai écrit précédemment que le JRDF ne se livrerait jamais au procès d’intention. L’idéologie est une chose; La mauvaise foi en est une autre. Nous avons donc attendu que le fameux décret « anti-bonus » paraisse, très officiellement, afin de pouvoir exprimer notre avis à son égard.

  Il est – ô euphémisme ! – pour le moins mitigé. Il s’agit d’un décret qui sera levé « d’ici 2010, si nous sortons de la crise »; une mesure d’un an environ, au final, qui ne comprend la régulation du capitalisme que dans l’optique suivante : « En période dure, le peuple risque de voir qu’on se sucre sur son dos, et de se révolter. Il est donc nécessaire de sauver les apparences. Mais demain, quand ce sera fini, on pourra reprendre exactement comme avant. »

  Comme il est loin, le temps où Sarkozy se réclamait de Jaurès… Résumons-nous : ce décret ne concerne que six banques : Société Générale, Paribas, Crédit Agricole, Banque Populaire, Caisses d’Epargne, Crédit Mutuel, ainsi que les deux groupes automobile Renault et PSA. Pour un pays qui compte des millions de sociétés, et une bonne quinzaine de banques françaises – sans compter les institutions étrangères – c’est un peu court, jeune homme.

  Deuxièmement, ce décret interdisant  les stock-options et les actions gratuites, n’est que provisoire. Il ne remet pas en question ce système, parfaitement « légitime » en cas de non-crise. Quand les caméras ne sont pas braquées dessus, donc.

  Troisièmement, la cerise sur le gâteau : les bonus des chefs d’entreprise (de ces huit sociétés) seront rendus illicites en cas de « licenciements importants ». Pour connaître la définition précise de cette expression, et savoir qui sera chargé d’évaluer cette importance, adressez-votre courrier à :

  LE VIDE

  BOÎTE POSTALE NEANT

  LA-BAS, A GAUCHE APRES L’INFINI

 

  Laurence Parisot, quant à elle, poursuit sa stratégie-fétiche : d’une part, elle voit « une légitimité dans le fait que l’Etat définisse les conditions des prêts et des aides qu’il accorde aux entreprises »; mais laissez-la parler un peu, et elle vous dira que « la loi ne peut cependant pas tout », et que ce qu’elle ne peut pas faire, le code éthique du MEDEF s’en chargera bien volontiers.

  Traduction : Faire appliquer ce que les représentants du peuple ont décidé, par voie de justice notamment, n’a pas autant de poids qu’un texte que les grands patrons ont la liberté d’appliquer, ou non, sans aucune sanction. Lumineux…

  Quant à François Hollande (Martine Aubry semble toujours aux fraises…), il a « répété son opposition à un décret pour encadrer les dirigeants des entreprises aidées et plaidé pour une loi, qui concernerait aussi les autres entreprises, sauf celles qui démarrent. Il est favorable à un plafonnement des salaires des dirigeants à 400.000 euros par an. »

  Le JRDF ne le contredira pas sur ces principes. Dommage que le PS n’ait pas appliqué ces idées, lorsqu’il était au pouvoir…

  En conclusion, le monde financier s’effondre, mais la droite française reste toujours fidèle à elle-même : elle ne bouge son cul que lorsqu’un scandale éclate, et l’éclabousse; elle fait l’apologie du changement tout en n’assurant même pas le minimum requis; et surtout, elle étale une bonne couche de morale sur son système capitalisto-glauque, histoire que ça se voie moins.

  A tout prendre, ce décret n’est donc pas mauvais, en lui-même; un peu comme quelqu’un qui balancerait un seau d’eau sur un immeuble de cinq étages en flammes.

  Pas sûr que cela éteigne l’incendie, en revanche…

Montreuil : Verts contre Rouges

 

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Source : Libération

Maire de Montreuil depuis un an ? Dominique Voynet «domine» la situation, assure-t-elle. «Enfin, dominer ce n’est pas le mot, disons qu’on a trouvé nos marques», corrige la sénatrice. A la tête de cette ville de Seine-Saint-Denis de plus de 100 000 habitants, l’ex-candidate des Verts à la présidentielle vient à peine de «lever le nez du guidon».

C’était il y a un an, «à certains moments j’ai l’impression que c’était hier, à d’autres que je suis restée vissée à mon bureau». A la tête d’une liste rassemblant des Verts, des socialistes dissidents et des acteurs de la société civile, Voynet avait créé la surprise aux municipales en expulsant de son fief Jean-Pierre Brard (apparenté PCF), après vingt-quatre ans de règne et avec plus de 54 % des voix. Et ce, sans le soutien des états-majors du PS et du PCF et même des Verts, avec qui Voynet entretient des relations difficiles.

Pendant la campagne la candidate avait comparé Montreuil, ville communiste depuis soixante-dix-sept ans, à la Roumanie sous Ceausescu. Mais aujourd’hui, quid de la pérestroïka promise ? Pour Voynet, 50 ans, ce n’est pas le moindre des paradoxes de cette première année. En maire de Montreuil, «Dominique la batailleuse», selon ses proches, «l’emmerdeuse», d’après les mêmes, apprend à faire la paix.

Bras de fer. «Montreuil était en guerre avec le monde entier. Brard faisait la leçon à nos voisins. Il a fallu les convaincre qu’on aurait un comportement normal et amical avec eux», explique la maire. Jeudi, une nouvelle communauté d’agglomération va être annoncée. «De Montreuil à Bobigny en passant par Pantin, c’est la plus grosse agglo d’Ile-de-France avec plus de 450 000 habitants. C’est la grande victoire de Dominique», se réjouit Jacques Archimbaud, son directeur de cabinet, fidèle d’entre les fidèles.

Dans cette ville endettée et touchée par la crise, cette structure devrait permettre de cofinancer une piscine et une médiathèque dans le haut-Montreuil populaire. Et réduire la fracture avec le bas-Montreuil, ses bobos et ses bureaux. «Avant, ici, c’était Fort Alamo,Après dix ans de guerre totale, une pacification s’est faite entre la mairie et la population.» En revanche, entre la sénatrice-maire et le député Brard, le bras de fer persiste (1). raconte René, un militant du NPA, le parti d’Olivier Besancenot.

Vendredi 27 mars. Pour leur premier anniversaire, «Dominique» et sa majorité de 41 élus reçoivent dans la salle des fêtes. Sur invitation. Les 400 Montreuillois présents, pour la plupart responsables d’associations et d’organismes publics, ont été triés sur le volet. «On voulait des échanges constructifs, éviter que trois brardistes casse-couilles viennent mettre le boxon», raconte un proche de Voynet. Au micro, cette dernière se montre pugnace. «Un peu cassante. Mais en même temps pour diriger, il ne faut pas être mièvre», juge un habitant. «Elle est franche et directe», estime une autre. En tout cas pas démago quand elle explique que seuls les trottoirs de la rue Allende soulevés par les racines d’arbres seront refaits, pas l’ensemble de la voirie. Le choix de ne pas augmenter les impôts locaux oblige à faire des sacrifices.

Cris d’orfraie. L’ombre de Brard et de ses réseaux, pourtant atrophiés par la défaite, plane encore dans la salle. A plusieurs reprises, Voynet exhorte son auditoire à ne pas «accorder trop d’attention aux cris d’orfraie qui accompagnent chacun de nos mouvements». A surtout ne pas se laisser freiner par «les ragots et les rumeurs débiles» distillées depuis un an par «ceux qui estiment que nous avons usurpé le pouvoir».  

Sous la municipalité précédente, les enfants de chômeurs étaient privés de cantine. A la rentrée, 900 élèves ont été pris en charge par la ville. Pour les intégrer, la question de la rotation des repas s’est posée. «J’ai évoqué les écoliers allemands qui mangent un Brötchen [pain bagnat, ndlr] et des fruits à midi. Et tout de suite, j’ai eu un tract : « Elle va mettre des distributeurs de sandwichs dans les écoles » !» La maire sait que s’obséder avec son prédécesseur, c’est continuer à le faire exister. Et qu’elle ferait mieux de s’adresser aux Montreuillois. Mais elle a du mal à retenir ses coups. Son prédécesseur, il est vrai, la marque constamment à la culotte.

«Immobilisme». «M. Brard est toujours extrêmement présent dans sa circonscription qui se trouve être sa ville. Il est là le 19 mars, le 8 mai, le 11 novembre, pour toutes les manifestations publiques et patriotiques», précise Frédéric Molossi élu (PS) de la minorité. Après avoir taxé la majorité municipale «d’amateurisme», la minorité stigmatise désormais son «immobilisme».«La ville reste endormie», se désole un élu communiste. Beaucoup de lettres de sollicitation et de coups de fil des Montreuillois restent sans réponse. «Il y a un problème de gouvernance, ils ne maîtrisent pas encore bien les services. Des gens leur savonnent encore la planche. Ce qui me surprend le plus c’est qu’ils ne fassent pas plus de nettoyage», s’étonne une responsable associative. Résultat : «La population se plaint de n’être au courant de rien. Ils doivent faire des trucs très bien, mais comme rien n’est encore visible, on a l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose», ajoute cette habitante. «On est passé du monologue au dialogue, mais les actes se font attendre», s’impatiente Ismaël, un responsable d’association.

«On a semé, ça n’a pas encore levé», admet Archimbaud. Mais Houria, une militante associative, ne voit pas les choses d’un même œil : «La rupture politique, on l’a sentie. Sur les Roms, le syndicat des eaux, les sans-papiers, je suis presque fière d’habiter ici.» Voilà qui devrait conforter la sénatrice-maire.

(1) Jean-Pierre Brard a refusé de répondre aux questions de Libération.

par Matthieu Ecoiffier

Suspens : Sarkozy va-t-il pouvoir réglementer les bonus et les stock-options ?

A la veille du dévoilement du décret en question, annoncé à grands renforts de coups de menton par notre cher Tsar, penchons-nous sur cet intéressant problème de société : Peut-on crasher son entreprise comme une merde, et se barrer avec une grosse partie de la caisse ?

  D’un point de vue légal, la réponse semble être positive. D’un point de vue moral, en revanche, le concept parait faire grincer de nombreuses dents…

  Donc, en attendant (sait-on jamais ?) de constater si notre Président est à la hauteur de ses ambitions avouées, ou s’il faudra définitivement instituer la Fête de l’Impuissance en son honneur, le JRDF copie-colle ici un article bien foutu de la Tribune, qui se permet même de comparer notre situation avec celle de l’Allemagne :

 

La polémique sur la rémunération des dirigeants d’entreprise continue de faire des vagues. Ce dimanche, les réactions syndicales et politiques se poursuivent alors que le gouvernement devrait dévoiler lundi son décret anti-bonus. On apprend dans le même temps, selon le Journal du Dimanche, que le patron du promoteur immobilier Nexity, Alain Dinin, aurait à son tour renoncer à ses bonus et stock-options.

Du côté des socialistes, la mobilisation est toujours de mise sur le débat. Le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, a ainsi déclaré samedi sur LCI être « pour la suppression des stock-options, pendant cinq ans, sauf pour les entreprises naissantes ». « Si on ne fait pas ça, le système devient immoral et fou », a-t-il souligné. Le député socialiste s’est également prononcé pour le « plafonnement des salaires des dirigeants pour les entreprises aidées, à 300.000 euros », « sur le modèle de Barak Obama ».

Pour sa part, Ségolène Royal, qui tenait samedi l’assemblée générale de son association Désirs d’avenir, a fustigé les « abus de richissimes prédateurs » de l’économie française, évoquant superbonus et parachutes dorés. « Tous ces abus de richissimes prédateurs sont à la fois le contraire de la justice, du respect et de la fraternité » a-t-elle asséné. Et de s’attaquer au gouvernement : « Le pouvoir en place depuis deux ans oppose à cette prédation sur l’économie française une mollesse, une absence de courage qui me semblent particulièrement coupables », ajoutant que « cet excès de richesses et cette accumulation de pauvreté de l’autre divise et fragilise le pays ».

Sur le front syndical, on appelle le gouvernement à aller plus loin et frapper plus fort sur l’attribution des bonus aux grands patrons. Le secrétaire général de Force Ouvrière (FO), Jean-Claude Mailly, estime ainsi ce dimanche dans un entretien publié par le quotidien Sud Ouest Dimanche que les restrictions sur les bonus et les stock-options ne doivent « pas se limiter aux entreprises qui obtiennent le soutien de l’Etat ». « Dans la situation de crise que nous traversons, il serait de la responsabilité du gouvernement de prendre deux décisions », explique-t-il. « Tout d’abord, pourquoi ne pas plafonner les dividendes d’une manière générale? C’est le Parlement qui doit en disposer par une loi. Ensuite, il faut qu’une loi oblige toute entreprise qui bénéficie de soutien public de l’Etat ou des régions, à des contreparties sociales notamment en termes d’emploi ».

Mais si le fond du débat provoque toujours la polémique, la forme -celle d’une réglementation de la rémunération des dirigeants par décret – suscite aussi la critique. Petits actionnaires, patronat et administrateurs doutent ainsi de l’efficacité d’une nouvelle loi ou d’un décret pour encadrer la rémunération des dirigeants, et plaident plutôt pour l’autorégulation sous le contrôle des actionnaires.

« Il ne faut pas qu’une loi fixe les rémunérations . Nous sommes dans un pays libre. C’est aux actionnaires de le faire », estime ainsi Colette Neuville, la présidente de l’Association des actionnaires minoritaires (ADAM). Pour sa part,  l’Institut français des administrateurs (IFA) recommande « la voie consistant à responsabiliser les dirigeants et les administrateurs, sous le contrôle des actionnaires et de l’opinion publique, plutôt que la contrainte par la loi et le règlement », rejoignant ainsi les positions du Medef qui s’est refusé à imposer aux patrons un cadre réglementaire à leur rémunération.

Seul le président de l’UIMM (Union des industries et des métiers de la métallurgie), Frédéric Saint-Geours, s’est montré samedi moins réticent, estimant qu’un décret pourrait contribuer à refermer « la déchirure » entre la société et les entreprises. « Passons par un texte pour éviter que la déchirure ne s’acroisse », a relevé le patron de l’UIMM, en regrettant toutefois que l’Etat n’ait pas clarifié sa position au moment de la conclusion d’accords avec les entreprises concernées.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance de Wendel et ancien président du Medef, estime pour sa part que « ce qui doit primer » dans les rémunérations des dirigeants « ce sont des critères de réussite », mais note qu’ »il y a des abus ». « Ce qui est choquant, c’est quand quelqu’un reste bien payé dans une entreprise qui va mal », poursuit-il, en ajoutant que « c’est pour ça qu’ont été conçues les rémunérations variables ».

Le débat sur la rémunération des dirigeants s’est aussi exporté en Allemagne. Ce dimanche, un ex-dirigeant de la Dresdner Bank a annoncé renoncer à ses indemnités. Dans un entretien au quotidien Bild, l’ancien président du directoire de la banque, rachetée par Commerzbank, Herbert Walter, précise qu’il se prive de son indemnité de départ de 3,6 millions d’euros.

« Au vu des conséquences considérables de la crise sur la Dresdner Bank, je renonce à cette indemnité », déclare-t-il au quotidien, tout en insistant sur le fait qu’il avait « légalement droit » à cette indemnité. « Les revenus des dirigeants devraient être davantage liés à la performance de l’entreprise à long terme que ce n’était le cas jusqu’ici », estime Herbert Walter, assurant comprendre « que le système de rémunération des banques provoque l’incompréhension de certains ».

L’ancien dirigeant répond ainsi au souhait du gouvernement qui demandait un tel geste aux neuf anciens membres du directoire de la Dresdner Bank, qui ont perçu l’an dernier 58 millions d’euros de revenus . Dans un entretien au même quotidien Bild mais samedi, le ministre de l’Economie Karl-Theodor zu Guttenberg, estimait ainsi qu’il s’agissait d’une question de « décence que ces manageurs remboursent leurs primes ou qu’au moins ils en fassent don ».

Il faut dire que la Commerzbank, qui a été récemment partiellement nationalisée, a publié une perte nette de 6,6 milliards d’euros en 2008, plombée par sa filiale bancaire.

Le pape… encore et encore

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  Au risque de choquer, à mon tour, ami lecteur, je ne vais pas me ranger du côté des loups hurlant contre Benoît XVI, et vais donc faire court.

  Le dénommé Ratzinger, qui a longtemps fait partie de l’administration de la Congrégation de la Foi, peut-être l’un des offices les plus intégristes du Vatican (un restant de l’Inquisition, pour être plus spécifique), a également oeuvré du côté de l’Index – vous savez, ce service qui décide quel livre est pur, et quel livre mériterait le bûcher, si le Vatican était encore doté d’un pouvoir temporel…

  Alors, ne coupons pas les cheveux en quatre : Benoît XVI est un conservateur aux méthodes expéditives – ainsi qu’en témoigne l’attaque en règle contre l’Islam, ayant failli déclencher une guerre de religions, à peine quelques mois après son arrivée à la tête de l’entreprise J-C incorporated. Ou ses fréquentes allusions au fait que le concile Vatican II, à ses yeux, était un reniement des principes fondamentaux de l’église apostolique, catholique et romaine.

  Donc, ne jouons pas les vierges effarouchées : on le savait déjà, depuis longtemps, que cet homme était potentiellement dangereux.

  Partant de là, excusez-moi, mais les propos tenus par le mîtré Ratzinger, sont presque en-deça de ses records précédemment établis. Qu’on s’offusque de si peu, venant d’un pape, et en particulier de celui-ci, m’interpelle.

   Alors, on reprend : l’Eglise catholique prêche l’abstinence avant le mariage, l’abstinence encore pour lutter contre le SIDA, et l’abstinence toujours au regard de tout ce qui a un rapport avec le sexe, excepté dans le contexte de procréation – dument sanctionnée par un mariage religieux.

  Voilà. Ceux qui attendent qu’un pape passe outre ces dogmes, ont autant de chances d’assister à ce spectacle qu’au retour d’Elvis. Jean-Paul II lui-même, pourtant réformateur, savait qu’il ne pourrait jamais changer cet état de fait. Non qu’il y crut dur comme fer – il a emporté ce secret dans la tombe – mais parce que, s’il le faisait, tout un tas d’intégristes lui seraient tombés dessus à bras raccourcis… Et déjà qu’il avait échappé de peu à un attentat…

  Par contre, quitte à parler d’abstinence, s’il est de fait que rien n’est plus stupide que de demander à un pape ce qu’il pense du préservatif, il serait tout de même agréable que le dignitaire en question s’en tienne aux dogmes de sa boîte, sans en rajouter une couche…

Barack Obama veut faire la paix avec l’Iran

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Source : Reuters

Barack Obama propose à l’Iran un « nouveau départ » dans leurs relations afin de tourner la page de 30 ans d’hostilité américaine envers Téhéran, qui dit attendre des gestes concrets de la part de Washington.

Son message a pris la forme inédite d’un enregistrement vidéo destiné à être diffusé sur plusieurs chaînes du Moyen-Orient à l’occasion de la fête de Norouz, le nouvel an du calendrier iranien célébré à l’arrivée du printemps.

Réagissant avec une rapidité inhabituelle, un conseiller du président iranien Mahmoud Ahmadinejad s’est félicité de « l’intérêt du gouvernement américain à combler les divergences », tout en l’invitant à « réaliser les erreurs commises par le passé et à faire le nécessaire pour les réparer ».

« En changeant fondamentalement de comportement, l’Amérique peut nous tendre une main amicale », a dit Aliakbar Javanfekr.

« La nation iranienne a montré qu’elle pouvait oublier les décisions hâtives, mais nous attendons des gestes concrets de la part des Etats-Unis », a-t-il souligné sans plus de précisions, ajoutant que « soutenir Israël n’est pas un geste amical ».

« Les sanctions illimitées qui perdurent et ont été renouvelées par les Etats-Unis sont une erreur. Elles doivent être réexaminées », a-t-il encore dit.

L’administration Obama avait déjà manifesté son intention de renouer le contact avec l’Iran, isolé par l’équipe de George Bush qui en avait fait l’un des pôles de son « Axe du Mal », mais la dernière initiative du nouveau locataire de la Maison blanche est la plus spectaculaire depuis son investiture, le 20 janvier.

DÉMONTRER SA « GRANDEUR »

« J’aimerais m’adresser directement au peuple et aux dirigeants de la République islamique d’Iran. Nous cherchons la promesse d’un nouveau départ », déclare Barack Obama, qui reconnaît la difficulté de la tâche mais se dit prêt à tendre la main à l’Iran s’il consent à « desserrer le poing ».

« Mon administration est désormais dévouée à une diplomatie incluant l’ensemble des questions qui se présentent à nous, en vue de nouer des liens constructifs », poursuit-il sur un ton conciliant qui tranche avec la rhétorique de son prédécesseur.

Son homologue iranien, qui briguera vraisemblablement un nouveau mandat en juin, s’est dit prêt au dialogue avec les Etats-Unis, moyennant un virage politique de la part de Washington.

Sans mentionner le message d’Obama, Mahmoud Ahmadinejad a assuré vendredi, dans une allocution enregistrée pour le Nouvel An, que les sanctions infligées à l’Iran pour la poursuite de ses activités nucléaires suspectes avaient mené à une « impasse ».

Les puissances occidentales sont désormais convaincues qu’elles ne pourront empêcher Téhéran de maîtriser l’atome, a renchéri l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution iranienne, qui n’a pas non plus relevé l’ouverture américaine.

L’invitation adressée à l’Iran en vue de la conférence internationale sur l’Afghanistan qui se tiendra fin mars à La Haye a été interprétée comme le premier signe d’un assouplissement des relations entre les deux pays.

« Ce processus n’avancera pas grâce aux menaces. Nous attendons plutôt un engagement honnête et fondé sur le respect mutuel », avertit Barack Obama dans son message.

Les Etats-Unis souhaitent voir Téhéran prendre « la place qui lui revient de droit dans la communauté des nations.

« Vous avez ce droit, mais il s’accompagne de grandes responsabilités et cette place ne saurait être prise par le terrorisme ou les armes, mais plutôt par des actions pacifiques qui démontrent la grandeur réelle du peuple et de la civilisation iraniens », dit le président des Etats-Unis.

« L’échelle de cette grandeur n’est pas la capacité à détruire, c’est la capacité manifeste à créer et construire », souligne-t-il, évoquant les ambitions nucléaires militaires dont l’Iran est soupçonné.

L’UE SALUE LA « MAIN TENDUE »

Barack Obama souhaite que « l’avenir permette des échanges renouvelés entre nos peuples » et offre de grandes occasions commerciales et en terme de partenariat. Il invite en outre Téhéran à rompre avec les mouvements figurant sur la liste américaine des organisations terroristes et à renoncer aux « propos belliqueux » à l’égard d’Israël.

Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, a exhorté Téhéran à saisir cette main tendue. « J’espère que cela ouvrira un nouveau chapitre dans les relations avec l’Iran », a-t-il déclaré à la presse à Bruxelles.

« Le message d’Obama reflète exactement ce que les Européens ont toujours voulu, à savoir qu’une offre soit présentée à l’Iran et qu’elle soit saisie », a quant à elle déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel.

Saluant l’initiative d’Obama, le président français Nicolas Sarkozy s’est dit « convaincu qu’avec un baril de Brent en dessous de 50 dollars assez sensiblement, la politique des sanctions reste d’actualité mais qu’en même temps, il faut discuter ».

Les relations diplomatiques irano-américaines ont été rompues à l’initiative de Washington après la crise des otages de 1979-1981. Cinquante-deux diplomates américains avaient alors été retenus dans leur ambassade pendant 444 jours par des étudiants iraniens.

Version française Grégory Blachier et Jean-Philippe Lefief

Hervé Novelli négationniste (de son propre passé)

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Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé du commerce, des PME, du tourisme, de l’artisanat et des services va porter plainte contre France 3 Centre.

Le candidat en campagne pour l’investiture UMP aux régionales du Centre – opposé à Serge Lepeltier, refuse formellement que les médias évoquent son passé de militant d’extrême droite. Doivent également être passés sous silence ses liens avec la très puissante union des industries et métiers de la métallurgie (IUMM).

Selon Libération, France 3 Centre vient d’être accusé de diffamation à la suite d’un reportage diffusé dans l’édition du 19/20 du 18 mars 2009. «Ce sujet serait sorti un jour ou l’autre», explique le journaliste Xavier Naiz, auteur de l’enquête.

Avant la diffusion de ce reportage, l’avocat d’Hervé Novelli avait fait parvenir un courrier de mise en garde à la direction de France 3 Centre.

Jean-Marc Fedida, le conseil d’Hervé Novelli, précise que «sa fonction de ministre conduira la Garde des Sceaux à lancer elle-même la procédure». Rachida Dati devrait donc dans les prochains jours lancer la procédure pénale pour diffamation.

Le Parlement européen se prononce sur les tarifs des téléphones portables

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STRASBOURG (Reuters) – La commission de l’Industrie du Parlement européen s’est prononcée lundi en faveur du plafonnement des tarifs de gros du roaming pour les messages texte et le transfert de données ainsi que pour la facturation de ces services à la seconde dès la première seconde.

Outre le plafonnement du prix des messages et du transfert des données lorsqu’un consommateur voyage dans un pays tiers au sein de l’UE, le texte préparé par la commissaire en charge de la Société de l’information, Viviane Reding, prévoit une extension du plafonnement actuellement en vigueur sur le prix des appels vocaux.

Le texte sur lequel se sont entendus les Etats membres de l’UE en novembre prévoyait que ce plafonnement soit étendu jusqu’en juin 2013 mais la commission de l’Industrie a préféré fixer l’échéance à juin 2012.

Une nouveauté importante introduite par les eurodéputés consiste dans la facturation à la seconde dès la première seconde, alors que la Commission envisageait de n’appliquer cette règle qu’à partir de la 31e seconde.

Un accord final entre Parlement et Etats membres, qui co-décident sur ce dossier, est attendu en avril, à temps pour être appliqué dès cet été.

Les prix des communications en itinérance sur le territoire communautaire devraient s’établir de la manière suivante :

 

- Message texte : 0,11 euro (hors TVA) pour les prix de détail et 0,04 euro pour les prix de gros.

- Données : la proposition de la Commission européenne prévoyait un plafonnement à 1 euro par Mbit pour les prix de gros, sans consigne pour les prix de détail, mais la commission de l’Industrie s’est prononcée pour 0,50 euro par Mbit.

- Appels vocaux : depuis août 2008, le tarif s’établit à 0,43 euro la minute pour les appels émis et 0,19 euro la minute pour les appels reçus.

 

Dans un communiqué, Viviane Reding a qualifié ce vote de « très bonne nouvelle pour tous les consommateurs à travers l’Europe ».

« Compte tenu de la difficile situation économique actuelle, le Parlement a raison de vouloir renforcer le pouvoir d’achat des consommateurs européens avant l’été, ce qui les encouragera à utiliser encore plus leurs téléphones mobiles », a-t-elle dit.

Julien Toyer

 

Réactions citoyennes face au procès des Tibéri (Chat Libé’)

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Alors que se déroule le procès des époux Tiberi, lâchés chaque jour un peu plus par leurs affidés, Fabrice Tassel, journaliste au service Politiques de Libération, a répondu à vos questions.

 

Provoc. Pourquoi, selon vous, les « proches » des Tiberi à la mairie du Vème sont en train de les lâcher?

Fabrice Tassel.Le temps passe, les pressions du couple sont sans doute un peu moins fortes qu’au début de l’affaire, et surtout l’enquête judiciaire étant achevée, les témoins ont sans sans doute moins de craintes sur les risques pénaux qu’ils encourent eux-mêmes.

 

Tutu. Après toutes ces magouilles je ne comprends pas pourquoi les habitants du Vème ont quand même continué à voter Tiberi? Avez-vous une explication?
C’est l’illustration parfaite de l’efficacité de ce système: les électeurs, en plus de voter pour les Tiberi, se sont vu pour beaucoup d’entre eux « offrir » des accès à des logements, des places en crèche etc. Donc ces avantages matériels importants, a fortiori dans un arrondissement comme le Vè, ont tenu un fort lien entre les Tiberi et ces électeurs.

 

Paris. Comment se comporte le couple Tiberi au procès?
Le couple est très combatif, persuadé d’être innocent en dépit des accusations précises portées par certains anciens fonctionnaires de la mairie. Jean Tiberi est assez roué pour savoir qu’il n’encourt sans doute pas une lourde peine, et qu’en niant jusqu’au bout il risque un peu de prison avec sursis. Globalement le couple n’a jamais rien cédé. Il faut dire qu’ils savent très bien que dans d’autres arrondissements ou villes ces fraudes ont aussi été mises en oeuvre, mais que personne ne les a dénoncées, c’est la rançon de la gloire pour les Tiberi!

 

Jérôme. Pourquoi sont-ils à ce point impunis, après tant d’années ?
Vous avez parfaitement raison de pointer l’extrème lenteur de la Justice dans cette affaire. c’est à mon sens presqu’aussi grave que la fraude en elle-même. Car en travaillant si lentement la Justice a permis que Jean Tiberi se représente à des élections sans que le système qu’il avait mis en place ne soit proscrit. Or, même s’il ne s’agit que de criminalité de bureau, sans réelle « victime », ce sont à mon sens les fondements mêmes de la démocratie qui sont viciés par une fraude électorale. je ne m’explique donc pas pourquoi la Justice n’a pas réagi plus vite et plus fermement.

 

LePognonNaPaDodeur. Ces gens me dégoûtent, ils n’ont même pas le courage de reconnaître leurs actes. Pensez-vous que derrière tout ça, Jacques Chirac est en fait le grand marionnettiste?
Je ne pense pas que Jacques Chirac avait un rôle direct dans la fraude du Vè arrondissement. En revanche, et vous avez vu juste, il a été démontré que la fraude électorale a été institutionnalisée à Paris sous l’ère Chirac. L’an passé a eu lieu un autre procès concernant la fraude électorale dans le IIIè arrondissement: la méthode et les objectifs étaient les mêmes. De nombreux témoins ont expliqué que les ordres venaient directement du cabinet de Jacques Chirac. Il semble que Jean Tiberi ait parfaitement retenu et appliqué la leçon dans son propre fief.

 

Ravachefolle. Peut-on considérer que le « démantèlement » du « système Tiberi » n’a été rendu possible que par le changement de majorité politique à Paris? Et si oui, sommes-nous condamnés à voir le système « Pasqua-Balkany-Sarkozy » durer jusqu’à la fin des temps, sauf tremblement de terre ?
Heureusement, et ce malgré sa lenteur, la Justice s’était mise en marche avant le changement de majorité. Par ailleurs je vois mal Bertrand Delanoë insister auprès de la Justice pour que cette enquête pénale prospère. Plutôt que le système Balkany-Sarkozy, ce procès marque plutôt la fin de pratiques propres à une certaine chiraquie.

 

Lucie. Peut-on envisager que Jean Tiberi soit déclaré par le tribunal inéligible?
Je pense que oui. En fait c’est même le meilleur biais pour la Justice si elle veut se montrer sévère dans cette affaire. Il n’y aura pas de prison ferme, c’est certain, de la prison avec sursis les prévenus ne s’en préoccuperont pas beaucoup; ce genre d’affaire ne se traduit pas par de lourdes amendes; il ne reste donc qu’un moyen de vraiment marquer les esprit: rendre l’élu coupable de fraude électorale inéligible. Au fond c’est logique dans ce type de dossier.

 

Massachusetts. Si les époux Tiberi sont condamnés pour fraude et autre joyeuseté leur sera-t-il possible de faire appel pour suspendre leur sentence?
Bien sûr, et je dirais que c’est plutôt sain que notre système judiciaire permette à toute personne condamnée de faire appel d’un jugement, indépendamment de ce que l’on peut penser de cette affaire.

 

Newton. Est-ce que Jean Tiberi souffre de schizophrénie avec d’un côté un homme calme, sympathique et courtois et de l’autre un cerveau redoutable d’un système machiavélique pour conserver le pouvoir ?
Je ne pense pas que ce soit pathologique: comme beaucoup d’autres hommes politiques, Jean Tiberi manie le cynisme et le double langage avec aisance, c’est sans doute aussi ce qui explique sa longévité politique…

 

Alanking. Si la condamnation s’avérait plutôt sévère, serait-ce un message fort en direction des pratiques de l’actuelle présidence?

Je partage votre avis. Les faits ont beau être très anciens, ils sont à la base de tout fonctionnement démocratique, si on ne peut plus faire confiance dans le résultat des élections, que faire? Alors oui un message ferme serait un signal sain, surtout dans un climat où certaines pratiques politiques semblent laisser entendre que les loi s’appliquent un peu plus à l’égard de certains que d’autres….

 

Alanking. Et Chirac, du coup, une chance de le voir se présenter devant la justice, un jour ?
Peut-être….mais cela n’aura plus beaucoup de sens. Il est impliqué dans trois ou quatre dossiers judiciaires, dans lesquels il a été entendu par des juges. Logiquement cela devrait un jour se traduire pas un procès. Mais, comme dans l’affaire des faux-électeurs ces procès risquent d’arriver si longtemps après les faits que la portée pédagogique de la Justice sera très affaiblie.

Sarkozy face à l’impondérable

  On pourra voir dans cet incident une anecdote purement accessoire… Personnellement, j’y vois un comportement symptomatique du personnage. A noter, que Sarkozy terrifie tellement les équipes de tournage, que personne n’a eu le cran de le couper durant son discours !

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Source : L’Express

Le journaliste médias de L’Express, Renaud Revel, nous rapporte sur son blog un étonnant incident survenu le 18 février dernier, à l’Elysée, après que Nicolas Sarkozy eut organisé le fameux sommet social, et qui précédait sa déclaration diffusée dans les journaux télévisés de TF1 et France 2.

En effet, alors qu’il enregistre son intervention sur la situation sociale du pays, le réalisateur aux manettes ce soir-là – Gilles Amado, l’un des cracks du métier qui officie pour TF1 -, se rend compte que l’enregistrement n’est pas lancé et que le chef d’Etat parle dans le vide depuis plusieurs minutes…

Evidemment, panique générale dans la régie et à l’Elysée, où, Nicolas Sarkozy poursuit son discours, plein de convictions. Gilles Amado tente d’expliquer aux conseillers du président qu’il faut stopper l’enregistrement et recommencer, mais personne ne bouge, alors que Nicolas Sarkozy poursuit son élocution… dans le vide.

Finalement, un très courageux technicien se dévoue. Il avance vers le chef d’Etat, marchant sur des oeufs, et s’en va interrompre le président, toujours en train de déclamer… dans le vide, et lui apprend qu’il y a un petit soucis technique : de tout ce qu’il a dit, rien n’a été enregistré.

Avec la retenue qu’on lui connaît, Nicolas Sarkozy explose, pique un coup de sang de quelques instants et lâche, selon Le Point : « Démerdez-vous ! Je ne la refais pas ! »

Une fois calmé, il se résigne finalement à recommencer la prise. Pas d’autre choix, évidemment. Il est quasiment 20h lorsqu’il termine enfin la seconde prise qui sera la bonne. Les journaux télévisés de TF1 et France 2 auront bien du Sarko au menu !

Mais… l’incident n’en est naturellement pas resté là ! Que nenni ! Toujours au top de l’énervement, Nicolas Sarkozy, qui ne s’est toujours pas remis de cette erreur (humaine ? technique ?), appelle le soir même Jean-Claude Dassier, le patron de l’information de TF1, et lui demande « gentiment » des explications quant à la bourde de son équipe. D’après certaines sources, cet entretien fut bref, mais… très viril !

L’incident, confirmé par la chaîne, s’est finalement clos sur une lettre d’excuses envoyée à l’Elysée par Jean Claude Dassier et Nonce Paolini, le PDG de la chaîne.

Nicolas Sarkozy n’aime décidément pas connaître la panne… 

Hécatombe d’emplois

  Quelques chiffres, ami lecteur, pour ta réflexion personnelle :

  Entre 2005 et 2007, les constructeurs automobiles ont annoncé 10 000 suppressions d’emplois.

  Au cours du dernier mois, plus de 7000 emplois ont été perdus dans ce secteur. La crise touchant également les équipementiers, un effet boule de neige s’est amorcé… Décompte final lorsqu’on ramassera les morceaux.

  En février, les rangs des chômeurs officiels (très sous-évalués) comptaient 79 000 personnes supplémentaires. Le chiffre total officiel, vient de se porter à 2,38 millions.

Pour le plein emploi promis par Sarkozy (d’ailleurs, quitte à promettre des trucs pareils, autant annoncer également qu’on va mettre fin à toutes les guerres, dans le monde), il faudra probablement attendre son second mandat…

L’affaire Pérol, in extenso

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  Aaaaah… elle en aura fait, du bruit, cette nomination ! Pour résumer l’affaire Pérol, ami lecteur, on pourra rappeler que cette personne, proche de Nicolas Sarkozy et ancien officiant du groupe Rothschild, a été parachuté afin de coordonner la fusion des deux structures bancaires de la Caisse d’Epargne, et des Banques Populaires, sur fond de plongée de Natixis (banque de financement et d’investissement commune aux deux groupes).

  Le problème résidant dans le fait que monsieur Pérol a « oublié  » de soumettre sa nomination à la Commission de Déontologie. Illico, le voici donc accusé de prise illégale d’intérêts, et forcé à comparaître devant une Commission d’Enquête.

  Rappelons que la Commission d’Enquête est une sorte de tribunal composé d’élus, chargé d’entendre un politicien, mais ne disposant ni du pouvoir de le sanctionner, ni de celui de l’obliger à répondre à ses questions. Séparation des pouvoirs oblige. Ainsi, Lagardère, durant sa comparution, avait éludé l’une de ces interrogations par la désormais mythique réplique : « Je peux utiliser un Joker ? Je peux appeler un ami ? »

  François Pérol, quant à lui, a adopté il y a quelques jours une stratégie inverse : celle du petit enfant innocent que-c’est-pas-sa-faute-il-a-fait-ce-qu-on-lui-disait-de-faire-et-c’était-déjà-cassé-quand-il-est-arrivé. Le voici donc, répondant d’une voix plus douce que celle du juge Burgaud, aux demandes de ses inquisiteurs. Il commence par planter le décor, en rappelant les chutes des cours des actions des différentes structures bancaires, depuis la crise; un rappel non dénué d’intérêt, certes, mais justifiant le deuxième point de l’argumentaire du monsieur :

  « Nous étions dans l’urgence. » C’est pour ça, qu’il n’a pas pensé à prévenir la Commission de la Déontologie. Et lorsqu’il s’est rappelé que c’était obligatoire, le secrétaire général de l’Elysée lui a dit que non, en fait, ce n’était pas nécessaire. Et pour finir, François Pérol a suivi « les conseils » qu’on lui donnait (devinez qui a bien pu lui donner des instructions…), en se disant que si on lui assurait que ce n’était pas nécessaire, c’est bien que ça l’était.

  Techniquement, il a raison : la Commission de Déontologie, dans ce contexte, a été rendue facultative depuis quelques temps. Mais Jean-Marc Ayrault le coince : Pérol est un récidiviste ! Plusieurs années avant l’introduction de cette loi, l’expert-banquier avait déjà contourné la Commission, dans une affaire similaire ! Et là, pas d’excuse de crise-urgence-conseils-tout-ça-tout-ça.

  François Pérol se défend, à la manière de la droite : 

  1/Il exagère : « Je vous signale, au risque de vous décevoir, que je ne suis pas responsable de l’intégralité du secteur bancaire, en France »; Qui a dit cela, au juste ?

  2/ Il se rebiffe : « J’ai lu que j’étais « l’homme de Rothschild ». Eh bien, non ! J’ai peut-être travaillé pour Rothschild, mais cela ne fait pas de moi l’homme de ce groupe. » Le pauvre, on le diffame… trop dure, la vie… sortez les mouchoirs…

  3/ Il nie les conséquences de ses actes : en effet, François Pérol, auparavant conseiller de Sarkozy, n’a pas émis d’avis sur la situation bancaire DIRECTEMENT aux autorités compétentes.

  Explication : En gros, il n’a pas conseillé le Ministre des Finances, mais seulement le Président de la République, qui nomme le Premier Ministre, lui-même définissant les missions du Ministre des Finances.

  La pantomime se poursuit donc. Loin de moi l’idée de vouloir instruire à charge contre François Pérol : je n’oserais commettre un procès d’intention. Un détail m’a toutefois braqué, lors de cette audition – et a également éveillé la suspicion de nombre d’autres participants à cette Commission d’Enquête : le représentant de l’UMP, l’un des porte-parole du parti, ouvrant son speech par une critique sur le fait que cette procédure fut filmée, et ainsi, rendue publique.

  Une intervention tellement appuyée, et insultante, qu’elle est rapidement coupée par le Président de la Commission, appelant le porte-parole à diriger son intervention sur le fond du sujet. André Vallini, par la suite, déclare se trouver en contradiction avec cette remarque, jugeant qu’il n’y avait « rien à cacher » dans cette affaire.

  Visiblement, ce n’est pas du goût de certains… mais peut-être que le porte-parole de l’UMP, avant de se rendre à cette commission, avait reçu lui aussi des « conseils »…

  Suite au prochain épisode. En jeu : 2 années de prison. Suspens…

Jacques Séguéla et le sens de la vie

Source : Le Post

C’était le 13 février sur le plateau de Télé-Matin. Le publicitaire Jacques Séguéla était l’invité des 4 Vérités.

Le journaliste évoque le « bling bling« , le côté ostentatoire de Nicolas Sarkozy au début de son mandat. Alors, est-ce l’époque qui a changé ou est-ce que c’était une erreur de communication ?, lui demande le journaliste.

La réponse de Séguéla en dit long sur le personnage :

« Comment peut-on reprocher à un président d’avoir une Rolex ? Tout le monde a une Rolex. Si à 50 ans on n’a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie ! »

 Alors à tout ceux qui ont 50 ans et pas de Rolex…

Sarkozy irrite les indepéndantistes québécois

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Source : Le Point.fr

(Pour faire bonne mesure, rappelons que Royal avait déclenché un scandale, lors de la campagne présidentielle, en soutenant involontairement le point de vue inverse)

Des responsables indépendantistes québécois ont réagi avec colère mardi à des propos jugés peu flatteurs pour eux de Nicolas Sarkozy, accusant le président français « d’ingérence » et de faire preuve d’une « ignorance crasse » du Québec.

« Je trouve que le président Sarkozy a manqué à la fois de dignité et de classe dans ses remarques », a déclaré le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.

Il réagissait à une déclaration dans laquelle M. Sarkozy a répété son soutien à l’unité du Canada et donné, selon le quotidien québécois Le Soleil, une « gifle aux souverainistes (indépendantistes) ».

M. Sarkozy a tenu ces propos lundi en remettant les insignes de Commandeur de la Légion d’honneur au Premier ministre québécois Jean Charest, lui-même partisan de l’unité du Canada.

Le président français a répudié la traditionnelle politique de « non-ingérence non indifférence » mise en place par la France après le célèbre « Vive le Québec libre » du général de Gaulle en 1967. « Ni-indifférence ni-ingérence qui a été la règle pendant des années, honnêtement ce n’est pas trop mon truc », a-t-il lancé.

M. Sarkozy, dont les propos ont eu un large écho au Canada, a répété que le Québec faisait partie de la « famille » alors que les Canadiens sont des « amis » et il s’est à nouveau prononcé en faveur de l’unité canadienne, comme il l’avait fait en marge du sommet de la Francophonie en octobre dernier à Québec.

Le président a en outre eu des mots jugés très durs par la presse québécoise contre les indépendantistes, sans toutefois les nommer, parlant de « sectarisme » et « d’enfermement sur soi-même ». « Si notre identité est forte, on n’a pas besoin d’être agressif », a-t-il souligné.

Un quotidien québécois lui avait fait dire à tort « on n’a pas besoin d’être imbécile, on n’a pas besoin d’être agressif », mais M. Sarkozy a seulement répété: « on n’a pas besoin d’être agressif » à deux reprises selon une transcription officielle de ses propos. Le quotidien a publié un erratum mercredi.

« Nous ne haïssons pas le Canada », a répliqué M. Duceppe, qui dirige un parti représentant les intérêts du Québec au parlement fédéral d’Ottawa, se demandant pourquoi, si la souveraineté est bonne pour la France ou le Canada, elle serait « si mauvaise pour les Québécois ».

« Si c’est de nous qu’il parle, je pense qu’il étale de façon éloquente son ignorance crasse de la situation québécoise », a-t-il dit avant d’ajouter: « M. Sarkozy a choisi son camp, il n’est pas indifférent. Il s’ingère ».

« Je crois que le président Sarkozy fait la preuve de sa méconnaissance profonde du Québec », a aussi estimé Louise Beaudoin, ancienne ministre et porte-parole pour les relations internationales du Parti québécois, formation cousine du Bloc, actuellement dans l’opposition dans la province francophone.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper a lui aussi évoqué les propos du président en répliquant à M. Duceppe qui lui posait une question au parlement: « C’est bien là le sectarisme dont parle M. Sarkozy ».

Le Québec a connu deux référendums sur la question de son indépendance, en 1980 et 1995. La seconde fois, les Québécois n’avaient rejeté que de justesse l’option indépendantiste. Mais le soutien à l’indépendance a fléchi depuis.

Selon un sondage fin janvier, 43% des Québécois sont actuellement favorables à l’indépendance de la province francophone et 57% contre.

par Philippe Sauvagnargues

Liberté d’expression, libertés informatiques, et presse gratuite (un mauvais cocktail)

Source : Libération

A-t-on le droit de critiquer la RATP dans Direct matin plus, le gratuit distribué dans le métro, suite à un accord entre Bolloré, l’éditeur du journal, et la Régie ? Visiblement, c’est un peu délicat.

Mercredi, ainsi que le raconte Rue89, un article consacré au passe Navigo, qui a succédé à la carte Orange, a été remplacé par une pleine page de pub, alors que le papier était déjà mis en page et titré. L’article, comme plusieurs autres chaque jour dans Direct matin plus, est le fruit d’un partenariat avec le Monde, qui fournit des textes clés en main au gratuit de Bolloré.

Dans le papier en question, l’auteur, Eric Nunès, relaie les critiques, notamment émises par la Cnil , sur le passe Navigo – ce mouchard numérique permettant de tracer les parcours des voyageurs et d’utiliser leurs données personnelles. Mais jeudi, couic, plus de papier. «J’ai été prévenu que la page était retirée, indique Olivier Biffaud, rédacteur en chef à Direct matin plus, en charge des relations avec le Monde et seul à accepter de s’exprimer. Ils ont considéré que le papier était à charge et je déplore ce retrait.» La charte, signée entre le Monde et Bolloré, stipule que le second n’a pas le droit de toucher au moindre mot dans les articles du premier, mais qu’il peut retirer les papiers. Selon Olivier Biffaud, un nouvel article sur les dérives possibles du Navigo devrait être publié cette semaine. Moins à charge ?

De son côté, la Société des rédacteurs du Monde doit aborder le sujet, aujourd’hui, avec sa direction. Déjà, en juin 2007, un article issu de Courrier international (filiale du Monde) et racontant les déboires de musiciens roms avec la police, avait été trappé au motif, avait alors vitupéré Bolloré, qu’«on ne peut pas parler de la sorte de la police française».

Finalement, après que la censure eut été rendue publique, le papier en question avait été publié, accompagné de deux précisions, l’une de Courrier international justifiant la parution de l’article, l’autre de Bolloré dénonçant son caractère«outrancier».

Signez le pacte des libertés numériques !

Bonjour, 

Vous avez déjà échangé des œuvres? Vous avez déjà téléchargé des films, des tubes, mais aussi des œuvres rares, oubliées ou tombées dans le domaine public? Si tel est le cas, la loi Hadopi va bientôt faire de vous un PIRATE

Mais si, comme nous, et comme des millions d’autres citoyens en France, vous pensez qu’il est grand temps de reconnaître ces pratiques d’échange comme inscrites dans la révolution numérique, si vous partagez la conviction qu’Internet nous offre de nouveaux espaces de liberté, et qu’il faut les protéger, nous vous invitons à découvrir et signer le Pacte pour les Libertés numériques en cliquant ici : http://reseaudespirates.net/

Pourquoi signer dès aujourd’hui et rejoindre la communauté des pirates? Parce que, dans moins de 4 jours, le débat sur la loi Création & Internet (Hadopi) reprend à l’Assemblée. Le Pacte totalise à ce jour 8000 signatures. Nous pouvons faire mieux, et atteindre 100 000 signataires dans le week-end! Cliquez ici : http://reseaudespirates.net/?q=/user/register

Au delà de l’actualité  de la loi Hadopi, l’ambition du Pacte est de faire des libertés numériques un élément clé de la campagne des élections européennes de juin prochain… et, plus largement, du débat public, comme Nicolas Hulot l’avait fait pour l’écologie. 

Défendons les libertés numériques : prenez le parti des pirates! http://reseaudespirates.net/?q=/user/register

 

Le réseau des pirates 

 

Ils nous soutiennent : Lepost.fr, Numerama, L’hebdomadaire Vendredi, Agoravox

Et de nombreux signataires, visibles sur le site.

Un internaute dresse l’historique des conflits salariaux en Guadeloupe

A l’heure où le LKP guadeloupéen semble avoir pu imposer ses revendications – à l’issue d’un mouvement social d’un mois et demi faisant déjà suite à des grèves rapportées entre ces pages – et en attendant que l’incendie ne se propage à la métropole, il me semble tout-à-fait opportun d’extraire ce commentaire. Il détaille l’historique des précédents conflits sur l’île, et permet de se rendre compte que ces problèmes ne datent pas d’hier… en espérant qu’ils seront résolus, demain :

 

Il y a quarante ans… Mai 1967… Des travailleurs guadeloupéens demandent une augmentation salariale de 2,5%. En guise de réponse à leurs revendications, les forces de l’ordre sont appelées : bilan 87 morts et des centaines de blessés, de nombreuses arrestations, emprisonnements, inculpations pour… atteinte à l’intégrité du territoire national !

En février 1952, des travailleurs guadeloupéens demandent une augmentation salariale. En guise de réponse à leurs revendications, les forces de l’ordre sont appelées : bilan 4 morts et 14 blessés.

En février 1930, des travailleurs guadeloupéens demandent une augmentation salariale. En guise de réponse à leurs revendications, les forces de l’ordre sont appelées : bilan 3 morts.

En février et mars 1910, des travailleurs guadeloupéens demandent une augmentation salariale de 2 francs pour les hommes, 1,50 francs pour les femmes, et 1,25 francs pour les enfants. En guise de réponse à leurs revendications, les forces de l’ordre sont appelées : bilan 4 morts, 12 blessés et de nombreuses arrestations.

En Février 2009, un siècle plus tard, des travailleurs guadeloupéens demandent une augmentation salariale de 200 euros sur les bas salaires. En guise de réponse à leurs revendications, les forces de l’ordre sont appelées…

Un siècle, qu’inlassablement nous revendiquons ce à quoi nous avons droit ! Un siècle, qu’on nous vole et qu’on nous humilie !

 

Un siècle d’exploitation outrancière, un siècle de « PWOFITASION ».

Alors diffusez ce message à tous vos contacts, à travers le monde entier, afin que notre insularité ne fasse pas obstacle à la proclamation de la vérité !!!

Dites leur que cela fait un siècle que cela dure, que cela fait un siècle qu’il y a des magouilles, que cela fait un siècle que les lois ou arrêtés appuyant et justifiant nos revendications sont bafoués !

 

Dites leur que notre courage n’est plus à démontrer et que nous irons jusqu’au bout, en faisant preuve de CALME et de DETERMINATION !!!

Dites-leur que le 27 mai 1848, nous sommes devenus des hommes, que ce jour – là, en gagnant notre liberté, nous avons gagné le droit au RESPECT et à la DIGNITE auquel à droit tout être humain !

Dites-leur que, aujourd’hui, un peu plus qu’hier, nous sommes FIER(ES) D’ETRE GUADELOUPEEN(NE)S !

Un avis d’un internaute, résistant oenologue

Confondre « répression de l’alcoolisme » et « Vin » c’est comme confondre « répression de la prostitution » et « Amour ».

Peut-être y a t-il 12,5% de prostitution dans l’amour… en ce cas je plains Mme Bachelot pour sa piètre opinion de l’espèce humaine. Il faut résister : tous à ALBAS (Lot) le 23 mai 2009 pour la Fête du Vin de Cahors (à déguster avec modération*). 9 vins à déguster, 18 groupes de musique, 15 € l’entrée.

Programme en PDF sur demande au 0565221910

Luttons!

* selon les termes de la loi Évin, un autre grand humaniste! »

Méfiez vous, c’est un pauvre! » nous prévenait Bernanos en 1933 à propos d’Hitler.

« Méfiez-vous, ce sont des pauvres d’esprit! » peut-on dire aujourd’hui à propos de ces liberticides…

 

Ce commentaire a été déposé sur l’article : http://jrdf.unblog.fr/2008/12/09/lump-veut-interdire-les-degustations-de-vin/

Je réponds à cet internaute : Comme je le laissais présumer dans mon post originel, avec une pointe d’humour évidemment, mais pas seulement, s’il y a bien une chose qui peut pousser des français à la révolte, c’est qu’on touche à leur alcool ! Bon, qu’on ne le prenne pas mal, c’est une boutade, cependant je pense que les français sont attachés au confort de leur mode de vie, et que celui qui s’avise de venir un peu trop les encadrer est bien mal avisé…

Un avis d’un internaute, à propos de l’occupation des locaux de la CGT par un collectif de sans-papiers

« En lisant et relisant le communiqué de la CA, il est difficile de lire que les syndicats, par le biais de la CA, vont procéder à l’expulsion des sans papiers qui occupent la Bourse du Travail. Ce sont des propos malhonnêtes de la part des soutiens ainsi que des responsables des sans papiers. Il n’est nullement cité que la CA et les syndicats vont faire expulser les occupants. Arretez de faire circuler des propos aussi peu fiables… Je ne suis pas contre les sans papiers, mais contre leur occupation… la Bourse du Travail n’est pas un lieu d’occupation, mais un lieu ou plutôt un outil pour les salariés, et aujourd’hui cet outil ne sert pas la cause des salariés, par l’occupation elle ne peut apporter aucun soutien réel, l’occupation n’apporte aucune solution, le gouvernement ce fout complètement de cette situation et préfère laisser pourrir les choses. Cette occupation ne sert en rien la cause des sans papiers, elle fait au contraire mourir cette cause. Le mouvement des sans papiers n’est plus crédible… l’isolement des sans papiers en est la preuve…

 

L’occupation empêche des salariés des syndicats d’exercer leur métier, mais surtout empêche les syndicats de travailler et de pouvoir apporter leur aide. Arrêtez de critiquer les syndicats, ce sont encore eux qui vous aident le plus… et de plus certain des responsables des sans papiers se servent de cette occupation pour soudoyer de l’argent à de pauvres sans papiers qui eux n’ont vraiment rien… est ce normal ? Non. Alors il serait vraiment temps que cette occupation s’arrête, car aucune possibilité ne peut en ressortir. Allez plutôt voir se qui se passe dans les préfectures, peut-être que vous arriverez a comprendre que les dossiers ne sont pas bloqués par les syndicat mais bel et bien par les préfectures. Arrêtez de faire croire que se sont les syndicats qui ont été achetés par le gouvernement… Je pense que certains responsables des sans papiers sont mieux placé pour savoir réellement qui sont les responsables de ce bloquage. Trop d’abus a fait tout simplement pourrir votre cause… »

 

 

Je réponds à cet internaute, sur ce sujet :

 

Pour mémoire, l’article auquel vous faîtes référence est le suivant :

http://jrdf.unblog.fr/2009/01/14/sans-papiers-de-la-bourse-du-travail-divisions-et-enlisement

 

Je rappelle que ce post est une transcription d’un article paru dans Libération. Pour ce qui est de mon avis sur cette question, je l’ai exprimé en tête de cet article. Je suis loin de penser que les syndicats, en France, sont tous corrompus… Qu’il y en ait, qu’il y ait des dysfonctionnements, des guerres de chapelles, ou tout simplement les dérives liées au fait que moins de 10% des salariés français fussent syndiqués, sont des éléments dont on doit tenir compte. Mais je ne me prête pas au jeu du « tous pourris »; au contraire, si la situation était aussi simple, je pense que nous y verrions tous beaucoup plus clair.

 

Par rapport à cette occupation, je suis surpris qu’on me taxe de jeter la pierre aux syndicats, car j’ai essayé de rapporter leur point de vue. En gros : Ils sont déjà bien gentils d’héberger les sans-papiers, il faut quand même prendre en compte le dérangement causé par ces personnes. Je ne puis trancher entre les deux partis, si tant est qu’ils fussent vraiment antagonistes d’ailleurs, par rapport à une situation aussi épineuse. Je ne puis que constater, et rapporter entre ces pages, la complexité de cette situation. Je ne suis pas un juge, du reste. J’espère que le point de vue du JRDF aura été clarifié, sur ce sujet.

Un avis d’un visiteur sur la crise financière

A propos des déclarations d’Ahmadinejad, accusant les USA d’être responsables de la crise financière, un internaute répond :

 

Il a raison.

Les USA ont créé cette crise. Pour mieux comprendre, un exemple simple : alors supposons qu’on a 2 commerçants (a et b). A : il a beaucoup d’argent en réserve; B : il n’a pas d’argent en réserve. A et B vendent  le même produit, au même prix, à 10 euros, qu’ils ont acheté à 5 euros, par exemple. Alors A décide de vendre le produit à 2 euros. B ne peut plus supporter cette situation, donc il est obligé de baisser les rideaux, donc il ferme son magasin. Alors, A va augmenté les prix, vu qu’il dispose de réserve et n’aura aucun concurrent. Voilà.

 

 

Je réponds à cet internaute : Oui, les monopoles ne sont peut-être pas étrangers à cette situation financière. Sûrement, même. Ce que tu essaies d’exprimer, avec tes mots, est le principe de la vente à perte, pratiquée par Leclerc en France, par exemple. Le but étant d’étouffer les concurrents, avant de pratiquer une augmentation des prix.

Ce principe a également été appliqué dans l’alimentation mondiale : MonSanto se retrouve seul distributeur de certains produits (semences, engrais), après avoir laminé la concurrence par une politique agressive des prix – et un soutien des autorités politiques corrompues. A présent qu’il est seul sur le marché, ce monopole permet une spéculation sur les prix des matières premières. Ainsi, des aliments produits à très bas prix sont vendus à prix d’or, dans un contexte de manque. On peut arguer que MonSanto ne produit pas en théorie ces aliments, mais en pratique, cette firme est de mèche avec de nombreuses coopératives, acteurs financiers, etc…

Le danger du vote électronique s’étend

  Voici la retranscription d’un commentaire d’un visiteur. Après vérification, malheureusement, il semble que ses informations soient confirmées. Je ne peux qu’enjoindre le visiteur à signer la pétition en question :

 

Attention, le vote électronique s’étend dangereusement : il y a de nombreuses communes qui continuent à utiliser les ordinateurs de vote (Brest, Le Mans, Le Havre, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux, Marignane, Orange, Bourges, Mulhouse, Epernay, Lorient, Alençon, Courbevoie, Bagnolet, etc.) le vote par internet a été utilisé pour les prud’hommes à Paris, il a été imposé pour l’élection des membres du conseil de l’ordre des infirmiers, il est autorisé pour les élections des représentants des CE dans les entreprises, il va l’être pour des élections politiques : le Conseil Supérieur des Français de l’Etranger (qui ensuite élit 12 sénateurs).

Restons vigilants.

Signer et FAIRE SIGNER la pétition nationale pour le maintien du vote papier (déjà plus de cent mille signatures), c’est important !
http://www.ordinateurs-de-vote.org/Comment-agir.html

Merci aux visiteurs de ce site

  Ami lecteur,

   Sans aucune trace de démagogie, je veux te remercier. Pendant que ton serviteur ruminait dans son coin, désemparé par la tournure des évènements politiques, vaguement apathique et profondément dégoûté par la situation actuelle, ta fidélité envers ce blog n’a pas failli.

  Fréquemment, je retrouvais durant ce repli sur moi-même, des mails m’indiquant que des réponses avaient été postées sur certains des articles. Je les consultai; et, ô surprise, j’y vis des reflets de ma révolte, non des messages de soutien à proprement parler, mais des opinions qui venaient enrichir ces réflexions. Ce n’est pas la première fois, bien entendu, mais ces traces de présence, cette volonté de contribuer, m’ont réchauffé le coeur.

  Les prochains posts seront donc consacrés à ces commentaires, que j’inclus en outre dans la section « Démocratie participative ».

 

  Merci encore.

  Résistance !

Les Conseils ouvriers de Turin – 9 : La tradition des Conseils

Il n’existe pas seulement une tradition italienne des Conseils, qui se rattache aux expériences de l’après-guerre rouge. Il existe une tradition européenne, mondiale. En Russie, le mouvement des Conseils eut un large développement durant la période de préparation révolutionnaire jusqu’à octobre puis sur la base des Conseils se développèrent deux courants : celui de l’« Opposition Ouvrière » de Schiapnikov, Lutocinov et Kollontaï et celui du mouvement de Kronstadt qui avançait, entre autres revendications, justement un retour aux Conseils. Et encore dix ans après la révolution de 1917 un courant d’extrême gauche résistait encore dans le parti bolchevik, courant dit de Smirnov, qui revendiquait le retour aux Conseils.

En Allemagne, la révolution brandit le drapeau des Conseils : les Conseils (Raete)constituent la forme de développement de la révolution en 1918, en 1919, en 1921 et en 1923. Le système des Conseils forme en outre le noyau essentiel du programme du « Spartakusbund » et plus tard devait surgir un parti partisan du Communisme de Conseils : le Parti Ouvrier Communiste d’Allemagne (K.A.P.D.) appuyé par une organisation de masse : l’Union Générale Ouvrière d’Allemagne (A.A.P.D.).

En Hollande se développa un important mouvement théorique autour de l’idée des Conseils : ce sont les « tribunistes » qui s’étaient déjà distingués avant la guerre par leur critique de la social-démocratie et au cours de la guerre par leur position internationaliste intransigeante, qui alors recueillirent cette idée, collaborant étroitement avec la gauche allemande. Herman Gorter et Anton Pannekoek devinrent les théoriciens de cette tendance.

En France, dans de nombreux groupes, on accorde une place de choix au problème des Conseils : le groupe « Spartacus » avec René Lefebvre et des noyaux d’exilés italiens et allemands s’en occupent plus particulièrement (en 1951, rappel du T.). Dans la myriade de publications des groupes révolutionnaires, la question des Conseils est soumise à un profond réexamen critique.

En Hongrie et en Bavière, l’expérience des Conseils ne se conclut qu’après le triomphe de la contre-révolution.

Partout, mais surtout en Bavière, en Hollande et en Allemagne, les anarchistes participèrent de façon positive à ce long travail pratique et théorique.

Les Conseils ouvriers de Turin – 8 : L’action des Conseils

Nous avons déjà parlé de l’origine des Conseils d’usine à Turin et de leur extension dans le Piémont où ces organismes avaient effectivement atteint un degré d’efficience élevé.

A Turin surtout, chaque usine avait son Conseil, composé de commissaires d’atelier et représenté par un commissariat exécutif d’usine, dont le secrétaire constituait avec les secrétaires délégués par les autres usines, le Comité Central des Usines, et donc le Comité de la Ville.

Mais nous n’avons pas encore parlé de la contre-offensive que le Capital préparait, à Turin précisément.

Déjà au Printemps 1919, sur l’initiative de l’industriel Gino Olivetti, était partie de Turin même, l’idée de la constitution de la Confédération générale de l’Industrie (Confindustria) : initiative qui reçut d’immédiats et larges soutiens dans le monde financier.

A Turin et dans le Piémont existaient dans l’immédiate après-guerre d’autres organisations patronales puissantes : la puissante association des Métallurgistes et Mécaniciens Similaires (A.M.M.A.), dirigée par l’ingénieur Boella et présidée par le « Gran Ufficiale » Agnelli ; la Ligue Industrielle fondée en 1906, dont le secrétaire général était l’avocat Codogni et le président le « Commendatore » De Benedetti ; l’Association Piémontaise des Industries du caoutchouc, fondée sur le holding Michelin ; la Fédération Industrielle de Verceil ; la Ligue Industrielle du Val d’Aoste ; etc.

Toutes ces forces tinrent en mars 1920 une conférence à Turin, au cours de laquelle fut élaboré un plan d’attaque contre le prolétariat turinois et contre ses Conseils qui, au mois de février, s’étaient étendus en Ligurie aux chantiers Ansaldo, Odero, Piaggio, Ilva, aux usines Fossati, San Giorgio et qui en mars apparaissaient pour la première fois à Naples, aux usines Miani et Silvestri. Cette dernière usine ne fut reprise aux ouvriers que par l’usage des mitrailleuses et des canons.

Dans la dernière décade de mars, les paysans du Novarais se mettent en grève tandis qu’à Turin, 5.000 ouvriers de la chaussure, les ouvriers du textile et les fonctionnaires font de même. Le 25 mars un incident a lieu à la Fiat, les locaux sont occupés : occupés matériellement parce que les Conseils avaient déjà « envahi » l’usine avant, lui avaient arraché ses secrets, en avaient chassé les espions et les valets des patrons, y avaient dicté une nouvelle discipline interne, s’étaient documentés sur les indices de prix, de productivité, s’étaient liés au personnel technique, avaient organisé des sections armées pour défendre l’usine.

Les industriels réagirent en décrétant le lock-out. 50.000 métallurgistes entrent en grève.

Les tractations traînèrent vingt jours durant lesquels firent grève pour des raisons catégorielles, les ouvriers du papier et les employés des postes et télécommunications. Le 14 avril, la grève générale est déclarée dans tout le Piémont ; Alexandrie, Asti, Novare, Casale, Biella, Vercelli y participent. Le 15, les cheminots de la province de Turin entrent en grève. La grève s’étend jusqu’aux receveurs d’impôts et aux gardes municipaux. Les industriels semblent vaincus.

Mais le gouvernement est de leur côté et il décide d’envoyer des troupes à Turin. Il envoie le 231ème régiment d’infanterie qui sera cependant bloqué par les cheminots. On essaie de transporter des troupes à Gênes à bord d’un navire de commerce mais les marins refusent. Finalement, on les embarqua sur le cuirassé « Caio Duilio », qui une fois arrivé à Gênes trouva la ville et le port en grève générale. La même chose se produisit pour les « Gardes royales » embarquées sur le contretorpilleur « Carini ». A terre, les cheminots de Florence, Pise, Lucques imitent leurs camarades de Livourne.

La grève générale s’étend par solidarité jusqu’à Bologne.

Nous sommes désormais à la veille d’une grève générale politique insurrectionnelle. Les Conseils d’usine de Turin, l’Union Syndicale Italienne et les anarchistes l’invoquent concordément. Des accords interviennent entre ces trois forces : socialistes des Conseils, syndicalistes révolutionnaires et anarchistes.

Malatesta, qui était depuis peu revenu en Italie et qui dans un rapide tour de la péninsule s’était voué à préparer dans la conscience des masses le concept de révolution, avait répondu à un groupe de socialistes turinois venu à la rédaction d’Umanità Novapour savoir quelle serait l’attitude des anarchistes : « Quelles que soient les circonstances, les anarchistes feront tout leur devoir ». De même, les responsables de l’U.S.I. leur avaient donné l’assurance de leur complète solidarité avec le mouvement.

La délégation des Conseils se rendit également aux réunions que tenait alors à Milan le Conseil National du Parti Socialiste (il aurait dû les tenir à Turin mais à Turin… c’était la grève) mais elle ne trouva là que l’hostilité ouverte des dirigeants du Parti, que des moqueries et des railleries et les membres de la délégation furent traités d’« anarchistes ». Ils apportaient la voix de Turin résistante, assiégée par 20.000 policiers et soldats, et l’Avantirefusait de publier l’appel de la section socialiste turinoise.

La trahison de la direction socialiste, incapable de concevoir, d’organiser, de vouloir le passage victorieux de la grève à l’insurrection, marque le sort du mouvement de Turin.

Le 24 avril, trente jours après le début de la grève des métallurgistes, dix jours après le début de la grève générale, c’est la reddition.

La reddition ne signifie pas seulement la capitulation des ouvriers devant les industriels mais le début de la contre-attaque que le patronat lance cette fois avec l’aide des fascistes.

Depuis longtemps à Turin, des rapports étroits s’étaient établis entre De Vecchi (directeur du journal fasciste l’Ardito)et les représentants de la Confindustria en l’espèce avec l’aile « libérale ». Comme en témoignent aujourd’hui des documents nombreux dont l’authenticité est indiscutable, ce furent les industriels turinois qui les premiers financèrent les entreprises fascistes et la presse fasciste. Agnelli, De Benedetti, Boella, Codogni, Mazzini, Lancia, Olivetti : voici les parrains du fascisme turinois.

Et le fascisme turinois servit les industriels.

Le 27 avril, deux jours après la fin de la grève, les fascistes turinois lancent un manifeste qui est un abject tissu d’hypocrisie, mais qui mérite d’être lu seulement pour comprendre comment la provocation et le mensonge peuvent se camoufler sous une phraséologie extrémiste et philo-prolétarienne. Le 1er mai, à Turin, durant la manifestation commémorative, le sang de deux travailleurs tués et de trente autres blessés par les balles des « gardes royales », consacre cette page de lutte du prolétariat turinois.

La bataille d’Avril est finie. On se rapproche de celle de Septembre.

En septembre, cependant, l’occupation des usines ne mettait pas en avant les problèmes d’expropriation et de gestion directe mais plutôt la question économique du « contrôle » de l’entreprise. L’action portée sur un tel terrain ne pouvait que déboucher sur des « pourparlers » entre la C.G.L. et la Confindustria, avec la médiation du gouvernement Giolitti. Entre les projets et les contre-projets, l’agitation, démarquée dans de nombreuses villes des plans de la bureaucratie confédérale par des expériences pratiques de gestion directe à la base, était reconduite sur le terrain de la légalité.

Toutefois, la présence des Conseils d’usine au cours de la lutte conduisit à deux résultats importants :

a) Elle accentua le caractère révolutionnaire de l’« occupation », si bien que l’accord survenu sur la base du « contrôle » apparut aux masses laborieuses comme une trahison ;

b) Elle prouva pratiquement que partout où existaient des Conseils d’usine, l’occupation ne fut pas seulement symbolique mais réelle en ce sens que, à travers mille difficultés techniques et financières, un rythme normal ou quasi-normal de production fut maintenu dans les usines. Citons comme exemple, les usines Galileo de Florence (dont le secrétaire de Commission interne était un anarchiste) qui réussirent à maintenir la production à 90% de la normale et à surmonter les énormes difficultés d’ordre organisationnel, technique, financier, militaire et d’assistance.

Ce n’est pas pour rien que la résistance fut la plus tenace et la reddition la plus difficile à arracher dans les usines tenues par les Conseils.

Les Conseils ouvriers de Turin – 7 : La contribution des anarchistes

La contribution des anarchistes à l’élaboration de la théorie des Conseils peut être résumée dans ces deux « adjonctions » théoriques essentielles :

a) Ce n’est que pendant une période révolutionnaire que les Conseils peuvent avoir une efficience révolutionnaire, qu’ils peuvent se constituer en outils valides pour la lutte des classes et non pour la collaboration de classes. En période contre-révolutionnaire les Conseils finissent par être « phagocités » par l’organisation capitaliste qui n’est pas toujours opposée à une cogestion morale de la part des travailleurs. C’est pourquoi avancer l’idée des Conseils dans une période contre-révolutionnaire signifie lancer des diversions inutiles et porter un préjudice grave à la formule même des Conseils d’usine en tant que mot d’ordre révolutionnaire.

b) Les Conseils résolvent à moitié le problème de l’État : ils exproprient l’État de ses fonctions sociales mais ils ne lèsent pas l’État dans ses fonctions antisociales ; ils réduisent l’État à un pléonasme mais ils n’éliminent pas ce pléonasme, ils vident l’appareil étatique de son contenu mais ils ne le détruisent pas. Mais puisqu’on ne peut vaincre l’État en l’ignorant, du fait qu’il peut faire sentir sa présence à tout moment en mettant en marche son mécanisme de contrainte et de sanction, il faut détruire aussi ce mécanisme. Les Conseils ne peuvent accomplir cette opération et pour cela ils demandent l’intervention d’une force politique organisée ; le mouvement spécifique de la classe, qui porte à terme une telle mission. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut éviter que le bourgeois, jeté à la porte dans ses vêtements d’industriel ne rentre par la fenêtre déguisé en policier.

La question soulevée dans la polémique entre L’Ordine Nuovo et le Soviet nous semble ainsi résolue. Les « ordinovistes » sous-évaluaient le problème de l’État dans le sens de son « isolement » (7) ; les « soviétistes » le sur-évaluaient dans le sens de son « occupation » ; les anarchistes le centraient correctement dans le sens de sa  » liquidation  » réalisée sur le terrain politique. Les occasions, les documents, les réunions dans lesquels les anarchistes répétèrent les thèses sur les Conseils, énoncées au chapitre IV, et complétèrent ces thèses avec les « additifs » résumés ci-dessus, furent multiples.

La première occasion fut offerte par le Congrès National de l’U.S.I. qui se tint à Parme en décembre 1919. Déjà avant le Congrès, dans Guerra di Classe(Guerre de Classe), l’organe de l’U.S.I., le problème des Conseils avait été examiné par Borghi, Garinei, et Giovannetti et L’Ordine Nuovosous la plume de Togliatti (p.t.) avait souligné la méthode critique subtile avec laquelle avait été traitée la question dans ce journal.

Au Congrès de l’U.S.I., auquel les Conseils d’usine avaient envoyé leur adhésion et même un délégué, l’ouvrier Matta de Turin, on discuta longuement des Conseils en n’ayant cependant pas toujours une connaissance suffisante du sujet (ainsi les Conseils furent comparés au syndicalisme industriel des I.W.W. ; ce qui ne correspond pas à la réalité, même si théoriquement Gramsci reconnaissait avoir emprunté des idées au syndicaliste nord-américain De Leon) et avec l’intention de faire passer le mouvement des Conseils comme une reconnaissance implicite du syndicalisme révolutionnaire, alors que les Conseils en étaient au contraire une critique et un dépassement.

A la fin du Congrès, cette importante résolution dans laquelle sont condensées les observations positives du débat, fut approuvée :

« Le Congrès salue chaque pas en avant du prolétariat et des forces politiques vers la conception pure du socialisme niant toute capacité de démolition ou de reconstruction à l’institution historique, typique de la démocratie bourgeoise, qui est le parlement, coeur de l’État ;

« Considère la conception soviétiste de la reconstitution sociale comme antithétique de l’État et déclare que toute superposition à l’autonome et libre fonctionnement des soviets de toute la classe productrice, unie dans l’action défensive contre les menaces de la réaction et par les nécessités administratives de la future gestion sociale, sera considérée par le prolétariat comme un attentat au développement de la révolution et à l’avènement de l’égalité dans la liberté ;

« Déclare pour ces raisons toute sa sympathie et son encouragement à ces initiatives prolétariennes que sont les Conseils d’usine, qui tendent à transférer dans la masse ouvrière toutes les facultés d’initiative révolutionnaire et de reconstruction de la vie sociale, en mettant cependant bien en garde les travailleurs contre toutes déviations possibles et escamotages réformistes de la nature révolutionnaire de telles initiatives, contrevenant ainsi aux intentions d’avant-garde de la meilleure partie du prolétariat.

« Invite spécialement cette partie du prolétariat à considérer les nécessités de préparer les forces d’attaque révolutionnaire à l’affrontement de classes, sans quoi la prise en charge de la gestion sociale de la part du prolétariat ne sera pas possible » (8).

Le Congrès cerna ensuite dans ces termes les dangers de déviation contenus dans les Conseils d’usine : a) « Les Conseils d’usine peuvent dégénérer en de simples commissions internes pour le bon fonctionnement de l’usine, pour l’augmentation de la production au profit de la bourgeoisie, pour dénouer les controverses internes ;

b) « On pourrait invertir la logique du processus révolutionnaire, et croire que l’anticipation des formes de la future gestion sociale suffise à faire tomber le régime actuel ;

c) « On pourrait oublier que l’usine appartient au patron parce qu’il y a l’État – le gendarme – qui la défend ;

d) « Il ne faudrait pas tomber dans l’erreur consistant à croire que la question de forme résoudra la question de la substance de la valeur idéale d’un mouvement déterminé ».

La discussion fut plus ample au sein de l’Union Anarchiste Italienne qui se préparait à tenir son Congrès National à Bologne du 1er au 4 juillet 1920.

Déjà dans la première moitié de juin, les camarades Ferrero et Garino avaient présenté la motion défendue auparavant à la Bourse du Travail de Turin, au Congrès anarchiste piémontais. Celui-ci l’approuva et délégua le camarade Garino pour la soutenir au Congrès national (9). Le 1er juillet parut dans Umanità Novaun long et exhaustif rapport du camarade Garino, dans lequel sont exposés les principes inspirateurs du mouvement et de l’action des Conseils (10). Au Congrès, le camarade Garino, sur la base du rapport déjà publié illustra la motion approuvée par le Congrès anarchiste piémontais. Après des interventions remarquables de Borghi, Sassi, Vella, Marzocchi, Fabbri, une résolution fut adoptée, qui malgré l’ingénuité de certaines expressions, reprend les thèmes essentiels de la motion de Turin.

En voici le texte :

« Le Congrès – tenant compte que les Conseils d’usine et d’atelier tirent leur importance principale du fait de l’imminente révolution et qu’ils pourront être les organes techniques de l’expropriation et de la nécessaire et immédiate continuation de la production, et sachant que tant que la société actuelle existera ils subiront l’influence modératrice et conciliatrice de celle-ci ; « Considère les Conseils d’usine comme étant des organes aptes à encadrer, en vue de la révolution, tous les producteurs manuels et intellectuels, sur le lieu même de leur travail, et en vue de réaliser les principes anarchistes-communistes. Les Conseils sont des organes absolument anti-étatiques et sont les noyaux possibles de la future gestion de la production industrielle et agricole ;

« Le considère en outre comme étant aptes à développer chez l’ouvrier salarié la conscience du producteur, et comme étant utiles à l’acheminement de la révolution en favorisant la transformation du mécontentement de la classe ouvrière et du paysanat en une claire volonté expropriatrice ;

« Invite donc les camarades à appuyer la formation des Conseils d’usine et à participer activement à leur développement pour les maintenir, aussi bien dans leur structure organique que dans leur fonctionnement, sur ces directives, en combattant toute tendance de déviation collaborationniste et en veillant à ce que tous les travailleurs de chaque usine participent à leur formation (qu’ils soient organisés ou non) ».

En outre, au Congrès de Bologne fut votée une seconde motion sur les Soviets qui réaffirmait selon des principes identiques l’impossibilité historique et politique d’expériences libertaires en phase de ressac contre-révolutionnaire.

Un autre document important se ressentant largement de l’influence des anarchistes est le manifeste lancé dans L’Ordine Nuovodu 27 mars 1920 (11) qui est adressé aux ouvriers et paysans d’Italie pour un Congrès national des Conseils et qui est signé par la rédaction du journal, par le Comité exécutif de la section turinoise du Parti Socialiste, par le Comité d’étude des Conseils d’usine turinois et par le Groupe Libertaire Turinois.

Mais le Congrès n’eut pas lieu car d’autres événements pressaient.

Les Conseils ouvriers de Turin – 6 : La polémique

Le mouvement des Conseils se vit barrer la route en Italie par deux forces de l’ordre constitué : les groupes de la grande industrie et les hiérarchies syndicales confédérales. Ces deux forces tendaient à conserverune structure déterminée de la société italienne : les Olivetti, les Agnelli, et les Pirelli tendaient à conserver leurs monopoles, leur prestige, leur hégémonie dans et hors de l’usine ; les Colombino, les d’Aragona et les Baldesi tendaient à conserver, grâce à leur médiation, l’équilibre instauré dans les rapports de travail et le droit exclusif de représenter les travailleurs auprès de leurs ennemis de classe et de l’État.

Le mouvement des Conseils rompait cette situation, touchait la coeur plutôt qu’au porte-feuille l’organisation capitaliste, destituait les organisations syndicales en leur substituant une forme d’organisation ouvrière adéquate au moment révolutionnaire.

Nous verrons plus loin combien fut enragée la réaction des capitalistes piémontais et combien fut âpre le ressentiment des cercles confédéraux, inquiets de voir s’écrouler leurs positions au Piémont.

Dans Battaglie sindacali,organe de la C.G.L. (= C.G.T.), le mouvement des Conseils fut soumis à de violentes attaques et fut dénoncé comme un réveil, comme une soudaine éruption « d’anarchisme ». C’était alors une méthode assez répandue dans tout le camp social-réformiste européen que d’accuser « d’anarchisme » tout mouvement révolutionnaire, du Spartakisme en Allemagne jusqu’au Bolchevisme en Russie : signe évident du rôle prééminent que jouait alors l’anarchisme dans les luttes de classes.

Même le groupe de L’Ordine Nuovoet avec lui toute la section turinoise du Parti Socialiste fut l’objet d’âpres attaques polémiques dans ce sens, non tant par la présence dans le mouvement des Conseils d’anarchistes déclarés, que par le fait qu’il ait énergiquement défendu le droit pour tous les travailleurs, même les inorganisés, de faire partie des Conseils.

L’Ordine Nuovorépliquait à ces critiques en dénonçant dans ses colonnes les fonctionnaires syndicaux qui cherchaient partout des cotisants, des moutons dociles plutôt que des militants ouvriers décidés à défendre et à affirmer concrètement dans l’usine les droits de leur classe.

Ensuite, avec l’aggravation de la tension entre la droite, le centre et la gauche du Parti Socialiste, la polémique s’étendit et s’approfondit jusqu’au Congrès de Livourne, qui vit toutefois faussé le réel contraste entre gauche et droite par la question formelle de l’adhésion à l’Internationale de Moscou.

La polémique au sein même du mouvement des Conseils ou dans ses environs immédiats fut plus riche. En fait, le débat fut riche et fécond entre les groupes qui avec L’Ordine Nuovode Turin et avec le Sovietde Naples convergeaient vers la fondation du Parti Communiste dItalie et entre les groupes qui se rassemblaient autour de l’U.S.I. (Union Syndicale Italienne ; syndicaliste révolutionnaire) et de l’U.A.I. (Union Anarchiste Italienne ; Communiste Libertaire).

Nous commençons avec L’Ordine Nuovo.

Le journal, dans sa première série – commençée le ler mai 1919 et terminée à la fin de 1920 – [durant la seconde série, il devint quotidien (21-22) et il redevint hebdomadaire durant la troisième (24-25)] présente deux périodes distinctes : la « période Tasca » et la « période Gramsci », c’est-à-dire la période pendant laquelle le journal, dans sa ligne et ses objectifs se ressent de l’influence prédominante de Tasca et la période durant laquelle Tasca étant écarté, il suit une ligne plus résolue imprimée par Gramsci. Ces deux périodes sont historiquement bien différenciées par un incident entre Tasca et Gramsci sur le problème des Conseils qu’il convient de réévoquer ici. Tasca, incertain, confus et peut-être partisan peu convaincu des Conseils, avait lu un rapport sur « les valeurs politiques et syndicales des Conseils d’usine » au Congrès de la Bourse du Travail de Turin et ce rapport avait été publié dans L’Ordine Nuovo(a. II, n. 3).

Dans l’exposé, le verbalisme superficiel et les considérations abstraitement juridiques trahissaient une évidente sous-évaluation de la tâche des Conseils et la tentative d’insérer la nouvelle organisation dans les cadres syndicaux afin de la subordonner à ceux-ci.

Gramsci, dans le numéro suivant (a. II, n. 4), annota soigneusement l’exposé de Tasca et écrivit entre autre, à propos d’un rapport contenu dans celui-ci, un passage qu’il nous plait de rapporter :

« Ainsi Tasca polémique avec le camarade Garino à propos de l’affirmation selon laquelle« la fonction principale du syndicat n’est pas de former la conscience du producteur chez l’ouvrier mais de défendre les intérêts de l’ouvrier en tant que salarié », affirmation qui est la thèse développée dans l’éditorial « Syndicalisme et Conseils » publié dans L’Ordine Nuovodu 8 novembre 1919. Quand Garino, syndicaliste anarchiste, développa cette thèse au Congrès extraordinaire de la Bourse du Travail en décembre 1919, et qu’il la développa avec une grande efficacité dialectique et avec chaleur, nous fûmes très agréablement surpris, à la différence du camarade Tasca, et nous éprouvâmes une grande émotion. Puisque nous concevons le Conseil d’usine comme le commencement historique d’un processus qui nécessairement doit conduire à la fondation de l’État Ouvrier, l’attitude du camarade Garino, libertaire syndicaliste, était une preuve de la certitude que nous nourrissions profondément, à savoir que dans un processus révolutionnaire réel, toute la classe ouvrière trouve spontanément son unité pratique et théorique et que chaque ouvrier, s’il est sincèrement révolutionnaire, ne peut qu’être amené à collaborer avec toute la classe au développement d’une tâche qui est immanente dans la société capitaliste et qui n’est pas une fin librement proposée par la conscience et par la volonté individuelles ».

En faisant abstraction des réserves que l’on peut soulever sur certaines affirmations de ce passage, la différence d’attitude entre Tasca et Gramsci est notable par rapport au point de vue illustré par le camarade Garino.

Ceci est tellement vrai que Tasca, répliquant longuement à Gramsci, exprima sa foi fanatique dans la « dictature du prolétariat » et s’opposa à toute forme de démocratie ouvrière ; il demande « des années, de longues années de dictature » et réduit les Conseils d’usine à de simples « instruments » du Parti ; il définit l’idée de Fédération des Conseils comme « une thèse libertaire » et accuse Gramsci de « syndicalisme ».

« Le camarade Gramsci nous a donné, dans l’éditorial du dernier numéro, sa théorie des Conseils d’usine comme base de « l’État Ouvrier ». Il y a dans cet article une claire description de la thèse proudhonienne : « l’usine se substituera au gouvernement » et la conception de l’État (sic !) qui s’y trouve développée est anarchiste et syndicaliste mais pas marxiste ».

Après cette auto-défense Tasca s’éloigna de L’Ordine Nuovoqui entra ainsi dans sa seconde période, en août 1920. Cette période fut inaugurée par un bilan âpre et autocritique écrit par Gramsci lui-même, pour conclure la polémique.

Avant de passer à une illustration de la contribution anarchiste, nous ferons une allusion aux interventions de Bordiga dans le Sovietde Naples au cours desquelles fut soulevé, entre autre, le problème du pouvoir politique, qui intervient et écrase avec son appareil répressif, toute tentative d’édification socialiste à la base comme les Conseils quand ceux-ci ne sont pas simplement incorporés graduellement dans l’ordre bourgeois.

L’objection frappait juste, mais Bordiga, prisonnier de vieilles formules ne réussissait pas à résoudre le problème du pouvoir si ce n’est dans le sens de sa conquête plutôt que dans le sens de sa destruction. Sur ce plan, il ne pouvait comprendre la fonction immédiatement positive des Conseils au cours de la destruction de l’Etat, opérée par le mouvement politique de la classe.

Les Conseils ouvriers de Turin – 5 : Le mouvement des Conseils

Deux groupes politiques distincts contribuèrent à l’élaboration de la théorie des Conseils : un groupe de socialistes et un groupe d’anarchistes.

Aucun autre groupe politique ne fut présent dans le mouvement, même si tous les groupes politiques italiens s’intéressèrent au phénomène. Par contre furent présents de larges groupes de travailleurs sans parti, témoins du caractère d’unité prolétarienne du mouvement.

Le groupe socialiste se constitua dans les dernières années de la guerre autour du Grido del Popolo,feuille de la section turinoise du parti socialiste. La figure de premier plan était Antonio Gramsci, qui sera plus tard le leaderd’une des deux fractions qui concourront à la fondation du parti communiste d’Italie. Personnages de second plan : Tasca, Togliatti, Terracini et Viglongo.

Mais si tout ce groupe contribua à la fondation de l’hebdomadaire L’Ordine Nuovo,dont le premier numéro sortit le ler mai 1919, il n’y eut en fait que deux forces animatrices des Conseils du côté socialiste : d’une part l’esprit de Gramsci, de l’autre les groupes d’avant-garde, d’authentiques bien qu’obscurs ouvriers turinois. Et ces deux forces passeront sans tâches dans l’histoire et sauveront le nom des Conseils.

Du côté anarchiste, notons la collaboration assidue et qualifiée de Carlo Petri (pseudonyme de Pietro Mosso (3)) à L’Ordine Nuovo.Carlo Petri, assistant à la chaire de philosophie théorétique de l’Université de Turin est l’auteur d’un essai sur Le système Taylor et les Conseils des producteurs et d’autres écrits défendant le Communisme anarchiste.

Mais la contribution anarchiste se rencontre surtout dans le travail d’organisation pratique des Conseils effectué par deux anarchistes, ouvriers métallurgistes : Pietro Ferrero (4), secrétaire de la F.I.O.M., section turinoise et Maurizio Garino (5) (qui a donné un apport de souvenirs personnels et d’observations critiques à ces notes sur les Conseils), et par tout un groupe : le Groupe Libertaire Turinois (6), dont ils faisaient partie.

Le Groupe Libertaire Turinois s’était déjà distingué non seulement par sa présence dans les luttes ouvrières avant et pendant la guerre mais surtout par les lignes directrices qu’il avait données au problème de l’action des libertaires dans les syndicats. Ce groupe avait en fait soutenu la nécessité d’opérer dans les syndicats fussent-ils réformistes (et peuvent-ils ne pas l’être ? se demandait-il) afin de pouvoir y établir les plus larges contacts avec les masses laborieuses.

Sous cet aspect, la critique que L’Ordine Nuovofaisait à l’U.S.I. (organisation syndicaliste révolutionnaire) ne pouvait qu’être approuvée par ces anarchistes même si la forme de cette critique n’était pas la plus apte à convaincre les nombreux groupes d’ouvriers sincèrement révolutionnaires qui étaient à l’U.S.I.

Le Groupe Libertaire Turinois fut ainsi au centre des luttes de classes à Turin durant les quatre années de l’après-guerre et donna en la personne de Pietro Ferrero, assassiné par les fascistes le 18 décembre 1922, un de ses meilleurs militants à la résistance anti-fasciste. Nous verrons aussi plus loin quelle part notable eurent les anarchistes dans l’élaboration de la théorie des Conseils et quelles adjonctions théoriques ils apportèrent aux points énoncés au chapitre IV du présent essai.

Les Conseils ouvriers de Turin – 4 : La théorie des Conseils

Schématiquement, la théorie des Conseils, qui fut élaborée par les groupes d’avant-garde du prolétariat turinois durant l’après-guerre, se fonde sur une série de thèses que l’on peut regrouper ainsi :

a) Le Conseil d’usine se forme et s’articule autour de toutes les structures complexes et vivantes de l’entreprise ; il en fouille les secrets, il en saisit les leviers et les équipements, il en enveloppe le squelette de son propre tissu. Il adhère intimement à la vie de l’établissement moderne, dans les plans et les méthodes, dans les procès de production, dans les multiples spécialisations du travail, dans la technique avancée d’organisation interne.

Par ces caractères qui lui viennent de son expression immédiate dans les secteurs-base de l’entreprise, atelier par atelier, et en plus des fonctions qui lui sont attribuées, le Conseil d’usine, à la différence des organisations syndicales, produit deux faits nouveaux d’une grande force révolutionnaire :

-  En premier lieu : au lieu d’élever chez l’ouvrier la mentalité du salarié, il lui fait découvrir la conscience de producteur avec toutes les conséquences d’ordre pédagogique et psychologique que cette « découverte » comporte.

-  En second lieu : le Conseil d’usine éduque et entraine l’ouvrier à la gestion, il lui donne une compétence de gestion, il lui donne jour après jour les éléments utiles à la conduite de l’entreprise. Conséquemment à ces deux faits nouveaux, même le plus modeste et le plus obscur travailleur comprend aussitôt que la conquête de l’usine n’est plus une chimère magique ou une hypothèse confuse mais le résultat de sa propre émancipation. Ainsi aux yeux des masses, l’expropriation perd ses contours mythiques, assume des linéaments précis et devient une évidence immédiate, une certitude précise en tant qu’application de leur capacité à s’autogouverner.

b) Les Conseils, à la différence des partis et des syndicats, ne sont pas des associations contractuelles ou au moins à tendances contractuelles mais plutôt des organisations naturelles, nécessaires et indivisibles.

Ce n’est pas un dirigeant ou une hiérarchie qui organise des individus grégaires dans un groupe politique déterminé ; dans les Conseils, l’organisation est ce même processus productif qui encadre fonctionnellement et organiquement tous les producteurs. Pour cela, les Conseils représentent le modèle d’une organisation unitaire des travailleurs, par delà leurs vues philosophiques ou religieuses particulières ; dans ce cas, l’unité est réelle parce qu’elle est le produit non d’une entente, d’un compromis, d’une combinaison mais d’une nécessité.

L’unité interne du Conseil d’usine est tellement forte qu’elle rompt et fond deux résistantes barrières de division entre les travailleurs : celle qui sépare les organisés des inorganisés et celle qui sépare les manuels des techniciens.

Dans le Conseil, chacun a sa place parce que le Conseil rassemble tout le monde, intéresse tout le monde jusqu’à ce qu’il s’identifie avec tout le personnel de l’usine.

C’est une organisation unitaire et générale des travailleurs de l’usine.

c) Les Conseils représentent la réelle préfiguration de la société socialiste ; le mouvement des Conseils constitue le processus de formation moléculaire de la société socialiste.

Ainsi l’avènement du socialisme n’est plus pensé comme une institution bureaucratique pyramidale mais comme une naissante et continuelle création de la base.

Les thèmes traditionnels de la rhétorique socialiste (et bolchévique en l’espèce) comme « conquête du pouvoir politique » ou « dictature du prolétariat » ou « État ouvrier » sont évidés de leur contenu mythique et remplacés par une vision moins formelle, moins mécanique et moins simpliste des problèmes révolutionnaires.

Dans la ligne des Conseils se trouve le réalisme révolutionnaire qui abat l’utopisme de propagande, qui ensevelit la « métaphysique du pouvoir ».

Et même quand dans certains groupes survit une nomenclature désormais inadéquate, c’est l’interprétation nouvelle, c’est la pratique nouvelle qui en rompt les schémas, les apriorismes, les fixations logiques et phraséologiques (et ce sont ces mêmes groupes d’éducation anarchiste qui en forcent la répudiation totale). C’est ainsi que les Conseils deviennent en même temps une expérience et un exemple, une enclave dans la société d’aujourd’hui et une semence de la société de demain.

d) Les Conseils, s’ils représentent sur le plan général de la stratégie révolutionnaire l’organisation générale, finale et permanente du socialisme (alors que le mouvement politique vaut seulement comme organisation particulière, instrumentale et contingente, « pour le socialisme »), constituent aussi sur le plan tactique une force complémentaire de masse, un instrument auxiliaire du mouvement politique.

Les Conseils possèdent en fait une grande potentialité offensive comme unités d’entreprises et développent en phase révolutionnaire la même fonction qu’accomplissent, durant une agitation, les commissions internes et les comités de grève.

D’autre part, en phase de repli et de résistance, les Conseils disposent d’une grande capacité de défense. La réaction, qui peut dissoudre sans trop de difficultés les partis et les syndicats, en fermant leurs sièges et en interdisant leurs réunions, se heurte, quand elle se trouve face aux Conseils, aux murs mêmes de l’usine, à l’organisation de l’établissement ; et ne peut les dissoudre sans abattre ces murs, sans dissoudre cette organisation. Les Conseils, sous des noms divers, ou même au stade semi-officiel, survivront toujours.

Les Conseils ouvriers de Turin – 3 : les origines

A Turin, le 27 octobre 1906 fut signé un contrat collectif de travail entre la F.I.O.M. (Fédération des Ouvriers de la Métallurgie) et l’usine automobile « Itala » qui instituait, pour trancher les éventuelles controverses sur l’application du contrat un organisme d’entreprise appelé : « Commission Interne » : organisme étroitement lié à la vie de l’entreprise composé d’ouvriers de l’usine et élu par le personnel ; la C.I. se plaçait donc dans une position autonome vis à vis des organisations horizontales et verticales du syndicat, même si quelquefois elle assumait un rôle encore plus collaborationniste que le syndicat lui-même.

Toutefois, c’est précisément la C.I. qui devait représenter la base organique sur laquelle se développera ensuite le Conseil d’usine.

Dans l’immédiat après-guerre, en août 1919, à Turin, dans le plus grand établissement de la Fiat, Fiat-Centre, la Commission Interne en fonction démissionne et le problème de sa réintégration se pose.

Au cours des discussions prévaut la proposition d’un élargissement de la dite Commission, réalisable à travers l’élection d’un commissaire pour chaque atelier. A la Fiat-Centre sont ainsi élus 42 commissaires correspondant aux 42 ateliers en activité. Ces 42 commissaires constituent le premier Conseil d’usine.

L’exemple est vite suivi à la Fiat-Brevets et dans toutes les autres usines de Turin. L’expérience des Conseils s’étend presque aussitôt à d’autres centres industriels, hors du Piémont.

A la mi-octobre 1919, à la première assemblée des Comités exécutifs des Conseils d’usine, sont représentés 30.000 ouvriers.

La rapide affirmation des Conseils ne s’explique cependant pas si l’on ne montre pas les principes fondamentaux sur lesquels ils reposent, c’est-à-dire la théorie qui s’échafaude autour d’eux : théorie non inventée par quelque fervent génie, mais germée sur le terrain même des faits comme nous le montrerons pas à pas.

Si, en fait, les Conseils étaient restés des « Commissions internes élargies » avec les mêmes fonctions de coopération et de concordat ils n’auraient pas pu constituer le plus efficient des instruments de classe dans cette période d’extrême tension révolutionnaire qui fut le premier après-guerre.

Les Conseils ouvriers de Turin – 2 : la période révolutionnaire

Turin a aussi été durant la première guerre mondiale la seule ville d’Italie qui se soit lancée dans une protestation massive contre la poursuite du conflit au cours de l’année 1917. Le mouvement d’août 1917, à fond internationaliste et antimilitariste, suivi d’une violente répression accomplie par tous les corps de l’armée et de la police (500 morts en août 1917, des centaines d’ouvriers envoyés au front, des milliers d’emprisonnés), porta Turin aux côtés de Kronstadt et de Wilhemshafen, et fit que les ouvriers de la Fiat furent cités dans le courant de l’année à l’ordre du jour de la résistance auprès des ouvriers des usines de Berlin et de Petrograd (2). C’est peut être la raison pour laquelle, quand de Petrograd et de Berlin se lève à la fin de la guerre la voix des Conseils, des Comités, des Soviets, cette voix a une résonnance immédiate chez les travailleurs de Turin.

Sur le plan international, les Conseils n’ont eu effectivement un contenu révolutionnaire qu’en Russie, Allemagne, Bavière, Hongrie et Autriche ; et encore, seulement dans un premier temps. Une fois clos le cycle révolutionnaire ils perdent leur vraie fonction : ils sont dissous comme en Russie, supprimés comme en Hongrie, transformés en organismes de collaboration de classes et de préservation du système capitaliste comme en Allemagne et en Autriche.

Les Conseils d’usine surgissent en effet partout avec une fonction de contrôle sur la vie productive de l’entreprise, ils se transforment bien vite en instruments d’expropriation pour la conquête de l’entreprise, ils assument enfin la gestion directe de celle-ci tant qu’existent les conditions favorables à l’offensive révolutionnaire. Lorsque ces conditions viennent à manquer, les Conseils retournent aux fonctions de contrôle qu’on leur avait accordé dans la première phase et admises maintenant sous une forme de co-participation « morale » à la vie de l’entreprise, puis on leur ôte même ce droit.

En d’autres termes, la naissance des Conseils, et leur mort, sont étroitement liées à l’extrême radicalisation de la lutte des classes durant le premier après-guerre ; les Conseils sont le produit d’une situation spéciale qui, dans une intense veille de conquêtes, mit les masses ouvrières face à la responsabilité de devoir prendre en mains tout l’appareil économique du pays et de le faire fonctionner.

Par ailleurs, la fin, glorieuse ou non, des Conseils en tant qu’organismes révolutionnaires, ensevelis sous les canonnades de la contre-révolution et sous les décrets lois de la restauration bourgeoise, marque aussi le tragique épilogue du premier après-guerre rouge.

L’expérience devient patrimoine théorique du prolétariat et dans de nombreux pays le drapeau des Conseils sert à rassembler les forces dispersées de la minorité révolutionnaire (surtout en Allemagne et en Hollande, où naissent derrière ce symbole des mouvements organisés). Le mouvement anarchiste, n’étant pas resté indifférent aux expériences concrètes, ne pouvait rester indifférent à la théorie qui se construisait sur ces expériences. Pour cela, il se devait de rechercher les liaisons qui s’étaient établies, ici en Italie, durant l’après-guerre entre l’organisation anarchiste alors présente, l’U.A.I., et le mouvement turinois des Conseils.

Les Conseils ouvriers de Turin – 1 : Le cerveau du prolétariat

Le mouvement des Conseils, dans ses traits particuliers et distinctifs, a à Turin et seulement à Turin ses fondements historiques basés sur la dure roche d’une organisation industrielle avancée et d’un système capitaliste très concentré.

Turin, qui après l’unification (1), avec le transfert de la capitale à Florence, s’était vidée, providenciellement vidée de toutes ses « toiles d’araignée » bureaucratiques et de tous ses privilèges de courtisans, réagit après une véhémente explosion de colère, impitoyablement réprimée par le gouvernement d’une dynastie qui à ce moment précis cessait d’être « piémontaise ». Elle réagit donc à la nouvelle situation par un rapide effort de reconstruction sur le plan économique dont nous avons la première preuve convaincante avec l’Exposition de 1884.

La ville, bien que géographiquement défavorisée par rapport à Milan – centre de la vallée du Po et base des communications avec la Suisse, ou à Gênes – grand port et grande place commerciale, se place bien vite à l’avant-garde du progrès industriel de tout le pays et se développe vigoureusement dans son ossature démographique et urbaine.

La ville double puis triple sa superficie, ses surfaces bâties : elle s’étend dans la plaine, elle assaille les collines environnantes, elle grossit ses faubourgs. Examinons les statistiques de l’ascension démographique : 1808 = 65.000 habitants ; 1848 = 136.849 habitants ; 1868 = 191.500 habitants. La population triple au cours des soixantes premières années. Mais l’augmentation continue avec le même rythme incessant durant les soixantes années qui suivent : 1871 = 212.644 ; 1881=252.852 ; 1901=335.656 ; 1911=427.106 ; 1921 = 502.274.

Dans le premier après-guerre, au temps des Conseils, nous en sommes donc au demi-million (après la seconde guerre, la population approchait le million, elle le dépasse largement aujourd’hui). Le développement de certains quartiers ouvriers est encore plus significatif. En 50 ans, de 1871 à 1921, le quartier de la « Barrière de Milan » passe de 1901 habitants à 39.967 ; le quartier de la « Barrière Saint-Paul » passe de 2.484 à 50.204.

Pourquoi tout cela ? Pourquoi la formation de Turin comme cité moderne dépasse en rapidité et surtout en rationalité « tous les autres centres urbains italiens ? Pourquoi à Turin convergent, venant de toute l’Italie, de grandes masses d’immigrants qui dans un faible nombre d’années se fondent dans le nouveau creuset social jusqu’à l’acquistion de caractéristiques propres et originales ?

Parce qu’il se produisit à Turin un phénomène que nous pouvons indiquer ici à son stade originel : au cours de l’année 1889 naquit à Turin, avec 50 ouvriers et de modestes équipements l’usine Fiat. Le fait, non enregistré par les chroniques de l’époque, aura pour le destin de la cité bien plus d’importance que la concession du Statut advenue près d’un demi-siècle auparavant.

Les 50 ouvriers de la Fiat seront 50.000 après la première guerre mondiale ; au centre de Turin, autour de Turin, la Fiat plantera ses tentes d’acier et de béton armé ; autour de ses bâtiments s’établiront d’autres grandes, petites et moyennes entreprises qui, en 1911 atteindront le nombre de 5.151 et en 1927 auront plus que doublé atteignant le chiffre de 11.993. Mais surtout autour de la Fiat et des autres entreprises se densifiera un prolétariat compact et homogène, aussi unifié en son sein que différencié des autres couches et groupes sociaux plus ou moins instables, plus ou moins hétérogènes.

Ce sont la consistance et la cohésion particulières de ce prolétariat qui permirent à Turin de se mettre à l’avant-garde de la révolution ouvrière, comme elle avait été à l’avant-garde de l’unification nationale conduite non tant par la bourgeoisie manufacturière que par des groupes nobiliaires s’étant insérés promptement dans le sillage de la révolution bourgeoise et installés dans la diplomatie, l’armée, la bureaucratie (la « culture piémontaise »), et dans la transformation industrielle (promue avec la contribution prépondérante de la jeune bourgeoisie manufacturière mais toujours avec le patronage du patriciat « progressiste »).

Turin cette fois devient protagoniste de l’histoire par la seule poussée du prolétariat ; les représentants mêmes de la culture bourgeoise « progressiste » rassemblés autour de la « Révolution libérale » de Gobetti sont attirés dans le sillage de la révolution ouvrière incarnée par le mouvement des Conseils.

Le centre même de la « culture nationale », jusqu’alors fixé à Florence, se déplace vers Turin et subit un substantiel changement de direction : c’est encore le prolétariat de Turin qui, à travers ses groupes d’avant-garde, emporte la primauté culturelle et s’en fait une arme contre la fausse culture, contre la vieille culture, monopole d’une « intelligence » bourgeoise dépassée et attardée. Sur le terrain politique, les Conseils sont la formule de cette nouvelle culture.

Les Conseils ouvriers de Turin – Préface

  Ami lecteur, en ces temps d’interrogation face au pouvoir en place, et de crise économique, il est peut-être temps de se rappeler que les travailleurs d’hier ont su s’organiser, notamment à travers les conseils ouvriers.

  Le système des Conseil, qui est peut-être mon préféré, a connu des expériences diverses à travers le monde, et à travers son histoire. Cette analyse de Pier Carlo Masini, loin de constituer une rétrospective sentant la naphtaline, constitue peut-être une réflexion importante, tirée d’une expérience réelle, sur le fonctionnement de ces conseils, et sur leurs interactions souvent frictionnelles avec les théories anarchistes et les principes syndicaux.

  Nous verrons dans cette étude, que ces trois formes de représentation (auquel on peut ajouter le communisme d’Etat) et de gestion de l’outil de production par les travailleurs, ont cohabité difficilement lors de cette période révolutionnaire; Je te laisse le soin, ami lecteur, de t’en faire une idée, et de te prononcer sur cette histoire…

 

 

PREFACE A LA PREMIERE EDITION ITALIENNE (1951)

 

En présentant aux travailleurs italiens, et en particulier aux anarchistes, l’étude que Pier Carlo Masini a bien voulu consacrer au mouvement des Conseils d’usine de l’après-guerre « rouge » 1918-1922, je souhaite qu’à une vaste diffusion corresponde de la part des lecteurs un vif intérêt pour cet organisme typique aux grandes possibilités révolutionnaires, qui a été au cours de ces années l’instrument essentiel et caractéristique de notre lutte. Le clair exposé et la vaste documentation témoignent de la précision et de l’objectivité de cet exposé qui raconte aux jeunes camarades surtout, ce que le mouvement anarchiste a pu exprimer à l’époque de plus concret, pour accroitre, sur notre propre terrain, les aspirations d’émancipation des travailleurs.

De plus, l’idée de l’auteur de reproposer le thème des Conseils me semble extrêmement utile, en un moment où la situation politique d’un monde hanté par ses propres contradictions, plus que par la volonté des hommes, pourrait ouvrir des possibilités révolutionnaires inattendues.

Il me semble surtout opportun de soumettre à une réflexion attentive les différentes conceptions, que Masini met bien en évidence, de la fonction et du pouvoir des Conseils de la part des différents courants idéologiques.

Malheureusement, aujourd’hui comme alors, la divergence fondamentale entre les marxistes autoritaires et nous sur le caractère étatique ou libertaire des Conseils, reste inchangée.

Et il est évident désormais que, même sur le plan historique, une société de Conseils de producteurs librement élus n’est pas possible, à cause de la contradiction qu’implique un régime de dictature, même prolétaire.

Il est toutefois évident que cela n’est pas suffisant pour démonter que le système des Conseils, tel que nous le concevons, n’est pas réalisable.

Au contraire, même le danger d’une déviation autoritaire de cet instrument de lutte, cellule de la future structure sociale, ne peut nous y faire renoncer.

Nous lutterons donc, si nécessaire, aux côtés des courants politico-syndicaux les plus proches de nous tant que nous le considérerons utile pour le but commun, qui est l’appropriation collective des moyens de production et d’échange. Ensuite – comme je l’ai dit à l’époque à Gramsci lors d’une brève polémique -, une fois atteint le carrefour où se séparent les voies qui conduisent à l’autorité ou à la liberté, au Soviet d’Etat ou au Soviet de la libre communauté humaine, les anarchistes choisiront leur chemin.

 

MAURIZIO GARINO

Bienvenue dans la France d’après (ou d’avant)

Désespoir…

Désespoir, ami lecteur ; et sans hyperbole.

Le JRDF, initialement Journal d’1 Révolution Démocratique Française, soutenait la gauche lors des élections de 2007. En 2008, il est devenu le Journal d’1 Révoltante Démocratie Française, sous le joug de l’UMP.

2009 apporte sa nouvelle identité à ce blog : évoquer le mot de « démocratie » serait faire injure à l’Histoire. La France était déjà une ploutocratie vaguement élective et parlementaire ; elle devient aujourd’hui une caricature d’empire ultralibéral.

Non pas une dictature, note bien : celle-ci, ayant encore généralement l’avantage d’être plus directement visible. La France, sous le règne de Sarkozy, est devenue un despotisme. Une forme si ancienne de régime autoritaire, sans vision, sans amour ; un monde cloisonné, entre les clans des palais, et le reste de la population ; entre les grands amis des types qui squattent les palais, et les citoyens censés être « souverains ».

  Connerie, putain. Putain de connerie. Presque deux mois de mouvement social dans les Antilles, et Sarkozy-le-matador qui en profite pour se payer des vacances aux quatre coins du monde.

  Des accords avec les syndicats, présentés devant la caméra, dans un joli cadre doré, et piétinés le lendemain même.

  Des lois appliquées avant d’être votées – telle la réforme de la télévision publique. QUI OSERA PARLER DE DEMOCRATIE ? QUI OSERA POSTER ICI UN MESSAGE DETROMPANT L’EQUIPE DU JRDF, lorsque les nominations se font au doigt mouillé dans des entreprises publiques, lorsque l’indépendance des juges d’instruction est supprimée au profit de « juges de l’instruction » qui ne jugent plus, et qui sont directement reliés au Ministère de la Justice ?

  Les élections internes, au sein de l’UMP, sont truquées. Les photos, dans les magazines suce-UMP, sont truquées. Les chiffres du chômage sont aussi faux que ceux de la délinquance. Rassure-toi, ami lecteur : pour 2012, les bureaux de vote seront blindés de machines à voter.

  Qui parlera de l’augmentation des salaires promise, et des mesures en faveur du pouvoir d’achat, lorsque les milliards sont balancés par brassées à des grands patrons, et à des banquiers ? CE N’EST PAS DE LA DEMAGOGIE ! Comment peut-on espérer sortir un pays d’une crise financière, en filant de l’argent à des constructeurs de voitures, alors que les gens ont de moins en moins les moyens de s’en payer une ? Et dire que ça se prétend libéral… Lorsqu’ils sont dans la merde, les capitalistes sont plus socialistes que Lénine… ils sont seulement beaucoup moins talentueux, et ils font tomber des sacs d’argent par-ci, par-là ;

  Ces milliards, s’ils ne sont pas détournés, ne dureront peut-être même pas un an ; la dette qu’ils auront creusé, pèsera, elle, sur l’avenir des générations futures. L’UMP soutient des entreprises en crise – banques, constructeurs – mais pas leurs clients. Et les entreprises richissimes, elles, dégraissent à tour de bras.

  On connait la technique : un de ces pantins, Parisot ou Sarkozy, ira pleurer et tempêter que les usines ne doivent pas fermer, en France. Ouais ; Et puis le week-end d’après, ils iront bouffer au restaurant avec les dirigeants de ces sociétés.

  Tous ces patrons-voyous, gavés de subventions de l’Etat, je suis prêt à le parier, ami lecteur, sont dans le répertoire du téléphone portable de Sarkozy. Il lui suffirait de passer quelques coups de fil. C’est d’ailleurs pour cela que la France élit des types de droite : elle croit qu’ils vont utiliser leurs réseaux industriels et financiers pour gouverner, au plus près des rapaces.

  Et c’est également pour cela, qu’une fois le type de droite élu, la France se plaint : Parce qu’elle réalise que ce mec va passer son temps à se prélasser dans des palaces aux frais du contribuable, entouré par tous ses potes richissimes, qui viennent implorer les faveurs du prince afin d’entasser encore un peu plus de pognon ; la guerre des classes… vous croyez vraiment qu’elle se joue entre les pauvres et les riches ?

  Mais les riches, sont très contents d’avoir des pauvres ! Quand ils ne se révoltent pas (ce qui est très rare), ils font du bétail de choix pour leurs abattoirs ! Et ils achètent même leurs produits ! Les riches, les vraiment TRES riches, n’ont au fond qu’un seul véritable ennemi : les bourgeois. L’Ancien Régime est toujours là : les nobles ne partagent pas, et ils utilisent leur aristocratie financière, un mélange de Bourse et d’Elysée, pour asseoir leur pouvoir. Les bourgeois, sont la proie des nobles, qui ne font qu’appauvrir la société ; et, dans leur appétit autodestructeur, ils en viennent même à flinguer leurs propres entreprises, à force de rogner sur la part du peuple – bourgeois compris.

  Ils vous vendent des aliments qui, au minimum, ont fait doubler les allergies en dix ans. Ils vous ont fait bouffer tellement de pesticides que la fécondité chute de plusieurs pourcent chaque année. Ils prêchent la paix et la liberté, tout en produisant pour que dalle des aliments monoculturés qui polluent les sols des pays pauvres, puis jouent sur les prix afin de vous les revendre à prix d’or. Ils jouent avec les jours d’ouverture des magasins, pour faire couler les petites enseignes ; ils polluent votre corps, ils vous payent une misère, et parasitent l’Etat, en détournant ce qui pourrait atténuer les blessures du peuple afin de se faire construire des villas dans des pays ensoleillés. Ils envoient leurs émissaires conquérir les mairies, les départements, les régions, l’Assemblée, le Sénat, et la Présidence.

  Surtout, ils vous mentent. Pour Sarkozy, la politique est un jeu : il faut donner les bonnes réponses, faire des jolis discours, du genre spontané, homme de la rue, les yeux dans les yeux. Ces types vendent des armes à des terroristes, cachent des accidents nucléaires, misent sur la famine et ne savent répandre que la peur et la confusion pour maintenir leur emprise, lorsqu’ils ne truquent pas la légitimité du système – la Démocratie ; la Justice ; le Droit d’Expression.

  Le JRDF, n’aurait pas assez des majeurs tombés en poussière de tous les humains s’étant succédé sur cette Terre, pour répondre à ces insultes. Des dizaines de milliards de doigts d’honneur, seraient muets face au danger, tout-à-fait réel, de la situation actuelle.

 

  Ami lecteur, ami français ; Sartre écrivit que les français n’avaient jamais été aussi libres, que lors de l’Occupation – parce que les nazis avaient forcé les gens à faire des choix.

  A présent, internaute inconnu et que j’aime pourtant, peu importe tes convictions, si tu prends le temps de t’informer, la bonne nouvelle est que tu es libre.

  La mauvaise, est qu’il va falloir décider de ce que tu vas faire, maintenant.

Les médias sous coupe réglée (Sarkozy parachève son chenil)

  Ami lecteur, tu remarqueras que dernièrement, mes articles sont plutôt incisifs… C’est vrai que ce qui touche à la liberté d’expression, et donc à la démocratie, me tient particulièrement à coeur. Evidemment, Sarkozy n’a pas pu s’empêcher de sortir une formule équivalente, des trémollos dans la voix, en jurant ses grands dieux que, pour lui, il ne pouvait concevoir de système démocratique sans des syndicats forts, des partis politiques puissants, et des médias stables financièrement.

  Pour les syndicats, on a vu le résultat : il liquide les petits, en gouvernant avec les gros (ceux qui collaborent, s’entend), sous le prétexte de la « représentativité ».

  Pour les partis politiques, quelqu’un qui est à l’origine du parti-fantôme « Nouveau Centre » ferait peut-être mieux de mettre une pédale douce sur ce sujet…

  Quant aux médias, ben c’est comme d’hab’; Quelques arbres pour cacher la forêt : Des aides pour le portage, un abonnement gratuit pour les jeunes de 18 ans à un quotidien, et surtout des mois de palabres et un « Livre vert » pour faire bien démocratique. Pendant ce temps, la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, à 20 heures, est passée sans même que la loi n’ait été votée, ni même complètement examinée… histoire de donner le ton…

  Autre détail amusant : Ces Etats Généraux de la Presse (Sarkozy a le sens du mot ronflant, pas de doute là-dessus), s’achèvent sans même que les journalistes présents ne puissent poser une question ! On a donc droit à un one-man-show de plus d’une heure, en face caméra, ce qui est particulièrement inhabituel… non ?

  Et derrière tous ces beaux discours et ces quelques petites paillettes collées ici et là, une réalité bien plus grinçante se profile : D’abord, le doublement de la publicité gouvernementale dans la presse. C’est vrai qu’on n’en avait déjà pas assez… Ensuite, la fin de l’interdiction, pour un groupe, de cumuler plus de deux des trois médias admis (presse écrite/radio/télévision). Quant à la transposition des droits d’auteur sur la plateforme numérique, ami lecteur, elle signifie peut-être la mort de ce blog – et de bien d’autres ! – à long terme, sous l’écrasement des procès qui pourront en résulter.

  J’ai même failli m’étouffer de rire, quand j’ai entendu Sarkozy parler de la « déontologie de la presse ». Parmi ses 90 mesures, qui ne sont pas toutes connues actuellement, figure donc cette volonté de former plus grandement à la déontologie les journalistes. Quand on voit ce qui arrive à ceux qui font paraître des photos déplaisant à notre cher Tsar, c’est sûr que quelques cours sur la liberté de la presse et le devoir d’informer le public, hein…

  Oubliée, la perquisition au Canard Enchaîné ?

  Oubliée, la campagne Médiapart censurée ?

  Oubliée, l’arrestation musclée d’un rédacteur de Libération ?

  Oubliés, les sondages défavorables passés à la trappe par les amis du futur Président, pendant la campagne, les déclarations mensongères de Bolloré affirmant n’être aucunement en affaire avec l’Etat, les bourrelets et la bague Photoshopées, les ministres en couverture des magazines people comme-par-hasard et la presse gratuite qui ne peut pas tenir deux pages sans louer les réformes gouvernementales ?

  Oubliées, toutes ces infâmies à l’égard de l’intelligence du peuple français, tramées par des types qui nous voient tout juste comme du « temps cerveau disponible pour vendre du Coca-Cola » ?

  Le JRDF, lui, ami lecteur, n’oublie pas. Quand on voit que toute cette affaire de publicité sur les chaînes publiques, ne sert qu’à vendre plus cher les espaces pub sur TF1 et consorts, la déontologie et la qualité de la presse, hein… 

  Godwin point : « Mentez, mentez, et mentez encore ! Il en restera toujours quelque chose. »

Record de chute de fortune chez les milliardaire pour 2008

  Les pauvres… Dire que certains n’ont plus que quelques centaines de millions de dollars d’actifs, maintenant… On va bientôt organiser un gala de charité pour eux :-)

  On commence par les Etats-Unis…

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  Cette vieille carne de Rupert Murdoch, le magnat des médias US, entre autres, et grand supporter devant l’éternel du parti Républicain, aura peut-être l’occasion de méditer sur la « dérégulation du marché »… il a perdu 2 milliards de dollars, lorsque le cours de sa société a plongé de 34%.

 

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Charles Ergen, avec sa société de fournisseur de télé par satellite, perd 25% de son magot. Soit 2,1 milliards de dollars.

 

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Harold Simmons, fourgueur de titane notamment, perd quant à lui, un total cumulé de 3,5 milliard d’Euros…

 

  Bon. Qu’on ne s’inquiète pas trop, ces pauvres gens conservent tout de même quelques milliards d’actifs. D’autres histoires sont plus marrantes…

 

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 Anil Ambani, un autre magnat des télécommunications, associé avec Lakshmi Mittal, tient le record avec 30 milliards de dollars de pertes. Il lui en reste 12.

 

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Bjorgflur Gudmundsson par contre, c’est une autre histoire… Ses 1,1 milliards de dollars se sont envolés. L’Islande ayant fait saisir sa deuxième plus grande banque, dont il était directeur, il a du liquider sa société, Hansa. A noter que Bjorgflur n’en est pas à son premier souci financiaro-judiciaire, puisqu’il a déjà été condamné pour fraude et détournement d’argent…

 

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Tulsi Tanti, quant à lui, montre que tout n’est pas affaire de « crise économique mondiale »… Sa société qui produit des hélices de turbine a vu chuter son action dramatiquement, après que certaines aient craqué. Son plan de modernisation de ses usines, à hauteur de 25 millions de dollars, n’a pas rassuré ses actionnaires… Résultat : Il perd 2,5 milliards de dollars. Plus que 500 millions. Bonne chance, Tulsi !

(Non parce que ça se voit un peu sur la photo, quand même, qu’il est un peu préoccupé le monsieur…)

 

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